Iona Nikitchenko

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Iona Nikitchenko
Russian judges at Nuremberg.jpg
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MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
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Ordre du Drapeau rouge
Ordre de la Guerre patriotique de 1re classe (d)
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Ordre de l'Étoile rougeVoir et modifier les données sur Wikidata

Iona Timofeïevitch Nikitchenko (en russe : Иона Тимофеевич Никитченко), né le et mort le , fut un juriste soviétique. Malgré sa grande responsabilité dans les procès truqués de Moscou, son rôle au procès de Nuremberg n'a pas fait l'objet de suspicions de la part des historiens non révisionnistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Iona Nikitchenko naquit le 28 juin 1895 dans le village Touzloukov, dans la région de Bagaïev (oblast de Rostov), de parents d'origine paysanne, qui ne possédaient pas de biens. Il finit l'école dans son village en 1908, puis obtint ses diplômes scolaires d'abord à Novotcherkassk, puis au lycée agricole de Novotcherkassk. Pendant ses études, il travaillait dans un magasin industriel et donnait des cours particuliers.

Diplômé de la première Université gouvernementale à Moscou en 1928, il adhéra au parti bolchevik en 1916 et participa à la révolution de 1917.

Chef militaire de la Garde rouge de Novotcherkassk entre novembre 1917 et février 1918, il fut ensuite chef du département secondaire d'information et de correspondance du département politique de la Quatrième Armée et du groupe militaire du Sud de 1918 à 1920. Nommé vice-président du tribunal militaire du groupe militaire de Semirechensk en mai 1920, il devint chef du tribunal en septembre de la même année. Il fut nommé membre de la commission du tribunal militaire du front du Turkestan en mars 1922, puis chef du même tribunal en mars 1923. Finalement, en mars 1924, il fut envoyé à Moscou pour siéger au tribunal militaire de la région militaire de Moscou. Il fut chef de ce tribunal de 1926 à 1930. Il travaillé ensuite comme chef adjoint au collège militaire du tribunal principal de l'Union soviétique jusqu'en 1938 et fut nommé vice-président du tribunal principal en septembre 1938.

En , il fut envoyé sur le Front Nord-Sud et nommé responsable de l'organisation des tribunaux militaires. Il fut ensuite commandant général de la jurisprudence le 11 mars 1943. Le 25 juin 1945, il fut envoyé à Londres par le gouvernement soviétique pour discuter des procédures à suivre contre les principaux criminels nazis avec les représentants des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France. Il fut membre du Tribunal militaire international et participa aux procès de Nuremberg jusqu'en octobre 1946. Puis, il siégea de nouveau au tribunal principal de l'Union soviétique.

Il a été honoré par l'Ordre du Drapeau rouge, l'Ordre de l'Étoile rouge et l'ordre de la Seconde Guerre mondiale.

À l'étranger, ce juge soviétique est surtout connu pour sa participation au procès de Nuremberg, du 20 novembre 1945, au 1er octobre 1946. Il présida également le procès de Berlin. Il est aussi l'un des trois auteurs du Code de Nuremberg. Pourtant, en URSS, il condamna nombre d'innocents lors des procès-spectacle de Staline pendant les années 1936-1939. En août 1936, il participa notamment à un procès organisé contre Lev Kamenev et Grigori Zinoviev, des responsables politiques soviétiques très connus qui avaient tenté de s'opposer à Staline, et les déclara coupables. Ironiquement, malgré sa mauvaise réputation, toutes les décisions qu'il prit lors du procès de Nuremberg sont considérées comme légales.

Ses opinions en matière légale[modifier | modifier le code]

Ses opinions se reflètent dans son explication de la perspective soviétique au sujet du procès de Nuremberg : « Ici, nous avons les criminels principaux de la guerre qui ont déjà été déclarés coupables par les déclarations de Moscou et de Yalta et par les chefs des gouvernements alliés [...] L'idée principale est de procurer la punition rapide et juste pour leurs crimes. » (29 juin 1945). Le même jour, il affirma aussi que : « Si [...] le juge doit être impartial, le résultat ne sera que des retards non nécessaires. »

En fait, les actions de Nikitchenko sont venues confirmer ses opinions dans le procès de Nuremberg quand il s'est opposé à trois acquittements et a exigé la peine de mort pour Rudolf Hess — qui fut condamné à la prison à vie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]