Gaetano Zumbo

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Gaetano Zumbo
Gateano zumbo, la peste 08.JPG

Détail du diorama La Peste.

Naissance
Décès
Activités

Gaetano[1] Giulio Zumbo, modeleur en cire italien. Il naquit, en 1656, à Syracuse, en Sicile, d'une famille noble, mais peu favorisée par la fortune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Doué d'un génie étonnant pour les arts, Gaetano Zumbo les cultiva dès son enfance et apprit, sans le secours d'aucun maître, les principes de la sculpture. La vue des monuments de l'Italie acheva de développer ses dispositions et il les perfectionna par l'étude de l'anatomie, dont il suivit des cours à Rome et à Bologne. N'ayant point appris à manier le ciseau, il employait pour ses compositions une cire colorée qu'il préparait lui-même, et dont il avait seul le secret.

Ses premiers ouvrages le firent promptement connaître, et il fut appelé à Florence par le grand-duc de Toscane, qui lui assigna un traitement considérable. Parmi les ouvrages qu'il exécuta pour ce prince, le plus fameux est celui que les Italiens nomment la Corrusione (la Putréfaction). Il est composé de cinq figures en cire colorée, qui représentent un moribond, un corps mort, un corps qui commence à se corrompre, un autre à demi corrompu, et enfin un cadavre plein de pourriture et rongé de vers. Ce travail fut jugé digne d'être placé dans la galerie de Florence, si riche en chefs-d'œuvre de tous les genres ; on l'a transporté depuis au cabinet d'histoire naturelle. Malgré la bienveillance dont l'honorait le grand-duc, Zumbo ne put lui faire le sacrifice de sa liberté. Ce prince lui dit en recevant ses adieux : « Vous pourrez trouver un protecteur plus puissant que moi, mais vous n'en trouverez pas un qui sache mieux vous apprécier. » Rien ne put le retenir. Il se rendit à Gênes ; et, en l'espace de quatre à cinq ans, il y fit deux grandes compositions regardées comme des chefs-d'œuvre : la Nativité de Jésus-Christ et la Descente de croix.

Une tête anatomique.

S'étant associé Guillaume Desnoues, chirurgien français, il exécuta diverses pièces anatomiques, entre autres le corps d'une femme morte en couches avec son enfant, d'une vérité si frappante que les spectateurs croyaient voir la nature même. Des discussions d'intérêt brouillèrent les deux associés, et Zumbo vint en France, apportant ses principaux ouvrages. Après s'être arrêté quelque temps à Marseille, il se rendit à Paris, où sa réputation l'avait précédé. En 1701, il présenta à l'Académie des sciences une tête en cire, préparée pour une démonstration anatomique. On y distinguait les moindres détails, les veines, les artères, les nerfs, les glandes, les muscles avec leur couleur naturelle (Hist. de l'Académie, 1701, p. 57). Elle fut achetée par Louis XIV, qui en fit présent à Maréchal, son premier chirurgien.

Zumbo mourut au mois d'octobre de la même année, emportant l'admirable secret dont il se servait pour colorer la cire ; mais il a été retrouvé depuis. Ses deux belles compositions représentant la Nativité et la Descente de croix furent acquises, après sa mort, par Le Hay. On les voyait, en 1755, dans le cabinet de Boivin, et Caylus en parle avec les plus grands éloges (Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. 28, p. 55). La Description qu'en avait faite de Piles, insérée dans le Journal des savants, année 1707, Supplém., p. 450, a été réimprimée dans son Cours de peinture par principes.

Après sa rupture avec Zumbo, Desnoues était venu à Bologne, où il avait obtenu une chaire d'anatomie et de chirurgie. Instruit de l'accueil que l'artiste sicilien venait de recevoir à Paris, il écrivit une Lettre[2] dans laquelle il revendiqua la gloire d'avoir découvert le secret de préparer en cire colorée les objets d'anatomie, annonçant qu'il allait se rendre en France pour démasquer l'imposteur (voir Mémoires de Trévoux, juillet 1707[3] ). Mais un anonyme justifia Zumbo du reproche de plagiat et prouva que c'était Desnoues qui s'était approprié le secret de l'artiste sicilien (voir Mémoires de Trévoux, août, même année). Desnoues n'ayant point repoussé cette accusation, on doit en conclure qu'il la trouva trop bien fondée pour espérer de la détruire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et non pas Gaston, comme on le dit dans le Dictionnaire de Moréri
  2. Elle est imprimée dans un Recueil de lettres de plusieurs savants, sur différentes découvertes, Rome, Ant. Eossi, 1706 ; ce volume est assez rare.
  3. Page 1302 sur l'édition originale, page 340 sur Gallica.

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Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]