Fritz l'éléphant

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Fritz l'éléphant
Description de cette image, également commentée ci-après

Fritz l'éléphant de face derrière sa vitre exposé au musée des beaux-arts de Tours.

Naissance vers 1870
Décès
Tours

Fritz l'éléphant est un éléphant de cirque qui appartenait à la compagnie de cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey. Fritz était un éléphant d'Asie (Elephas maximus). Il est né dans les années 1870 et mort le 11 juin 1902 à Tours.

Mesurant 2,90 m au garrot, il pesait environ 7,5 t, dont une tonne pour la peau elle-même, épaisse de 5 cm. Ses défenses atteignaient 1,50 m de long.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine de Fritz[modifier | modifier le code]

Fritz était un animal de cirque très connu. Il appartenait à la compagnie de cirque Barnum et Bailey, originaire d'Amérique du Nord. C'est en 1901 que le cirque quitte l'Amérique du Nord et entame sa tournée sur le continent européen. Le cirque transportait avec lui environ 500 chevaux et 20 éléphants, dont Fritz[1].

Il aurait été acheté par Phineas Taylor Barnum, fondateur du cirque Barnum, en novembre 1873, à St Paul en Allemagne, aux frères Hagenbeck. Cette rencontre est le début d'une collaboration fructueuse, puisqu'en plus d'acheter 4 000 dollars d'animaux dont 6 éléphants à Carl Hagenbeck, jusqu'en 1907 tous les animaux qui appartenaient au cirque Barnum en étaient d'anciens pensionnaires.

Importés d'Asie et d'Afrique, le transport des éléphants et des autres animaux se faisait surtout par voie maritime, puisque les animaux embarquaient dans les ports de la Mer Rouge. Il arrivait souvent que les éléphants tombent malades durant le voyage à cause du manque de mouvement. Ils étaient victimes de coliques et de mal de mer[2]. Ainsi, lors de sa traversée de l'Atlantique avec le cirque Barnum, plusieurs compagnons de Fritz sont morts. Parfois le trajet se faisait également via les chemins de fer à destination de Hambourg, où vivait de Carl Hagenbeck.

Le dressage des éléphants au XIXe siècle était assuré par la compagnie de cirque elle-même. Il était souvent dur et consistait en une méthode de répétition des actes à plusieurs reprises. Il arrivait souvent que les séances de répétitions soient violentes (crochets et clous étaient utilisés sur les éléphants) : Fritz n'y a évidemment pas échappé[3].

La mort de Fritz[modifier | modifier le code]

Fritz l'éléphant de profil

En mai 1902, le cirque est en pleine tournée en France, à Bordeaux. Fritz l'éléphant tue un employé du cirque lui pratiquant ses soins quotidiens (graissage des pieds, coupe des défenses et des ongles) le même mois. Il est alors décidé de l'enchaîner à deux autres éléphants. Les 10 et 11 juin 1902, le cirque Barnum et Bailey arrive dans la ville de Tours en train (plus de 65 wagons au total), en provenance de Châtellerault. Le 11 juin 1902, le cirque organise une parade dans la ville de Tours en passant par la rue Léon-Boyer, le boulevard Béranger pour enfin terminer à la gare de Tours. Pour l'occasion, de nombreux Tourangeaux et habitants des communes voisines sont venus admirer ce défilé. Par ailleurs les parades constituaient quasiment les seuls sorties occasionnelles des bêtes. Lorsque le cortège arrive à la Place Nicolas Frumeaud, Fritz l'éléphant devient incontrôlable pour une raison inconnue. Fritz aurait, d'après certaines sources, et particulièrement un extrait de presse dans Le Mémorial du Poitou, été brûlé sur la trompe avec un cigare ou aurait avalé une cigarette, ce qui pourrait expliquer l'origine de sa folie. Cependant il semblerait que cette rumeur ne soit que légende puisqu'aucune source tourangelle d'époque ne la mentionne ; l'hypothèse la plus probable est que l'animal était alors en période de musth, caractérisée entre autres par une forte agressivité. L'éléphant, très imposant, n'a pas réussi à être arrêté, et le directeur du cirque a pris la décision d'abattre l'animal[3]. Les employés de cirques l'ont encerclé pour tenter de le contrôler mais aussi de l'abattre. Des chaînes et des cordes sont enroulées autour de l'éléphant dans le but de l'étouffer. L'éléphant est mort après de longues heures d'agonie[2]. Devant l'horreur et la stupeur des habitants de Tours, M. Bailey, directeur du cirque, décide de faire don de l'animal mort à la ville de Tours. Le cadavre de la bête est envoyé à Nantes, chez un naturaliste (MM. Sautot et Fils) qui le naturalise et le momifie[4]. Il revient quelque temps plus tard dans la ville tourangelle, et ce via la Loire, sur le bateau à vapeur, Le Fram, le 4 mai 1903[5]. Il est exposé dans un premier temps au musée de Tours pour être ensuite déplacé dans les anciennes écuries du musée des Beaux-Arts, place qu'il occupe encore aujourd'hui, protégé depuis sa restauration par une cage en verre. Son squelette était exposé au musée d'histoire naturelle de Tours, avant d'être brûlé pendant la Seconde guerre mondiale[3].

Fritz l'éléphant, en mauvais état, a dû être restauré en 1976-1977. C'est M. Bernard Boisselier, taxidermiste à La Ville-aux-Dames qui lui redonna un second souffle[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • P.T. Barnum, Mes exhibitions, Futur luxe nocturne éditions, coll. « Cahors »,
  • A. Gaillard, Tours et l'éléphant Fritz : le fait divers et sa mémoire, Tours, Université François Rabelais,
  • G. Lewis, Éléphants du voyage, Paris, André Bonne,

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • S. Claude, « Quand Fritz l'éléphant joue la star aux Beaux-arts », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  • « Fritz, seul dans sa cage en verre », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  • « On a retrouvé l'éléphant Fritz, empaillé à Nantes », Presse Océan Nantes,‎ (lire en ligne)

Articles Connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « AUCIRQUE.COM », sur www.aucirque.com (consulté le 3 mai 2016)
  2. a et b Lewis G., Éléphant du voyage, Paris, André Bonne,
  3. a, b et c Gaillard, Tours et l'éléphant Fritz: Le fait divers et sa mémoire, Tours, Université de Tours,
  4. « Nantes. On a retrouvé l’éléphant Fritz, empaillé à Nantes », sur Presse Océan (consulté le 3 mai 2016)
  5. « Le Fram à Tours », Le journal d'Indre et Loire,‎
  6. « Fritz, seul dans sa cage de verre », sur www.lanouvellerepublique.fr (consulté le 3 mai 2016)