Gérard de Palézieux

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Gérard de Palézieux
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Naissance

Lausanne
Décès
(à 93 ans)
Sierre
Nationalité
Suisse
Activité
Artiste
Formation

Ecole des beaux-arts de Lausanne, 1935-1938

Académie de Florence, 1939-1943
Maître
Influencé par
Distinctions

Prix de l'Hermitage, 1994

Prix de l'Etat du Valais, 1996

Gérard de Palézieux, né le à Lausanne et mort le à Sierre, est un peintre et graveur suisse.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Né dans une famille cultivée, Gérard de Palézieux commence des études classiques qu’il interrompt à seize ans pour s’inscrire à l’Ecole des beaux-arts de Lausanne, où il suit les cours de Casimir Reymond[1] et d’Henry Bischoff [2]et bénéficie des conseils de son ami Charles Chinet[3]. Insatisfait de l’enseignement de l’école, Palézieux puise dans les musées et les livres les modèles du grand art qui l’aident à progresser. En 1939, une erreur administrative lui permet de séjourner pendant les premières années de guerre à Florence, où il s’initie à l’art de la Renaissance et découvre le paysage toscan. Il fréquente l’atelier de deux peintres, les frères Trovarelli, dépositaires de toutes sortes de procédés secrets ou disparus: il tirera profit toute sa vie de cette expérience et des discussions autant techniques qu’esthétiques qui se tiennent dans ce petit cénacle. C’est à ce moment aussi qu’il découvre la peinture de Giorgio Morandi à qui il rendra visite plus tard.

De retour en Suisse en 1943, Palézieux s’installe à Veyras près de Sierre dans une petite maison vigneronne. Il ne quittera plus le Valais, dont les paysages deviennent un des principaux sujets de sa peinture, même s’il se rend régulièrement en Italie, à Rome et dans ses environs, en Toscane, puis dans les Marches d’où il ramène des compositions à l’huile et à la tempera. Dès 1942 il se passionne pour l’art de la gravure à l’eau-forte. A partir des années 60, il séjourne dans la Drôme, près de Grignan, où s’est fixé son ami le poète Philippe Jaccottet. Ses lavis, dessins et eaux-fortes représentent de nombreux paysages dont les rythmes architecturaux, calmes et solides, sont baignés dans une lumière frémissante. Cet art classique, qui s’appuie avec confiance sur les exemples du passé, atteint alors son point d’équilibre.

Au milieu des années 1960, à l’instigation de son ami le peintre Albert Chavaz[4], il se familiarise avec l’aquarelle, technique plus rapide, plus fluide qu’il expérimente lors de séjours au Maroc et en Provence. Cette acquisition d’un nouveau médium coïncide également avec la découverte de Venise où Palézieux se rend désormais régulièrement. Non seulement son art y gagne en liberté, mais sa pratique de l’eau-forte s’en trouve par la même occasion transformée dans la mesure où l’artiste cherche à obtenir à l’aide de l’aquatinte ou du vernis mou les effets de lumière et de transparence propres à l’aquarelle.

Dès le premier jour, la vocation de Palézieux aura été de tenter la restitution, au plus près de son émotion, du spectacle du monde – paysages, intérieurs, objets, fleurs ou fruits. Fait plutôt rare à son époque, caractérisée par d’incessantes remises en question du statut de l’art et de la représentation, il n’a jamais été ébranlé par les modes et a persévéré solitairement dans la traduction fidèle de la réalité. En revanche, son effort s’est entièrement porté à l’acquisition de moyens propres à rendre la vibration de la lumière, à saisir les valeurs les plus subtiles qui animent selon les saisons les pays traversés, villes ou campagnes, montagnes ou bords des fleuves. Une intime cohérence associe sa vision à ses recherches sur les matériaux et à son recours aux papiers anciens, porteurs d’annotations ou de traces d’usure. Cet ensemble de facteurs permet que ses images donnent l’impression d’une perception de plus en plus attentive du passage du temps.

Palézieux a en outre développé une abondante activité de graveur pour l’édition. Il a ainsi illustré, très librement toutefois, les textes de ses amis les poètes Gustave Roud, Philippe Jaccottet, Julien Gracq, Maurice Chappaz, lesquels ont été les premiers à dire l’importance de son œuvre. En 1994, une importante monographie[5] paraît aux éditions d’Art Albert Skira, à Genève, avec des essais d’Yves Bonnefoy et Florian Rodari. De nombreuses expositions ont été consacrées à son art, principalement, en 1989, au Musée Jenisch Vevey, et à la Rembrandthuis d’Amsterdam en 2000. En 2019, afin de fêter le centenaire de sa naissance, une exposition rétrospective lui a été consacrée par la Fondation Custodia et la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex, à Paris, tout d’abord, de septembre à décembre 2019[6], puis à Vevey, au Musée Jenisch, de février à juillet 2020[7]. A cette occasion un catalogue[8] en 4 volumes, consacré à son œuvre sur papier, a été édité à Milan par les éditions 5 Continents.

Parallèlement à sa propre production d’œuvres sur papier, Palézieux a légué à la Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex – dont il avait été un des fondateurs en 1977 – sa collection de gravures anciennes, constituée de pièces magistrales dues aux maîtres anciens qu’il admirait.

Palézieux a reçu le Prix de l’Hermitage à Lausanne en 1994 et celui de l’Etat du Valais en 1996[9],[10],[11].

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Reymond, Edmond Casimir - SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz », sur www.sikart.ch (consulté le 30 avril 2020)
  2. « Bischoff, Henry - SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz », sur www.sikart.ch (consulté le 30 avril 2020)
  3. « Chinet, Charles-Louis-Auguste - SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz », sur www.sikart.ch (consulté le 30 avril 2020)
  4. « Chavaz, Albert - SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz », sur www.sikart.ch (consulté le 30 avril 2020)
  5. Bonnefoy, Yves. et Rodari, Florian., Palézieux, Skira, (ISBN 2-940055-30-0, 978-2-940055-30-2 et 2-605-00274-8, OCLC 612177560, lire en ligne)
  6. « Palézieux (1919-2012). Œuvres sur papier - Fondation Custodia », sur www.fondationcustodia.fr (consulté le 30 avril 2020)
  7. « Musée Jenisch Vevey - Palézieux 1919-2012 », sur www.museejenisch.ch (consulté le 30 avril 2020)
  8. Palézieux, Gérard de,, Rodari, Florian., Fondation Custodia, et Musée Jenisch,, Palézieux : œuvres sur papier (ISBN 978-88-7439-907-9 et 88-7439-907-3, OCLC 1123186283, lire en ligne)
  9. Florian Rodari, Palézieux. Oeuvres sur papier, Milan, 5 Continents Editions, (ISBN 978-88-7439-907-9), vol. IV, biographie p. 76
  10. « Palézieux, Gérard de (dit Falconnet) [de Palézieux, Raymond Gérard] - SIKART Lexikon zur Kunst in der Schweiz », sur www.sikart.ch (consulté le 30 avril 2020)
  11. « Palézieux, Gérard de », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le 30 avril 2020)
  12. Voir notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  13. Voir notice bibliographique du catalogue général de la BnF.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Écritures 5, cahier de dessins et gravures, accompagné d'un texte de Philippe Jaccottet, Remarques sur Palézieux, Cahiers de la Renaissance vaudoise, Lausanne, 1969 ; rééd. Bertil Galland, 1974.
  • La Revue des Belles-Lettres, I/1975, cahier de dessins, Genève, 1975.
  • François Daulte, Olivier Daulte, L'Œuvre gravé de Palézieux : 1942-2005, Lausanne/Paris, Bibliothèque des Arts, 1976-2006 (ISBN 2-88453-056-8).
  • Bernard Blatter, Gustave Roud, Yves Bonnefoy, Maurice Chappaz, Philippe Jaccottet, Palézieux, Vevey, Musée Jenisch Vevey, , cat.exp..
  • Georges Borgeaud, Palézieux, Paris, Galerie Arsène Bonafous-Murat, , cat.exp..
  • (de) Hans Staub, Palézieux. Aquarelle - Zeichnungen - Monotypien - Druckgraphik 1947-1993, Düsseldorf/New York, Galerie C.G. Boerner, , cat. exp..
  • Florian Rodari et Yves Bonnefoy, Palézieux, Genève, Skira, (ISBN 2-940055-30-0).
  • Nicole Minder, Michelle Dedelley, Eric Gillis, Regard d'un graveur. Une collection d'estampes du XVIIe au XXe siècle, Vevey, Musée Jenisch Vevey - Cabinet cantonal des estampes, , cat. exp..
  • (en) Ed de Heer, Palézieux. Meditations in print, Amsterdam, Rembrandt House Museum, .
  • Antonia Nessi, L'œuvre gravé de Palézieux à travers son regard de collectionneur, Neuchâtel, Université de Neuchâtel, Faculté des Lettres, Institut d'Histoire de l'Art, , mémoire de licence ès lettres.
  • Antonia Nessi, Une Venise de papier. La cité des Doges à l'époque de Canaletto et Tiepolo. Chefs-d'oeuvre d'une collection d'estampes vénitiennes du XVIIIe siècle, Milan/Vevey/Lugano, 5 Continents Editions/Musée Jenisch Vevey/Museo Cantonale d'Arte, (ISBN 88-7439-231-1).
  • Marie-Fabienne Aymon, Palézieux. Gravures et nostalgie de la couleur, Martigny, Fondation Louis Moret,
  • Julien Bogousslavsky, Les livres de Palézieux. Essai de catalogue raisonné, Lausanne, Julien Bogousslavsky Editeur, 2007.
  • Ed de Heer (préf. Pierre Vogt), Gérard de Palézieux : Aquarelles, Lausanne, Bibliothèque des arts, , 191 p. (ISBN 978-2-88453-157-3).
  • Philippe Jaccottet, Florian Rodari, J'ai été cela au monde. Hommage collectif à Palézieux, Vevey, Fondation William Cuendet & Atelier de Saint-Prex, .
  • Astrid de la Forest, Galerie Arsène Bonafous-Murat, Palézieux, Paris, , cat. exp..
  • Ger Luijten, Florian Rodari, Alain Madeleine-Perdrillat, Christophe Carraud, Peter Schatborn, Catherine McCready, Pierre Vogt, Palézieux. Oeuvres sur papier, Milan, 5 Continents Editions, (ISBN 978-88-7439-907-9).

Liens externes[modifier | modifier le code]