Gérard Lopez (psychiatre)

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Gérard Lopez
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Gérard Lopez est un psychiatre français né en 1949. C'est un pionnier de la victimologie en France, co-fondateur, notamment, de l’Institut de victimologie de Paris.

Parcours[modifier | modifier le code]

Il est né en 1949, au sein d'une famille d'origine en partie andalouse : son grand-père andalou a quitté l’Espagne en 1912 pour échapper à la guerre au Maroc, et s'est installé en France[1]. Médecin de formation, il est médecin généraliste pendant dix ans dans le quartier de la Goutte-d'Or, au sein du 18e arrondissement, puis psychiatre pendant dix autres années aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu de Paris[2].

Il est le promoteur en France de la victimologie, une interdiscipline apparue juste après la Première Guerre mondiale mais qui, pendant longtemps n'a pas mobilisé les professionnels de la santé. L'intérêt de formation spécifique s'est concrétisé dans les années 1980, en partie suite aux conflits du XXe siècle mais aussi des mouvements de femmes soucieux d'apporter une aide, dans des centres dédiés, aux victimes d'agressions sexuelles[3]. En France, Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterand, favorise la création de l'INAVEM (Institut national d'aide aux victimes et de médiation) en 1986, qui devient ensuite France Victimes[4]. Les attentats de 1986, et ce regroupement des victimes en un réseau d'associations renforcent le besoin d'organiser la prise en charge, en disposant du concours de médecins et professionnels de la santé formés en conséquence. Gérard Lopez est l'un des initiateurs des premiers diplômes universitaires de victimologie en 1993 à l'Université Paris-Descartes[2],[5]. Il participe à la fondation de l'Institut de la victimologie de Paris[5]. Il participe également à la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) mise en place en 1995 par le président de la République et Xavier Emmanuelli, alors secrétaire d'État à l’Action humanitaire d’urgence[6].

Il écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, et intervient comme expert, notamment près la Cour d'appel de Paris. Il met en place l'Unité mobile de psychiatrie légale près le parquet de Bobigny puis près le parquet de Paris, laquelle intervient pour examiner des mis en cause pendant la garde à vue. Il assure des enseignements à l’université Paris-Descartes au laboratoire d’éthique médicale dans le département de médecine légale et à l’institut de criminologie de l’université Panthéon-Assas Paris II. Il est le coordinateur du réseau européen de la chaire Unesco : « Aborder la violence : un défi transdisciplinaire » avec laquelle il crée des formations dédiées à la victimologie dans différents pays[7],[8],[9]. En 2020, avec Pierre Tcherkessoff, il a créé un diplôme universitaire de criminologie-victimologie à l'Institut Catholique de Paris avec l'Association Française de Criminologie, l'Institut de Victimologie et la Faculté de Sciences Sociales et Economiques (FASSE) de l'ICP.

Il est un des premiers à faire une distinction entre les sujets ayant subi un événement traumatique et ceux qui en ont subi sur de longues durées, suite par exemple à des agressions sexuelles[10],[11]. Les premiers présentant des troubles de stress post traumatiques, les seconds des troubles somatiques variés et des troubles de la personnalité comme le décrivent les psychotraumatologues américains (Judith Lewis Herman (en), 1992, Bessel van der Kolk , etc.). Dans Victimologie en 1997, il fait une nette distinction entre la victime aiguë et la victime chronique.

À la retraite, Gérard Lopez publie des récits et des romans dont Toubib à la Goutte d'Or (2016 )[12], et Anagrammes meurtrières ((2018) un thriller psychologique où il revient sur la psychologie des vampires et des victimes d'emprise psychologique comme il l'avait fait dans son essai intitulé Le vampirisme au quotidien. Il a également publié Raconte-moi la religion des potes (2019), ouvrage illustré par Nadia Dhab, un roman de science fiction L'apocalypse du pangolin (2020), une saga Les migrants del Terrible (2020). Il est président d'une maison d'édition associative, Thyma édition.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En collaboration:

  • avec Piffaut-Filizzola G, Le viol, Paris, P.U.F, coll. « Que Sais-Je ? », 1993 - 2e édition 1996, (Traduction suédoise 2001).
  • avec Piffaut-Filizzola G. Victimes et victimologie, PUF, coll. « Que Sais-Je ? », Paris, 1995 (traduction persane 2001)
  • avec Sabouraud-Seguin A. et al. Psychothérapie des victimes : le traitement multimodal du psychotraumatisme, Paris, Dunod, 1998
  • avec Casanova A. Cesser d’être une victime, Paris,  éd. Lamartinière, 2001 (et Pocket)
  • avec Portelli S et Clément S. Les droits des victimes : victimologie et psychotraumatologie, Paris, Dalloz, 2003 (2e édition 2007)
  • avec Tzitzis S (dir) Dictionnaire des sciences criminelles, Paris, Dalloz, 2004
  • avec Jehel L. et al. Psychotraumatologie, Paris, Dunod, 2006
  • avec Sabouraud-Seguin A, Jehel L. et al. Psychothérapie des victimes : traitement, évaluation, accompagnement, Paris, Dunod, 2006
  • avec Senon et Cario R (dir). Psychocriminologie, Paris, Dunod, 2008 (2° éd., 2012).
  • avec Kédia M, Vanderlinden J et Saillot I, Dissociation et mémoire traumatique, Paris, Dunod, 2012.
  • avec Cedile G et Labadie D, L'aide-mémoire de l'expertise civile psychiatrique et psychologique, Paris, Dunod, 2013
  • avec Cedile G, L'aide-mémoire de l'expertise pénale psychologique et psychiatrique, Paris, Dunod, 2014
  • avec Sabouraud-Seguin A, Jehel L, et al. Traiter les psychotraumatismes, Paris, Dunod, 2016, 2019 (ISBN 978-2-10-074590-6)
  • avec Isabelle Aubry, L'inceste, Paris, Dunod, 2017 (ISBN 978-2-10-075767-1)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie Tardy-Joubert, « Gérard Lopez : le pionnier de la victimologie », Actu-juridique.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Sylvie Nouaille, « Ils ont fait 1996. Le portrait : L'engagement d'un psychiatre face aux attentats. Gérard Lopez prend en charge des victimes de violence. Sans subvention aucune », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. A. Fattam, « La victimologie : entre les critiques épistémologiques et les attaques idéologiques », Déviance et société, vol. 5, no 1,‎ , p. 71-92 (lire en ligne)
  4. Christine Lazerges, « Vingt ans d'aide aux victimes », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Didier Fassin et Richard Rechtman, L'empire du traumatisme. Enquête sur la condition de victime, Flammarion, (lire en ligne)
  6. Laurence Follea et Aude Dassonville, « Une cellule d'urgence couplée au Samu est mise en place par M. Emmanuelli », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. T. M., « Aborder la violence, un défi transdisciplinaire », Libération (Maroc),‎ (lire en ligne)
  8. « Fiche technique C.U : Victimologie », sur Université Hassan-Ier
  9. « L'invité du 24/01: Gérard Lopez », BFM TV,‎ (lire en ligne)
  10. (en) George F. Rhoades, Vedat Sar, Trauma and Dissociation in a Cross-Cultural Perspective: Not Just a North American Phenomenon 2006, volume 2, (OCLC 842892448) Page 106 « Gérard Lopez also stands as one of the first French male psychiatrists who expressed ideas on rape issuing from his… »
  11. (en) Didier Fassin, Richard Rechtman, traduction par Rachel Gomme The Empire of Trauma: An Inquiry Into the Condition of Victimhood 2009, (OCLC 602947465) page 123 : « … like former military psychiatrist Louis Crocq, or like civilian psychiatrists Gérard Lopez and Pierre Sabourin, who made major contributions to the institutional development of psychiatric victimology and to the care of victims of sexual violence within the family, respectively. »
  12. Michèle Diaz, « “Toubib à la Goutte d'or” un livre de Gérard Lopez (audio) », Radio France internationale,‎ (lire en ligne)