Galerie de Botanique

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Galerie de Botanique du Muséum national d'histoire naturelle.
Les semis du patrimoine vivant de la galerie de Botanique, dans le « clos Patouillet », ancienne propriété de Buffon voisine de la Galerie.

La galerie de Botanique, dans le Jardin des plantes, à Paris, est l'un des établissements de recherche, de conservation et de diffusion de la culture scientifique du Muséum national d'histoire naturelle. Il s'agit de l'établissement de recherche botanique avec le plus grand nombre d'échantillons au monde : en 2013, elle compte près de huit millions de spécimens dont 5,8 millions ont été numérisés. De ces spécimens numérisés, 500 000 sont des « types » (chaque « type » est un spécimen servant de modèle pour la description scientifique d'une espèce donnée).

La galerie de Botanique se trouve dans la partie sud du Jardin des plantes, le long de la rue Buffon, et est rattachée au département « Systématique et Évolution ». Des laboratoires et semis annexes fonctionnent dans le « clos Patouillet » (ou « îlot Poliveau »[1]) voisin, où se trouvent entre autres une graineterie et une orangerie. Outre le Jardin des plantes, le Muséum possède également des collections de végétaux et de semences à Chèvreloup, à Menton et à Samoëns.

Description[modifier | modifier le code]

À l'entrée de la Galerie de Botanique l'on voit entre autres la tranche, offerte par l'American Legion, d'un Sequoia de plus de 2200 ans (les deux plaquettes le plus au centre signalent la destruction de Pompéi par le Vésuve et la naissance présumée de Jésus-Christ).
Carpothèque de la « Graineterie », dans le « clos Patouillet ».

Le bâtiment style Art déco a été construit entre 1931 et 1935 grâce à l'aide de la Fondation Rockefeller[2] sur sept niveaux[3], avec une superficie au sol d'environ 3 500 m2, pour abriter les herbiers, graineteries, carpothèques (collection de fruits) et autres échantillons de botanique du Muséum accumulées depuis 230 ans, ainsi que les laboratoires de recherche. Aux extrémités du bâtiment sont construites deux « tours » équipées en salles de recherche et de documentation, pour la phanérogamie et la cryptogamie (d’où les noms gravés au fronton des deux entrées principales)[4]. La galerie a été classée Monument historique, avec l'ensemble des bâtiments du Jardin des plantes le 24 mars 1993[5].

La galerie de botanique a été rénovée de 2008 à 2013, tant pour le bâtiment que pour le mobilier (comme pour la galerie de minéralogie, les nostalgiques regretteront les anciennes vitrines en bois ouvragé, malheureusement peu conformes aux normes anti-incendie et anti-vol actuelles) pour un coût de 26,2 millions d'euros (15 millions pour le bâtiment, 11,2 millions pour les collections). L'ancien classement par biozones géographiques a été abandonné pour une classification phylogénétique conforme aux dernières découvertes dans ce domaine, notamment grâce au croisement de la taxonomie et de la génétique. 5,8 millions de spécimens ont été scannés et numérisés, tandis que plus d'un million qui avaient été entreposés à leur arrivée sans être étudiés, faute de personnel, de moyens et de temps, ont intégré les collections. Il est désormais possible de comparer les collectes réalisées il y a un siècle ou deux avec la distribution actuelle des espèces, ce qui permet de dresser la carte de l'évolution de la biodiversité végétale sur deux siècles. En outre, les spécimens peuvent être analysés génétiquement afin de cerner l'évolution d'un phylum végétal, les relations de parenté entre espèces, les hybridations, les variétés.

Les collections ne cessent de s'enrichir (de 10 000 à 15 000 spécimens s'y ajoutent chaque année) et des espaces ont été prévus à cet effet, la galerie pouvant encore en accueillir pendant dix ans. Des expositions temporaires, conférences et forums ont lieu dans les amphithéâtres et salles d'exposition.

L'espace d'exposition permanente, ouvert le 27 novembre 2013, est constitué du :

  • premier espace qui permet une immersion dans le monde des herbiers et de la botanique,
  • deuxième espace[6], vaste plateforme circulaire montrant au public la valeur scientifique et patrimoniale des collections de l’Herbier national, exposant notamment des carpothèques (collections de fruits), séminothèque (collections de de graines séchées), xylothèque (collections d'échantillons de bois), alcoothèque (parties de plante conservées dans l’alcool),
  • troisième espace (« Du terrain à l’herbier ») qui expose le travail effectué par les botanistes sur le terrain,
  • quatrième espace (la « grande galerie » de 70 mètres de longueur) qui comprend trois sections muséographiques : la vitrine des graines, dix grandes fenêtres et une grande vitrine[4].

Le le Muséum annonce la mise à disposition sur son site internet des photos de plus de 5 millions de planches d'herbiers[7].

Le The Guardian révèle que 105 planches d'herbiers datant du milieu du XIXe siècle ont été détruites par les douanes australiennes lors de leur transfère pour étude à l'Herbarium de Brisbane (en). Michel Guiraud, directeur des collections du Muséum, précise qu'il s'agit d'une perte irremplaçable notamment pour six spécimens types qui font référence pour décrire une espère de plante[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Loïc Chauveau, Sciences et Avenir n° 801, pp.76-78 : L'herbier du Muséum retrouve ses couleurs, Claude Perdriel,

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le « clos Patouillet » est une ancienne propriété de Buffon : voir sur
  2. Vahé Ter Minassian, « L’Herbier national, trésor vivace », sur Lemonde.fr,
  3. Quatre étages sont réservés aux collections : le rez-de-chaussée pour le public et la bibliothèque, les trois étages destinés à la conservation des collections et aux laboratoires de recherches associés.
  4. a et b Herbier national, dossier de presse
  5. « Jardin des Plantes et Museum national d'Histoire naturelle », notice no PA00088482, base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Son hall comprend le plus volumineux des échantillons de l'herbier national, une tranche de séquoia géant de 2,70 m de diamètre, offerte en 1921 par les soldats américains à la France.
  7. (fr)franceinfo, « L'herbier du Muséum d'histoire naturelle, le plus grand du monde, disponible en ligne », sur francetvinfo.fr, (consulté le 15 mai 2017)
  8. (fr)franceinfo, « Quatre questions sur les plantes anciennes du Muséum d'histoire naturelle de Paris détruites par les douanes australiennes », sur francetvinfo.fr, (consulté le 15 mai 2017)

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