Gaby Deslys

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Gaby Deslys
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Gaby Deslys, vers 1910

Nom de naissance Marie Élise Gabrielle Caire
Naissance
Marseille (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 38 ans)
Paris (France)
Profession Chanteuse, actrice
Gaby Deslys.

Marie Élise Gabrielle Caire, dite Gaby Deslys, née à Marseille le , et morte à Paris 14e le , est une chanteuse française, artiste de music-hall, ayant connu une réputation internationale.

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Gabrielle Caire est née au no 63 de la rue de la Rotonde à Marseille. Elle est la fille d’Hippolyte Caire, négociant en tissus dans la rue Tapis vert, et d’Eudoxie Terrasse. Un oncle paternel, François Caire, a été président du conseil général des Bouches-du-Rhône en 1894[1]. Sur les six enfants du couple, seules trois filles atteindront l’âge adulte : Gabrielle, la future Gaby Deslys, et deux de ses sœurs, Marie Jeanne Mathilde, épouse Émile Garcin, et Aimée Valérie, épouse Joseph Adolphe Fleury.

Le mariage de ses deux sœurs est célébré le même jour le par le maire de Marseille, Siméon Flaissières[JJS 1].

À partir de 1899, Gabrielle Caire suit les cours du conservatoire de Marseille, où elle obtient un premier prix de solfège et un deuxième prix de chant. En mai 1900, année de l’exposition universelle, elle part tenter sa chance à Paris, en compagnie d’un jeune journaliste, Jean Samat, riche fils de famille [JJS 2].

Une rapide ascension[modifier | modifier le code]

Elle adopte très vite le nom de scène de Gaby Deslys et fait des débuts discrets dans les concerts parisiens, mais sait se faire connaître et gravit les échelons qui la mènent progressivement, mais sans discontinuité, de la figuration à la célébrité. Elle suit des cours de danse et de chant tout en jouant dans différentes pièces.

Gaby Deslys à New York en 1911.

En 1904, elle joue dans la pièce À fleur de peau avec Joseph Gabin, père de Jean Gabin[JJS 3]. En février 1906, elle joue à l’Olympia dans Paris fêtard, où elle chante la chanson La Kraquette[JJS 4]. En septembre 1906, sur invitation d’un britannique, Georges Edward, elle se rend en Angleterre, où elle rencontre immédiatement un énorme succès[JJS 5]. En mars 1907, elle revient à Paris avec suffisamment d’argent pour acheter un hôtel particulier au no 3 rue Henri-de-Bornier. En mars 1908, elle se produit au Moulin Rouge dans la revue Son altesse l’amour[JJS 6].

Une liaison tapageuse[modifier | modifier le code]

Après un voyage en Angleterre, le roi du Portugal, Manuel de Bragance, arrive à Paris le . Il devient l’amant de Gaby Deslys et lui offre des bijoux[JJS 7]. Il la fait venir début 1910 au Portugal et l’installe au palais de Das Necessidades[JJS 8]. Bien que discrète, cette liaison entraîne de nombreux commentaires, ce qui oblige Gaby Deslys à rentrer à Paris[JJS 9].

Le , Gaby Deslys se trouve à Londres où elle se produit dans la pièce Les Caprices de Suzette[JJS 9]. Manuel de Bragance va à Londres pour assister aux obsèques du roi d’Angleterre Edouard VII, mort le , et en profite pour revoir Gaby Deslys. De retour au Portugal, il se retire à Boussaco, fait de nouveau venir Gaby Deslys en toute discrétion et l’héberge dans le château au Bois dormant[JJS 10]. Tout finissant par se savoir, l’opinion publique désapprouve la présence de la comédienne, qui est obligée de quitter le Portugal fin août 1910 pour rentrer à Paris[JJS 11]. Peu de temps après, le , Manuel de Bragance doit quitter son pays et se réfugier en Angleterre. Gaby Deslys n’a aucune responsabilité dans cette abdication car le pouvoir royal était très contesté depuis longtemps.

Une vie de star[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, Gaby Deslys doit être la vedette de la prochaine revue de Bannel, directeur des Folies Bergère. En novembre 1910, elle répète avec Maurice Chevalier, qui parlera d’elle dans ses mémoires, mais une maladie l’empêche de jouer la pièce avec lui. Après un court voyage début 1911 aux États-Unis, elle revient à Paris, où elle reprend au théâtre des Capucines la revue Le Midi bouge. La première, qui a lieu le , a un immense succès[JJS 12]

Sur invitation de Lee Shubert, elle se rend aux États-Unis, où elle arrive le . Elle devient l’ambassadrice du charme parisien, avec ses toilettes extravagantes, ses animaux de compagnie et une publicité savamment orchestrée[JJS 13]. Le , elle quitte New York pour l’Europe en compagnie de Harry Pilcer et débarque à Liverpool pour se rendre à Londres puis à Paris[JJS 14]. Le , elle présente un nouveau numéro, La Danse de l’ours, où elle triomphe[JJS 15].

Après un séjour à Vienne en Autriche, le couple Pilcer-Deslys revient à Paris, puis en Angleterre, où ils jouent, en août 1912, la pièce Une journée à Trouville[JJS 16]. Après une nouvelle tournée aux États-Unis (novembre 1913 – mars 1914), elle est de retour à Paris, où elle achète un immeuble de six étages au no 37 rue Cortambert dans le XVIe arrondissement[JJS 17]. Le , elle joue à Londres dans la pièce Rosy Rupture, spécialement créée pour elle par J. M. Barrie, le créateur de Peter Pan[JJS 18]. Début 1916, elle est à nouveau aux États-Unis, puis rentre en Angleterre le [JJS 19].

En octobre 1917, Gaby Deslys relance le Casino de Paris, qui a été acheté par Léon Volterra ; elle est la vedette de la revue Laissez-les tomber de Jacques Charles[2]. La première représentation a lieu le et marque le triomphe des rythmes américains avec les frères Pilcer : Harry pour la danse et Murray pour la musique avec son jazz-band. C’est la fin de la belle époque, la musique afro-américaine va se répandre dans le monde. Gaby Deslys inaugure sur la scène du Casino de Paris la traditionnelle descente de l’escalier qui sera reprise par Mistinguett et Cécile Sorel. En parallèle, elle accepte de devenir marraine du 69e bataillon de chasseurs à pieds. Épuisée par le rythme effréné de ses tournées et sa toux reprenant, elle décide d’arrêter cette représentation ; elle sera remplacée par Maurice Chevalier et Mistinguett. Elle va se reposer à Marseille, sa ville natale, et achète aux enchères le pour 500 000 francs une somptueuse villa, villa Maud, située au no 299 de la corniche Kennedy, qui appartenait à l’industriel Jean-Baptiste Rubaudo[3].

Léon Volterra rénove le théâtre du Chatelet aux allées de Meilhan à Marseille, qui deviendra plus tard le cinéma Capitol sur la Canebière[4]. Dans cette salle a lieu le la première reprise de Laissez-les tomber avec Gaby Deslys, les frères Pilcer et leur jazz-band. Après une centaine de représentations, Gaby Deslys repart pour Paris. Elle tourne deux films, Bouclette[5] de Marcel L'Herbier et Le Dieu du hasard[6] mis en scène par Henri Pouctal.

En 1919 elle joue dans La Marche à l'étoile de Paul Marinier, Roger Ferréol et Charles-Alexis Carpentier, revue en 2 actes au Théâtre Femina à Paris.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Tombe de Gaby Deslys au cimetière Saint-Pierre à Marseille.

Fin 1919, Gaby Deslys va en Italie et à New York afin de signer des contrats pour le tournage de plusieurs films. Elle retourne à Paris où elle assiste à la générale de La Vierge folle le . Le 19 décembre, elle entre en clinique, victime d’une pleurésie purulente, suite d’une grippe.

Elle meurt le dans son hôtel particulier parisien de la rue Henri de Bornier. Après une cérémonie religieuse à l’église Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy, son corps est transféré à Marseille pour y être inhumé au cimetière Saint-Pierre dans le caveau familial. Au milieu d’une foule immense, le maire de Marseille, Siméon Flaissières, assiste aux obsèques de celle qui fut la première star du music-hall et qui légua une grande partie de sa fortune à la ville de Marseille[2], dont sa somptueuse villa de la corniche[7].

Depuis 2015 la gestion de la villa a été confiée à la société MCO Congrès, agence spécialisée dans l'organisation de congrès médicaux, qui a réalisé la rénovation du site et y a organisé un centre international de conférences accueillant des colloques, congrès et séminaires[8].

L’artiste repose dans un caveau de marbre blanc près de la tombe d’Edmond Rostand. Le sculpteur Auguste Carli devait exécuter sa statue, mais sa famille trouve le devis trop élevé et ne fait réaliser qu’un médaillon sculpté par Louis Botinelly représentant l’artiste de profil.

Une rue de Marseille porte son nom[7].

La revendication posthume de sa fortune[modifier | modifier le code]

Gaby Deslys avait une certaine ressemblance avec une Hongroise, Edwige Navratil, née le à Mostevice. À la mort de l’artiste, la famille Navrátil revendique l’héritage en prétendant que Gaby Deslys était Edwige Navratil. Aucune preuve ne put être apportée, d’autant plus que l’acte de naissance de Gaby Deslys démontrait sa naissance à Marseille et qu’Hedvika Navrátilová elle-même déclare ne pas être Gaby Deslys[JJS 20]. Si Gaby Deslys avait été hongroise, elle n’aurait pas laissé sa fortune à la ville de Marseille et à la famille Caire, et ne se serait pas fait enterrer à Marseille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrage de Jean-Jacques Sirkis 
Autres références
  1. Paul Masson (dir.), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 vol., 1913-1937, tome XI, p. 108.
  2. a et b Renée Dray-Bensousan, Hélène Echinard, Régine Goutalier, Catherine Maran-Fouquet, Éliane Richard et Huguette Vidalou-Latreille, Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire, Edisud, Aix-en-Provence, 1999 (ISBN 2-7449-0079-6), p. 92.
  3. Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, , 441 p. (ISBN 2-86276-195-8), p. 200-201 (article Kennedy)
  4. Adrien Blès, La Canebière dans le temps et dans l’espace, Éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1994, p. 94 (ISBN 2-86276-250-4).
  5. Ciné-ressources, Bouclette
  6. Ciné-ressources, Le dieu du hasard
  7. a et b Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, , 441 p. (ISBN 2-86276-195-8), p. 127
  8. Villa Gaby, MCO Évènements, Société d’exploitation de la Villa Gaby (en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte, , 441 p., 32 × 22 cm (ISBN 2-86276-195-8, OCLC 21443673, notice BnF no FRBNF35056428), p. 127-128. 
  • Renée Dray-Bensousan, Hélène Échinard, Régine Goutalier, Catherine Maran-Fouquet, Éliane Richard et Huguette Vidalou-Latreille, Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire, Aix-en-Provence, Édisud - Association Les Femmes et le Ville, , 238 p., 28 × 21 cm (ISBN 2-7449-0079-6, OCLC 409589742, notice BnF no FRBNF37074666). 
  • Jean-Jacques Sirkis, Les années Deslys, Marseille, Jeanne Laffitte, , 250 p., 24 × 15,5 cm (ISBN 2-86276-210-5, OCLC 27894800, notice BnF no FRBNF35299614). .
  • Jean Chélini (dir.), Félix Reynaud (dir.) et Madeleine Villard (dir.), Dictionnaire des marseillais, Marseille, Académie de Marseille - Édisud, , 368 p., 24 × 17 cm (ISBN 2-7449-0254-3, OCLC 52159149, notice BnF no FRBNF37715787), p. 119. .

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