Gélimer

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Gélimer (Geilamir)
Monnaie à l’effigie de Gélimer.
Monnaie à l’effigie de Gélimer.
Titre
Roi des Vandales et des Alains
Prédécesseur Hildéric
Successeur Justinien Ier
Biographie
Titre complet Roi des Vandales et des Alains
Dynastie Hasdings
Date de naissance v. 480
Lieu de naissance Numidie (actuelle Algérie)
Date de décès v. 550
Lieu de décès Galatie
Père Gélarith
Mère Amalasuithe
Religion Arianisme
Résidence Carthage, Afrique, (actuelle Tunisie)

Gélimer ou Gélimir (en latin: Geilimer) (possible forme de Geilamir[1]) est le dernier roi des Vandales et des Alains d'Afrique (« Rex Wandalorum Et Alanorum »). Il est devenu gouverneur en juin 530, après avoir destitué son cousin, Hildéric, qui irrita la noblesse vandale après s'être converti aux catholicisme, alors que la majeur partie des vandales, en ce temps, étaient férocement attachés a la foi arienne[2].

Son règne prit fin en 534, avec son royaume.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Membre de la famille royale vandale des Hasdings, il est le fils du prince Gélarith et le petit-fils du prince Gento, fils du grand roi Genséric. Il avait deux frères Tzazon et Ammatas, ainsi qu'un neveu Gibamond.

Arien convaincu, hostile aux Catholiques et aux Byzantins, il renverse en 530 le vieux et faible roi Hildéric qui lui, cherchait un franc rapprochement avec l'Église catholique et surtout Byzance, où il avait passé près de 40 années.

Règne (530-534)[modifier | modifier le code]

Porté sur le trône, le roi déchu emprisonné, il rompt avec Byzance (531) et reprend les persécutions religieuses envers les catholiques.

En 533, l'empereur Justinien envoie son meilleur général, Bélisaire, détruire le royaume vandale. Les troupes de Gélimer, la célèbre cavalerie vandale, tant redoutée par les Byzantins eux-mêmes, ne surent pas opposer une résistance soutenue face aux troupes de Bélisaire, en grande partie composée de mercenaires barbares aguerris (surtout Hérules et Huns).

L'armée vandale, comprenant peut-être 15 000 guerriers, est battue à deux reprises en 533, peut être par manque de combativité, la mort des deux frères de Gélimer, sous ses yeux, affecta l'avenir du royaume vandale.

Guerre et fin du règne vandale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des Vandales.

À la fin du mois d'août 533, Bélisaire débarque avec 15 500 hommes dont 6 000 mercenaires (dont 400 hérules et 1 000 huns), Gélimer assemble une armée complètement inexpérimentée, recrutée très rapidement.

Les deux armées se rencontrent lors de la bataille d'Ad Decimum, la cavalerie vandale surpassait largement la cavalerie byzantine, les troupes byzantines furent misent à lourde épreuve, évitant de justesse une défaite qui aurait pu être fatale pour l'expédition byzantine, et une retraite aurait été plus que délicate. Bélisaire devait à tout prix vaincre Gélimer. Mais le sort de la bataille tourna en faveur des byzantins, lorsque le frère de Gélimer, Ammatas, surnommé l'« Achille des Vandales », est tué au combat, sous ses yeux. Le cœur brisé, perdant espoir et attristé, Gélimer ne peut donner l'ordre de l'assaut qui aurait détruit les restes de l'armée romaine désorientée. Au lieu de cela, les hommes baissent leur garde pendant que Gélimer enterre son frère sur le champ de bataille. Bélisaire en profite, et se retire vers Bulla Regia avec une petite troupe ou il y installe un camp. Profitant du répit et de sa supériorité numérique, il regroupe ses forces au sud de l'Ad Decimum et lance une contre-attaque, qui repousse les vandales et les écrase. Gélimer ordonne à son armée d'amorcer la retraite non vers Carthage, mais en Numidie, où il peut compter sur le secours de ses alliés berbères. Tandis qu'un soir de septembre 533, Carthage ouvrait ses portes sans résister à Bélisaire, après 3 mois à peine d'expédition.

3 mois plus tard Gélimer veut assiéger Carthage : il coupe les vivres et fait boucher l'aqueduc approvisionnant la ville en eau. Gélimer parvient également à s'entendre avec les mercenaires huns qui refusent alors de combattre les Vandales. Bélisaire, sans attendre, décide de lui faire front et marche à sa rencontre.

Le 15 décembre 533, à Tricamarum, la cavalerie vandale rencontre la cavalerie byzantine, la cavalerie lourde romaine chargea les lignes vandales à deux occasions, mais à chaque fois, les vandales arrêtèrent, de leurs seuls boucliers, les romains, et les repoussent même jusqu'à la rivière séparant les deux armées, mais, à la troisième charge, Tzazon, frère de Gélimer, est tué sous ses yeux, Gélimer est affecté de la même manière qu'il l'avait été à l'Ad Decimum et se détourne complètement de la bataille en cours sans laisser la moindre instruction à son entourage, favorisant en cela la débandade de son armée qui est sévèrement battue, les troupes byzantines prennent possession du camp vandale non loin de là, s'adonnant aux viols et aux massacres malgré la demande de Bélisaire de ne pas faire trop de dégâts lors de l'expédition, cherchant à démontrer que Byzance était intervenue pour « libérer l'Afrique des Barbares ». Bélisaire reprend ses troupes en main le lendemain Gélimer parvient à fuir dans les montagnes de Pappua, chez ses alliés maures[3],[4]. Il est alors en proie a une sévère famine, et encerclé par les forces romaines à sa recherche[5].

La majeure partie du peuple vandale soumis, Gélimer décide de se rendre à son vainqueur 3 mois plus tard, en mars 534. Envoyé à Byzance, il figure au triomphe de l'empereur Justinien, devant qui il doit s'agenouiller et ôter son manteau de pourpre, en signe de soumission.

D'après Procope, Gélimer fit sa soumission après une simple dispute entre un jeune enfant maure et un enfant vandale[6]:

« Une femme maure avait fait un petit gâteau d’un reste d’orge à peine broyé, et l’avait placé, pour le cuire, sous la cendre du foyer, selon la coutume du pays. Devant le feu étaient assis deux enfants, dont l’un était le neveu de Gélimer, et l’autre le fils de la femme qui avait pétri le gâteau. Tous deux, poussés par l’aiguillon de la faim, dévoraient des yeux ce gâteau, tout prêts à s’en saisir sitôt qu’il leur paraîtrait cuit. Le jeune Vandale s’en empare le premier, et, égaré par la faim, il se met à le dévorer avidement, bien qu’il fût encore brûlant et couvert de cendre. Le Maure lui saute aux cheveux, et, le frappant à coups redoublés sur les joues, il lui arrache de force le gâteau du gosier. Gélimer, qui avait assisté dès le commencement à cette scène déplorable, sentit faiblir son courage et sa résolution[7]. »

Gélimer aurait d'après Procope[8], prononcé dans l'Hippodrome devant Justinien : « Vanité des vanités, tout est vanité[9].».

Justinien épargne malgré tout la vie de Gélimer. Il reçoit même un domaine en Galatie où il meurt, avant 560. L’aristocratie vandale et alaine ayant adopté les mœurs des vaincus, disparaît pratiquement, et le peuple vandale se mélange aux berbères, aux byzantins, puis aux futurs conquérants arabes.

Caractère[modifier | modifier le code]

Pour beaucoup d'historiens, Gélimer souffrait d'une instabilité de caractère : dépressif, fou d'abord, bien que victorieux lors de l'engagement de l'Ad décimum, il ordonne la retraite à son armée, lorsqu'il découvre le corps inerte de son frère tué. En second lieu en pleine victoire à Trécamérum, il quitte le champ de bataille, sans laisser la moindre instruction à son entourage, favorisant en cela la débandade de son armée, juste après la mort de Tzazon. Enfin, le fou rire du dernier roi vandale d'Afrique du nord, lors de la célébration du triomphe de Bélisaire à Constantinople[10], ne peut que confirmer cette thèse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce nom est attesté dans cette forme sur des pièces et sur une inscription, voir J.B. Bury, History of the Later Roman Empire (London 1923), p. 126, n. 9.
  2. L'introduction de l'arianisme parmi la noblesse vandale est discutée dans H.E. Gieseche 1939. Die Ostgermanen und Arianismus, esp. pp 167-99; the notorious Vandal persecutions of Catholic Christians in North Africa, racontée par l'êveque catholique Victor de Vita, traduit par John R. C. Martyn, en 2008 dans Arians and Vandals of the 4th–6th centuries: annotated translations of the historical works by bishops Victor de Vita (Historia persecutionis Africanae provinciae) and Victor de Tunnuna... (Cambridge), revue dans The Journal of Ecclesiastical History 61, p 579f.
  3. Revue africaine : journal des travaux de la Société Historique Algérienne, Volume 6, , 502 p. (lire en ligne), p. 478
  4. Recueil des notices et mémoires de la Société archélologique de la province de Constantine, 17, Alessi et Arnolet, , 540 p. (lire en ligne), p. 295
  5. Countess Antoinette, Joséphine Françoise et Anne DROHOJOWSKA, L'historie d'Algérie, racontée à la jeunesse, Jules Raymond LAMÉ FLEURY, , 396 p. (lire en ligne), p. 67
  6. Procope, II, VII, 1, Gélimer, roi Vandale réfugié chez les Maures, confronté à la famine : “le pain sous la cendre selon la coutume du pays”, v. 570 n-è
  7. Adolphe Jules César Auguste Dureau de la Malle, L'Algérie : histoire des guerres des Romains, des Byzantins et des Vandales : accompagnée d'examens sur les moyens employés anciennement pour la conquête et la soumission de la portion de l'Afrique septentrionale nommée aujourd'hui l'Algérie : manuel algérien, F. Didot, , 352 p. (lire en ligne), p. 270-271
  8. Histoire de la guerre contre les Vandales, L.II, chap.9.
  9. Ecclésiaste, 1,2.
  10. Jean Yanoski et Louis Lacroix, Afrique : esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienne, Firmin Didot frères editeurs, , 634 p. (lire en ligne), p. 73

Liens externes[modifier | modifier le code]