Gabrielle Wittkop

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Gabrielle Wittkop
Description de l'image Defaut.svg.
Nom de naissance Gabrielle Ménardeau
Naissance
Nantes (France)
Décès (à 82 ans)
Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Gabrielle Wittkop, née Gabrielle Ménardeau[1], est une femme de lettres française et traductrice, née le à Nantes en Loire-Atlantique et morte le à Francfort-sur-le-Main dans le district de Darmstadt.

Elle est l'autrice d'une littérature dérangeante, macabre, bien souvent au-delà de toute morale. Son style, ainsi que ses centres d'intérêt (thanatos, sexe, identité de genre, étrangeté) apparentent son œuvre à celles du Marquis de Sade, de Villiers de L'Isle Adam, de Lautréamont, d'Edgar Allan Poe, mais aussi de Marcel Schwob.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît sous le patronyme de Marguerite, Marie, Louise, Gabrielle Ménardeau. Son lieu de naissance est incertain, non attesté par l'état civil et les Archives de Nantes[2]. Son père - Octave Marie Gabriel Ménardeau, né à Clisson le , est un dessinateur et graveur. Il meurt en 1959 à Prades. Sa mère meurt quand elle a 9 ou 10 ans[3].

Elle rencontre dans le Paris sous occupation nazie un déserteur allemand homosexuel du nom de Justus Wittkop, âgé de vingt ans de plus qu'elle. Ils se marient à la fin de la guerre, union qu'elle qualifiera d'« alliance intellectuelle », elle-même affichant à diverses reprises son homosexualité[4]. Le couple s'installe en Allemagne, à Bad Homburg, puis à Francfort-sur-le-Main, où Gabrielle Wittkop vivra jusqu'à sa mort.

Elle commence à tenter de vivre de la bibliophilie en illustrant d'aquarelles des exemplaires uniques. Elle publie ses premières nouvelles entre 1945 et 1946 dans le magazine féminin Claudine[5]. Même si elle continue d'écrire en français, elle collabore à divers journaux allemands, dont entre autres le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Soutenue et encouragée par son mari, historien et essayiste, elle développe son écriture en langue allemande, et publie plusieurs œuvres en allemand (notamment une biographie d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann), qui ne sont à ce jour toujours pas traduites en français[4].

Désireuse d'intégrer le monde de l'édition littéraire française, elle donne en l'espace de cinq années (1964-1969) sept traductions de romans pour Gallimard dont le premier roman de Peter Handke, Le colporteur, ainsi qu'un roman d'Uwe Johnson. Elle abandonne ensuite la traduction pour l'écriture de son œuvre et de son premier texte, en 1972, à 52 ans, Le Nécrophile, aux éditions Régine Deforges. L'époque permet l'éclosion de nouvelles autrices renouvelant le genre érotique comme Annie Le Brun, Jeanne de Berg, Grisélidis Real[6].

Son mari se suicide en 1986, alors qu'il est atteint de la maladie de Parkinson. Gabrielle Wittkop affirmera : « Je l'y ai encouragé. J'ai raconté ça dans Hemlock[4] ». Atteinte d'un cancer du poumon[1], elle choisit la mort à 82 ans, en se suicidant le . C'est du moins la version la plus répandue car des proches de l'écrivaine expliquent plutôt que la mort a devancé le suicide sans doute programmé.

Sur la 4e de couverture des éditions posthumes : « J'ai voulu mourir comme j'ai vécu : en homme libre ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre est presque intégralement publiée aux éditions Verticales, depuis 2001.

Autres écrits[modifier | modifier le code]

  • Paris, photographies de Fred Meyer, texte de Gabrielle Wittkop ; Atlantis, 1975.
  • Paris, histoire illustrée, avec Justus Franz Wittkop ; Atlantis, 1978.
  • Grand Guignol, avec François Rivière ; Éditions Henri Veyrier, 1979.
  • Jo Lansley & Helen Bendon, photographies, texte de Gabrielle Wittkop ; Arles : Éditions Actes Sud ; Paris, Fondation CCF pour la photographie, 2001. (ISBN 9782742733033)

Traductions[modifier | modifier le code]

Citations extraites de l’œuvre[modifier | modifier le code]

  • Le nécrophile :

Page 15 : «  19... Fête des morts. Jour faste. Le cimetière Montparnasse était ce matin une admirable grisaille. L'immense foule endeuillée se pressait dans les allées, parmi des gloires de chrysanthèmes, et l'air avait la saveur amère, enivrante de l'amour. Eros et Thanatos. Tous ces sexes sous la terre, y pense-t-on jamais ? »

  • Sérénissime assassinat :

« — Ne peut-on lire sans être dérangé à tout bout de champ ? Debout devant lui, la Rosetta tortille son tablier : — C'est que, Signore... votre femme est morte... — Encore ?! »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabrielle Wittkop, gothique reporter, dossier coordonné par Eric Dussert, in Le Matricule des Anges, n° 218, novembre- ; - pp. 16-27.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Josyane Savigneau, « Gabrielle Wittkop », Le Monde, .
  2. Eric Dussert, « Danse macabre », Le Matricule des Anges,‎ novembre décembre 2020, p. 16-19 (ISSN 1241-7696).
  3. Eric Dussert, « Danse macabre », Le Matricule des anges,‎ novembre décembre 2020, p. 16 (ISSN 1241-7696).
  4. a b et c « Gabrielle Wittkop, sulfureuse et convenable », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Eric Dussert, « Danse macabre », Le Matricule des anges,‎ novembre décembre 2020, p. 17 (ISSN 1241-7696).
  6. Eric Dussert, « Danse Macabre », Le Matricule des anges,‎ novembre décembre 2020, p. 18 (ISSN 1241-7696).
  7. « LITANIES POUR UNE AMANTE FUNÈBRE, Gabrielle Wittkop », sur Le Vampire Actif : Maison d’édition, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]