Galaxie de la Roue de chariot

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Galaxie de la Roue de chariot
Image illustrative de l’article Galaxie de la Roue de chariot
Une image de la galaxie de la Roue de chariot prise par le télescope spatial Hubble de la NASA.
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Sculpteur
Ascension droite (α) 00h 37m 41,1s [1]
Déclinaison (δ) −33° 42′ 59″ [1]

Localisation dans la constellation : Sculpteur

(Voir situation dans la constellation : Sculpteur)
Sculptor IAU.svg
Astrométrie
Distance ∼400 millions d'a.l. (∼123 Mpc) [2]
Caractéristiques physiques
Type d'objet SA0(r)
Masse (2,9 - 4,8)×109 M
Dimensions ~150 000 a.l. [3]
Découverte
Découvreur(s) Fritz Zwicky[4]
Date 1941 [4]
Désignation(s) MCG-06-02-022a
PGC 2248 [1]
Liste des objets célestes

La galaxie de la Roue de chariot (aussi appelée ESO 350-40) est une galaxie lenticulaire à anneau située à environ 500 millions d'années-lumière du Soleil dans la constellation du Sculpteur. Cette galaxie à un diamètre d'environ 150 000 années-lumière, légèrement plus grande que la Voie lactée. Elle possède une masse d'environ 2,9 à 4,8 milliards de masses solaires et une vitesse de rotation d'environ 217 km/s.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette galaxie a été observée pour la première fois par Fritz Zwicky en 1941[4]. L'astronome Robert Fosbury (en) et le défunt chercheur Tim Hawarden sont les principaux responsables des récentes découvertes sur la galaxie de la Roue de chariot[5].

Observations[modifier | modifier le code]

Cette image composite de la galaxie de la Roue de chariot (à gauche) en fausses couleurs est composée d'images prises par le télescope GALEX (bleu), la Wide Field and Planetary Camera 2 (en) du télescope spatial Hubble (vert), la caméra IRAC du télescope spatial Spitzer (rouge) et le télescope spatial Chandra (violet)[5].

Dans cette image, la première ondulation apparait comme un anneau extérieur bleu en ultraviolet (UV). Selon les observations du GALEX, l'anneau est tellement puissant que c'est l'une des galaxies qui émet le plus d'UV dans l'univers proche. Le bleu montre la formation d'associations stellaires de cinq à vingt fois plus massives que le Soleil.

Le rose/violet indique des régions à forts rayonnements en X, qui indique la possible présence de plusieurs systèmes binaires contenant un trou noir (voir Source de rayons X). Les sources X sont parfois superposées aux sources UV.

L'anneau intérieur jaune-orange est le résultat de la combinaison de lumière visible et infrarouge. Cette région représente la seconde ondulation créée lors de la collision et elle contient moins d'étoiles en activité.

Le rouge à l'intérieur de la galaxie est signe de molécules organiques illuminées par les étoiles en formation près d'elles. Finalement, le vert représente des étoiles moins massives et plus vieilles.

Sur la gauche, on peut voir deux des trois galaxies susceptibles d'être entrées en collision avec la galaxie de la Roue de chariot[5].

Source de rayons X[modifier | modifier le code]

Vue d'artiste du télescope spatial Chandra, ayant recueilli les observations en rayons X de la galaxie de la Roue de chariot.

Les galaxies à sursauts de formation d'étoiles (starburst) comme la galaxie de la Roue de chariot contiennent beaucoup de jeunes étoiles massives et lumineuses, soit plus de 7 milliards[6]. Lorsque ces étoiles massives meurent, elles explosent pour former une supernova, laissant derrière elles des trous noirs et des étoiles à neutrons. Les trous noirs qui ont des étoiles à proximité captent de la matière de ces étoiles et émettent de fortes intensités de rayons X. Ainsi, étant donné les énormes champs gravitationnels des étoiles à neutrons et des trous noirs, des disques d'accrétion se forment autour d'eux, ce qui entraîne la chute de la matière contenue dans les disques et provoque de puissantes émissions de rayons X. La galaxie de la Roue de chariot est notable pour son grand nombre de sources de rayons X identifiées à des trous noirs. En effet, une douzaine a été détectée, alors que la plupart des galaxies n'en contienne qu'un ou deux[5].

Forme[modifier | modifier le code]

La forme actuelle de la galaxie de la Roue de chariot serait issue d'une collision avec une petite galaxie il y a environ 200 millions d'années[5]. Probablement d'une forme en spirale semblable à celle de la Voie lactée, la galaxie de la Roue de chariot aurait été entièrement traversée par la petite galaxie, ce qui a créé une énorme onde de choc[5] qui a provoqué une perturbation gravitationnelle à travers la galaxie cible. L'onde de choc s'est propagée a une vitesse d'environ 320 000 km/h[5] (soit environ 90 km/s) en balayant la poussière et le gaz interstellaire[6], amorçant du même coup des régions à sursaut de formation d'étoiles[5],[6].

L'apparition des bras spiraux[6] ou de faibles rayons entre le noyau de la galaxie et l'anneau extérieur de celle-ci laisse croire que la structure en spirale de la galaxie commence à réapparaitre[5].

Une autre hypothèse explique la structure peu orthodoxe de la galaxie à l'aide d'un modèle basé sur l'instabilité gravitationnelle. Ce dernier montre que les perturbations gravitationnelles axisymétriques (radiales) et non axisymétriques (spirales) de faible amplitude permettent une association entre les amas de matières grandissants et les vagues axisymétriques et non axisymétriques gravitationnellement instables qui prennent l'apparence d'un anneau avec des rayons[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Cartwheel Galaxy » (voir la liste des auteurs).
  1. a b et c (en) Galaxie de la Roue de chariot sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  2. (en) Curt Struck and Philip Appleton (Iowa State University), Kirk Borne (Hughes STX Corporation), and Ray Lucas (Space Telescope Science Institute), and NASA/ESA, The Cartwheel Galaxy, (lire en ligne)
  3. (en) Amazing Space, Cartwheel Galaxy (lire en ligne)
  4. a b et c (en) George Adcock, Masks of the Universe, (lire en ligne)
  5. a b c d e f g h et i (en) Cartwheel Galaxy, (lire en ligne)
  6. a b c et d (en) Chandra X-ray Observatory, Cartwheel Galaxy Introduction (lire en ligne)
  7. (en) Astrophysics and Space Science,vol.299,p.371-385, Origin of the Cartwheel Galaxy: Disk Instability?, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]