Gésip Légitimus

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Gésip Légitimus
Description de cette image, également commentée ci-après
Victor-Hégésippe Légitimus, dit Gésip.
Nom de naissance Victor-Hégésippe Légitimus
Surnom Gésip
Naissance
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France française
Décès (à 69 ans)
Paris (France)
Profession Producteur
Concepteur audiovisuel
Organisateur d'événements
Acteur
Films notables Le Blanc et le Noir
Gala
Les Gants blancs du diable

Victor-Hégésippe Légitimus, dit Gésip, né à Paris le et décédé dans la même ville le , est un pionnier dans l’expression audiovisuelle, artistique, politique et associative afro-antillaise en France.

Vie privée et famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de la comédienne Darling Légitimus et le petit-fils du député Hégésippe Jean Légitimus.

Son père Étienne, journaliste, a collaboré à la fondation du MRAP et de la LICRA et créa les premières discothèques antillaises à Paris ainsi que la Solidarité antillaise, première grande association antillaise à vocation sociale destinée à soutenir et aider les Antillais vivants en métropole à s’intégrer et à obtenir des conditions de vie et de travail décents.

Il appartient à une grande famille, d’origine antillaise, d’artistes plus ou moins populaires dont sont issus les comédiens Pascal, son neveu, Samuel, son fils, Diana, illustratrice, auteur-compositeur et chanteuse, sa fille, ainsi que le chanteur David, un autre de ses fils. On peut encore citer Théo, comédien et musicien, son frère aîné, le père de Pascal et ses frères, Gustave et Clément tous deux musiciens. Certains de ses petits enfants sont aussi artistes.

Il a épousé, dans les années 1960, la journaliste de radio et de presse féminine, Noéma Thomassine, élue Miss Antilles en 1958, avec laquelle il a eu sept enfants. Elle a collaboré activement à sa carrière ainsi que soutenu dans ses différents combats pour plus de présence noire dans l’audiovisuel français. Il est le père de deux autres enfants issus d'unions précédentes.

Chevalier des Arts et Lettres, il est producteur d’émissions télévisées, producteur de disques, éditeur de musique, concepteur audiovisuel, directeur artistique, organisateur d’évènements et de spectacles, homme de radio et de télévision, journaliste, président d’associations, président du Centre international de création audiovisuelle francophone (CICAF), directeur général d’African TV Productions, occasionnellement acteur.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Gésip est un artiste plutôt précoce, puisqu’il commence sa carrière à trois mois. Il est en effet, le bébé noir du premier film parlant de Sacha Guitry : Le Blanc et le Noir, avec Raimu, Pauline Carton et Fernandel, dont c’est également le premier film. Au cinéma, il joua dans plusieurs films dont, en 1961, Gala, court-métrage de Jean-Daniel Pollet et François Bel dont il est la vedette. Il devint coproducteur du premier film réalisé par le hongrois László Szabó, Les Gants blancs du diable avec Bernadette Lafont et Jean-Pierre Kalfon.

Il apparaît en 1979 dans le film Tous vedettes, une comédie musicale française, réalisée par Michel Lang, sortie sur les écrans au printemps de l’année suivante.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Au théâtre, où il est comédien depuis l’âge de 8 ans aux côtés de Jean-Louis Barrault, Henri Rollan, Henri Crémieux, Lucien Coedel, il se forme à la mise en scène en devenant le collaborateur de Raymond Rouleau au théâtre Édouard VII en 1948, pour la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams avec Arletty, Louis de Funès, Milly Mathis, Darling Légitimus etc., et en 1952 au théâtre Sarah Bernhardt dans Les Sorcières de Salem, auprès d’Yves Montand, Simone Signoret, Nicole Courcel, Pierre Mondy, et Darling Légitimus. Il collabora en 1959 avec Roger Blin pour la création au théâtre de Lutèce de la pièce Les Nègres de Jean Genet avec la troupe « les Griots ». Il fonda, afin de soutenir ses compatriotes dans le monde artistique métropolitain, la Fédération des Artistes Noirs d’Expression Française (FANEF), qui soutint des compagnies théâtrales telles « Les Griots » et « Le Théâtre Noir », administrée par son frère Théo. En 1966 il reçoit les félicitations du président Léopold Sédar Senghor et d’Aimé Césaire pour la direction de la délégation des Artistes français représentant la France au Festival mondial des Arts nègres à Dakar, avec Joséphine Baker et Moune de Rivel.

En 1979 il fut nommé directeur du théâtre de la Renaissance, où il travailla auprès de Francis Lopez, et fonda le Centre international de création audiovisuelle francophone ( CICAF).

Musique[modifier | modifier le code]

Musicien, avec ses frères Théo, Gustave (chef d’orchestre réputé, mort prématurément) et Clément (guitariste), il anima l’orchestre jazz et salsa « Légitimus » qui fit de 1947 à 1969 « les beaux soirs du tout Paris exotique ». Il se spécialisa dans l’organisation de galas et de bals des grandes écoles parisiennes. Avec son groupe folklorique antillais, il représenta la France dans plusieurs festivals internationaux (Bari, Nice, La Rochelle), de 1953 à 1959, où le groupe emporta la médaille d’or chaque fois. Il organisa à Paris et en province plus de 500 spectacles gagnant ainsi la reconnaissance des plus grands musiciens de salsa qui lui devaient, en partie, leur célébrité dans l’Hexagone. Il fut créateur de « la Savane », club de jazz exotique réputé de 1957 à 1963. Il contribua également à l’organisation de grandes manifestations nationales telles que « la France des quatre coins du monde » en 1976, au Palais des congrès de Paris.

Il fut aussi directeur artistique de Francis Lopez, célèbre pour ses opérettes et pour lequel il organise le tournage de Quatre Jours à Paris et de la Perle Des Antilles ainsi que pour plusieurs groupes musicaux dont Touré Kunda et Exile One.

Journalisme[modifier | modifier le code]

Secrétaire de rédaction du journal de son père, Le Correspondant Antillais, il devint d’abord rédacteur dans différents journaux : Bingo, Jeune Afrique, France Antilles, etc. puis il crée avec le musicien africain Manu Dibango, le journal Afro Music. Il fonde, cofinance et administre en collaboration avec le journaliste africain Pierre Coula, BLACK HEBDO « Le Journal du Monde Noir », premier journal hebdomadaire destiné aux personnes de couleur en France en 1976.

Production TV, disque, radio[modifier | modifier le code]

De 1956 à 1958, Gésip est élève au Centre d’études supérieures de radio télévision dont une partie de cet enseignement est aujourd’hui reprise à l’IDHEC et à l’INA.

Producteur et concepteur de télévision, dès l’âge de 30 ans, directeur artistique, Gésip Légitimus a contribué au développement de l’audiovisuel et à la promotion des artistes noirs d’expression française. Initiateur de plusieurs entreprises, premier (et longtemps unique) producteur noir d’émissions de télévision, il fit connaître aux téléspectateurs français un grand nombre de talents noirs de tous horizons : Gérard La Viny, Manu Dibango, Tânia Maria, Bonga, Clyde Wright (en) et le Golden Gate Quartet, Martinho Davila, Tito Puente, Marius Cultier, etc.

Il créa une série d’émissions télévisées dès 1967, Pulsations[1], (c’est d’ailleurs à cette occasion et à sa demande, que Manu Dibango trône à la tête de son premier big band. Gésip encourage le musicien à durcir son propos musical, et urbaniser son inspiration. D’ailleurs, Manu Dibango s’inspira largement des concepts originaux d’émissions de Gésip Légitimus, pour produire Salut Manu, qu’il anima dans les années 1980), Sur tous les tons, Rythmes du temps. Il y reçoit des vedettes de la chanson française comme Claude Nougaro, Nino Ferrer ou Mike Brant, Samsong avec Billy Nencioli, ainsi que les concerts de Sammy Davis Jr., Jimmy Smith, Thelonius Monk, Myriam Makeba, Nina Simone, Ray Charles et le 70e anniversaire de Duke Ellington à l’Alcazar.

Il lui fut confié la direction du jazz à la télévision et la production de 50 émissions pour le cinquantenaire de l’arrivée du jazz en France. À l’Olympia, il collabore avec Bruno Coquatrix pour l’organisation de nombreux concerts.

Au Palais des congrès de Paris, il organise et produit « La France des quatre coins de monde », événement réunissant chanteurs, peintres, artistes et artisans noirs qui investissent les lieux près d’un mois, offrant au public toute la richesse artistique du monde noir sous forme de scènes et de stands.

Soucieux de l’évolution de la diaspora noire, Gésip Légitimus rédigea en 1981 le Rapport Légitimus qui lui permet d’obtenir - dans le cadre de la Loi Fillioud de 1982 - la création d’une Société nationale de programmes de radio-télévision d’Outre-mer (RFO). Il crée en 1982, la première radio périphérique antillaise à Paris : Tropiques FM, tout en produisant le Calendrier d’Outre-mer, page d’information hebdomadaire sur l’actualité artistique et culturelle d’Outre-mer, diffusée sur RFO, et animée par diverses présentatrices ultramarines, dont Diana Belkreir-Légitimus, sa fille, pendant près de dix ans.

Ses principaux et derniers collaborateurs furent son fils aîné Henri, animateur et directeur de plusieurs émissions de radio DOM, sur Tropiques FM, (dont Joker Time) dès la fin des années 1970, rejoint, à partir du milieu des années 1980 par Nathalie Bourset, attachée de Presse et assistante de production à RFO, entre autres.

Il sera fait chevalier des Arts et Lettres par le ministre de la Culture, Jack Lang.

Il meurt à Paris, le , à l’âge de 69 ans. Ses cendres se trouvent au Père-Lachaise - 87e division, case no 16411, auprès de celles de sa mère, Darling Légitimus, disparue un mois auparavant. Une partie a été dispersée sur le sol de Marie-Galante, en Guadeloupe.


Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Institut national de l'audiovisuel, « INA : Pulsations » (consulté le 18 novembre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]