Fusillés de la cascade du bois de Boulogne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Monument aux 35 résistants fusillés.

Les fusillés de la cascade du bois de Boulogne sont un groupe de 35 jeunes résistants français qui, le 16 août 1944, à la veille de la Libération de Paris, ont été attirés dans un guet-apens et abattus par l'occupant allemand à proximité de la grande cascade du bois de Boulogne[1].

Monument[modifier | modifier le code]

Plaque indiquant un chêne où les résistants ont été fusillés.

Un monument a été érigé sur le lieu de leur mort. Il est le fruit d'une souscription publique qui a réuni 600 000 francs. Sa construction a été autorisée par une délibération du conseil municipal de Paris en date du , et son inauguration a eu lieu le [2]. Il prend la forme d'une stèle cylindrique blanche sur laquelle les noms des victimes sont gravés, ainsi qu'une croix de Lorraine[3].

Ce mémorial a été érigé à l'emplacement d'un premier monument[4] sur lequel on pouvait lire « Ici ont été fusillés 34 martyrs le 16 Août 1944 »[5].

En outre, un chêne portant des traces des balles les ayant tués est marqué d'une plaque commémorative portant l'inscription « Passants, respectez ce chêne : il porte les traces de balles qui ont tué nos martyrs »[6],[7]. Plus récemment, la plaque a vu le début de son texte légèrement modifié en « Passant, respecte ce chêne »[8],[9].

Nicolas Sarkozy s'y est rendu le jour de son investiture à la présidence de la République, le [10].

Liste des fusillés[modifier | modifier le code]

Les fusillés appartenaient aux mouvements de résistance suivants : Jeunes chrétiens combattants (JCC), Organisation civile et militaire (OCM), Forces françaises de l'intérieur (FFI), Francs-tireurs et partisans (FTP) et Turma-Vengeance.

17 d'entre eux venaient de Chelles, notamment le groupe de FFI aux ordres d'Henri Blanchet.

  • Fernand Bellenger (JCC)
  • Jacques Bernard (OCM)
  • Roger Bernard (OCM)
  • Pierre Bezet (Turma-Vengeance)
  • Charles Birette (Turma-Vengeance)
  • Henri Blanchet (Turma-Vengeance)
  • Claude Bouvelle (FFI)
  • Paul Buchaillot (FFI)
  • Robert Chalard (FFI)
  • Raymond Counil (FFI/FTP)
  • Jacques Delporte (Turma-Vengeance)
  • Jean Desfarges (JCC)
  • Arthur de Smet (Turma-Vengeance)
  • Marcel Douret (FFI/FTP)
  • Jean-Pierre Dudraisil-Élie (JCC)
  • René Faugeras (FFI/FTP)
  • Bernard Gante (FFI/FTP)
  • John Gay (JCC)
  • Maurice Guilbert (FFI/FTP)
  • Guy Hemery (OCM)
  • Franck Hemon (FFI/FTP)
  • Michel-Henri Huchard (JCC)
  • Georges Lorioz (FFI)
  • Robert Magisson (FFI/FTP)
  • Jacques Restignat (JCC)
  • Pierre Rouillon (JCC)
  • Pierre Sarrabayrouse (JCC)
  • Jacques Schlosser (Turma-Vengeance)
  • Maurice Thibairenq (JCC)
  • Georges Trapletti (FFI/FTP)
  • Luigi Vannini (FFI/FTP)
  • Roland Verdeaux (Turma-Vengeance)
  • Gabriel Verdier (FFI/FTP)
  • Jean Veron (FFI)
  • Pierre Weczerka (Turma-Vengeance)

Postérité[modifier | modifier le code]

La scène est dépeinte en 1966 dans le film Paris brûle-t-il ?, avec Jean-Louis Trintignant dans le rôle du Capitaine Serge, l'agent double qui piège les résistants[11], et notamment Michel Sardou et Patrick Dewaere qui font de la figuration comme résistants[12].

Le 14 juillet 1984, l'écrivain Julien Green écrit dans son journal L'Arc-en-ciel[13],[14] :

« Le monument à la mémoire des fusillés mis là par de Gaulle m'a paru lourd et plus qu'inutile. Une dalle sur la terre avec une inscription eût sans doute suffi. Ce gros bloc nuit à un effet. Mieux valait laisser ces quelques arbres où se voit la trace des balles, presque en demi-cercle. L'endroit gardait alors sa grandeur et son mystère, son terrible silence, que dérange ce maladroit monument. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adam Rayski, « Le Massacre de la cascade du bois de Boulogne », sur Clioweb, (consulté le 30 octobre 2007).
  2. Guy Krivopisco et Axel Porin, Les fusillés de la Cascade du bois de Boulogne : 16 août 1944, Paris, Mairie de Paris, , 39 p. (lire en ligne), p. 24. Cette plaquette présente de nombreuses erreurs dans les mouvements de Résistance d'appartenance des fusillés.[réf. nécessaire]
  3. Luc Thomassin, Action artistique de la ville de Paris, Le 16e arrondissement : Itinéraires d'histoire et d'architecture (publié à l'occasion de l'exposition Paris en 80 quartiers à la mairie du 16e arrondissement de Paris, 7-29 octobre 2000), Paris, Mairie de Paris, Direction générale de l'information et de la communication, , 144 p. (ISBN 2-913246-16-8), p. 139.
  4. « La Libération de Paris - Mémorial du Bois de Boulogne en hommage aux "34 martyrs" fusillés le 16 août 1944 », no  d'inventaire PH20207, Les collections, Paris Musées. Photo conservée au musée Carnavalet.
  5. « Guerre 39-45, stèle du bois de Boulogne », Getty Images. Photo de Jean-Guillaume Goursat pour Rapho.
  6. Michel Hénocq et Préfecture de Paris (dir.), Les plaques commémoratives des rues de Paris, Paris, La Documentation française, , 2e éd., 224 p. (ISBN 2-11-001331-1), p. 54.
  7. Alain Dautriat (préf. Yann Le Pichon), Sur les murs de Paris : Guide des plaques commémoratives, Paris, Éditions L'Inventaire et Jazz éditions, , 167 p. (ISBN 2-910490-20-3), p. 126.
  8. Reuters, « Les martyrs de Boulogne honorés par Nicolas Sarkozy », sur Capital.fr, .
  9. François d'Orcival, « Notice sur la vie et les travaux de Henri Amouroux », Académie des sciences morales et politiques, .
  10. Jean-Marie Guillon, « Cascade du bois de Boulogne », dans Laurence De Cock (dir.), Fanny Madeline (dir.), Nicolas Offenstadt (dir.) et Sophie Wahnich (dir.), Comment Nicolas Sarkozy écrit l'histoire de France : Dictionnaire critique, Marseille, Agone, coll. « Passé & présent », , 203 p. (ISBN 978-2-7489-0093-4), p. 43–45.
  11. Catherine Ehrel, « Les fusillés de la cascade », Le Nouvel Observateur, no 2071,‎ .
  12. Yves Boisset, La vie est un choix, Paris, Plon, , 375 p. (ISBN 978-2-259-21312-7).
  13. Julien Green, Journal, vol. 13 : L'arc-en-ciel : 1981-1984, Paris, Seuil, , 476 p. (ISBN 2-02-010081-9 et 2-02-010169-6), p. 456.
  14. Jean Le Nouvel, Le Paris des écrivains, Alexandrines, coll. « Terres d'écrivains », , 211 p. (ISBN 978-2-912319-54-8).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :