Fusion vertébrale
| Types | Arthrodèse cervicale, thoracique, lombaire (selon le niveau et l’approche) |
|---|---|
| Symptômes | Douleur, limitation fonctionnelle liée à une instabilité ou une pathologie dégénérative (selon l’indication) |
| Complications | Infection, saignement, pseudarthrose, atteinte neurologique, complications liées au matériel, dégénérescence du segment adjacent |
| Traitement | Intervention chirurgicale (arthrodèse) ; alternatives non fusionnelles dans certaines indications |
|---|
| CIM-9 | 81.0 |
|---|---|
| MedlinePlus | 002968 |
| MeSH | D013123 |
La fusion vertébrale, également appelée spondylodèse ou arthrodèse vertébrale, est une technique chirurgicale neurochirurgicale ou orthopédique qui relie entre elles deux vertèbres (ou plus) afin de stabiliser un segment de la colonne vertébrale.

Cette procédure peut être réalisée à n'importe quel niveau de la colonne vertébrale (cervical, thoracique ou lombaire) et vise à empêcher tout mouvement entre les vertèbres ainsi soudées, généralement au moyen d’une greffe osseuse et, fréquemment, d’un système d’instrumentation (vis, plaques, tiges, cages).
Principes
[modifier | modifier le code]La fusion repose sur l’obtention d’une union osseuse entre deux segments vertébraux. Une greffe osseuse (autogreffe, allogreffe ou substituts) est placée entre les vertèbres. Des implants (vis, plaques, tiges, cages) peuvent être utilisés pour maintenir l’alignement et la stabilité pendant la consolidation.
Indications
[modifier | modifier le code]Les indications varient selon le contexte clinique et peuvent inclure :
- certaines formes d’instabilité (par exemple spondylolisthésis dégénératif symptomatique) ;
- déformations (certaines scolioses ou cyphoses) ;
- certaines atteintes dégénératives, traumatiques, tumorales ou infectieuses, lorsque la stabilisation est nécessaire.
Techniques et approches
[modifier | modifier le code]La fusion peut être réalisée par différentes approches (antérieure, postérieure ou combinée) et selon des techniques adaptées au niveau concerné (cervical, thoracique, lombaire).
Résultats et complications
[modifier | modifier le code]Comme toute chirurgie rachidienne, l’arthrodèse expose à des complications potentielles (infection, saignement, pseudarthrose, atteinte neurologique, complications liées au matériel).
En supprimant la mobilité segmentaire, elle peut modifier la biomécanique locale et augmenter les contraintes sur les niveaux adjacents ; ce phénomène est associé au concept de dégénérescence (ou maladie) du segment adjacent[1].
Alternatives à l’arthrodèse et chirurgie de préservation du mouvement
[modifier | modifier le code]L’arthrodèse vertébrale reste une option standard en cas d’instabilité, mais plusieurs stratégies dites « non fusionnelles » ou de « préservation du mouvement » ont été développées afin d’obtenir une décompression et/ou une stabilisation tout en conservant une partie de la mobilité.
Leur utilisation reste généralement réservée à des indications spécifiques, et leur place par rapport à l’arthrodèse continue d’être évaluée[1].
Décompression sans fusion (contexte)
[modifier | modifier le code]Dans certaines situations (par exemple, sténose lombaire symptomatique), l’objectif principal de la chirurgie est la décompression des éléments nerveux (laminectomie, laminotomie, foraminotomie).
Chez des patients sélectionnés, une prise en charge conservatrice peut être tentée en première intention, et les données disponibles ne permettent pas toujours de conclure à la supériorité d’une stratégie chirurgicale sur une autre[2],[3].
Décompression avec fusion
[modifier | modifier le code]La fusion peut être indiquée en cas d’instabilité (par exemple, spondylolisthésis) ou lorsque la décompression étendue est susceptible de déstabiliser le rachis.
Elle stabilise les vertèbres à l’aide de greffes osseuses et d’instrumentation, mais au prix d’une perte de mobilité segmentaire et d’une morbidité potentiellement accrue.
Des essais contrôlés randomisés ont suggéré que l’ajout d’une fusion à la décompression n’apporte pas nécessairement de bénéfice fonctionnel supplémentaire à long terme par rapport à la décompression seule, tout en augmentant les coûts et l’invasivité[4].
Préservation du mouvement
[modifier | modifier le code]Ces techniques visent à traiter les symptômes (souvent après décompression) tout en conservant une mobilité rachidienne.
Dispositifs interépineux
[modifier | modifier le code]Les dispositifs interépineux (par ex. X-STOP) agissent comme des entretoises entre les apophyses épineuses, limitant l’extension.
Cependant, des études randomisées et des méta-analyses ont soulevé des questions sur la durabilité et le rapport coût-efficacité par rapport à la décompression standard[5].
Remplacement discal
[modifier | modifier le code]Le remplacement discal (arthroplastie discale) est une option visant à maintenir la mobilité en remplaçant un disque dégénératif par un implant.
Une méta-analyse publiée en 2024 a rapporté des résultats globalement comparables entre prothèse discale et fusion[6].
Remplacement total des facettes
[modifier | modifier le code]Le remplacement total des facettes est une approche non fusionnelle discutée chez certains patients présentant une sténose lombaire associée à un spondylolisthésis dégénératif de faible grade.
Le système TOPS (Premia Spine) est un dispositif de remplacement facettaire ayant reçu une autorisation de la FDA et un marquage CE[7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Spinal fusion » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 J Lurie et C Tomkins-Lane, « Management of lumbar spinal stenosis », BMJ, vol. 352, (PMID 26727925, PMCID 6887476, DOI 10.1136/bmj.h6234)
- ↑ Djurasovic M, Glassman SD, Carreon LY, Dimar JR, « Contemporary management of symptomatic lumbar spinal stenosis », The Orthopedic Clinics of North America, vol. 41, no 2, , p. 183–191 (PMID 20399357, DOI 10.1016/j.ocl.2009.12.003)
- ↑ Zaina F, Tomkins-Lane C, Carragee E, Negrini S, « Surgical versus non-surgical treatment for lumbar spinal stenosis », The Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 1, no 1, (PMID 26824399, PMCID 6669253, DOI 10.1002/14651858.CD010264.pub2)
- ↑ P Försth, G Ólafsson et T Carlsson, « A Randomized, Controlled Trial of Fusion Surgery for Lumbar Spinal Stenosis », New England Journal of Medicine, vol. 374, no 15, , p. 1413–1423 (PMID 27074066, DOI 10.1056/NEJMoa1513721)
- ↑ Anouk Borg, C S Hill, B Nurboja, G Critchley et D Choi, « A randomized controlled trial of the X-Stop interspinous distractor device versus laminectomy for lumbar spinal stenosis », Journal of Neurosurgery: Spine, vol. 34, no 4, , p. 544–552 (PMID 33530059, DOI 10.3171/2020.7.SPINE20880)
- ↑ Y Yao, T Lu et H Zhang, « Lumbar disc replacement versus interbody fusion », Orthopedic Reviews, vol. 16, no 2, (PMID 38699079, PMCID 11062800, DOI 10.52965/001c.116900)
- ↑ « TOPS System – P220002 », sur U.S. Food and Drug Administration (consulté le )