Frontière entre l'Irlande et le Royaume-Uni

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Frontière entre l'Irlande et le Royaume-Uni
Carte de l'île d'Irlande mettant en évidence la frontière entre les deux pays en noir.
Carte de l'île d'Irlande mettant en évidence la frontière entre les deux pays en noir.
Caractéristiques
Délimite Drapeau de l'Irlande Irlande
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Longueur totale 360 km
Particularités Terrestre et maritime ; divise l'île d'Irlande
Historique
Création 6 décembre 1922

La frontière entre l'Irlande et le Royaume-Uni, connue aussi sous le nom de « frontière irlandaise » (the Irish border) ou en Irlande comme The border (« la frontière »), est la frontière internationale qui sépare l’île d'Irlande en deux parties : le nord-est formant l'Irlande du Nord qui est une partie du Royaume-Uni et le reste de l’île qui constitue l'État d'Irlande.

Description[modifier | modifier le code]

La frontière s’étire sur 360 kilomètres de long depuis le Lough Foyle à l’ouest jusqu'au Carlingford Lough à l’est, sur la Mer d'Irlande. En grande partie elle sépare en deux la province de l'Ulster ; son extrémité est fait partie de la frontière entre l'Ulster et la province du Leinster.

C'est la seule frontière terrestre entre les deux États. Comme d’autres frontières à l’intérieur de l'Union européenne, elle est considérée comme une « frontière ouverte » dont le franchissement est autorisé sans restriction.

Historique[modifier | modifier le code]

Un point de passage sans démarcation visible, vu du nord, le sud commence au panneau de limitation de vitesse en km/h

Elle a été créée en 1921 par le Parlement britannique en application du Government of Ireland Act. Initialement le , il s'agissait d'une frontière interne au Royaume-Uni séparant deux nouvelles régions britanniques : l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud.
Cependant, celle-ci devient effectivement une frontière internationale lors que le l'Irlande du sud est devenue indépendante sous le nom d'État libre d'Irlande (Irish Free State). Le lendemain, le parlement d'Irlande du Nord décida de rappeler sa volonté de ne pas y être rattaché[1].

Le Traité anglo-irlandais de décembre 1921, qui permet la création de l’État libre d’Irlande, retient la frontière de 1921 comme frontière de fait. Une Commission de la frontière devait dessiner la limite entre les deux juridictions, basée sur les différences démographiques dans tout le nord de l’île d’Irlande. Toutefois ses recommandations ne furent jamais approuvées par l’une ou l’autre des deux parties, et la frontière fut établie formellement, sans aucun changement dans le tracé de la ligne de démarcation de 1921. Le rapport de la Commission de la frontière ne fut jamais publié.

La frontière reste la même aujourd'hui. Six des trente-deux Comtés d'Irlande furent assignés à l’Irlande du Nord et les vingt-six restants furent assignés à l’Irlande du Sud (aujourd'hui l'État irlandais, Irlande).

Dispute territoriale[modifier | modifier le code]

Il existe un litige entre le Gouvernement de l'Irlande et le Gouvernement du Royaume-Uni concernant le tracé de la frontière maritime à Lough Foyle et Carlingford Lough : Chaque pays revendique la souveraineté sur ces deux Loughs, selon le droit irlandais[2],[3], ou britannique[4].

Douanes et contrôles[modifier | modifier le code]

Selon le Government of Ireland Act de 1921, le franchissement de la frontière s'effectue sans contrôle pour les personnes.

Durant les Troubles entre les années 1960 et les années 1990, de nombreux barrages de l'armée et des forces de sécurité britanniques restreignirent les accès, certains d'entre eux étant fermés, comme entre la ville nord-irlandaise de Londonderry et le comté de Donegal. Conformément à l'accord du Vendredi saint, ces barrages ont disparu en 2005.

D'un point de vue juridique, le Brexit doit conduire à la réintroduction d’une barrière physique entre les deux pays[5]. Le maintien ouvert de cette frontière est l'un des points clé du Brexit[6], mais en même temps, selon le négociateur Michel Barnier le contrôle des frontières est une partie de la gestion des frontières de l'Union européenne[6].

Suite à l’enclenchement de l'article 50 par les britanniques, la question de la frontière en Irlande est l'une des trois priorités des Européens. Les européens considèrent que « La solution ne sera pas facile à trouver ». De son côté, la République d'Irlande ne veut pas d'un retour du sanglant conflit nord-irlandais qui s'était clos par l'accord du Vendredi saint, du 10 avril 1998. Pour protéger la liberté de circulation en Irlande, dans un contexte de Brexit, l'Irlande souhaite qu'il soit possible que l'Irlande du Nord fasse partie de l'Union européenne dans l'hypothèse d'une réunification de l'Irlande Unie, comme cela s'était passé lorsque la RDA a été réintégrée dans la RFA[7]. Cette question n'a pas nécessite de discussion car tout le monde était d'accord[8].

Le président de la chambre d’agriculture interdépartementale d’Ile-de-France Christophe Hillairet entrevoit — de par le Brexit — un dangereux risque de porosité de la frontière irlandaise par rapport aux importations par le Royaume-Uni de nourriture provenant du Commonwealth. Toutefois, John Comer de l' Irish Creamery Milk Supplier Association considère que ces préoccupations sont auto-centrées et ne tiennent pas compte le fait que certaines communautés fermières et rurales possèdent des terres et es usines de traitement de lait de part et d'autre de la frontière[9].

Pour David Davis, la question de la frontière irlandaise ne peut pas être résolue tant que les Britanniques ne savent pas quelle est leur politique générale de frontière, quel accord douanier et quel accord commercial les Britanniques veulent, et si cela implique des tarifs douaniers[6].

Arlene Foster du DUP ne souhaite pas que la politique de libre circulation irlandaise conduise à des restrictions entre le nord de l'île d'Irlande et la Grande-Bretagne[6].

Les européens se sont montrés ouverts à une solution flexible et imaginative[6].

Michael O'Leary CEO de Ryanair considère qu'une frontière ouverte n’est pas possible car selon lui le désir de restreindre l'accès entre le Royaume-Uni et le marché unique demande des contrôles[6].

Pour Tony Buckley (au poste d' assistant secretary for corporate affairs and customs at Revenue[10]) la solution pourrait résider dans l’installation de «trade-facilitation areas» pouvant se situer à une distance de 10 à 15 kilomètres des points frontières sensibles, avec un contrôle de 2% du trafic[6]. Toutefois, une telle solution pose la question de savoir comment le Royaume-Uni regagnerait le contrôle de ses frontières — comme promis par le gouvernement — si celles-ci restent ouvertes[6].

En juin 2017, l'arrivée du DUP comme support incontournable des tories, auprès du gouvernement central du Royaume-Uni lui permet de faire valoir ses priorités, notamment :

  • facilité de commence avec la République d'Irlande et à travers l'Union européenne
  • un reflet complet des circonstances particulières de l'Irlande du Nord qui partage une frontière terrestre avec l'Union européenne
  • des frontières sans friction avec la République d'Irlande assistant les transfrontaliers et les voyageurs passant la frontière
  • un accord douanier et de libre échange complet avec l'union européenne
  • le positionnement de l'Irlande du Nord comme une passerelle commerciale pour permettre à la République d'Irlande l'accès au marché plus vaste du Royaume-Uni
  • des protections fortes pour l'agro-alimentaire pour se prémunir des vulnérabilités que pourraient causer des importations excessivement trop bon marché[11].

Certains commentateurs[Lesquels ?] considèrent que le rôle de faiseur de roi donné au DUP pourrait faire de la question de la frontière irlandaise un sujet délicat[12].

Simon Coveney considère qu'il doit être possible de mettre en, place une frontière invisible en Irlande du Nord qui conserve une connexion avec l'union douanière. Pour lui, l'Irlande doit bénéficier d'un accord spécial avec un statut unique pour l'Irlande du Nord, de manière à ce que le frontière fonctionne le plus possible à la manière d'avant le Brexit, et à ce que les entreprises d'Irlande du Nord puissent continuer à opérer dans l'union douanière comme elles le font avant le Brexit.

Pour lui, les solutions imaginative et flexible que les négociateurs attendent ne s'inscrivent pas dans une démarche binaire, mais dans une pensée différente sur la manière dont l'Irlande du Nord est liée et interagit avec le marché commun[13].

D'après Simon Coveney, si l'Irlande du Nord garde un pieds dans l’Union douanière et si la grande Bretagne est en dehors de l'Union douanière, alors seulement il existerait encore une exigence d'existence de frontière quelque part. Pour lui toutefois, les contrôles nécessaires pourraient être facilités d'une manière différente, dans le cadre d'un accord entre le Royaume-Uni et l'Irlande.

Le solution pour la Frontière entre l'Irlande et le Royaume-Uni est parfois appelée statut spécial, alors qu'il s'agit parfois de la volonté d'un statut unique, dans le sens où un statut spécial pourrait créer un éventuel précédent ailleurs en Europe, qu'un statut unique ne créerait pas[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Northern Ireland Parliamentary Report, 7 December 1922 ”MOST GRACIOUS SOVEREIGN, We, your Majesty's most dutiful and loyal subjects, the Senators and Commons of Northern Ireland in Parliament assembled, having learnt of the passing of the Irish Free State Constitution Act, 1922, being the Act of Parliament for the ratification of the Articles of Agreement for a Treaty between Great Britain and Ireland, do, by this humble Address, pray your Majesty that the powers of the Parliament and Government of the Irish Free State shall no longer extend to Northern Ireland.” », Stormontpapers.ahds.ac.uk (consulté le 28 avril 2009)
  2. 17/02/1926: FISHERY DISTRICT ORDER: MOVILLE
  3. Dáil Éireann - Volume 633 - 20 March, 2007 Written Answers. - Fisheries Protection.
  4. Londonderry Sentiniel, Foyle 'loughed' in dispute - 3 June 2009 - The UK position is that the whole of Lough Foyle is within the UK. We recognise that the Irish Government does not accept this position...There are no negotiations currently in progress on this issue. The regulation of activities in the Lough is now the responsibility of the Loughs Agency, a cross-border body established under the Belfast Agreement of 1998.
  5. « L'accord du Vendredi Saint à l'épreuve du Brexit », sur euronews, (consulté le 12 mai 2017)
  6. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « How post-Brexit border could go like clockwork - if we follow Swiss model - Independent.ie », Independent.ie, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  7. Le Point, magazine, « Brexit : l'UE donne ses règles », Le Point,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Daniel Boffey et Jennifer Rankin, « EU leaders agree on tough stance at special Brexit summit », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  9. (en) « French farmers call for ‘hard’ border between Republic and Northern Ireland - FarmIreland.ie », FarmIreland.ie, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  10. https://www.thetimes.co.uk/article/customs-official-casts-doubt-on-hard-border-plan
  11. (en) « Why Brexit may no longer mean Brexit - Independent.ie », Independent.ie, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  12. (en) Steven Erlanger, Katrin Bennhold et Stephen Castle, « The British Election That Somehow Made Brexit Even Harder », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  13. a et b (en) « Coveney reveals his plan for invisible Border with North - Independent.ie », Independent.ie, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)