Gélimer

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Gélimer
Illustration.
Pièce de 50 deniers avec le profil du roi Gélimer.
Titre
Roi des Vandales et des Alains
Prédécesseur Hildéric
Biographie
Titre complet Rex Wandalorum Et Alanorum
Dynastie Hasdings
Date de naissance v. 480
Date de décès v. 550
Lieu de décès Galatie
Père Gélarith
Mère Amalasuithe
Religion Arianisme
Résidence Carthage

Gélimer[note 1] est le dernier roi des Vandales et des Alains, de 530 à 534. Il devient dirigeant du royaume vandale en après avoir déposé son cousin germain pro-romain, Hildéric, qui avait irrité la noblesse vandale en se convertissant au catholicisme, car la plupart des Vandales à cette époque étaient farouchement dévoués à l'arianisme[note 2], et ce malgré les protestations de l'empereur byzantin Justinien. En juin 533, Justinien envoie un corps expéditionnaire commandé par Bélisaire pour restaurer Hildéric sur le trône vandale. Débarquant à Carthage en septembre 533, les Byzantins sous Bélisaire battent l’armée de Gélimer à l'Ad Decimum, près de Carthage, puis occupent la ville. À la suite de ses gaffes tactiques, Gélimer est ensuite vaincu de façon décisive mi-décembre 533 à Tricaméron. Il s'enfuit dans une montagne à la frontière de la Numidie, le Mons Pappua. Mis sous blocus, il est contraint de se rendre en mars 534. Le royaume vandale est ainsi détruit et l'autorité romaine revient partiellement en Afrique. Après sa défaite, Gélimer est envoyé à Constantinople et Justinien lui offre un domaine en Galatie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre de la famille royale vandale des Hasdings, Gélimer est le fils du prince Gélarith et le petit-fils du prince Gento, fils du roi Genséric.

Arien convaincu, hostile aux Catholiques et aux Byzantins, il renverse en 530 son cousin pro-romain Hildéric qui cherchait un franc rapprochement avec l'Église catholique et surtout Byzance, où il avait passé près de 40 années. Porté sur le trône, le roi déchu emprisonné, Gélimer rompt avec Byzance en 531 et reprend les persécutions religieuses envers les catholiques.

L'empereur byzantin Justinien, qui soutenait Hildéric, déclare alors bientôt la guerre aux Vandales, ostensiblement pour restaurer Hildéric sur le trône. En juin 533, Justinien envoie une force expéditionnaire commandée par Bélisaire qui atteint l'Afrique début septembre. Pendant ce temps, en Sardaigne, qui fait partie du domaine vandale, le gouverneur Godas, un Wisigoth, se révolte contre Gélimer, et commence à traiter comme un souverain indépendant avec Justinien. Gélimer, ignorant ou méprisant les plans de Justinien, envoie une grande armée conduite par son frère, Tzazo, composée de la plus grande partie des troupes disponibles en Afrique, pour écraser la rébellion, signifiant ainsi que le débarquement de Bélisaire n'a pas reçu d'opposition[1].

Après son débarquement, Bélisaire est immédiatement allé vers Carthage, rencontrant finalement Gélimer le 13 septembre, à l'Ad Decimum. Bien que surpassés numériquement de 11 000 à 17 000 hommes, les Vandales livrent quand même bataille, jusqu'à ce que le frère de Gélimer, Ammatas, soit tué. À ce moment-là, le cœur de Gélimer se brise, et il prend la fuite. Le 14 septembre 533, Bélisaire entre à Carthage, et mange le festin préparé pour Gélimer dans son palais. Cependant, Bélisaire est trop en retard pour sauver la vie de Hildéric, qui avait été assassiné sur les ordres de Gélimer, dès que la nouvelle du débarquement de l'armée impériale est venu[2].

Gélimer a alors échappé aux Byzantins qui le poursuivaient, et au retour de Tzazo, l'armée vandale combinée, rencontre Bélisaire, cette fois à un endroit appelé Tricaméron, en décembre 533. Cette bataille est bien plus disputée que celle d'Ad Decimum, mais elle se termine par la déroute totale des Vandales et, une fois de plus, par la fuite de Gélimer, qui se retire aux Mons Pappua[note 3],[3], chez une tribu berbère amie et alliée, à la frontière de la province de Numidie. Bélisaire, reconnaissant l'impossibilité de s'emparer de cette forteresse naturelle surtout pendant l'hiver, et jugeant d'ailleurs en ce moment sa présence nécessaire à Carthage, laisse quelques troupes d'élite, met le général d'origine hérule, Pharas à leur tête, et le charge de bloquer étroitement la montagne.

L'hiver s'intensifiant, Pharas, tente deux assauts sur le mont qui sont repoussés par les Berbères. À partir de ce moment, reconnaissant que la montagne est inaccessible, il organise un blocus afin d'affamer Gélimer et sa suite. Selon l'historien byzantin Procope de Césarée, quand il fut convoqué à la reddition, Gélimer a demandé à Pharas de lui envoyer une miche de pain, une éponge et une lyre pour rendre plus supportables les mois d'hiver à Pappua[4].

Finalement, en mars 534, avec ses partisans et leurs enfants affamés, et réalisant qu'il n'avait aucune chance de regagner son royaume, Gélimer se rend à Bélisaire et accepte l'offre des Byzantins consistant en de vastes domaines en Galatie, où il lui est permis de se retirer avec ses parents, mais il n'est pas élevé au titre de patrice, car il refuse d'abjurer l'arianisme[5]. Selon Procope, lors de son abdication, il atteint un certain degré de notoriété en criant le verset anecdotique de l'Ecclésiaste : « Vanité des vanités, tout est vanité » pendant le triomphe de Justinien, à Constantinople[6].

Référencement[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La forme originale de son nom est probablement Geilamir. Le nom est attesté dans cette forme sur des pièces et sur une inscription ; voir : (en) J. B. Bury, History of the Later Roman Empire, vol. II, London, Macmillan & Co., Ltd., (lire en ligne), chap. XVII (« The Reconquest of Africa »), p. 126, note. 9
  2. L'introduction de l'arianisme à la noblesse vandale est débattue dans H.E. Gieseche, Die Ostgermanen und Arianismus., 1939, p. 167-99 ; les célèbres persécutions vandales des catholiques, comtés par l’évêque catholique, Victor de Vita, et traduite par John R. C. Martyn, « Arians and Vandals of the 4th–6th centuries: annotated translations of the historical works by bishops Victor de Vita (Historia persecutionis Africanæ provinciæ) and Victor de Tonnena… », Cambridge, 2008, revue dans The Journal of Ecclesiastical History 61, p. 579f.
  3. Pour la localisation possible du Mons Pappua, voir : Jehan Desanges, « La dernière retraite de Gélimer », Cahiers de Tunisie, no 7,‎ , p. 429-435

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Thomas Hodgkin, Italy and her Invaders, Clarendon Press, , chap. III, p. 669.
  2. Procope de Césarée 1852, p. III.17.3.
  3. Procope de Césarée 1852, p. IV.4.5.
  4. Procope de Césarée 1852, p. IV.6.4.
  5. Procope de Césarée 1852, p. IV.6.3.
  6. Procope de Césarée 1852, p. IV.9.3.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  • Procope de Césarée, Histoire de la guerre des Vandales, Paris, Firmin-Didot, (lire en ligne)

Sources contemporaines[modifier | modifier le code]

  • Edward Gibbon (trad. François Guizot), Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, tome 07 (1819), t. 7, Paris, Lefèvre, (lire sur Wikisource), « XLI »