La Reine des neiges (film, 2013)

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La Reine des neiges
Le logo est constitué du titre « La Reine des neiges » écrit en lettres de glace.
Titre original Frozen
Réalisation Chris Buck
Jennifer Lee
Scénario Shane Morris
Jennifer Lee
Chris Buck
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Animation Studios
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Animation
Durée 102 minutes
Sortie 2013

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Reine des neiges (Frozen) est le 127e long-métrage d'animation et le 53e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 2013, il est librement inspiré du conte du même nom de Hans Christian Andersen publié en 1844. Il raconte l'histoire de l'optimiste et intrépide princesse Anna, partie en voyage aux côtés de Kristoff le montagnard, de Sven, son fidèle renne, et d'un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, afin de retrouver sa sœur, Elsa, exilée à cause de ses pouvoirs glacials, qui a accidentellement plongé le royaume d'Arendelle dans un hiver éternel.

Pendant plusieurs années de réflexion et de tentatives d'adaptation avortées, plusieurs intrigues différentes ont été imaginées pour mettre en scène La Reine des neiges. Le film est définitivement commandé en 2011 avec un scénario écrit par Jennifer Lee, également co-réalisatrice avec Chris Buck, et les voix d'Idina Menzel, Kristen Bell, Jonathan Groff, Josh Gad et Santino Fontana (respectivement doublés en français par Anaïs Delva, Emmylou Homs, Donald Reignoux, Dany Boon et Guillaume Beaujolais). Les chansons ont été composées et écrites par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez ; la musique orchestrale par Christophe Beck (Paperman). Le film a reçu un accueil critique très positif et connu un grand succès. Certaines critiques considèrent La Reine des neiges comme le meilleur film d'animation musical de Disney depuis l'ère de la Renaissance Disney. Il est devenu le plus grand succès de tous les temps pour un film d'animation en dépassant contre toute attente le milliard de dollars de recettes de Toy Story 3. Le film a été largement récompensé, notamment comme meilleur film d'animation aux Annie Awards 2014, aux Oscars du cinéma 2014 et aux Golden Globes 2014. Idina Menzel a également été saluée pour la chanson Let It Go (Libérée, délivrée).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Elsa et Anna sont les deux princesses du royaume d'Arendelle. Elsa d'Arendelle, la grande sœur d'Anna d'Arendelle, possède un puissant pouvoir : celui de contrôler la neige et la glace (en enlever, en ajouter, etc). Toutefois, son don n'est connu que de ses parents et de sa sœur car elle serait considérée comme une sorcière aux yeux des habitants du royaume. Ce n'est que la nuit que la princesse peut laisser exprimer ses pouvoirs dans le château en transformant la salle du trône en pièce enneigée. Plusieurs fois, Elsa s'amuse de cette magie avec sa sœur jusqu'à ce qu'elle blesse accidentellement Anna à la tête. Le roi et la reine partent immédiatement voir les trolls dont le roi est capable de guérir Anna. Par sécurité, il décide de retirer plusieurs de ses souvenirs afin qu'elle oublie les pouvoirs de sa sœur. Il met ensuite en garde Elsa sur ses pouvoirs et lui conseille d'apprendre à les contrôler, car la peur, l'émotion et l'angoisse risquent de les lui faire utiliser inconsciemment.

Quand ils rentrent au château, le nombre de domestiques est réduit au strict minimum et les portes fermées afin d'isoler les princesses le plus possible. Ne se souvenant que des moments de joie passés avec son aînée, Anna est surprise d'être ignorée d'elle. Elsa reste en permanence dans sa chambre pour contrôler ses pouvoirs. Une fois les petites princesses devenues adolescentes, le roi et la reine partent pour un voyage mais font naufrage au milieu de l'océan. Cette nouvelle fait resurgir inconsciemment les pouvoirs d'Elsa, forçant les princesses à faire leur deuil chacune de leur côté.

Trois ans plus tard, Elsa doit être couronnée pour succéder à son père. Heureuse de pouvoir sortir du château pour la première fois depuis longtemps, Anna rencontre le prince Hans des Îles du Sud à la suite d'un léger choc avec le cheval de celui-ci. Elsa réussit tant bien que mal à gérer la pression de la cérémonie du couronnement et à contenir ses pouvoirs. Durant le bal qui suit, les deux sœurs font la connaissance du Duc de Weselton, un puissant partenaire commercial du royaume. Elles commencent à retrouver leur complicité d'autrefois mais Elsa se renferme subitement sans donner d'explication. Anna, effondrée, retrouve Hans et chacun semble éprouver des sentiments pour l'autre. Finalement, le prince des îles du Sud demande Anna en mariage qui accepte mais elle veut malgré tout avoir la bénédiction d'Elsa. Celle-ci refuse, disant qu'on n'épouse pas un homme que l'on vient de rencontrer. Anna ne comprend pas cette réaction et tente de savoir pourquoi sa sœur se comporte avec elle de cette manière depuis tant d'années. Dépassée par la tournure que prennent les événements, Elsa tente de mettre fin au bal mais finit par perdre le contrôle de ses pouvoirs. Elle est aussitôt accusée d'être une sorcière par le duc de Weselton et, paniquée, fuit vers les montagnes du Nord. Arrivée au sommet, heureuse de ne plus avoir à contenir ses pouvoirs, elle laisse exploser sa joie en construisant un palais de glace ; elle devient la Reine des neiges. Elle crée aussi le personnage d'Olaf mais ignore qu'elle a malencontreusement plongé le royaume dans un hiver glacial. Se sentant responsable de son départ et de la situation, Anna décide de la retrouver et de la ramener. Elle part à sa recherche après avoir désigné Hans comme régent pendant son absence.

Elle parcourt quelques kilomètres à cheval avant que celui-ci ne s'enfuit. Elle finit par trouver un magasin dans les bois où elle achète des bottes et rencontre Kristoff, un montagnard livreur de glace, qui lui apprend qu'une gigantesque tempête s'est déclenchée dans les montagnes du nord. Anna le convainc de l'y emmener en achetant les carottes et les cordes qu'il ne pouvait payer. Avec son renne Sven et son traîneau, ils partent dans la nuit et Anna lui raconte ce qu'il s'est passé au royaume. Ils échappent ensuite à une meute de loups et doivent continuer à pied. Dans une clairière, ils trouvent un bonhomme de neige, Olaf, qui rêve par dessus tout de voir un jour l'été et qu'Anna reconnaît comme celui qu'Elsa et elle faisaient autrefois. Elle comprend qu'Olaf a été créé par Elsa et ses pouvoirs, et lui demande de les mener jusqu'à elle. Pendant ce temps, le cheval d'Anna est revenu au château, ce qui pousse Hans à mener une expédition pour retrouver la reine et la princesse. Le duc de Weselton charge discrètement ses deux hommes de partir avec Hans et de tuer Elsa une fois qu'elle sera retrouvée.

Anna retrouve Elsa dans son palais et essaie de la raisonner en expliquant ce qu'elle a provoqué mais cela ne fait que réveiller les peurs d'Elsa qui, prise de panique, blesse une nouvelle fois sa sœur sans le vouloir, mais au cœur. Convaincue qu'elle est un danger pour tout le monde, elle invoque un bonhomme de neige géant pour chasser Anna, Kristoff, Sven et Olaf de son palais. Toutefois, Kristoff remarque que les cheveux d'Anna blanchissent et qu'elle devient glacée. Il décide alors de l'emmener dans sa famille pour la guérir. De son côté, Hans arrive lui aussi au palais de glace et son équipe est stoppée par le bonhomme de neige géant. Les hommes de Weselton profitent de la confusion pour fausser compagnie au groupe et entrer dans le palais où ils engagent un combat avec Elsa. Hans parvient finalement à faire chuter le monstre de neige et arrive dans la chambre d'Elsa au moment où cette dernière s'apprête à tuer ses agresseurs après les avoir mis à terre. Hans la convainc de ne pas leur dévoiler le monstre qu'elle n'est pas. L'un d'entre eux parvient malgré tout à mettre en joue Elsa avec son arbalète mais son tir est dévié de justesse par Hans. La flèche fait tomber le lustre de glace qui manque d'écraser Elsa, qui tombe inconsciente.

Kristoff emmène Anna jusqu'à sa famille adoptive qui sont en fait les trolls du début de l'histoire. Ils pensent au début qu'il leur présente sa future femme, ce qui semble gêner le montagnard et Anna. Le sérieux revient lorsque le roi ausculte la princesse et lui explique qu'il ne peut la guérir car elle a été touchée au cœur et qu'elle va bientôt se changer en statue de glace. Le seul remède à ce mauvais sort est un geste d'amour sincère. Kristoff décide de ramener Anna à Hans afin qu'il puisse l'embrasser et rompre le sort. Elsa se réveille dans les cachots de son château où Hans lui apprend qu'Anna est introuvable. La Reine des neiges lui demande de la libérer.

Kristoff ramène Anna à temps au château et la confie à contrecœur aux domestiques qui la ramènent à Hans. Seule avec lui, elle l'informe du mal qui l'atteint et du remède pour le guérir. Alors que Hans va l'embrasser, faisant ainsi le geste d'amour sincère, il révèle qu'il n'a jamais été amoureux d'elle mais voulait l'épouser pour devenir roi d'Arendelle. En effet, étant le dernier de sa fratrie, il n'a quasiment aucune chance d'avoir un jour accès au trône de son royaume. Il a ainsi joué la comédie pour la mettre en confiance, elle, Elsa et tous les autres dignitaires. Il enferme Anna dans la pièce où ils étaient et affirme aux dignitaires qu'elle est morte peu de temps après leur mariage et ordonne « à contrecœur » l'exécution d'Elsa. Cette dernière, ne parvenant toujours pas à maîtriser son pouvoir, parvient à s'échapper mais provoque une gigantesque tempête. Kristoff remarque la tempête et repart vers le château pour retrouver Anna. Elle est secourue par Olaf et comprend grâce à lui que Kristoff était amoureux d'elle.

Ils parviennent dehors au cœur de la tempête où Olaf est emporté par le vent. Elsa, perdue elle aussi dans le cataclysme, tombe sur Hans qui lui apprend qu'elle a indirectement tué sa sœur avec son pouvoir. Anéantie, Elsa fond en larmes, ce qui arrête la tempête. Kristoff est parvenu à retrouver Anna mais avec l'arrêt de la tempête elle aperçoit Hans, épée à la main, qui s'apprête à achever Elsa. Alors qu'elle se dirigeait vers Kristoff, elle court vers sa sœur et s'interpose entre elle et la lame de Hans. Elle se transforme alors en statue de glace, brisant la lame du prince et le rejetant en arrière. Elsa se rend compte du sacrifice de sa sœur et s'effondre à nouveau devant Olaf, Sven et Kristoff, dépité lui aussi de ne pas avoir pu sauver Anna à temps. Mais alors, celle-ci reprend peu à peu forme humaine, et comprend qu'en sauvant Elsa, elle a fait un geste d'amour sincère et retiré le mal qu'elle avait en elle. Elsa se rend également compte que c'est grâce à l'amour qu'elle peut pleinement contrôler ses pouvoirs. Elle annule ainsi l'hiver régnant sur le royaume. Toutefois, Olaf, ravi de voir enfin l'été, commence à fondre. Elsa lui crée alors sa tempête de neige personnelle. Plus tard, Hans est renvoyé dans son royaume où ses frères l'attendent et tous les contrats signés avec Weselton sont rompus. En annulant l'hiver d'elle-même, Elsa retrouve la confiance de ses sujets et nomme Kristoff livreur de glace officiel du royaume. Ce dernier et Anna finissent par s'embrasser, s'avouant leur amour mutuel. Tous les habitants d'Arendelle sont alors réunis dans la cour du château, transformée pour l'occasion en patinoire par la Reine des neiges, désormais confiante et totalement maîtresse de ses pouvoirs.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sources : IMDb[5] et Allociné[6].

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Source : IMDb[7] (liste non exhaustive).

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Sources : IMDb[5] et Allociné[6] sauf référence spécifiée. Les informations entre crochets sont données en plus sur IMDb.

  • Kristen Bell : Anna
  • Idina Menzel : Elsa [Snow Queen] (Elsa, la Reine des neiges)
  • Josh Gad : Olaf
  • Jonathan Groff : Kristoff
  • Santino Fontana : Hans
  • Alan Tudyk : Duke [of Weselton] (le Duc de Weselton)
  • Ciarán Hinds : Pabbie / Grandpa (Grand-père)
  • Chris Williams : Oaken
  • Stephen John Anderson : Kai
  • Maia Wilson : Bulda
  • Edie McClurg : Gerda
  • Robert Pine : Bishop (l'Évêque)
  • Maurice LaMarche : King [of Arendelle] (le roi d'Arendelle)
  • Livvy Stubenrauch : 5-year-old Anna (Anna à 5 ans)
  • Katie Lopez : 5-year-old singing Anna (Anna à 5 ans, chant)
  • Agatha Lee Monn : 9-year-old singing Anna (Anna à 9 ans, chant)[8]
  • Eva Bella : Young Elsa (Elsa enfant)
  • Spencer Lacey Ganus : Teen Elsa (Elsa adolescente)
  • Jesse Corti : Spanish dignitary (Dignitaire espagnol)
  • Jeffrey Marcus : German dignitary (Dignitaire allemand)
  • Tucker Gilmore : Irish dignitary (Dignitaire irlandais)

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Source : Cinécoulisses[9] sauf référence spécifiée.

Voix québécoises[modifier | modifier le code]

Chansons du film[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Origine et production[modifier | modifier le code]

Genèse et premiers essais[modifier | modifier le code]

Peu avant la sortie de Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), Walt Disney envisage de produire un long métrage mêlant animation et prise de vue réelle sur la vie de Hans Christian Andersen avec des séquences présentant ses contes dont La Reine des neiges[a 1]. En mars 1940, Disney propose à Samuel Goldwyn une coproduction : le studio de Goldwyn assurerait le tournage des scènes en prise de vue réelle et Disney l'animation des contes de fées les plus connus d'Andersen[a 1] : La Petite Sirène, La Petite Fille aux allumettes, Le Stoïque Soldat de plomb, La Reine des neiges, La Petite Poucette, Le Vilain Petit Canard et Les Habits neufs de l'empereur. Cependant, le studio rencontre alors quelques difficultés dans l'adaptation du conte de La Reine des neiges pour le public de l'époque[a 1].

En effet, l'intrigue du conte concerne deux enfants : Gerda, qui a servi de base au personnage d'Anna, et le jeune Kai « maudit par le pessimisme » car son cœur a été transpercé par un éclat de verre venant d'un miroir enchanté, et leur voyage pour sauver Kai[13]. Disney essaie de créer une adaptation vraisemblable du personnage de la Reine des neiges[14], à l'époque envisagée comme la méchante de l'intrigue[15]. Dans le conte, elle est décrite comme « une femme, vêtue de vêtements de gaze blanche, semblables à des millions de flocons de neige étoilés liés les uns aux autres. Elle était blonde et belle, mais faite de glace — glace aveuglante et scintillante. Pourtant, elle était vivante et ses yeux brillaient comme des étoiles lumineuses, mais il n'y avait ni paix, ni repos dans leur regard[14] ». Il ne parvient finalement pas à trouver cette vraisemblance ce qui le pousse à abandonner le film[14].

De même, le projet de coproduction avec Samuel Goldwyn s'arrête en raison des productions militaires que Disney est contraint de faire pour maintenir son studio actif[a 1]. De son coté, Goldwyn n'a pas abandonné l'idée et produit quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale une comédie musicale biographique sur Andersen, Hans Christian Andersen et la Danseuse (1952), l'animation étant remplacée par des chorégraphies[a 1]. Le succès de cette comédie musicale récompensée par six oscars a, pour longtemps, mis un terme aux intentions de Disney d'adapter les contes d'Andersen[14].

Nouvelles tentatives d'adaptation avec la Renaissance Disney[modifier | modifier le code]

« La version d'origine de La Reine des neiges d'Andersen est un conte plutôt sombre et difficile à transposer dans un film. Pour nous, le déclic est venu quand nous avons essayé de donner de vrais qualités humaines à la Reine des neiges. Quand nous avons décidé de faire d'Elsa la sœur de d'Anna, la protagoniste, cela a permis de mieux s'identifier au personnage à travers les épreuves que chacun traverse et de concerner le public d'aujourd'hui. Ce film a beaucoup de personnages compliqués et des relations complexes. Il y a des moments où Elsa fait de très mauvaises choses mais quand vous comprenez d'où ça vient, de son désir de se défendre, vous pouvez toujours vous identifier à elle. "Inspiré de" correspond bien à ce que nous faisons. Il y a de la neige, il y a de la glace, il y a une reine, mais à part ça, on s'éloigne un peu. Nous essayons vraiment d'apporter la portée et l'ampleur que vous attendez mais d'une manière dont nous pouvons comprendre et s'identifier aux personnages. »
— Peter Del Vecho, producteur, à propos des difficultés à adapter La Reine des neiges[16].

Après le succès de La Petite Sirène (1989), adaptation du conte d'Andersen qui marque la Renaissance Disney, le studio envisage de mettre à l'écran d'autres contes[17]. Une première tentative d'adaptation de La Reine des neiges est stoppée fin 2002 à la suite du départ de Glen Keane[17] pour un autre projet qui deviendra Raiponce (2010). Entre 2000 et 2002, la tâche d'adapter le conte danois est confiée à Gaëtan et Paul Brizzi, puis à Dick Zondag et Dave Goetz, mais aucun d'entre-eux ne parvient à un résultat satisfaisant[14],[a 1]. Pendant une de ces tentatives, Michael Eisner, alors président directeur général de la Walt Disney Company, accorde son soutien au projet et propose que John Lasseter de Pixar prenne en charge la réalisation après le renouvellement de contrat espéré entre les deux entreprises[14]. Cependant, les négociations entre Disney et Pixar s'interrompent en janvier 2004 mettant temporairement fin à toute collaboration entre les deux studios[18]. En janvier 2006, Robert Iger, le successeur de Michael Eisner à la tête des studios Disney, négocie finalement le rachat de Pixar pour 7,4 milliards de dollars, et John Lasseter est alors nommé directeur créatif des studios[19],[20].

En 2008, John Lasseter demande à Chris Buck, co-réalisateur de Tarzan (1999), de revenir aux studios Disney qu'il a quittés au début des années 2000 pour rejoindre Sony Pictures Animation et réaliser Les Rois de la glisse (2007), film récompensé par un Oscar du meilleur film d'animation[a 2],[a 3]. En septembre 2008, Buck accepte de revenir et propose plusieurs idées à Lasseter, dont l'une concerne La Reine des neiges[a 2],[a 3]. Chris Buck révélera plus tard que son inspiration initiale ne concernait pas le conte d'Andersen en lui-même, mais plutôt qu'il voulait « donner une autre définition du grand amour, Disney ayant déjà traité du "baiser du Prince Charmant", [...] il était temps de faire quelque chose de nouveau[21]. ». En ce qui concerne John Lasseter, il s'intéresse depuis quelques années à l'adaptation de La Reine des neiges. Lorsque, dans les années 1990, il travaille au développement de Toy Story, il est épaté par certains éléments de pré-production qui lui sont présentés par les équipes du studio qui tentent à l'époque de mettre à l'écran le conte[a 2].

Une fois le retour de Buck dans l'entreprise entériné, le développement du film commence alors sous le nom de Anna and the Snow Queen (« Anna et la Reine des neiges ») avec comme objectif de réaliser un film en animation traditionnelle, à l'instar de La Princesse et la Grenouille (2009)[22]. Selon Josh Gad, l'acteur qui prête sa voix à Olaf, il a été impliqué dans le projet dès cette époque, lorsque le scénario était encore similaire au conte d'Andersen et que Megan Mullally devait être la voix d'Elsa[23]. Début 2010, l'équipe rencontre à son tour de grandes difficultés dans la conception de l'histoire et du personnage de la Reine des neiges, si bien que le projet est à nouveau suspendu[24],[25].

Relance du projet[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 2011, après le succès de Raiponce, Disney annonce que le projet est relancé avec une date de sortie prévue pour le 27 novembre 2013, sous le nom de Frozen (« Gelée »)[17]. Un mois plus tard, les studios révèlent que, contrairement aux précédentes tentatives d'adaptation, le film sera en images de synthèse en stéréoscopie 3D et non plus en animation traditionnelle[26]. Les auteurs et compositeurs Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez rejoignent le projet et commencent l'écriture des chansons en janvier 2012[27]. Le 5 mars 2012, le studio annonce que la réalisation est confiée à Chris Buck et que le film sera produit par John Lasseter et Peter Del Vecho[28].

Le développement de La Reine des neiges étant relancé, une des premières épreuves que Chris Buck et Peter Del Vecho doivent surmonter est l'écriture du personnage de la Reine des neiges qui était encore antagoniste dans leurs premières ébauches de scénario[14]. Les studios Disney ont une tradition qui consiste à projeter les films d'animation en développement toutes les douze semaines et à tenir de longues réunions de travail nommée « Notes sessions » durant lesquelles des réalisateurs et scénaristes de différents projets critiquent le travail de chacun[29],[30],[31].

Chris Buck et Peter Del Vecho présentent la maquette du film à John Lasseter et toute l'équipe de production assiste à une conférence pour entendre son opinion et ses idées sur le projet[14]. Le directeur artistique Michael Giaimo parle plus tard de John Lasseter comme celui qui a « changé la donne » sur le film[14]. Il raconte : « Je me souviens de John disant que la dernière version de l'histoire de La Reine des neiges apportée par Chris Buck et son équipe est très drôle et pleine de légèreté. Mais les personnages n'étaient pas assez parlants. Ils étaient trop simples. C'est pour ça que John pensait que le public ne serait pas capable de s'identifier à eux[14]. »

L'équipe essaye alors d'apporter diverses modifications à l'histoire jusqu'à ce que celle-ci ainsi que les personnages paraissent plus pertinents[14]. À ce stade, le principal élément qui a permis d'avancer est d'avoir fait de la protagoniste, Anna, inspirée de Gerda du conte d'origine, la petite sœur d'Elsa[14]. Une dynamique familiale est ainsi établie entre les deux personnages[14],[32], ce qui est assez inhabituel, dans la mesure où les relations entre deux sœurs ne constituent que rarement l'élément principal de l'intrigue dans les films d'animation américains, hormis Lilo et Stitch (2002)[a 4]. Afin d'étudier en profondeur les dynamiques d'une relation entre sœurs, Disney organise un « sommet des sœurs » au cours duquel les femmes du studio ayant grandi avec une ou plusieurs sœurs sont interrogées sur leurs relations sororales[a 5].

Développement du scénario[modifier | modifier le code]

En mars 2012, l'une des scénaristes des Mondes de Ralph (2012), Jennifer Lee rejoint le réalisateur Chris Buck[33] à la demande de Peter Del Vecho[34],[35]. Elle explique que durant la finalisation du projet Les Mondes de Ralph elle avait pour tâche d'observer d'autres projets et de prendre en notes ses observations et elle remarque que les différentes équipes de production étaient « d'accord à propos de beaucoup de choses »[36].

Selon Jennifer Lee, certains concepts principaux étaient déjà présents depuis les premiers travaux de Chris Buck et Peter Del Vecho, comme l'argument du « cœur gelé » : « C'était un concept, mais aussi une phrase d'accroche : "Un acte de grand amour fera fondre un cœur gelé[36]." ». Buck et Del Vecho ont alors déjà l'intuition que la fin du film impliquerait le « grand amour » dans le sens de l'attachement entre deux sœurs, et non de l'idylle. « Nous ne savions ni comment ni pourquoi, mais Anna allait sauver Elsa » ajoute Lee[36]. Edwin Catmull, le président des Walt Disney Animation Studios lui donne alors des directives concernant l'obligation de « réussir le dénouement » du film. « Avant toute chose, peu importe ce que vous avez à faire dans l'histoire, faites-le. Mais réussissez le dénouement. Si vous y arrivez, ce sera super. Sinon, ce sera nul[29] » déclare-t-il.

Avant que Jennifer Lee ne rejoigne le projet, un autre scénariste avait écrit un premier passage du script avec lequel Kristen et Robert Lopez essayaient de composer quelques chansons. Cependant, aucune d'entre-elles n'est alors jugée satisfaisante et elles sont finalement toutes abandonnées[27]. Le script étant modifié en profondeur, les auteurs compositeurs ressentent alors la possibilité de « mettre un peu de [leur] ADN » dans la nouvelle version que Jennifer Lee écrit[27]. L'équipe de production se retrouve donc à repartir de zéro et doit surtout de respecter un délai de 17 mois, ce qui implique un « planning tendu », et implique que « beaucoup de décisions [doivent] être prises rapidement »[36].

Évolution et personnages[modifier | modifier le code]

« Lorsqu'Anna est maudite par son ex-sœur, la froide Reine des neiges, son seul espoir de vaincre son sort est de survivre à un périlleux mais aussi palpitant voyage à travers un escarpé et dangereux paysage de glace. Rejoint par un homme robuste à la recherche de sensations fortes, son renne à un bois et un bonhomme de neige malchanceux, Anna doit entamer une course contre la montre, combattre les éléments et une armée de bonshommes de neige menaçants, si elle espère pouvoir faire fondre son cœur gelé. »
Synopsis du film publié en mai 2013 par Disney[37].

Les premières versions du scénario sont bien différentes de la version finale. Dans le premier script que les auteurs compositeurs Lopez ont pu voir, Elsa était mauvaise dès le début : elle enlevait Anna lors de son mariage avec l'intention de geler son cœur, puis revenait plus tard au royaume avec une armée de bonshommes de neige afin d'envahir la ville et geler définitivement le cœur d'Anna[27]. Quand Jennifer Lee rejoint l'équipe, le scénario est constitué d'un premier acte où Elsa gèle le cœur d'Anna grâce à ses pouvoirs et d'un second acte où Anna essaie de rejoindre Hans pour obtenir un baiser pendant que la Reine des neiges tente de l'en empêcher[36]. Selon Chris Buck, cette histoire originale essayait de rendre Anna attachante en capitalisant sur sa frustration d'être la cadette de l'héritière Elsa[38]. Le rythme y était aussi différent, dans la mesure où le style se rapprochait plus d'un film d'action et d'aventure que d'une comédie ou d'un film musical[34].

Elsa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Elsa.

Après l'arrivée de Jennifer Lee, la composition de la chanson Let It Go (Libérée, délivrée) par les auteurs compositeurs Lopez force l'équipe à reconsidérer le personnage d'Elsa en le rendant plus attachant, vulnérable et complexe, ce qui constitue une avancée majeure dans la conception du scénario et des personnages[32]. Les auteurs compositeurs ne parlent plus de « méchant » mais « d'une femme apeurée qui essaie de contrôler ses pouvoirs[39] ». Jennifer Lee ajoute : « Bobby [Robert Lopez] et Kristen [Anderson-Lopez] ont raconté qu'ils marchaient au Prospect Park et ils ont commencé à se demander ce que l'on ressentirait [si on était Elsa]. Oubliez la "méchante". Juste ce que l'on ressentirait. Et il y a aussi ce concept de libérer qui elle est, ce qu'elle a gardé caché pendant tout ce temps et maintenant, elle est seule et libre. Le côté négatif est qu'elle est seule, justement. Ce n'est pas parfait, mais c'est puissant[36] ». Let It Go transforme Elsa en quelqu'un de « contrôlée par la peur, contrairement à Anna qui est dirigée par son amour porté aux autres et par son instinct », ce qui conduit Jennifer Lee à réécrire le premier acte, puis l'histoire toute entière. « Nous tenions enfin le film et nous avions saisi les bons personnages[31] » résume-t-elle.

À l'époque où elle était encore envisagée comme ennemie, son apparence était inspirée d'Amy Winehouse, avec une coiffure gonflante, et des changements soudains d'humeurs[40]. Elle devait ressembler à une sorcière Disney, avec des cheveux noirs hérissés. Après sa réécriture en protagoniste, son apparence est allégée[41]. Au contraire d'Anna, elle représente la peur, ce qui explique sa retenue et son élégance forcées[42].

Hans[modifier | modifier le code]

L'idée du retournement final avec la transformation de Hans en antagoniste juste à la fin du film est une autre avancée majeure[31]. Le personnage n'existait pas dans les premières ébauches du scénario, il a été ensuite introduit en tant qu'auxiliaire puis était destiné à être révélé en tant qu'ennemi bien en amont dans l'intrigue[31]. Peter Del Vecho explique : « Nous avons réalisé que le plus important, si nous devions faire un dénouement si inattendu, était de faire croire un instant que Hans était la solution… mais il ne l'est pas, c'est Kristoff… Si vous pouvez faire croire aux spectateurs qu'ils ont tout compris, vous les surprendrez encore davantage en leur montrant qu'ils se trompaient depuis le début[31]. » Selon Hyrum Osmond, un des superviseurs en animation de Hans, il apparaît au début comme un personnage beau et élégant. L'équipe veut que le public tombe amoureux de lui et qu'il espère sa relation possible avec Anna. Ils parviennent à le retourner au bon moment pour produire un grand choc[43]. D'après Jennifer Lee, Hans est écrit comme un psychopathe avec un esprit tordu dans la version finale[36]. Par exemple, Hans imite les comportements des autres personnages : « Il reflète Anna et il est niais avec elle… Le Duc de Weselton est un abruti, il l'est donc en retour. Et c'est un héros avec Elsa[36]. » Selon Lino Di Salvo, Hans est un caméléon qui s'adapte à tous les environnements pour gagner la confiance des personnages[43]. Établir les bases du retournement tardif d'Anna vers Kristoff sans rendre la trahison de Hans trop prévisible est une tâche difficile. Le public doit « ressentir les émotions d'Anna sans tout à fait les comprendre, car au moment où les spectateurs comprennent, l'effet de surprise est perdu[36]. »

Anna[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anna.

Afin de la rendre moins prévisible, Jennifer Lee doit approfondir l'écriture de la personnalité d'Anna. Certains de ses collègues lui suggèrent de la rendre plus dysfonctionnelle et codépendante comme Vanellope von Schweetz dans Les Mondes de Ralph[34]. Elle ne partage pas cet avis, mais il lui faut presque un an pour bien formuler de manière convaincante « le parcours d'Anna. Ni plus ni moins[36]. » À la fin, Jennifer Lee propose qu'il doit être présenté comme une simple histoire de passage à la majorité : « Elle a au début un point de vue naïf sur la vie et l'amour parce qu'elle est seule, puis elle s'approprie une vision sophistiquée et mature de l'amour : elle est capable de l'amour extrême : le sacrifice[34]. » Cependant elle est aussi obligée d'abandonner certaines idées qu'elle appréciait, comme une scène qui présente la relation entre les deux sœurs lorsqu'elles sont adolescente, mais ce n'était pas pertinent car il fallait maintenir la séparation entre Elsa et Anna[34].

Afin de construire la relation entre les deux sœurs, Jennifer Lee puise son inspiration dans sa propre relation avec sa sœur aînée[36],[44]. Elle a raconté qu'elle était « une grande inspiration pour Elsa[36] », elle l'appelait « mon Elsa » et était avec elle sur le tapis rouge à la 86e cérémonie des Oscars[30]. Elle a continué : « Être obligées à se séparer l'une de l'autre, puis se redécouvrir en tant qu'adultes, ce fut une grande partie de ma vie[36]. » Le problème de savoir comment exactement Anna allait sauver Elsa au climax du film est résolu par le scénariste John Ripa. À la réunion scénaristique où il expose son point de vue sur l'histoire, personne ne répond ; John Lasseter finit par briser le silence : « Je n'avais encore jamais rien vu de tel. », puis tout le monde se lève pour applaudir[a 6].

Anna est un personnage décrit par Kristen Bell comme plutôt maladroite, « pas très élégante », mais déterminée. Jennifer Lee ajoute qu'elle représente l'amour : pleine d'optimisme et avec un grand cœur, ce à quoi Chris Buck renchérit que « sa personnalité est juste tellement drôle et énergique[45] ». Son design est similaire à celui des héroïnes Disney, notamment à l'apparence de Raiponce (de grands yeux, des lèvres minces, un petit nez et une carrure menue)[46].

Olaf[modifier | modifier le code]

Olaf était à l'origine un acolyte détestable d'Elsa. Il était l'un des gardes de son château quand le concept de la Reine des neiges créant une légion de bonhommes de neige était toujours d'actualité[47],[48]. Chris Buck explique : « Nous avons toujours réfléchi à la façon dont Elsa allait essayer d'apprendre ses pouvoirs. Alors, nous nous sommes dit qu'il [Olaf] pourrait être comme sa première crêpe. Vous savez, ces premières crêpes ratées que vous jetez à la poubelle, c'est Olaf. Olaf était sa première crêpe. » Cette première version d'Olaf ne plait pas à Jennifer Lee et l'équipe de production entreprend de le transformer en un faire-valoir comique d'Anna qui représente l'amour innocent que partagent les personnages quand elles sont enfants[49]. Ce personnage est d'après elle de loin « le plus dur à traiter[36] ». Pour qu'il ne devienne pas trop complexe, les réalisateurs lui donnent une innocence enfantine[47], innocence que l'on retrouve par exemple dans le fait qu'il veuille à tout pris découvrir la chaleur et l'été[16]. Olaf est un des personnages les plus drôles du film grâce notamment au fait que les parties de son corps peuvent se détacher. Chris Buck raconte : « Nous avons appris très tôt que ses parties pouvaient se détacher et nous voulions pleinement profiter de cela. Vous le verrez dans le film, cela arrive toujours d'une façon surprenante[50] » Peter Del Vecho ajoute : « Olaf est devenu une sorte de personnage de bande dessinée et les animateurs s'amusent à l'animer. […] C'est le seul personnage que nous pouvons jeter d'une falaise et faire revenir encore en vie et heureux[16]. »

Autres personnages[modifier | modifier le code]

La première partie du film comportait plus de détails dans les premières ébauches du scénario, par exemple un troll avec un accent de Brooklyn qui explique les origines des pouvoirs d'Elsa, et un régent pour qui Jennifer Lee espérait avoir comme comédien Louis C.K.[36]. Après avoir complètement « sur-analysé » ces détails, ces éléments sont retirés car ils auraient entraîné « une histoire beaucoup plus complexe que celle dans laquelle nous nous sentions capables d'entrer en une heure et demi de film[36]. » Peter Del Vecho ajoute : « Plus on essayait d'expliquer les choses au début, plus ça devenait compliqué[51]. »

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Kristen Bell, la voix d'Anna, a déjà auditionné pour le film Raiponce et connait déjà Idina Menzel, qui y a aussi participé[52]. Elle est sélectionnée le 5 mars 2012[53] et réalise ainsi un rêve d'enfance qui lui paraissait impossible à l'époque. Jennifer Lee explique qu'elle a notamment été choisie grâce à des enregistrements de chansons de La Petite Sirène réalisés quand elle était jeune[54]. Kristen Bell termine ses auditions alors qu'elle est enceinte et réenregistre par la suite quelques parties de son personnage après son accouchement car sa voix s'est intensifiée[55]. Jennifer Lee ajoute : « Elle a une voix tellement douce et chaleureuse ; tout ce que nous pouvions espérer pour Anna[56]. » Kristen Bell est rappelée pour refaire des dialogues du film une vingtaine de fois, ce qui est normal pour les rôles principaux quand le scénario évolue souvent[57]. En ce qui concerne ses liens avec le rôle d'Anna, Kristen Bell raconte avec enthousiasme qu'elle a « toujours rêvé d'être dans un dessin animé de Disney » depuis ses 5 ans[53], en ajoutant : « J'ai toujours aimé les dessins animés de Disney, mais il y avait quelque chose qui m'était inaccessible à propos des personnages féminins : leurs postures et leur manière de parler étaient trop soignées, et je sens que j'ai rendu [Anna] beaucoup plus attachante, maladroite, bizarre, décousue et excitante ; j'en suis très fière[58]. »

Après avoir été sélectionnée pour l'album de la bande originale, Emmylou Homs est choisie pour le rôle entier d'Anna en français. Son objectif est de rester fidèle à l'interprétation de Kristen Bell tout en apportant sa touche personnelle[10].

Idina Menzel, une chanteuse expérimentée de Broadway, est choisie pour doubler Elsa. Après ses auditions pour Raiponce, elle est appelée à auditionner pour La Reine des neiges avec Kristen Bell par Jamie Sparer Roberts, la directrice de casting de Raiponce, qui avait conservé sa prestation sur son iPhone[59]. Avant même leur sélection officielle, Idina Menzel et Kristen Bell impressionnent les réalisateurs et les producteurs dès la première lecture. Après avoir lu entièrement le scénario, celui-ci leur inspire la chanson Wind Beneath My Wings (en) (écrite en 1982 par Jeff Silbar et Larry Henley[60]) qu'elles interprètent alors en duo (la musique du film n'ayant pas encore été composée)[61],[32],[59]. C'est Kristen Bell qui a suggéré cette idée quand elle était chez Idina Menzel en Californie pour préparer la lecture[62],[59]. Les compositeurs sont également présents. Kristen Anderson-Lopez racontent : « Lasseter était aux anges » pendant qu'Idina Menzel et Kristen Bell chantaient en harmonie, et à partir de ce moment, il a insisté : « Kristen Bell et Idina Menzel doivent être dans le film[27] ! ». Jennifer Lee ajoute : « Elles ont chanté comme deux sœurs, elles n'ont laissé personne indifférent[31]. »

En français, c'est Anaïs Delva qui prête sa voix à Elsa, réalisant un rêve d'enfance et vivant une toute nouvelle expérience, bien différente des comédies musicales dont elle a l'habitude[63].

Entre décembre 2012 et juin 2013, le studio annonce la distribution des rôles, avec Jonathan Groff dans le rôle de Kristoff, Alan Tudyk dans le rôle du Duc de Weselton, Santino Fontata dans le rôle de Hans et Josh Gad dans le rôle d'Olaf[64]. Ce dernier a été récompensé aux Annie Awards pour son interprétation du personnage[65]. Selon les autres personnes présentes, il se montrait extrêmement drôle et apportait de nombreuses améliorations au texte durant les sessions d'enregistrement. Il déclare même avoir été surpris que certaines de ses phrases qu'il avait improvisées comme des blagues avait été conservées dans le montage final[66]. Ces sessions ont été enregistrées en vidéo et ont servi à réaliser les expressions faciales d'Olaf[67]. En français, c'est Dany Boon qui double le personnage. Il décrit le comme « très touchant et très drôle. Il a des émotions et il les dit sans filtre. Instantanément, comme les enfants, en fait. », ce qui permet à ces derniers de facilement s'identifier à lui. Selon Chris Buck et Jennifer Lee la réplique phare d'Olaf « I'm Olaf and I like warm hugs! » est également très touchante par Dany Boon : « Je m'appelle Olaf et j'aime les gros câlins[…] »[68]. L'acteur français ajoute que « le film est très moderne, génial, beau et drôle ». Le plus difficile pour lui a été la chanson, car il devait préserver la personnalité d'Olaf tout en chantant. Il déclare aimer doubler des films d'animation, le faisant notamment pour ses propres enfants[68].

Animation[modifier | modifier le code]

Le style artistique de La Reine des neiges est similaire à celui de Raiponce (2010) et emploie une combinaison des dessins et croquis dessinés à la main avec des images de synthèse en 3D[69]. Dès le début du développement du film, Chris Buck estime que le directeur artistique Michael Giaimo est la personne la plus qualifiée pour mener à bien le projet. Le réalisateur décide donc de faire revenir Giaimo aux studios Disney[a 7]. Chris Buck, John Lasseter et Michael Giaimo sont des amis de longue date qui se sont rencontrés pour la première fois au California Institute of the Arts[a 7] et Giaimo avait déjà travaillé sur Pocahontas (1995) avec Buck alors animateur superviseur[70],[71].

Pour créer l'apparence de La Reine des neiges, Michael Giaimo commence des recherches avant la mise en production : il lit beaucoup de livres sur la Scandinavie et visite la ville de Solvang, près de Los Angeles, connu pour son décor danois, mais Giaimo finit par se concentrer essentiellement sur la Norvège car « 80 % » des visuels qui l'intéressaient était du style de ce pays[72]. Le studio Disney finance alors trois voyages de recherches[73]. Les animateurs et les spécialistes en effets spéciaux se rendent dans les environs de Jackson Hole au Wyoming pour expérimenter le comportement de différents vêtements, notamment de longues jupes essayées par le personnel féminin et masculin, durant la marche, la course ou les chutes dans d'épaisses couches de neige[16],[72],[73],[74]. Pendant ce temps, les équipes des directeurs artistiques et celle en charge des lumières visitent l'Hôtel de glace à Québec pour étudier les phénomènes de réflexion et de réfraction de la lumière sur la neige et la glace[51]. Enfin, Michael Giaimo et divers artistes effectuent un voyage à travers la Norvège pour trouver l'inspiration parmi les montagnes, les fjords, l'architecture et la culture[73],[75]. Peter Del Vecho raconte : « Nous avions un planning très restreint pour ce film, notre objectif principal était d'avoir une bonne histoire, mais nous savions que John Lasseter avait à cœur l'idée de créer un monde vraisemblable avec des vrais matériaux, et encore une fois cela ne signifie pas que c'est un monde réaliste, mais un monde vraisemblable. Il était important de se rendre compte du cadre et de l'échelle de la Norvège et important pour nos animateurs de savoir à quoi ça ressemble. Il y a un réel sentiment de Lawrence d'Arabie là-dedans, ajoute-t-il[76]. »

En 2012, pendant que Michael Giaimo, les animateurs et les artistes dirigent les recherches préparatoires et développent l'aperçu visuel général du film, l'équipe de production travaille toujours sur le scénario en essayant de le rendre toujours plus captivant et convaincant. Ce n'est qu'en novembre 2012 que le scénario définitif est finalement adopté[a 8], et le script continue de connaître quelques changements significatifs après cette date[51],[77]. Ainsi, le défi le plus « redoutable » qu'a rencontré l'équipe des animateurs est le respect des délais : moins d'un an pour transformer le scénario de Jennifer Lee, encore en train d'évoluer, en un véritable film[a 8]. D'autres films comme Toy Story 2 de Pixar ont été achevés avec un délai encore plus court. Ceci induit « le travail de nuit, heures supplémentaires et stress[a 8] ». Jennifer Lee estime le nombre de personne ayant participé à l'élaboration du film à six cents, dont environ soixante-dix pour la lumière, plus de soixante-dix animateurs, ainsi qu'entre dix et quinze scénaristes[78].

Peter Del Vecho explique l'organisation de l'équipe d'animation : « On a sur ce film des animateurs superviseurs pour des personnages spécifiques sous les ordres de directeurs de personnage. Il arrive que les animateurs eux-mêmes travaillent sur plusieurs personnages mais toujours sous une direction. Il me semble que c'était différent pour Raiponce, par exemple, mais nous faisons ce choix car nous voulions que chacun s'approprie pleinement son personnage pour le développer et de pouvoir transmettre cela à l'équipe. Hyrum Osmond, l'animateur d'Olaf, est réservé mais a une personnalité un peu "fofolle", nous savions qu'il apporterait beaucoup d'humour au personnage. Quant à l'animatrice d'Anna, Becky Bresee, c'est la première fois qu'elle dirige un personnage et nous voulions que ce soit Anna[16],[32],[79]. » Le professeur d'art dramatique Warner Loughlin aide les animateurs à bien comprendre les personnages qu'ils sont en train de créer[74]. Pour bien assimiler les émotions de chaque scène, certains animateurs les jouent eux-mêmes : « Je me filme en effet en train de jouer la scène et cela m'aide beaucoup », a raconté le superviseur Rebecca Wilson Breese. Cela l'aide à découvrir des éléments qui rendent la scène plus vraisemblable[49]. L'animateur superviseur d'Elsa est Wayne Uten, qui a demandé ce personnage car il est fasciné par sa complexité[80]. Il développe minutieusement les expressions de son visage pour bien faire ressortir sa peur et la faire contraster avec le caractère d'Anna[80]. Il anime ensuite la respiration d'Elsa grâce aux vidéos des enregistrements vocaux d'Idina Menzel[74].

Concernant l'aspect et la nature de la photographie, Michael Giaimo est très influencé par le travail du directeur de la photographie Jack Cardiff dans Le Narcisse noir. Cette influence donne, selon lui, une certaine hyper-réalité au film « puisqu'il s'agit un film qui utilise la même échelle et que [l'équipe] devait dessiner des fjords norvégiens, je voulais vraiment étudier la notion de profondeur. En ce qui concerne le design, depuis que l'accent a été mis sur les aspects horizontaux et verticaux et sur les fjords[79]. » Le travail de Ted McCord dans La Mélodie du bonheur influence aussi fortement Michael Giaimo[79]. C'est également lui qui a l'idée de filmer La Reine des neiges en CinemaScope, ce qu'approuve John Lasseter[79]. Il veut aussi s'assurer que le fjord, l'architecture et l'art populaire du rosemaling soient des facteurs importants dans la conception de l'environnement de la ville fictive d'Arendelle. Michael Giaimo, qui a de l'expérience dans l'animation traditionnelle, a voulu incorporer des couleurs saturées, ce qui est inhabituel dans l'animation par ordinateur[79]. Un renne (nommé Sage) a également été amené au studio pour permettre aux animateurs d'étudier ses mouvements afin de rendre le personnage de Sven plus réaliste[81],[82].

Un autre problème important est celui des costumes. Michael Giaimo savait « dès le début » que La Reine des neiges allait être un film à costumes[a 9]. Dans cet optique, il appelle à ses côtés la designer Jean Gillmore pour qu'elle travaille en tant que « costumière[83] ». Alors que l'animation traditionnelle intègre simplement les éléments du design du costume avec ceux du personnage, l'animation par ordinateur considère le costume presque comme un autre objet à part entière avec ses propres propriétés et comportements (mouvements)[83]. Le film nécessite aussi un niveau de précision encore jamais vu dans les détails et les finitions (boutons, tissus, couture, etc.). Jean Gillmore a expliqué que son approche générale était de combiner le style occidental des années 1840 avec les costumes populaires de Norvège aux alentours du XIXe siècle[83]. Cela implique l'utilisation de tissu en laine avec des accents de velours, de lin et de soie[a 10]. Pendant la production, Michael Giaimo et Jean Gillmore utilisent divers rayons de ravitaillement pour s'inspirer de véritables échantillons. Ils utilisent aussi bien la bibliothèque d'échantillons de tissus du studio que la boutique de surplus de Disneyland située à Fullerton (Californie)[83],[Note 1]. Les artistes du développement visuel (artistes des textures) créent une simulation peinte digitale de l'apparence des surfaces, tandis que d'autres services s'occupent des mouvements, des gréements et du poids, de l'épaisseur et de l'éclairage des animations des textiles[83].

Pendant la production, le titre original change de The Snow Queen (« La Reine des neiges ») à Frozen (« Gelée »). Ce renommage suscite des comparaisons avec Tangled (« Emmêlés », titre original de Raiponce). Selon Peter Del Vecho, « le titre Frozen est venu indépendamment de l'autre film Disney, Tangled. C'est parce que, pour nous, cela représente le film. Frozen évoque non seulement la glace et la neige, mais aussi la relation figée entre les deux sœurs, ainsi que le cœur gelé qu'il faut faire fondre. ». Le film conserve le titre original du conte dans certains pays ce que Del Vecho explique par « la richesse de La Reine des neiges dans l'héritage de ces pays », « plus forte » que l'expression Frozen choisie aux États-Unis[16]. En français, il était prévu que le titre soit Frozen : La Reine des neiges, il est finalement simplifié en La Reine des neiges[84].

Progrès techniques[modifier | modifier le code]

Le studio développe divers outils pour générer des prises de plus en plus réalistes et vraisemblables, en particulier la neige épaisse et son interaction avec les personnages. Disney veut un outil « universel » et organique pour effectuer des effets sur la neige sans avoir à jongler entre plusieurs méthodes[85]. Un certain nombre d'artistes Disney se rendent dans le Wyoming pour expérimenter la marche dans la neige épaisse[72]. Le docteur Kenneth Libbrecht, un professeur de l'Institut de technologie de Californie, est invité pour donner des conférences à l'équipe des effets spéciaux sur la manière dont la neige et la glace se forment, et pourquoi les flocons de neige sont uniques[72]. En utilisant ces connaissances, l'équipe réalise un générateur de flocons de neige qui leur permet de créer ainsi deux mille formes de flocons de neige différentes pour le film[49].

Un autre défi que doit relever le studio est de produire de la neige qui interagit avec les personnages avec un aspect collant réaliste[85]. Selon le principal ingénieur logiciel Andrew Selle, « La neige n'est ni vraiment un fluide, ni vraiment un solide. Elle se désagrège. Elle peut se compresser en boules de neige. Tous ces effets sont très difficile à saisir en même temps[72]. » Afin de surmonter cela, les ingénieurs logiciel utilisent la physique et les mathématiques avancés (dont la mécanique des fluides numérique) avec l'aide de mathématiciens de l'Université de Californie à Los Angeles[86],[87] afin de créer un logiciel de simulation de neige appelé Matterhorn. Il est capable de représenter de la neige réaliste dans un environnement virtuel et est utilisé au moins dans quarante-trois scènes dont certaines séquences clé[32],[85],[86],[88]. L'ingénieur Alexey Stomakhin fait référence à la neige comme un « un personnage important dans le film » qui a ainsi suscité l'attention des cinéastes[72]. Andrew Selle explique : « Quand vous étirez la neige, elle se casse en morceaux. Tant qu'elle n'a pas de connexion, il n'y a pas de maille, la neige peut se casser très facilement. Cela a donc été une propriété importante dont nous avons profité.[…] Ici, vous voyez Kristoff en train de marcher dans la neige, ses empreintes cassent la neige en petits morceaux. Là, vous voyez Anna sortir et la neige se compacte puis se brise en morceaux. La manière dont cela se passe est très organique. Vous ne voyez pas qu'il y a plusieurs morceaux dès le départ, mais un bloc de neige qui se désagrège[85]. ». Le logiciel est particulièrement utile pour les scènes où des personnages marchent dans de la neige épaisse, car cela assure le fait que la neige réagisse naturellement à chaque pas[72].

D'autres logiciels sont conçus pour aider les artistes à effectuer des effets difficiles comme Spaces, qui permet aux différentes parties d'Olaf de se séparer et de se reconstruire, Flourish, qui assiste à la direction de mouvements supplémentaires comme ceux des feuilles et des brindilles, Snow Batcher, qui aide à prévisualiser l'apparence finale de la neige, notamment lorsque les personnages y évoluent, et Tonic, qui permet aux artistes de modeler les cheveux des personnages comme des volumes de procédure[85]. Ce dernier logiciel a aussi aidé à animer des éléments de fourrure et de cheveux, comme la coiffure d'Elsa qui contient 420 000 brins de synthèse, alors le nombre moyen de cheveux pour être humain n'est que de 100 000[72]. Le squelette des personnages est composé de 312 éléments, les costumes ont jusqu'à 245 éléments, ce qui dépasse quantitativement largement les autres films Disney[89],[49]. Cinquante artistes en effets spéciaux et lumière ont travaillé ensemble pour créer « une seule prise » de la scène où Elsa construit son palais de glace. Sa complexité a demandé trente heures de rendu pour chaque image, avec 4 000 ordinateurs qui travaillaient en même temps[90],[14].

En dehors des infographies tridimensionnelles, les cinéastes utilisent aussi des illustrations et croquis 2D pour des éléments et des séquences spécifiques dans le film, comme la magie et les sculptures de neige d'Elsa, ainsi que les fontaines et sols gelés[85],[88]. L'équipe des effets crée un « plateau de capture », où l'environnement de La Reine des neiges est affiché sur des moniteurs, qui peut être filmé avec des caméras spéciales pour réaliser des scènes en 3D. Le manager en technologie Evan Goldberg explique : « Nous pouvons prendre cet ensemble virtuel qui imite toutes mes actions et le mettre dans une de nos scènes dans le film[49]. »

Inspirations scandinaves et Sámi[modifier | modifier le code]

Les influences culturelles du film viennent de Scandinavie et son atmosphère est principalement inspiré de la Norvège[91]. Quelques monuments historiques norvégiens apparaissent dans le film, comme la citadelle d'Akershus (Oslo), la cathédrale de Nidaros (Trondheim) et le quartier de Bryggen (Bergen). De nombreux autres éléments typiques de la culture scandinave apparaissent également, à savoir : les stavkirkes[91], les trolls[92], les drakkars, les chevaux de race Fjord[93], les costumes bunad[72], et la nourriture (lutefisk chez Oaken)[92],[94]. On peut aussi voir un arbre de mai, et des runes dans le livre que le roi ouvre au début du film pour savoir où se trouvent les trolls[92]. Le débat, ancré dans la culture norvégienne, sur la façon de trancher les bûches de chauffage (écorce vers le haut ou le bas) est également brièvement évoqué dans le film[92],[95],[96],[97]. Il contient aussi des éléments de la culture Sámi comme l'attelage de renne (ou caribou) pour le transport d'équipement, certains costumes (les tenues de coupeurs de glace) ainsi que quelques éléments musicaux[98],[99]. Des ornements, comme ceux des colonnes du château et le traîneau de Kristoff, proviennent quant à eux de décorations Sámi duodjies.

Pendant le travail de terrain en Norvège, l'équipe de production visite Rørosrein, l'entreprise d'une famille Sámi spécialisée dans la production de nourriture pour les rennes et dans l'organisation d'événements touristiques basée à Røros[100]. Arendelle, dont le nom vient de celui de la ville norvégienne d'Arendal[101] est inspirée de Nærøyfjord, une branche de l'un des plus longs fjords de Norvège, le Sognefjord, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO[102]. L'intérieur du château est quant à lui inspiré d'un château à Oslo, avec des motifs peints à la main[103].

Ce voyage en Norvège apporte des connaissances essentielles aux animateurs pour imaginer l'esthétique du film en termes de couleur, lumière et atmosphère. Selon Michael Giaimo, ils retiennent trois éléments importants de ce voyage : les fjords, immenses formations rocheuses verticales qui serviront de cadre pour le royaume isolé d'Arendelle ; les églises stavkirkes, dont les toitures rustiques triangulaires et les bardeaux ont inspiré la composition du château ; et le rosemaling, dont les motifs d'habillages et de grilles ont façonné l'architecture, les décors et les costumes du film[79].

Références à Disney[modifier | modifier le code]

D'autres détails remarquables dans l'animation font références à des précédents films des studios Disney. Ainsi, quelques personnages font des caméos : Raiponce et Eugène du film Raiponce lorsque le Royaume ouvre ses portes, ainsi que Mickey Mouse dans la boutique de Oaken[104]. De même, lors de la chanson For the First Time in Forever, Anna mange des chocolats qui sont un clin d'œil à un autre film des studios Disney, Les Mondes de Ralph[104]. Lorsqu'Olaf chante In Summer et danse avec les mouettes, une référence au film Mary Poppins de 1964 est faite[105].

Musique originale[modifier | modifier le code]

Portrait de Christophe Beck.
Christophe Beck, compositeur de la musique du film.

La musique originale est composée par Christophe Beck et les chansons par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez. Les deux auteurs-compositeurs Lopez ont déjà travaillé pour Disney sur Winnie l'ourson en 2011[106] et sur Finding Nemo - The Musical en 2007[107],[108],[109]. Ils écrivent 25 chansons dont huit sont retenues dans la version finale du film[110] (dix en prenant en compte la reprise de Let It Go par Demi Lovato et la reprise de For the First Time in Forever) ; sept des autres chansons sont disponibles dans l'édition deluxe. Christophe Beck a déjà travaillé pour Disney avec le court-métrage Paperman en 2012[111]. Il respecte l'inspiration norvégienne et Sámi du film en utilisant des instruments et une technique de chant traditionnels[112]. La chanson lors du couronnement d'Elsa est écrite en vieux norrois avec l'aide d'un linguiste norvégien[112]. Le chœur norvégien Cantus enregistre un morceau inspiré de la musique Sámi[112] et la chanson de Frode Fjellheim (en), Eatnemen Vuelie, est utilisée en ouverture du film[113]. La musique est orchestrée par Dave Metzger[114]. Les chansons sont traduites et chantées dans de nombreuses langues, notamment Let It Go (en français Libérée, délivrée) dont il existe 41 versions différentes[115].

Liste des titres[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons présentes dans le film ont une version française.

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges

Score cumulé
Site Note
Metacritic 74/100
Rotten Tomatoes 89% (7.7/10)
Allociné 3.5 étoiles sur 5
Compilation des critiques
Périodique Note
Le Parisien 5 étoiles sur 5
Télé 7 Jours 5 étoiles sur 5
20 Minutes 4 étoiles sur 5
CinemaTeaser 4 étoiles sur 5
Le Figaroscope 4 étoiles sur 5
L'Écran Fantastique 4 étoiles sur 5
L'Express 4 étoiles sur 5
Mad Movies 4 étoiles sur 5
Paris Match 4 étoiles sur 5
Positif 4 étoiles sur 5
Première 4 étoiles sur 5
Studio Ciné Live 4 étoiles sur 5
Le Journal du dimanche 3 étoiles sur 5
Les Fiches du Cinéma 3 étoiles sur 5
TéléCinéObs 3 étoiles sur 5
Télérama 3 étoiles sur 5
aVoir-aLire.com 2 étoiles sur 5
Critikat.com 2 étoiles sur 5
La Croix 2 étoiles sur 5
Le Monde 2 étoiles sur 5
Peter Del Vecho, Jennifer Lee et Chris Buck (de gauche à droite) pris en photo à l'avant-première au El Capitan Theatre.
Le producteur Peter Del Vecho accompagné des réalisateurs et coauteurs Jennifer Lee et Chris Buck lors de l'avant-première du film au El Capitan Theatre, le 19 novembre 2013.

L'avant-première aux États-Unis a lieu au El Capitan Theatre à Los Angeles le 19 novembre 2013 et le film sort le 27 novembre au cinéma, le 4 décembre en France (en exclusivité au Grand Rex dès le 20 novembre[116]). Le court-métrage À cheval ! est projeté avant le film au cinéma. La Reine des neiges reçoit un accueil critique très positif et connait un grand succès. Certaines critiques considèrent ce film comme le meilleur long-métrage d'animation musical de Disney depuis l'ère de la Renaissance Disney.

Le 13 août 2014, Walt Disney Animation Studios et ABC annoncent la diffusion le 2 septembre d'une émission d'une heure consacrée aux coulisses de la production de La Reine des neiges (2013)[117].

La Reine des neiges sort en téléchargement le 25 février 2014 sur Google Play, iTunes et Amazon[118]. Le film est disponible en DVD et Blu-ray le 18 mars 2014[119]. Les bonus de la version Blu-ray incluent un making-of[120], « D'frosted », un aperçu de la manière dont Disney a essayé d'adapter le compte d'origine en un film d'animation, quatre scènes coupées présentées par les réalisateurs, le court-métrage À cheval !, la bande-annonce du film et les clips vidéos de la version du générique de fin de Let It Go par Demi Lovato, Martina Stoessel et Marsha Milan Londoh[121]. Le DVD ne contient que les trois derniers bonus cités précédemment[121].

Dès le jour de leur sortie, 3,2 millions de Blu-ray et DVD sont vendus ; c'est la vente la plus importante de vidéos domestiques de la dernière décennie et la meilleure vente de disques pour enfants de tous les temps sur le site internet de commerce électronique Amazon.com[122]. Il s'agit aussi du film le plus rapidement téléchargé de tous les temps[123]. Le film finit la première semaine de sa sortie à la première place des ventes aux États-Unis[124] avec 3 969 270 Blu-ray écoulés (soit 79 266 322 dollars)[125]. Il reste no 1 des ventes pendant six semaines non consécutives sur sept jusqu'au 4 mai 2014[126]. Au Royaume-Uni, plus de 500 000 copies sont vendues en deux jours d'après l'Official Charts Company[127], et 1,45 million au bout de trois semaines, ce qui en fait de loin le film le plus vendu en 2014 dans le pays[128]. En 4quatre semaines, un peu plus de deux millions de copies sont vendues au Japon. C'est le film qui atteint le plus rapidement deux millions d'exemplaires vendus en vidéos domestiques, battant le record précédent de onze semaines détenu par Le Voyage de Chihiro (2001)[129]. La Reine des neiges détient aussi le record des ventes pour le jour et la semaine de sa sortie vidéo au Japon[129].

Une version sing-along sort en DVD et téléchargement le 18 novembre 2014[130],[131], les précommandes débutent le 8 août sur le Disney Store[132].

Accueil du public[modifier | modifier le code]

Le film est très bien accueilli par le public français puisque sa note moyenne sur Allociné est de 4,3 étoiles sur 5 pour 7 843 votants (au 26 août 2014)[133]. Il est noté 7,8/10 en moyenne sur IMDb par 253 298 personnes (au 26 août 2014), les notes les plus données étant 10 (25,4%) et 8 (24,2%). En moyenne, plus l'âge de l'utilisateur est élevé, moins la note est haute (elle reste cependant élevée : 8,6/10 pour les moins de 18 ans et 7,5/10 pour les plus de 45 ans)[134]. Les utilisateurs de Metacritic notent en moyenne le film 7,7/10[135].

Effet de mode[modifier | modifier le code]

Au printemps et à l'été 2014, des journalistes font remarquer que La Reine des neiges a un impact supérieur à la majorité des autres films, un grand nombre d'enfants aux États-Unis et au Royaume-Uni connaissant par exemple par cœur toutes les chansons[136],[137]. De même, la chanson Let It Go est parodiée de très nombreuses fois[138]. Le chroniqueur Joel Stein du magazine Time évoque l'« assaut culturel » du film à l'école maternelle et dans les autres lieux d'activités extrascolaires dont il a pu se rendre compte grâce à son fils. À cette occasion, il s'entretient, au moyen d'un appel Skype, avec Kristen Bell, et lui demande si elle savait, lors de la production de La Reine des neiges, que cela allait tant affecter la vie des enfants. L'actrice lui répond : « Je ne savais pas que les gens ne pourraient pas s'en libérer. » Quand Terry Gross pose la même question aux auteurs-compositeurs Lopez en avril lors d'un interview sur la National Public Radio, ils expliquent qu'ils ne pouvaient pas savoir à quel point leur travail sur ce film allait devenir populaire. Ils expliquent qu'ils essayaient tout simplement de « raconter une histoire qui [leur] parle » et qui « serait acceptable »[139],[140].

Dans un rapport de mi-2014 contenant les 100 prénoms de bébés les plus répandus mené par BabyCenter (en), Elsa se trouve à la 88e place, sans jamais y être apparu auparavant[141]. La directrice du site Sarah Barrett explique que même si l'héroïne est en réalité Anna, « Elsa est un prénom plus unique et renvoie aussi à un modèle de femme forte[142]. » Un grand nombre de parents ayant donné ces deux prénoms à leurs nouveaux-nés avouent que leur choix de prénom a été « fortement influencé » par les deux sœurs. La vice-présidente de Disney Channel aux Îles britanniques Anna Hill commente ensuite : « Nous sommes ravis qu'Elsa soit un nom populaire pour les bébés et il est adorable d'entendre que, dans de nombreuses familles, ce prénom a en fait été choisi par leur frère ou leur sœur ». Pour Babycenter, la symbolique de la « la lutte d'Elsa pour surpasser ses peurs et la force des liens familiaux qui lui a permis d'y arriver » sont un autre facteur expliquant cette popularité[142].

Réception critique[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges reçoit beaucoup de critiques juste après sa sortie. Certaines le comparent aux films de la Renaissance Disney comme La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Le Roi lion et Aladdin. Les critiques font l'éloge des effets visuels et graphiques, des chansons, du scénario, des thèmes abordés et du jeu des acteurs, notamment pour Kristen Bell, Idina Menzel et Josh Gad. La séquence de la chanson Libérée, délivrée avec la construction du palais de glace est également appréciée. Le film obtient la note de 3,5 étoiles sur 5 par 20 critiques de presse françaises sur Allociné, 7,7/10 avec 89 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes pour 189 critiques, l'avis général étant que le film est « magnifiquement animé, intelligemment écrit, plein de belles chansons, La Reine des neiges ajoute un titre digne de ce nom dans l'œuvre Disney. »[143] Le metascore est de 74/100 par les 43 critiques utilisant le site Metacritic[135]. La Reine des neiges est également salué par les médias norvégiens pour avoir mis en valeur la culture Sámi à un large public de manière positive. La présidente norvégienne Sámi Aili Keskitalo félicite pendant son discours du nouvel an 2014 le compositeur Frode Fjellheim pour ses contributions au film[144].

Presse française[modifier | modifier le code]

D'après Le Parisien, « on en prend plein les yeux et les oreilles. » L'accent est mis sur les « décors somptueux », grâce au voyage en Norvège des animateurs pour s'inspirer des paysages (fjord), des costumes locaux et arts décoratifs (rosemaling), sur la modernité du scénario mélangeant « conte traditionnel et […] têtes brûlées » et sur les chansons aux rythmes « endiablés » interprétées par des chanteurs et non par des acteurs (à l'exception notamment de Dany Boon qui, dans la version française, double Olaf, à la fois, dans les dialogues et les chansons)[145]. Le film a également été apprécié par Christophe Carrière de L'Express qui donne deux étoiles sur trois et fait remarquer l'évolution des héroïnes Disney depuis Raiponce, « indépendantes et pugnaces ». Tout en soulignant les décors sublimes, il ajoute que l'humour et les nombreuses péripéties réussissent à capter l'attention et « assurent le plaisir des adultes restés de grands enfants[146] ».

Au contraire, pour Stéphane Dreyfus de La Croix, « Disney patine » avec un long métrage qui ressemble plus à un spectacle sur glace qu'à un film d'animation. Les chansons constituent un « lourd manteau sucré » qui pèse sur l'intrigue et les images de synthèse impeccables dégagent une esthétique trop « kitsch[147] ». Esthétique remise également en cause par Noémie Luciani du Monde, pour qui les héroïnes sont trop « fades », dans la lignée de Raiponce, « yeux immenses, pommettes hautes et roses, corps frêles et têtes énormes », et perdent en finesse pour gagner en convivialité (maladresse, enthousiasme excessif). Elle trouve la musique « écœurante » et déplore le fait que les princesses ne soient que des « transpositions du monde rose des poupées Barbie[148] ».

Pour le réalisateur Christian Desmares (Persepolis), La Reine des neiges est un film « conventionnel et sans innovation par rapport au précédent Disney pour filles, Raiponce », qu'il avait préféré car il le trouvait plus drôle et « moins bleu et rose ». Il ajoute que tout y est « too much », notamment la scène de Libérée, délivrée qu'il décrit avec ironie « 100 % sucre ». Il n'y a selon lui aucune originalité graphique ou de mise en scène. L'image est faite pour séduire les petites filles : « hyper léchée, genre velouté ». Il a cependant apprécié l'effet de surprise de l'apparition tardive du méchant de l'histoire[149]. Pour Pierre Bruno, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Bourgogne, spécialiste l'expression des inégalités et des discriminations dans les cultures juvéniles, Disney « se parodie » en reprenant des thèmes déjà vus notamment dans Raiponce. Il qualifie La Reine des neiges de « caricature » qu'il n'a trouvé ni amusante ni originale. Il regrette Là-haut, un film de Pixar qui traitait, selon lui, un thème novateur[149]. Frank Mettre, spécialiste de postproduction souligne la volonté des studios de faire un « vieux film Disney qui cartonne » : des princesses, une comédie musicale et des personnages comiques, Olaf et Sven, qui apportent de la modernité, jugeant qu'« ils ont eu raison, puisqu'ils ont fait exploser le box-office[149]. » Guillaume Tion de Libération résume : « c’est une comédie musicale pour filles en 3D conventionnelle et crypto-gay au scénario décevant avec une très bonne animation et un méchant atypique[149]. »

Cécile Jandau de L'Express écrit que Disney revient à la tête des films d'animation, après que Pixar a fait de l'ombre au studio, avec les « succès des brillants Toy Story, Le Monde de Nemo, Ratatouille, ou encore Là-haut » en « appliquant des recettes efficaces que les studios n'étaient encore jamais parvenus à réunir dans un seul et même film[150]. » Elle mentionne l'efficacité de la bande originale, avec la chanson phare, Libérée, délivrée, qu'elle décrit comme « scène véritablement magique. » Le film respecte ainsi la tradition des films musicaux de Disney, « le punch en plus[150] ». Elle met l'accent sur la modernité du film, dans la mesure où Disney fait preuve d'ironie en montrant qu'« il n'est plus possible de faire croire qu'on peut trouver le Prince Charmant en approximativement 4 minutes 30 de chansons, une danse et l'épouser dès le lendemain. » Il y a une perte de manichéisme, déjà entamée par Raiponce et Rebelle. Le film est en effet en phase avec la société d'aujourd'hui et est d'après certains « le plus progressiste des Disney[151] ». Anna est aveuglée par un « beau parleur », avant de trouver la bonne personne, tandis qu'Elsa reste seule pour « s'assumer telle qu'elle est[150] ». S'ajoutent ensuite de nombreuses aventures pour divertir le public entier[150]. Cécile Jandau insiste aussi sur les personnages comiques : le public s'attache facilement à Olaf, qui « provoque de nombreuses crises de rire », grâce à son caractère enfantin et innocent. Selon elle, le film parvient aussi à « instaurer une rivalité enfantine » entre ce personnage et Sven, qui est « tout aussi drôle », et ce sans alourdir l'histoire ; une bande-annonce leur est d'ailleurs personnellement consacrée[150]. Les personnages principaux ne sont pas épargnés par les situations comiques : Anna, intrépide mais maladroite, enchaîne les « gaffes[150] ». Pour la journaliste, le film met aussi « brillamment en scène des séquences dramatiques en tirant avec subtilité sur les cordes sensibles » : la mort des parents qui est peu montrée, « Anna supplie sa grande sœur de ne pas la rejeter alors qu'il ne lui reste plus qu'elle au monde dans une chanson enfantine triste, mais enlevée, qui montre avec pudeur l'évolution de la princesse » et le sacrifice d'Anna à la fin du film quand elle se transforme en statue de glace[150].

Presse américaine[modifier | modifier le code]

« Frozen » écrit en lettres de glace.
Logo original

Alonso Duralde du Wrap écrit que le film est « le meilleur film d'animation musical de Disney depuis la mort tragique de l'auteur Howard Ashman dont le travail sur La Petite Sirène et La Belle et la Bête a aidé à redresser la division moderne d'animation du studio. » Il ajoute que même si le script traîne un peu vers la conclusion, « il offre des personnages auxquels on s'attache, ainsi que des rebondissements et des surprises ingénieuses tout au long du film[152]. » Todd McCarthy du Hollywood Reporter considère La Reine des neiges comme un véritable film musical. Il le décrit comme un film « énergique, plein d'humour et pas trop mielleux ; le premier film hollywoodien de ces dernières années à prévenir le refroidissement, plutôt que le réchauffement des relations. Ce dessin animé mélodieux améliore une année terne pour le grand studio d'animation. Sortir le film à Thanksgiving devrait répondre aux attentes du box office comme l'un des blockbusters des vacances[153]. » Kyle Smith du New York Post donne au film la note de 3,5 étoiles sur 4 et parle de « grand plaisir enneigé avec un noyau émotionnel captivant, des chansons au style de Broadway brillantes et une intrigue intelligente. Les premier et troisième actes sont meilleurs que le milieu comique, mais c'est un rare exemple de réussite des Walt Disney Animation Studios, au niveau d'un film Pixar[154]. » Scott Mendelson de Forbes écrit : « La Reine des neiges montre le renouvellement de la pertinence culturelle de Disney et la réaffirmation du studio à accepter son héritage et son identité. C'est aussi tout simplement un bon film de divertissement familial[155]. » Betsy Sharkey du Los Angeles Times salue les talents des chanteurs et les séquences musicales élaborées et ajoute que La Reine des neiges est « un retour bienvenu à la grandeur des studios d'animation Disney[156] ». Emma Dibdin de Digital Spy note le film 5 sur 5 et parle de « nouveau classique Disney » et d'« une histoire humaine, joyeuse et grisante qui nous fait souvent rire tout en étant poignante et audacieuse. Il est impossible d'imaginer une meilleure célébration des studios, proche du 90e anniversaire de Disney[157]. »

Scott Foundas de Variety, moins marqué par le film, le décrit comme « conventionnel » bien qu'il souligne le jeu des acteurs et le talent artistique : « Les paysages enneigés et tactiles d'Arendelle, dont le palais de glace refuge d'Elsa, est l'autre merveille de La Reine des neiges, renforcée par la 3D et la décision de filmer en écran large – un clin d'oeil à la richesse du CinemaScope dans La Belle au bois dormant et La Belle et le Clochard. Mais cela ne compense pas l'intrigue un peu molle et le caractère générique des personnages principaux. Les princesses sont des copier-coller de la fille des bois Raiponce, tandis que Hans et Kristoff sont plutôt standards jusqu'à l'assez surprenant tournant dans le troisième acte, qui monte un peu la barre. Seul Olaf est inattaquable[158]. » The Seattle Times a donné au film 2 étoiles sur 4 : « Bien que ce soit un film très beau avec des fjords et des sculptures de glace générées par ordinateurs et des intérieurs de châteaux, la chose importante qui colle tout cela ensemble, l'histoire, fait cruellement défaut[159]. »

Stéréotypes et perceptions LGBT[modifier | modifier le code]

Des accusations de sexisme apparaissent après une déclaration de Lino DiSalvo, le chef en animation de La Reine des neiges, qui répond à Jenna Bush de Fan Voice en ces termes : « Historiquement parlant, les personnages animés féminins sont très, très difficiles, parce qu'elles doivent traverser tout une gamme d'émotions, tout en restant mignonnes[160],[161]. » À propos de ces accusations, un porte-parole de Disney explique plus tard au Time que DiSalvo a été mal compris et qu'il ne faisait que décrire « quelques aspects techniques de l'animation par ordinateur, sans faire de commentaire général sur l'animation des personnages féminins par rapport aux personnages masculins[160],[161]. » Jennifer Lee ajoute que les mots de DiSalvo ont été pris hors contexte, expliquant qu'il était en fait en train de parler en termes techniques d'animation par ordinateur. Elle déclare : « C'est difficile à faire, peu importe le sexe[89] », exprimant également sa peine pour l'animateur à la suite de ces accusations. En août 2014, DiSalvo éclaircit ses propos dans une interview. Il exprime la difficulté de transformer n'importe quel type de personnage animé d'une série de croquis 2D en un modèle animé en trois dimensions correct. « Traduire cette gamme émotionnelle sur un personnage animé par ordinateur est l'une des parties les plus difficiles du processus. Masculin. Féminin. Bonhomme de neige. Animal[162]. » Il déplore ces accusations et le fait que les sites internet les ayant divulgués ne soient pas « revenus vers lui pour obtenir des commentaires, c'est le triste visage d'internet, ils ne veulent pas la vérité[162]. »

Quelques spectateurs hors de l'industrie cinématographique tels que des pasteurs évangéliques[163],[164] et des chroniqueurs[165] affirment que La Reine des neiges promeut la normalisation de l'homosexualité, tandis que d'autres pensent qu'Elsa, un des personnages principaux, représente une image positive de la jeunesse LGBT, voyant le film et la chanson Let It Go (Libérée, délivrée) comme une métaphore du coming out[166],[167]. Ces déclarations sont reçues de manière mitigée par le public et certaines communautés homosexuelles[166]. Quand Jennifer Lee est interrogée à propos de ces perceptions de promotion de l'homosexualité dans le film, elle répond : « Nous savons ce que nous avons fait. Mais en même temps, j'al le sentiment qu'une fois que le film est sorti, il appartient au monde, donc je n'ai pas envie d'ajouter quoi que ce soit, laissons les fans parler. Je pense que c'est à eux de décider[168]. » Elle mentionne aussi le fait que les films Disney sont faits à différentes époques et sont célébrés pour différentes raisons et qu'un film de 2013 devrait avoir un « point de vue de 2013[167],[169] ».

Poursuites pour violations de droits d'auteur[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2014, l'animatrice américaine Kelly Wilson dépose plainte contre Disney pour une bande-annonce de La Reine des Neiges qui reprend beaucoup d'éléments d'un court métrage en 2D qu'elle a réalisé intitulé The Snowman présentant un bonhomme de neige et un renne se battant pour une carotte[170]. Le 31 juillet 2014, un juge fédéral américain rejette la demande d'arrêt des poursuites faite par Disney dans le cadre de la violation de copyright d'une bande-annonce du film du court métrage de Kelly Wilson[171]. Le 24 septembre 2014, l'écrivaine péruvienne Isabella Tanikumi accuse Disney de plagiat et demande 250 millions de dollars de dommages et intérêts car l'histoire ne serait pas basée sur le conte de Hans Christian Andersen, mais sur son autobiographie Yearnings of the Hear[172],[173].

Analyse commerciale et box-office[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges est le plus grand succès de tous les temps pour un film d'animation[174],[175], dépassant contre toute attente le milliard de dollars de recettes de Toy Story 3[176]. Avec des recettes mondiales qui s'élèvent à 1 274 219 009 dollars[177], dont 400 millions aux États-Unis et Canada, 247 millions au Japon et plus de cinq millions d'entrées en France, il s'agit du septième plus important box-office mondial de tous les temps[178].

Un succès inattendu[modifier | modifier le code]

Avant la sortie du film, Ray Subers de Box Office Mojo compare La Reine des neiges au film Disney Raiponce (2010) en expliquant que l'histoire « n'accroche pas autant » et que le marketing doit encore atteindre les garçons comme celui de Raiponce l'a fait[179]. Il y a peu de films familiaux durant la période des vacances de Noël de 2013 (incluant Thanksgiving aux États-Unis), Ray Subers prévoit donc que le film « marchera bien pendant la période de Noël » et récoltera 185 millions de dollars en Amérique du Nord, un score qui égalerait Les Mondes de Ralph[179]. Le site Boxoffice.com fait remarquer le succès des autres films d'animation Disney sortis pendant les périodes de vacances (Raiponce et Les Mondes de Ralph), mais ajoute que la distribution risque de ne pas attirer le public en raison du faible nombre de célébrités ; le site prévoit un box-office en Amérique du Nord de 170 millions de dollars[180]. Chris Agar de ScreenRant exprime un avis similaire en évoquant la série de succès du studio et pense que La Reine des neiges comble le manque de films pour enfant, sans pour autant dépasser le box-office de Hunger Games : L'Embrasement[181].

Selon Clayton Dillard du Slant Magazine, les critiques positives pourraient attirer l'intérêt des enfants et des adultes malgré les bandes-annonces du films jugées « fades ». Il estime donc que La Reine des neiges a une bonne chance de dépasser le record des trois jours de démarrage de Raiponce à Thanksgiving[182]. Brad Breved de Ropeofsilicon.com décrit le marketing du film comme peu efficace et pense que cela va affecter les recettes du film[183]. Quand La Reine des neiges finit le premier week-end avec un record pendant Thanksgiving de 93,6 millions de dollars, la plupart des observateurs prévoient un box-office final nord-américain de 250 à 300 millions de dollars[184], Breitbart.com suggère que grâce à ce très bon début et un « un public familial très important », le film va facilement dépasser le palier des 130 millions de recettes en Amérique du Nord. Box Office Mojo ressort une prédiction de 250 millions de dollars, en ajoutant que le film va être « l'unique choix pour le public familial », et attribue ce démarrage réussi au bouche à oreille et au marketing du studio, qui souligne les liens entre La Reine des neiges et les précédents films à succès de Disney (Raiponce et Les Mondes de Ralph) et les éléments humoristiques[185]. Dans un interview début décembre 2013, le responsable distribution de Disney Dave Hollis loue les efforts des réalisateurs et de l'équipe de marketing du film : « Pour une compagnie dont les fondations sont basées sur l'animation, un pareil démarrage est vraiment remarquable[186]. » Il ajoute ensuite que le public peut être « très ciblé avec un message », mais que le film vise un large public plutôt qu'une petite partie de l'audience[186].

Quand La Reine des neiges devient un immense succès inattendu, Bilge Ebiri de Vulture analyse les éléments du film et indique huit facteurs qui l'ont conduit à ce succès. Il explique que La Reine des neiges a réussi à saisir l'esprit des films de la Renaissance Disney, ainsi que celui des premiers classiques, comme Blanche-Neige et les Sept Nains et Cendrillon[184]. Il écrit aussi que le film a Olaf, un acolyte « blagueur et irrévérencieux » avec un humour léger ce qui est « quelque chose de nécessaire dans les dessins animés modernes pour enfants », et que les chansons « drôles et entraînantes » sont « assez réussies[184] ». De plus, Bilge Ebiri fait remarquer que La Reine des neiges est un film « révisionniste » qui n'a pas de méchant typique : Elsa, le personnage censé être la méchante, n'en devient pas une, mais une femme « qui a des difficultés ». Elle est celle qui « a créé la plupart des défis pour les héros plus typiques du film (en particulier Anna[184]). » L'histoire de deux sœurs qui ont été séparées pendant leur enfance a une connotation réelle avec les spectateurs qui ont un ou des frères et sœurs, et la lutte d'Elsa pour vaincre la honte et ses peurs de ses pouvoirs permet au spectateur de s'identifier au personnage[184]. Enfin, il identifie divers facteurs qui ont attiré le public féminin : deux personnages féminins forts, un retournement inhabituel dans la sous-intrigue amoureuse, quand le Prince Charmant traditionnel, Hans, se révèle être un homme cupide à la recherche du pouvoir, et l'acte de grand amour qui sauve Anna est son propre sacrifice pour sauver Elsa[184]. Scott Davis de Forbes attribue le succès commercial du film au marketing ciblant tant les garçons que les filles, ainsi qu'au succès de la musique[187].

Caitlin Dewey du Washington Post souligne le fait que le box-office record pour un film d'animation a été en partie atteint grâce à la croissance du marché extérieur. En effet, le nombre de salles de cinéma dans des pays comme la Chine ou l'Inde est beaucoup plus élevé en 2014 qu'il ne l'était par exemple à la sortie du Roi lion en 1994. Les revenus de La Reine des neiges viennent ainsi du marché extérieur (hors États-Unis et Canada) à 63 %, ce qui a permis au film de battre le record au niveau mondial bien que trois autres films d'animation (Shrek 2, Le Roi lion et Toy Story 3) aient rapporté plus d'argent en Amérique du Nord. Elle mentionne également des raisons économiques : en prenant en compte uniquement marché domestique, La Reine des neiges passe du quatrième au huitième rang des films d'animation sortis depuis 1980 si on ajuste les revenus selon l'inflation et l'augmentation du prix du billet de cinéma[188],[189].

Lorsque Chris Buck est interrogé sur le succès phénoménal de La Reine des neiges, il répond : « Nous n'aurions jamais imaginé un tel succès. Nous espérions avoir fait un film aussi bien que Raiponce. J'espérais que le public s'y attacherait et répondrait bien, mais en aucun cas nous n'aurions pu prévoir cela[190]. » Il cite un certain nombre de raisons de la popularité du film : « Il y a des personnages auxquels on peut s'identifier, les chansons sont fortes et mémorables. Nous avons également quelques personnages avec des défauts, ce que Jen (Jennifer Lee) et moi avons pris plaisir à faire — nous avons créé essentiellement deux princesses imparfaites[190]. » Alors que La Reine des neiges se rapproche de l'anniversaire de sa sortie en salles, Idina Menzel mentionne le succès continu du film dans une interview d'octobre 2014 : « C'est tout simplement quelque chose de remarquable. D'habitude, vous faites un projet qui a son heure. Celui-ci ne semble pas pouvoir s'arrêter[191]. »

Un phénomène au Japon[modifier | modifier le code]

Le succès commercial de La Reine des neiges au Japon est considéré comme un phénomène[192],[193]. Ses recettes hebdomadaires augmentent pendant les trois semaines suivant sa sortie et ne commencent à diminuer qu'à partir de la quatrième, alors que les recettes diminuent habituellement dès la fin de la semaine de démarrage[194]. Sorti sous le titre Anna et la Reine des neiges[192], le film atteint sept millions d'entrées le 16 avril 2014[192] et près de 18,7 millions le 23 juin 2014[195]. Les recettes atteignent 247 millions de dollars, ce qui représente le troisième box-office japonais de l'histoire[178],[196]. De nombreux cinéphiles regardent les deux versions, américaine et doublée japonaise[193]. Japan Today rapporte aussi le fait que la version doublée est particulièrement appréciée au Japon[192]. Gavin J. Blair du Hollywood Reporter commente le succès du film au Japon : « Même après ses 9,6 millions d'USD (986,4 millions de JPY) au week-end de démarrage, un record pour un film d'animation Disney au Japon, peu de gens auraient prédit de telles recettes[195]. » Le responsable de la distribution de Disney Dave Hollis raconte lors d'un interview que « Il est devenu très clair que les thèmes et les émotions de La Reine des neiges ont dépassé nos frontières, mais ce qui se passe au Japon est extraordinaire[197]. »

D'après l'International Business Times, « le succès de La Reine des neiges ne bénéficie pas d'un engouement général pour les films américains au Japon[198] », mais pour Akira Lippit de l'USC School of Cinematic Arts, divers facteurs constituent ce phénomène : en plus du fait que les films d'animations « sont très bien accueillis au Japon, et le nom de la marque Disney et tout son héritage est de grande valeur. […] La raison la plus importante est le public principal[…] les jeunes adolescentes de 13 à 17 ans[197]. » Il explique ensuite que le public de cette tranche d'âge a un rôle vital dans le façonnage de la culture populaire japonaise et « La Reine des neiges a tellement d'éléments qui leur plaisent, avec l'histoire d'une jeune femme avec des pouvoirs et un côté mystique, qui trouve sa propre bonne voie en elle-même[197]. » Il compare la situation du film avec le phénomène de Titanic (1997), « où des millions de jeunes Japonaises sont venues regarder Leonardo Di Caprio couler — plusieurs fois », et pense qu'il se passe la même chose avec La Reine des neiges[197]. Une autre raison ayant contribué au succès du film est le soin qu'a pris Disney à choisir des voix d'actrices de « haute qualité[198] » pour la version doublée japonaise, puisque la scène musicale pop du Japon a un rôle particulièrement important pour le public adolescent[197]. Orika Hiromura, le chef de projet marketing de Disney au Japon pour La Reine des neiges, explique dans un interview pour le Wall Street Journal que : « Nous avons vraiment fait beaucoup d'efforts pour trouver des acteurs qui pourraient non seulement jouer leur rôle mais aussi se donner à fond pour les chansons. Nous avons trouvé celles qui correspondaient le mieux avec Takako Matsu et Sayaka Kanda, elles ont ajouté une toute nouvelle dimension à la narration[199]. »

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays où les recettes ont dépassé les dix millions de dollars
Pays ou région Box-office Date de mise à jour Nombre de semaines
 Drapeau de l'Allemagne Allemagne +048 273 440, USD 18
 Drapeau de l’Argentine Argentine +011 554 864, USD 23
 Drapeau de l'Australie Australie +031 058 116, USD 10
 Drapeau du Brésil Brésil +021 741 637, USD 44
 Drapeau de la République populaire de Chine Chine +048 240 000, USD 6
 Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud +076 695 633, USD 9
 Drapeau de l'Espagne Espagne +022 492 845, USD 49
 Drapeau des États-Unis États-Unis et Drapeau du Canada Canada +400 738 009, USD Information icon.svg 34
 Drapeau de la France France[Note 2] +046 942 953, USD Information icon.svg 10 (27)
 Drapeau de l'Italie Italie +026 421 884, USD 11
 Drapeau du Japon Japon +249 036 646, USD 25
 Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas +010 506 131, USD 12
 Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni +065 720 121, USD 27
 Drapeau de la Russie Russie et CEI +033 436 103, USD 12
 Drapeau du Venezuela Venezuela +012 514 904, USD 17
 Monde Total hors États-Unis +873 481 000, USD 49
 Monde Total Monde +1 274 219 009, USD 49

Sources : Box Office Mojo[200], JP's Box Office[2] et CBO Box-office[201]. Légende : Information icon.svg Passez la souris sur le montant en dollars pour voir le nombre d'entrées.

Le 26 janvier 2014, La Reine des neiges dépasse le record du Roi lion (1994) avec 810 millions d'USD de recettes à l'international cumulant 347 millions aux États-Unis durant 10 semaines à l'affiche et 462 millions en dehors[202]. Le film est déjà sorti au Royaume-Uni (57 millions), en Allemagne (45 millions) et en France (41 millions), vient de sortir en Corée du Sud récoltant 22,6 millions en 10 jours et doit sortir en Chine le 5 février puis au Japon le 15 mars[202]. Ces bons résultats poussent les critiques à imaginer que le film surpasse les records de Hunger Games (856 millions) et Le Hobbit : La Désolation de Smaug (837 millions)[202]. Le 8 mai 2014, après une semaine de diffusion dans les salles japonaises, le film récolte 156 millions d'USD (15,9 milliards de yen)[203].

Records[modifier | modifier le code]

La Reine des neiges est :

Adaptations, suites et réutilisations[modifier | modifier le code]

Le 13 janvier 2014, Walt Disney Theatrical Productions confirme l'adaptation en comédie musicale de La Reine des neiges[214]. Le 5 mai 2014, profitant du succès du film, Disney Cruise Line et Adventures by Disney annoncent des itinéraires en Norvège pour 2015[215]. Le 29 mai 2014, Disney Publishing Worldwide et Walt Disney Records lancent une application karaoké La Reine des neiges[216]. Le 12 mars 2015 Robert Iger, le président de la Walt Disney Company annonce officiellement la réalisation d'une suite[217],[218],[219].

Produits dérivés et parcs à thème[modifier | modifier le code]

Concernant les produits dérivés sur les personnages, voir Elsa (Disney).
Trois baies vitrées d'un magasin de Disneyland Paris présentant dans un décor enneigé pour la première un mannequin portant un costume d'Anna et quelques articles comme des poupées, la seconde le personnage d'Anna et la troisième le personnage d'Elsa.
Devanture d'une boutique à Disneyland Paris, décorée avec les personnages du film

Fin 2013, début 2014, à l'occasion de l'épiphanie, la marque Brioche Pasquier propose une collection de sept fèves qui représentent les personnages du film : Anna, Elsa, Kristoff, Marshmallow, Sven, Olaf et Hans[220],[221]. Le 22 juillet 2014, Disney annonce une campagne commerciale de 5 ans autour de La Reine des neiges[222]. Le 12 septembre 2014, Disney annonce une attraction basée sur La Reine des neiges dans le pavillon de la Norvège à EPCOT[223]. Le 24 septembre 2014, Hasbro annonce avoir signé au détriment de Mattel un contrat avec Disney pour produire les poupées de La Reine des neiges[224]. De nombreux produits inspirés des personnages du film, notamment d'Anna et Elsa, sont vendus : des mugs, des costumes, des gants (d'Elsa), des décorations[225] ; plus de trois millions de costumes ont été vendus en Amérique du Nord[226]. Il existe également des albums pour enfants, dont un qui inclut un enregistrement audio et un autre illustré par Brittney Lee, A Sister More Like Me[227]. En août 2014, Random House a vendu plus de huit millions de livres à propos de La Reine des neiges[228]. La chanson Let It Go a été intégrée aux spectacles nocturnes : aux Disney Dreams! de Disneyland Paris[229], et aux Winter Dreams, un spectacle du parc Disney California Adventure[230]. De nombreux spectacles inspirés du film sont créés : "Frozen" Summer Fun aux Disney's Hollywood Studios, For the First Time in Forever: A "Frozen" Sing-Along Celebration et le "Frozen" Fireworks Spectacular, un feu d'artifice musical[231]. Il existe un jeu vidéo nommé Disney Frozen: Olaf's Quest, développé par GameMill Entertainment et sorti le nobr|19 novembre 2013. Il est jouable sur Nintendo DS et Nintendo 3DS[232]. Le 4 novembre 2014, Disney annonce avoir vendu plus de trois millions de robes de princesses issues du film et prévoit d'en vendre encore plus pour la fin de l'année[233],[234].

Court-métrage et suite possible[modifier | modifier le code]

Compte tenu du gros succès du film, un court-métrage est prévu pour le printemps 2015. Il sera destiné à être diffusé en salle, avant Cendrillon[235]. L'histoire se déroulera lors des préparatifs de l'anniversaire d'Anna. Elsa et Kristof décident de préparer une fête incroyable. Cependant Elsa attrape un rhume ce qui rend les pouvoirs de cette dernière incontrôlables, ce qui risque de provoquer quelques accidents imprévus. Une nouvelle chanson pourrait être alors interprétée par Olaf[236],[237]. Le 25 février 2015, la Walt Disney Animation Studios a publié la bande annonce du court-métrage sur le site YouTube. Ce dernier porte le nom de La Reine des neiges : Une fête givrée (Frozen Fever en Anglais) et sa sortie est prévue le 13 mars 2015. En 4 jours, la bande annonce a fait plus de 10 000 000 de vues[238].

Selon Idina Menzel, qui a prêté sa voix à Elsa, une suite en long-métrage d'animation serait bien prévue. Elle espère être rappelée pour interpréter une nouvelle fois la Reine des neiges dans cette suite possible mais a ajouté qu'il est peu probable qu'elle soit impliquée dans l'adaptation en comédie musicale. Elle est toujours impressionnée par les petites filles qui la reconnaissent dans la rue en tant que chanteuse de Let It Go[239].

Le 12 mars, à l'occasion de l'assemblée générale des actionnaires de Disney, Robert Iger et John Lasseter officialisent le tournage de la suite du film[217],[218],[219]. Ce dernier déclare que l'équipe « a été vraiment heureuse de faire Frozen Fever et de revenir à ce monde et à ses personnages », précisant que « Jennifer Lee et Chris Buck ont trouvé une très bonne idée pour la suite [du film] »[218],[219]. Lasseter et Iger affirment à ce moment là également la présence du personnage d'Olaf (et de son interprète Josh Gad) dans ce nouveau film[219].

Once Upon a Time[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnages du film ont été intégrés dans la saison 4 de Once Upon a Time, une série produite par ABC Studios, société appartenant à Disney, tels qu'Elsa, Anna et Kristoff. Alors que les fuites du tournage inquiétaient les critiques sur le fait que cela ne pourrait être qu'un « copié-collé […] comme si les scénaristes surfaient uniquement sur la vague du succès du film »[240], cela fut finalement une bonne surprise. Pour les journalistes de Melty, par exemple, le scénario, qui exploite particulièrement le naufrage des parents d'Anna et Elsa, est en effet assez étoffé, et de surcroit, les personnages issus à La Reine des neiges « ne volent pas la vedette » aux autres personnages de la série[240].

Titre en différentes langues[modifier | modifier le code]

  • Anglais (original) : Frozen (« Gelée »), pendant la production : Anna and the Snow Queen puis The Snow Queen (« [Anna et] La Reine des Neiges »)
  • Allemand : Die Eiskönigin - Völlig unverfroren (« La Reine des neiges - Toute dégelée[Note 3]»)
  • Bulgare : Замръзналото кралство [Zamrŭznaloto kralstvo] (« Le Royaume gelé »)
  • Catalan : El regne del gel (« Le Royaume de glace »)
  • Croate : Snježno kraljevstvo (« Le Royaume enneigé »)
  • Danois : Frost
  • Espagnol : Frozen: El reino del hielo (« Frozen : Le Royaume de glace »)
  • Espagnol (Pérou) (Mexique) (Chili) (Argentine) : Frozen: Una aventura congelada (« Frozen : Une aventure gelée »)
  • Estonien : Lumekuninganna ja igavene talv
  • Finnois : Frozen: huurteinen sekkailu (« Frozen : une aventure gelée »)
  • Français : La Reine des neiges, simplifié de Frozen : La Reine des neiges
  • Grec: Ψυχρά κι Ανάποδα [Psyhra ki anapoda] (« La Froide et l'Obstinée »)
  • Hébreu : לשבור את הקרח [Lishbor et ha'Kerakh] (« Brise la Glace »)
  • Hongrois : Jégvarázs (« Neige magique »)
  • Islandais : Frosinn (« Gelée »)
  • Italien : Frozen : Il regno di ghiaccio (« Le Royaume de glace »)
  • Japonais : アンナ と 雪 の 女王 [Anna to Yuki no Joou] (« Anna et la Reine des neiges »)
  • Letton : Ledus Sirds (« Gelée »)
  • Lituanien : Ledo Šalis (« Gelée »)
  • Polonais : Kraina lodu (« Le Pays de glace »)
  • Portugais : Frozen - O Reino do Gelo (« Frozen - Le Royaume de Glace »)
  • Portugais (Brésil) : Frozen : Uma Aventura Congelante
  • Russe : Холодное сердце (« Le Cœur Gelé »)
  • Suédois : Frost
  • Tchèque : Ledové království (« Le Royaume gelé »)
  • Thaïlande : Frozen : ผจญภัยแดนคำสาปราชินีหิมะ (« L'aventure dans le pays maudit de la reine des neiges »)
  • Turc : Karlar Ülkesi (« Le Pays enneigé »)
  • Ukrainien : Крижане серце [Kryzhane sertse] (« Le Cœur de glace »)
  • Vietnamien : Nữ Hoàng Băng Giá (« Reine de l'hiver» )

Source : IMDb[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Établissement nommé Disney's Character Warehouse ou Character Depot, fermé en 2013
  2. inclut l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, et Monaco.
  3. Il s'agit de « dégeler » au sens figuré, c'est-à-dire « cesser d'être réservée, froide ».

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Ouvrage de référence[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Albums[modifier | modifier le code]

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  • (fr) Disney, La Reine des neiges (1 CD audio), Hachette, coll. « Mon histoire à écouter »,‎ , 48 p. (ISBN 2014645469 et 978-2014645460) (avec enregistrement audio)

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