Frontières d'Israël

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Frontières d'Israël
Image illustrative de l'article Frontières d'Israël
Caractéristiques
Délimite Drapeau d’Israël Israël
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Drapeau du Liban Liban
Syrie Syrie
Drapeau de la Palestine Palestine (État revendiqué)
Longueur totale 1 017 km
Particularités Frontières non reconnues par la majorité des pays arabo-musulmans ; annexions condamnées par la communauté internationale
Historique
Création Guerre israélo-arabe de 1948-1949
Tracé actuel Frontière internationalement reconnues auxquelles s'ajoute l'annexion de Jérusalem-Est et du Golan.

Les frontières d'Israël ne sont pas définies et reconnues de manière unanime par la communauté internationale. Elles ont été modifiées à plusieurs reprises depuis la création de l'État en 1948.

Les frontières avec l'Égypte au sud-ouest puis avec la Jordanie à l'est ont fait l'objet d'accords reconnus par les protagonistes. En revanche, les frontières avec le Liban et la Syrie au nord, et surtout avec l’ État de Palestine alimentent toujours les tensions régionales.

Frontières actuelles[modifier | modifier le code]

Les frontières actuelles d'Israël ne sont pas clairement définies et ne jouissent pas de la reconnaissance internationale de tous les pays du monde.

Les frontières internationalement reconnues telles que lors de son admission à l'ONU sont celles dites « de 1967 » et suivent les lignes d'armistice de la guerre israélo-arabe de 1948. Elles ne sont néanmoins pas reconnues dans le monde arabo-musulman à l'exception de l'Égypte, l'Autorité palestinienne et la Jordanie.

Le Golan et Jérusalem-Est ont été annexés par Israël en 1982[réf. nécessaire] et elle y exerce l'administration civile. Toutefois, ces annexions ont été condamnées par l'ensemble[réf. nécessaire] de la communauté internationale et leur occupation est considérée illégale.

Israël occupe également une partie la Cisjordanie où elle exerce une administration militaire. La communauté internationale y voit un « territoire occupé » et Israël y voit un « territoire disputé ».

État palestinien[modifier | modifier le code]

Le tracé de la frontière entre Israël et un futur État palestinien reste un des contentieux majeur dans le contexte de la fixation des frontières d'Israël.

À l'exception de l'Égypte, de la Jordanie et des Territoires palestiniens, le monde arabe refuse de reconnaître Israël faute d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. Certains vont encore plus loin : l'Iran et des organisations comme le Hezbollah et le Hamas (palestinien), en nient ouvertement la légitimité. Dans l'autre côté, les mouvements extrémistes israéliens, comme Le Foyer juif ou Israel Beytenou refusent toute légitimité à l'autorité palestinienne ou à la création d'un État palestinien.

Au cours du processus de paix israélo-palestinien entre 1988 et 2001, différents accords ont été ratifiés donnant une autonomie relative à certaines zones mais ils n'ont pas abouti à un accord global.

Depuis 2001, Israël construit une barrière de séparation dans laquelle certains commentateurs voient une tentative de tracer une frontière de facto bien que le gouvernement israélien rejette cette thèse. En 2005, Israël a également unilatéralement évacué la Bande de Gaza et une partie de la Cisjordanie.

La vision des négociateurs du quartet est que le tracé définitif des frontières entre Israël et un futur État palestinien doit faire l'objet d'un accord entre les parties. Ils ont poussé l'Autorité palestinienne à ne pas déclarer unilatéralement d'État palestinien sur les « frontières de 1967 » mais de favoriser la négociation. Fin 2010, plusieurs États sud-américains ont toutefois reconnu l'État de Palestine, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Historique[modifier | modifier le code]

Les prémices[modifier | modifier le code]

Territoires revendiqués pour l'établissement d'un État juif par l'Agence juive lors de la Conférence de San Remo (1920).
Le 24 juillet 1922, la Société des Nations ratifie les termes du mandat prévoyant l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif [...] étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine » à l'ouest du Jourdain. L'Agence juive ratifie l'accord mais les sionistes révisionnistes, prédécesseurs du Likoud, le dénoncent et réclament les territoires de Palestine et de Transjordanie.

Si des penseurs comme Moses Hess préconisent dès le XIXe siècle la création d'un Ètat juif en Palestine, ce n'est qu'en 1905 que le septième congrès sioniste donne comme objectif au mouvement sioniste la création d'une implantation juive en Palestine bien que les populations locales arabes s'y opposent[réf. nécessaire].

Le 2 novembre 1917, la déclaration Balfour préconise la création d'un foyer national juif en Palestine.

Le 24 juillet 1922, la Société des Nations ratifie le Palestine mandataire, amendé par le Livre blanc de 1922. Le mandat prévoit l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif [...] étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine » à l'intérieur de la Palestine à l'ouest du Jourdain[1],[2].

Les nationalismes juif et arabe s'affrontent violemment en Palestine mandataire sans que les Britanniques ne parviennent à y établir la paix. plusieurs solutions sont proposées sans obtenir l'accord des parties. À la suite de la Révolte arabe de 1939, un nouveau Livre blanc remet en cause l'établissement d'un « foyer national juif » en Palestine mandataire et y prévoit au contraire l'indépendance d'un État unitaire endéans les 10 ans ou faute d'accord, l'appel à l'arbitrage de la Société des Nations.

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies vote le plan de partage de la Palestine mandataire proposant 55 % des terres pour la création d'un Etat juif[3] - population juive possédant 7 % de la propriétaire foncière à l'époque[4] -, et 45 % pour la création d'un Etat arabe.

Ce plan est rejeté par les Arabes palestiniens et la Ligue arabe, qu’ils trouvèrent injuste car allant à l’encontre de la volonté des populations locales, mais accepté par l'Agence juive. Dès le lendemain du vote, le Conflit de 1947-1948 en Palestine mandataire éclate.

Naissance d'Israël (mai 1948)[modifier | modifier le code]

Le 15 mai 1948, au lendemain de la Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël, plusieurs États du monde, dont les États-Unis et l'Union soviétique, reconnaissent de facto Israël dans les frontières prévues par le Plan de partage de l'ONU.

En bleu : territoires israéliens selon le plan de partage ; en rouge : territoires attribués à l'État arabe conquis par Israël ; en gris : territoires attribués au corpus separatum de Jérusalem et conquis par Israël.

À la suite de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, ces frontières évoluent. Israël conquiert l'ensemble de la Galilée jusqu'à la frontière libanaise, les villes de Jaffa, Lydda (rebaptisée Lod) et Ramle, un corridor entre Tel-Aviv et Jérusalem ainsi que, des bandes de territoires plus ou moins larges autour de la Cisjordanie, la plaine littorale jusqu'à la Bande de Gaza, et la partie du Neguev attribuée à l'État arabe.

L'ONU et la plupart des pays occidentaux reconnaissent Israël dans les territoires fixés par les lignes d'armistice de 1949. Ces frontières ne sont pas reconnues par tous les pays arabes et musulmans. On y fait généralement référence comme « les frontières internationalement reconnues d'Israël », la « ligne verte » ou encore « les frontières de 1967 » (sous-entendu, d'avant la guerre de 1967).

Guerre des Six Jours (juin 1967)[modifier | modifier le code]

Conquête de la Guerre des six jours.

En juin 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël annexe et occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Golan (y compris les fermes de Chebaa).

Accords de paix israélo-égyptien (1977-79)[modifier | modifier le code]

Après de longues et difficiles négociations, le 26 mars 1979, Anouar el-Sadate et Menahem Begin signent le traité de paix qui marque l’évacuation totale du Sinaï par Israël et le retour à la frontière qui prévalait entre l’Égypte et Israël avant la Guerre des Six-Jours de 1967. Toutefois, la bande de Gaza reste occupée par Israël.

Le traité ne stipule pas de frontières entre Israël et un hypothétique État palestinien. Il précise que la frontière est établie « sans préjudice (...) du statut de la bande de Gaza »[5], ce qui implique que les autres frontières ne sont pas fixées et peuvent évoluer[6].

L’évacuation israélienne se déroule en deux phases étalées sur 3 ans, le Sinaï devient largement démilitarisé et les deux pays établissent des relations diplomatiques[5].

Annexions israéliennes (1981)[modifier | modifier le code]

Le Golan, et ce y compris les fermes de Chebaa, a été annexé par Israël en 1981[7].

Jérusalem-Est[8] a été annexée de facto en 1967, puis de jure par la loi fon­da­mentale du 30 juillet 1980 dite Loi de Jérusalem qui fait de la ville, sa capitale « éternelle et indivisible ». Cette annexion n’est pas reconnue par l'ONU et ses pays membres et est considérée comme illégale[9].

Processus de paix israélo-palestinien (1988 - 2001)[modifier | modifier le code]

Entre 1988 et 2001, Israéliens et Palestiniens ont entamé des négociations en vue de normaliser leur relation.

À la suite des Accords d'Oslo en 1993, l'Autorité palestinienne a reconnu l'État Israël dans ses frontières de 1949 à 1967. Cet accord a été ratifié par les Parlement palestinien en 1995[réf. nécessaire].

Les accords intérimaires sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza de septembre 1995 ont fixé différentes zones en Cisjordanie. Dans les « zones A », représentant 2 % de la Cisjordanie et englobant les villes principales de Cisjordanie, Israël reconnaissait le contrôle civil et militaire palestinien. Dans les « zones B », représentant 26 % de la Cisjordanie, le contrôle civil était attribué à l'Autorité palestinienne et le contrôle militaire était mixte.

En 1998, les Accords de Wye Plantation ratifié par la Knesset prévoyait l'évacuation de 13 % supplémentaires de la Cisjordanie mais n'ont jamais été appliqué.

La bande de Gaza a été évacuée unilatéralement durant l’été 2005 mais reste sous blocus égyptien et israélien depuis 2007. Toutefois, les Nations unies ne reconnaissent pas la fin de « l’occupation israélienne » de ces territoires[10],[11].

Accords israélo-jordanien[modifier | modifier le code]

Les 5 pays frontaliers d'Israël[modifier | modifier le code]

Frontière israélo-égyptienne[modifier | modifier le code]

La frontière entre Israël et l'Égypte s'étend du golfe d'Aqaba à la bande de Gaza. À l'exception des régions littorales, ce sont des zones désertiques montagneuses situées entre le désert du Néguev et le désert du Sinaï.

Frontière israélo-jordanienne[modifier | modifier le code]

La frontière entre la Jordanie et Israël est scindée en deux par la Cisjordanie. Au nord, elle débute quelques kilomètres au sud du lac de Tibériade, au niveau de l'embouchure du Yarmouk et suit le Jourdain. Au sud, la partie septentrionale de la mer Morte est partagée entre les deux États puis la frontière suit une ligne droite jusqu'au golfe d'Aqaba.

Il s'agit de la frontière la plus basse de la planète.

Frontière israélo-syrienne[modifier | modifier le code]

Frontière israélo-libanaise[modifier | modifier le code]

La frontière israélo-libanaise s'étend sur un terrain vallonné et arboré entre la mer Méditerranée et le tripoint où elle rejoint la frontière entre ces deux pays et la Syrie situé non loin de la rivière Ouazzani, un affluent du fleuve Hatzbani qui se jette lui même dans le Jourdain.

Elle est régie par l'accord d'armistice de 1948, entre Israël et le Liban.

Entre 1982 et 1985, à la suite de l'opération Paix en Galilée, Israël a occupé des territoires au sud du Liban[12].

Ces territoires restent sous contrôle indirect d'Israël jusqu'en 2000 à la suite de l'occupation d'une « zone de sécurité » entre le Litani et la frontière nord d'Israël par l'Armée du Liban Sud, une milice chrétienne libanaise alliée d'Israël.

À la suite du conflit israélo-libanais de 2006, les militaires israéliens ont opéré des attaques terrestres dans certaines zones du Liban puis se sont retirés à l'arrivée des forces libanaises et de la FINUL pour les y remplacer conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Si le mouvement sioniste puis plus tard David Ben Gourion avaient revendiqué que le Litani serve de frontière nord pour Israël ou encore qu'on fonde un État tampon entre le Liban et Israël[réf. nécessaire], rien n'indique qu'Israël ait voulu annexer ces territoires et aucune démarche officielle n'a jamais été faite en ce sens[réf. nécessaire].

Frontière entre Israël et les territoires occupés[modifier | modifier le code]

La frontière entre Israël et les territoires occupés est généralement considérée comme étant la Ligne verte des accords d'armistice de 1949 entre Israël et la Jordanie. Il s'agit de la frontière que l'on trouve sur l'essentiel des cartes délimitant Israël bien qu'elle soit remise en cause par Israël. Des négociations relatives à la création d'un État palestinien et sa reconnaissance internationale doivent en délimiter le tracé.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Perrin, Palestine : une terre, deux peuples, Presse Universitaire Septentrion, 2000, p. 151-153.
  2. (en) Martin Sicker, Reshaping Palestine: from Muhammad Ali to the British Mandate, 1831-1922, Greenwood Publishing Group, 1999, p. 164-165.
  3. plan de partage de la Palestine, "L’État juif proposé est sensiblement plus grand (55 %) que l’État arabe"
  4. plan de partage de la Palestine, "La population juive [...] possède 7 % de la propriété foncière."
  5. a et b et également que chaque partie se doit de respecter « la souveraineté, l'intégrité territoriale et le droit de l'autre de vivre en paix » dans « des frontières reconnues et sures »
  6. Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to Our Time, Knopf, 2007, p.859.
  7. Il existe une polémique au niveau des fermes de Sheeba mais elle ne porte pas sur l’occupation mais sur leur propriétaire légitime : la Syrie ou le Liban.
  8. Le non rattachement de Jérusalem-Est à la Cisjordanie est controversé. Cette distinction est faite par Israël. Suivant le plan de Partage de l’ONU, elle pourrait être envisagée puisque Jérusalem était dans un corpus seperatum mais elles ont toutes deux été annexées par la Jordanie en avril 1950. Les Palestiniens la revendique par ailleurs comme capitale de leur futur État.
  9. Résolution 478 du Conseil de sécurité de l'ONU.
  10. (en) (site à inscription gratuite) à la suite du contrôle qu’Israël exerce encore sur l'espace aérien, maritime et du contrôle des frontières.
  11. À noter que la bande de Gaza et la Cisjordanie n'ont aucun statut international.
  12. Aux yeux de ceux qui considèrent que les Fermes de Sheeba font partie du territoire libanais, une occupation au Liban se poursuit néanmoins.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]