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Frontière entre la république démocratique du Congo et la Zambie

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Frontière entre la république démocratique du Congo et la Zambie
La RDC (en orange) et la Zambie (en vert)
La RDC (en orange) et la Zambie (en vert)
Caractéristiques
Délimite Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
Drapeau de la Zambie Zambie
Longueur totale 2 332 km
Historique
Création 1911-14
Tracé actuel 1989

La frontière entre la république démocratique du Congo et la Zambie est issue en grande partie de conventions établies lors de la création par Léopold II, en son nom personnel, de l'État indépendant du Congo.

Caractéristiques

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Carte de la frontière traversant le Copperbelt (ceinture de cuivre).

La longueur de la frontière est de 2 332 km[1]. Elle comprend notamment le panhandle de la botte du Katanga. Kasumbalesa est l'un des principaux passages de la frontière (route et chemin de fer), sur la route reliant Lubumbashi en république démocratique du Congo et Kitwe et Ndola en Zambie.

Dans sa partie orientale, la frontière est notamment matérialisée par la rivière Lwapula puis le lac Moero. À l'ouest, elle coïncide pratiquement avec la ligne de partage des eaux entre le bassin du Congo - Lwalaba au nord, et celui du Zambèze au sud.

Le tracé traverse la ceinture de cuivre.

La frontière est la résultante de compromis entre trois puissances coloniales ayant des ambitions territoriales dans la région à la fin du XIXe siècle.

Le Portugal envisage à l'époque de réunir territorialement ses deux colonies de l'Angola et du Mozambique. La Grande-Bretagne, depuis sa Colonie du Cap, soutient les projets de Cecil Rhodes d'expansion vers le nord[2]. L'Association internationale africaine (AIA), que dirige en son nom personnel Léopold II, a pour objectif affiché de constituer le plus grand territoire possible à l'intérieur du continent afin de lutter contre l'esclavage et d'assurer son développement[3].

Léopold II sur un timbre postal de l'État indépendant du Congo

Avec l'organisation d'une conférence internationale de géographie à Bruxelles en 1876, qui entérine la création de l'AIA, Léopold exerce une influence importante sur les opinions publiques grâce à des comités nationaux faisant valoir le caractère humaniste de sa démarche, et aussi en utilisant ses relations liées à ses fonctions de chef de l'État belge. Il engage Stanley, qui s'est rendu célèbre en retrouvant Livingtone, en 1878 afin de signer des accords avec les chefs de territoires locaux et de créer des établissements sur place. Il transforme en 1879 l'AIA en Association internationale du Congo, avec l'ambition de créer un État indépendant du Congo, dirigé par lui-même. Il s'attire les faveurs du gouvernement français en lui offrant une droit de préférence sur les territoires du futur État si son projet venait à échouer. En s'accordant leurs faveurs, il compte se faire un allié dans ses projets de lutter contre l'influence du Portugal dans les bouches du fleuve Congo et dans l'arrière-pays de l'Angola[3].

Le soutien de Bismarck à Léopold II est déterminant lorsqu'il fait reconnaître l'État du Congo par l'Allemagne , non seulement dans son existence mais aussi dans des frontières figurant dans une carte annexée à une convention signée le 8 novembre 1884, c'est-à dire quelques jours avant que ne débute la conférence de Berlin, propice à d'autres accords. Cette carte comprenait toutefois un territoire au nord, le bassin du Niari-Kwilu, revendiqué aussi par la France. Afin d'obtenir un accord avec la France, Léopold fait modifier la carte de l'État en supprimant ses revendications sur ce territoire, mais en y incluant le Katanga. La France signe une convention en ce sens le 5 février 1885. Du côté de la Grande-Bretagne, la reconnaissance se fait de manière indirecte en considérant par erreur que la carte du Congo faisait partie de l'acte final de la conférence. Cecil Rhodes doit donc renoncer à ses vues sur le Katanga[4].

Carte de l'État indépendant du Congo selon des explorations et une mission scientifique belge.

Le Portugal, quant à lui, met fin à ses ambitions inter-océaniques lors de la ratification du traité signé avec la Grande-Bretagne le 11 juin 1891[2].

La partie de la frontière entre le lac Moero et le lac Tanganyika est initialement définie en 1894 comme étant une ligne droite entre la Luvwa sur le lac Moero et le cap Akalunga sur le lac Tangaynika à environ 8° 15′. Cependant la position exacte du cap Akalunga n’est pas identifiable et cause une différence d’interprétation. Le roi Umberto Ier d'Italie est appelé à arbitrer le conflit. Une ligne nord-sud de 90 miles est alors tracée depuis le point où le Luapula était censé émerger des marécages entourant le lac Bangweulu jusqu'au bassin versant du Zambèze. L'objectif de Léopold est de permettre au Katanga d'accéder aux zones humides riches en poissons de la région[5].

Carte de la Rhodésie du Nord en 1949

L'administration de l'État libre du Congo est reprise par le gouvernement belge en 1908, et, entre 1911 et 1914, en raison de la nature marécageuse de la région, une commission anglo-belge chargée du tracé de la frontière déplace la ligne tracée par le roi d'Italie un peu plus à l'ouest, vers un point plus identifiable du fleuve[réf. souhaitée].

De 1927 à 1933, une deuxième commission anglo-belge est envoyée pour délimiter davantage la frontière entre le Congo belge et la Rhodésie du Nord[réf. souhaitée].

En 1989, le Zaïre et la Zambie signent un traité redéfinissant la frontière entre le lac Moero et le lac Tanganyika[réf. souhaitée].

Références

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  1. (en) « Congo, Democratic Republic of the », sur cia.gov, (consulté le )
  2. a et b Henri Wesseling, Le Partage de l’Afrique, Folio, , 840 p. (ISBN 978-2-07-042116-9), p. 559-565
  3. a et b Henri Wesseling, Le Partage de l’Afrique, Folio, , 840 p. (ISBN 978-2-07-042116-9), p. 153-203
  4. Henri Wesseling, Le Partage de l’Afrique, Folio, (ISBN 978-2-07-042116-9), p. 231-255
  5. (en-US) Frank Jacobs, « A Boot Fit for a King » (consulté le )

Bibliographie

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  • Célestin Nguya-Ndila Malengana, Frontières et voisinage en République démocratique du Congo, Éditions CEDI,
  • Tshibangu Kalala et Modeste Bahati Lukwebo (Préfacier), La République Démocratique du Congo et ses 11 frontières internationales - Géopolitique et Droit international, Bruylant, (ISBN 978-2-8027-7271-2).