Géza Maróczy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Géza Maróczy
Image dans Infobox.
Géza Maróczy en 1905-1906.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
BudapestVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Maróczy GézaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Sport
Titre aux échecs
Maróczy Géza sírja.jpg
Vue de la sépulture.

Géza Maróczy ( à Szeged, Hongrie à Budapest) est un joueur d'échecs, professeur de mathématiques et ingénieur hongrois. Bien qu'il n'eût jamais disputé de match pour le championnat du monde d'échecs, il fit partie de l'élite mondiale des joueurs d'échecs pendant quarante ans (de 1895 à 1936). Champion de Hongrie en 1932, il remporta les olympiades d'échecs de 1927 et 1936 avec la Hongrie et finit deuxième de l'olympiade de 1930, La fédération internationale lui décerna le titre de grand maître international des échecs lors de la création du titre en 1950.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Géza Maróczy est né à Szeged de parents catholiques romains : József Maróczy, artisan, et Rozália Valkovics. Il est inscrit sur sa croix le nom de « József Geiza ». Il a comme frère et sœurs : Joseph (1871-1946), Etelka (1880-1960) et Marie (1887-1910)[1],[2]. La maison des parents est détruite lors de la grande inondation à Szeged, de 1879.

Formation et travail[modifier | modifier le code]

Géza Maróczy en 1922 à Londres

Il est formé comme technicien[3], en étudiant au lycée piariste de Szeged entre 1880 et 1889, puis se rend à Zurich pour améliorer ses connaissances allemandes et obtenir un diplôme d'une université technique[4]. Après son retour en 1892, dans le quartier de Káposztásmegye de Budapest, il participe en tant que dessinateur à la préparation de construction hydraulique[5]. En 1903, il est étudiant à l'Université royale hongroise de Budapest pendant six mois[6], puis travaille comme professeur à l'école de garçons de Ferencváros[7]. En 1908, il est fonctionnaire du Département des rentes de la Caisse nationale d'assurance maladie et accidents du travail puis en 1919, il dirige le Département des pensions[8].

Pendant la République soviétique, il est intendant de l'Opéra et des Théâtres nationalisés[9]. En raison de ce rôle, il est licencié et quitte la Hongrie pour des raisons existentielles en 1920, vivant en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas, puis en Angleterre, puis part en tournée aux États-Unis. Pendant ses années à l'étranger, il gagne sa vie en tant que joueur d'échecs. De 1905 à 1927, il est également rédacteur en chef de plusieurs magazines sur les échecs[10],[11]

Il est réhabilité en 1927, récupère sa pension et peut rentrer chez lui. Il devient chroniqueur d'échecs au journal Pest et capitaine de la Fédération hongroise des échecs..

En 1905, il se présente aux élections à Szeged mais démissionne le jour du vote[12]. En 1908, il a rejoint le Parti social-démocrate[13]. En 1917, il est devenu membre du Home Circle[14]. Pendant de nombreuses années, il est secrétaire puis vice-président du Budapest Chess Circle. En 1911, il est président de la première éphémère association hongroise d'échecs, puis en 1921 et 1933, il devient vice-président, puis coprésident, et également capitaine de la fédération[15].

Des années 1920 jusqu'à la fin de sa vie, Géza Maróczy est ami avec Max Euwe qui remporte le championnat du monde en 1935. Euwe visite la Hongrie à plusieurs reprises[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son épouse, Magdolna Mann (née à Budapest le 4 septembre 1883), est la fille de Jakab Mann, directeur de la formation des sages-femmes de Szeged, avec qui il se marie dans l'église du centre-ville le 23 janvier 1904[17]. Son fils György naît en 1904 et sa fille Magdolna en 1906[18].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Géza Maróczy meurt d'une insuffisance cardiaque le 29 mai 1951 à l'hôpital de la rue Uzsoki.

Son enterrement a eu lieu le 1er juin dans un cimetière offert par le Conseil métropolitain dans la parcelle 33 du cimetière de Kerepes, qui est un cimetière national protégé par le National Heritage Institute depuis 2004[19].

Son épouse, Irén Mann, lui survit onze années puis meurt le 17 mai 1962 à Budapest. Le fils George meurt en 1999 et la fille Magdolna en 1998[20].

Monde des échecs[modifier | modifier le code]

Géza Maróczy apprit à jouer aux échecs à quinze ans. Il fit des études d'ingénieur à l'institut polytechnique de Zurich puis enseigna les mathématiques à Budapest. Il devint plus tard un expert dans plusieurs branches des sciences sociales[21].

Maroczy fit son entrée dans les tournois internationaux en remportant le tournoi amateur de Hastings en 1895 et en finissant deuxième des très forts tournois de Nuremberg 1896 et Londres 1899 derrière le champion du monde Emanuel Lasker et devant les meilleurs joueurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : Steinitz, Tchigorine, Janowski, Tarrasch, Pillsbury, Schlechter, Blackburne, Charousek, Winawer, Showalter, Teichmann. Du fait de ses obligations, Maroczy fut absent des tournois internationaux de Saint-Pétersbourg disputés en février-mars 1909 et avril-mai 1914, des tournois de Saint-Sébastien disputés en février-mars 1911 et 1912. Lors du très fort tournoi d'échecs de New York 1924, il marqua la moitié des points (10/20) et finit sixième du tournoi.

Pendant la Première Guerre mondiale, il souffrit des privations dues au blocus instauré par les Alliés. À la fin de la guerre, il partit aux Pays-Bas et en Angleterre. Il enseigna les échecs à Hastings et eut comme élève Vera Menchik, première championne du monde d'échecs et László Szabó.

Après 1936, il ne disputa qu'un seul tournoi, à Baarn en 1947 où il termina dernier.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Premiers prix[modifier | modifier le code]

Tournoi d'échecs de Karlsbad de 1907 : (assis) Rubinstein, Marco, (en) Fähndrich, Tschigorin, Schlechter, Hofter, (en) Tietz, Maróczy, Janowski, Dr. Neustadtl, Drobny, Marshall, (debout) Niemzowitsch, Wolf, Mieses, Cohn, Johner, Leonhardt, Salwe, Vidmar, Berger, Spielmann, Dus-Chotimirski, Tartakower,(en)Dr. Olland.

Entre 1893 et 1897, Maróczy remporta un tournoi par correspondance à égalité avec Rudolf Charousek, 16 points sur 18. En 1895, il remporta le tournoi amateur d'Hastings organisé en parallèle avec le tournoi d'Hastings 1895, devant Henry Atkins. Il remporta les tournois de

  • Budapest 1899,
  • Vienne 1899-1900 (mémorial Kolisch),
  • Monte-Carlo 1902 (ex æquo avec Pillsbury) et 1904 (devant Schlechter, Marshall et Gunsberg),
  • Barmen 1905 (ex æquo avec Janowski),
  • Ostende 1905 (19,5/ 26, +16 −3 = 7 ; avec 1,5 points d'avance sur Janowski et Tarrasch, devant Schechter, Marco, Teichmann, Burn, Marshall),
  • Budapest 1905 (tournoi du club de Budapest remporté avec 21,5 points sur 22),
  • Vienne 1908 (ex æquo avec Duras et Schlechter, 1 point d'avance sur Rubinstein, devant Spielmann, Tartakover, Marshall).

Après la Première Guerre mondiale, il remporta les tournois de

  • Utrecht 1920 (devant Tartakover)
  • Amsterdam 1922 (avec 8,5 points sur 9),
  • Carlsbad 1923 (11,5/17, ex æquo avec Alekhine et Bogoljubov, devant Grünfeld, Réti, Nimzowitsch, Treybal, Yates, Teichmann, Tartakover, Tarrasch, Rubinstein, Bernstein, Wolf, Sämisch, Thomas, Chajes et Spielmann),
  • Hastings 1924-1925 (avec 7 points sur 8),
  • New York 1926-1927 (devant Kashdan),
  • Copenhague 1927 (devant Nimzowitsch)
  • Budapest 1932 (championnat de Hongrie).

Deuxièmes et troisièmes prix[modifier | modifier le code]

Outre ses nombreux succès, Maroczy obtint la deuxième place lors des tournois de

  • Nuremberg 1896 (derrière Lasker et devant Pillsbury, Tarrasch, Janowski, Steintitz, Walbrodt, Schlechter, Tchigorine, Schiffers),
  • Budapest 1897-1898 (victoire de Charousek)
  • Londres 1899 (ex æquo avec Janowski et Pillsbury, derrière Lasker),
  • Munich 1900 (douzième congrès allemand, Maroczy, 1er-3e, finit deuxième après un départage perdu contre Pillsbury)
  • Monte-Carlo 1903 (victoire de Tarrasch),
  • Vienne 1905 (tournoi thématique sur le gambit du roi remporté par Schlechter),
  • Ostende 1906 (victoire de Schlechter),
  • Copenhague 1907 (victoire de Mieses),
  • Carlsbad 1907 (victoire de Rubinstein) ,
  • Budapest 1912 (victoire de Vidmar),
  • Amsterdam 1920 (victoire de Réti),
  • Amsterdam 1921-1922 (tournoi du club VAS remporté par Max Euwe),
  • Liverpoll 1923 (victoire de Mieses)
  • Hastings 1923-1924 (derrière Max Euwe),
  • Chicago 1926 (victoire de Marshall),
  • Scarborough 1930 (victoire de Colle),
  • Scheveningue 1933 (victoire de Flohr)

Il finit également 3e-4e du tournoi de Paris 1900 (victoire de Lasker devant Pillsbury)[22] et au tournoi de Vienne 1907.

Lors de son dernier tournoi important, en 1936, il termina troisième du tournoi de Dresde remporté par Alekhine devant Bogoljubov. Après ce tournoi, il ne disputa que le tournoi de Baarn en 1947 (il finit dernier).

En match, il battit Rudolf Charousek 9 à 5 à Budapest en novembre-décembre 1895. Il fit match nul avec Max Euwe à Bad Aussee et Budapest 6 à 6 en 1921.

Olympiades d'échecs[modifier | modifier le code]

Lors de la première olympiade d'échecs officielle de Londres 1927, Maroczy marqua 9 points sur 12 (+6 =6) et remporta la médaille d'or par équipe avec la Hongrie.

Lors de l'olympiade d'échecs de 1930 à Hambourg, il marqua 8 points sur 12 et la Hongrie termina deuxième de la compétition derrière la Pologne.

Lors de l'olympiade d'échecs de 1933 à Folkestone, il marqua 2,5 points sur 6 et la Hongrie termina 3e-5e (cinquième au départage).

Lors de l'olympiade non officielle de Munich 1936, Maroczy marqua 6 points sur 11 et la Hongrie remporta le tournoi.

Style[modifier | modifier le code]

Joueur au style défensif, il a surtout su s'imposer face aux joueurs d'attaque, tels Frank Marshall (+11 -6 =8) et Joseph Henry Blackburne (+5 -0 =3).

Sa défense victorieuse face à un gambit danois contre Jacques Mieses[23], ainsi que Karl Helling[24], parties au cours desquelles il rend du matériel contre des avantages de temps et de position, est qualifiée de modèle défensif par Max Euwe et Haije Kramer dans leur volume double sur le milieu de partie. Aaron Nimzowitsch, dans Mon système, a présenté le gain de Maróczy contre Hugo Süchting (Barmen, 1905) comme un modèle de restriction de l'adversaire avant de pénétrer ses défenses[25]. Sa maîtrise de finales de dames, comme dans une partie contre Frank Marshall (Karlovy Vary, 1907), était vue comme supérieure[26]. Il était aussi capable, à l'occasion, de jouer des parties éblouissantes, dont sa fameuse victoire[27] contre le joueur d'attaque David Janowski (Munich, 1900).

Contributions à la théorie des ouvertures[modifier | modifier le code]

Maróczy a donné son nom à l’étau de Maróczy, une formation de pions blanche qui survient dans la défense sicilienne. Elle consiste à positionner ses pions en e4 et en c4, cela réduit légèrement la capacité d'attaque des Blancs, mais réduit de façon marquée les possibilités de contre-attaque noire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Szeged és Vidéke, 1904. július (3. évfolyam, 209-236. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  2. (trad. aut.) László Jakobetz (janvier 2020). « Le XX. Le plus grand joueur d'échecs hongrois de la première moitié du XIXe siècle - Partie I - Fils antiques et maison parentale ». Monde des échecs hongrois 18 (1), 20-22. Elle.
  3. « Szegedi Híradó, 1892. július-szeptember (34. évfolyam, 158-235. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  4. (hu) « Pesti Hírlap, 1899. július (21. évfolyam, 180-210. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  5. (trad. aut.) István Bottlik : Compléments aux données biographiques de Géza Maróczy. Monde des Échecs Hongrois , 10e année n ° 5 (1er mai 2012)
  6. « A Budapesti Királyi Magyar Tudomány-Egyetem almanachja, 1903-1904 | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  7. « Alkotmány, 1903. szeptember (8. évfolyam, 206-231. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  8. (hu) « Nemzeti Örökség Intézete - Maróczy Géza », sur Nemzeti Örökség Intézete - Maróczy Géza (consulté le )
  9. (trad. aut.) Dirigeants des théâtres communistes à Pest . OSZK (Csiki Lapok, 11 mai 1919).
  10. « Ország-Világ, 1902 (23. évfolyam, 27-52. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  11. « Budapesti Hírlap, 1917. április-június (37. évfolyam, 88–164. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  12. « Budapesti Hírlap, 1905. április (25. évfolyam, 91-119. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  13. (hu) Géza Maróczy et Gedeon Barcza, Magyar sakktörténet. 2, : Maróczy Géza "Így kezdtem" és "Világversenyek élén" című köteteiből és kéziratos hagyatékából összeállílotta, Sport, (ISBN 963-253-248-1 et 978-963-253-248-6, OCLC 769886267, lire en ligne), p. 299
  14. (hu) « Budapesti Hírlap, 1917. április-június (37. évfolyam, 88–164. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  15. (hu) « Pesti Hírlap, 1933. január (55. évfolyam, 1-25. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  16. « Hajdú-Bihari Napló, 1970. június (27. évfolyam, 127-151. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  17. « Pesti Napló, 1904. január (55. évfolyam, 1-31. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  18. (hu) « Pesti Napló, 1906. június (57. évfolyam, 149-177. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  19. « Népsport, 1951. június (7. évfolyam, 108-128. szám) | Arcanum Digitális Tudománytár », sur adt.arcanum.com (consulté le )
  20. (trad. aut.) László Jakobetz (mars 2020). « Le XX. Le plus grand joueur d'échecs hongrois de la première moitié du 20e siècle. Partie I - Ma famille et les Manns ». Monde des échecs hongrois 18 (3), 12-14. Elle.
  21. (en) Harry Golombek (éditeur) The Penguin Encyclopaedia of Chess, Penguin, 1981.
  22. François Le Lionnais et Ernst Maget, Dictionnaire des échecs, éd. PUF, 1967, p. 238-239.
  23. (en) Jacques Mieses-Géza Maróczy (Monaco, 1903 ; gambit danois accepté C21).
  24. (en) Géza Maróczy-Karl Helling (août 1936 ; défense scandinave, variante moderne B01).
  25. (en) Géza Maróczy-Hugo Süchting (tournoi des Maîtres de Barmen, 1925 ; gambit dame refusé, défense orthodoxe, variante Rubinstein D61).
  26. (en) Géza Maróczy-Frank James Marshall (Karlsbad, 1907 ; partie espagnole, partie des quatre cavaliers, variante Rubinstein C48).
  27. (en) David Janowski-Géza Maróczy (Munich, 1900 ; gambit dame refusé, contre-gambit Albin D08).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]