Güzide Sabri Aygün

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Güzide Sabri Aygün
Biographie
Naissance
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Istanbul, Empire ottoman
Décès
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Giresun, Turquie
Nationalité
Activité
Fratrie

Güzide Sabri Aygün (1886-1946) est une écrivaine turque connue pour ses romans d'amour. Durant sa carrière de romancière, Güzide Sabri a principalement écrit à destination d'un large public. Elle est considérée comme une pionnière dans ce style très populaire dans son pays et ses œuvres sont aujourd'hui traduites en plusieurs langues[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Güzide Sabri née en 1886 dans le quartier de Fındıklı, situé dans la partie occidentale de Constantinople. Sa mère, Nigar, est la nièce du poète Koniçeli Kazım Paşapar et son père, Salih Resat, est un haut fonctionnaire du ministère de la Justice ottomane. Güzide Sabri a deux sœurs : Fatma Aliye et Emine Semiye.

La famille s'installe à Çamlıca, un quartier constantinopolitain dans lequel Güzide Sabri et ses sœurs vont passer leur enfance. Plus tard, elle et sa famille quitteront Constantinople pour s'installer en Anatolie (partie orientale de la Turquie actuelle), tandis que son père est forcé à l'exil en raison de son opposition au sultan Abdülhamid II[2].

Güzide Sabri sera marié à Ahmet Sabri Aygün, très important notaire du quartier stambouliote de Beyoğlu.

Elle meurt en 1946 dans la ville de Giresun.

Éducation et carrière[modifier | modifier le code]

Élevée dans un milieu privilégié, Güzide Sabri reçoit une éducation à domicile, dispensée par des précepteurs. Très tôt, elle s'intéresse à la littérature et est inspirée par son professeur Hodja Tahir Effendi, un érudit réputé. Malgré son jeune âge, elle commence à écrire, en dépit des remontrances faites par ses professeurs, qui lui recommande plutôt de traiter des questions religieuses au lieu d'écrire de la poésie [2],[3].

Résistant aux pressions de ses professeurs, elle écrit son premier roman Münevver (l'intellectuel) en 1899, à l'âge de treize ans. Elle écrit ce dernier en souvenir d'une de ses amies décédée de la tuberculose[4]. Le roman, publié sous la forme d'un feuilleton dans le journal Hanımlara Mahsus (pour les femmes), connaît un certain succès. Deux ans plus tard, le roman est publié sous forme de livre et sera même traduit en serbe[2],[3]. Son mari, Ahmet Sabri Aygün, vit mal la notoriété de sa femme et, à l'instar des professeurs de sa compagne, s'oppose à sa carrière d'écrivaine. Sabri est alors contrainte d'écrire la nuit en cachette. Peu de temps après la publication de son premier roman, son mari décède brutalement, ce qui la marquera profondément.

Güzide Sabri Aygun est considérée comme l'une des premières romancières, parmi les écrivains turcs, à connaître une notoriété de dimension internationale. Elle maintient dans un premier temps ses distances avec la revue Servet-i Fünun (richesse de la connaissance), crée par Recaizade Mahmud Ekrem (1847-1914) et ses étudiants ; revue qui, pourtant, a profondément marqué la littérature turque de l'époque. Ses écrits y seront toutefois publiés plus tard, ainsi que dans d'autres revues de la littérature nationale[2],[3],[5].

Ses romans, rédigés à la fois durant la monarchie constitutionnelle (1908-1921) et l'époque républicaine (à partir de 1922) , deviennent vite populaires et sont réédités à plusieurs reprises[3]. Certains feront l'objet d'adaptations cinématographiques. En effet, son deuxième roman, Ölmüş Bir Kadının Evrak-ı Metrûkes (les documents abandonnés d'une femme morte), publié pour la première fois en 1901, est devenu un best-seller et fera l'objet de nombreuses rééditions[6],[7]. Son succès le conduira à être adapté à l'écran à deux reprises, en 1956 et 1969, et à être traduit en arménien[8]. Il est également possible de citer Hicran Gecesi (la nuit du chagrin), roman publié en 1930, dans laquelle elle raconte l'histoire d'un amour interdit et impossible, qui fera l'objet d'une adaptation cinématographique en 1968[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Münevver (1901)
  • Ölmüş Bir Kadının Evrak-ı Metrûkesi (1905)[6]
  • Fikret ve Nedret (1922)[10]
  • Yaban Gülü (1926)
  • Hüsran (1928)
  • Hicran Gecesi (1930)
  • Gecenin Esrarı (1934)
  • Necla (1941)
  • Mazinin Sesi (1944)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Güzide Sabri », sur www.biyografya.com (consulté le 3 juillet 2019)
  2. a b c et d Kuzucular, Şahabettin (2 February 2012). "Güzide Sabri Aygün Hayatı ve Popüler Romancılığı" (in Turkish). Edebi Yad ve Sanat Akademisi. consulté le 25 août 2018.
  3. a b c et d "Güzide Sabri Aygün (İstanbul 1886–1946)" (in Turkish). Türk Dili ve Edebiyatı. consulté le 26 août 2018.
  4. (en) « Güzide Sabri », sur www.biyografya.com (consulté le 3 juillet 2019)
  5. (en) « Recaizade Mahmud Ekrem », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  6. a et b Güzide Sabri, 1886-1946., Ölmüş bir kadının evrak-ı metrukesi (ISBN 9786055656157 et 6055656159, OCLC 761874386, lire en ligne)
  7. Beyazperde, « Ölmüş Bir Kadının Evrakı Metrukesi » (consulté le 7 août 2019)
  8. Beyazperde, « Ölmüş Bir Kadının Evrakı Metrukesi » (consulté le 7 août 2019)
  9. (tr) « Hicran Gecesi (1968) » (consulté le 7 août 2019)
  10. Sabri, Güzide., Fikret ve Nedret, Maya Kitap, (ISBN 9786055675516 et 605567551X, OCLC 809109718, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]