Frederick Handley Page

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Frederick Handley Page
Fhandleypage1936.jpg
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Frederick Handley Page, né le à Cheltenham dans le comté de Gloucester, et mort le , était un ingénieur aéronautique britannique, fondateur de la société Handley Page.

Biographie[modifier | modifier le code]

Belle Époque[modifier | modifier le code]

Diplômé ingénieur en électricité du collège technique de Finsbury, il devient à 21 ans l'un des responsables de Johnson & Philips, une importante compagnie électrique de Charlton. Il s'intéresse à l'aviation et adhère en 1907 à la Royal Aeronautical Society, où il se lie avec José Weiss. Ce dernier, Français ayant acquis la nationalité britannique, a déjà construit des planeurs à stabilité longitudinale dont la voilure en croissant s'inspire de la forme de la graine ailée de Zanonia macrocarpa, une cucurbitacée.

Dans un garage loué à Woolwich, Handley Page débute la construction d'appareils sur commande. Il façonne aussi des hélices. Installé ensuite à Barking, dans l'East End de Londres, il réalise des appareils pour le compte de particuliers, comme le major Robert Baden-Powell, organisateur du mouvement scout. Il réalise aussi un biplan à ailes en tandem d'apr̠ès les plans de José Weiss. Le , il fonde la société Handley Page, puis réalise un planeur à voilure en croissant, toujours d'après les plans de José Weiss.

Le premier avion issu de ses propres études, baptisé Blue Bird (Oiseau bleu) effectue son premier vol le . Il est suivi par un monoplan biplace baptisé Yellow Peril (Péril jaune) en 1911.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au tout début de la Grande Guerre, le commodore Murray Sueter, de l'Amirauté, lui commande pour le Royal Naval Air Service (RNAS) un appareil capable de « foudroyer les Boches »[1]. Handley Page construit alors le HP O/100, qui débute ses essais en vol à Hendon le . C'est le premier d'une longue lignée de bombardiers dont la fabrication se poursuivra durant l'entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. Avec l'ingénieur George Volkert, Handley Page conçoit une version améliorée, le HP type 12, ou O/400. Vers la fin du conflit, plus de 250 exemplaires sont en service dans la Royal Air Force et se montrent d'une redoutable efficacité. Ainsi, le , quatre HP O/400 du Squadron 97 infligent des dommages importants à la ville allemande de Kaiserslautern. Une version encore plus puissante est en préparation ː le Handley Page V/1500 réalise son premier vol le . Conçu pour bombarder Berlin, il peut emporter trois tonnes de bombes à plus de 750 kilomètres à la vitesse de 160 km/h. Sa fabrication est annulée suite à l'Armistice de 1918.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La paix retrouvée offrant de nouvelles perspectives à l'aviation commerciale, Frederick Handley Page fonde la Handley Page Transport Ltd le . Sa flotte se compose d'anciens bombardiers O/100 et O/400 dotés de hublots et de 6 à 10 sièges passagers. Le , la compagnie inaugure sa ligne Londres-Paris-Le Bourget. À l'été 1920, la ligne Londres-Bruxelles est ouverte, tandis que celle de Paris est prolongée jusqu'à Bâle et Zurich en Suisse. L'exploitation s'interrompt le en raison de la charge marchande trop faible, liée aux moteurs d'une puissance insuffisante, mais reprend le 31 mars après l'octroi d'une subvention par le gouvernement britannique. Le , sous la pression gouvernementale, les compagnies Handley Page, Instone Airline, Daimler Airway et British Marine Air Navigation fusionnent en une société unique, Imperial Airways.

Handley Page se concentre à nouveau sur son métier de constructeur aéronautique. Dans le domaine civil, il conçoit en 1920 le biplan Handley Page W 8B, bimoteur capable d'emporter 10 passagers, puis sa version trimoteur le W 8E. Ces appareils sont acquis par la compagnie aérienne belge Sabena fondée en 1923. Suit le Handley Page W 10, bimoteur qui entre en service le sur les lignes des Imperial Airways.

Une des caractéristiques des avions Handley Page est leur aile à fente, qui assure une meilleure sustentation aux plus grands angles d'attaque, donc renforce la sécurité des vols. Ce dispositif inventé par Frederick Handley Page apparaît pour la première fois sur le bombardier-torpilleur biplan monoplace Handley Page Hanley, en 1922, et en 1924 sur le Handley Page Hendon, ce qui lui permet d'apponter sans difficulté sur un porte-avions. En 1926, l'aile à fente équipe le bombardier-torpilleur biplace Handley Page Harrow, premier hydravion à en bénéficier, ainsi que le petit bimoteur expérimental Handley Page Hamlet à aile épaisse. En 1928, le Ministère de l'Air décide sa généralisation sur tous les avions militaires.

Le HP 42, dessiné à la fin des années 1920, incorpore ce dispositif. Il effectue son premier vol le 17 novembre 1930, et deviendra l'avion principal des Imperial Airways.

Handley Page continue à travailler pour la Royal Air Force. Il construit le Hinaidi, bombardier de nuit à structure métallique. Après son vol initial, le , il s'illustre lors de l'évacuation de ressortissants pendant la guerre civile en Afghanistan[2]. Il est suivi par le Heyford, un autre bombardier biplan, de conception oriniale, avec le fuselage accolé à l'intrados du plan supérieur, et un poste de pilotage très prolongé vers l'avant, qui donne au pilote une visibilité élargie. En 1932 sort le HP 43, trimoteur dont la cellule s'apparente au HP 42 et qui marque la fin de la formule biplan. Une version monoplan, le HP 51, verra le jour.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1933, la société amorce l'étude d'un monoplan polyvalent, dont le fuselage s'amincit vers l'arrière afin de faciliter le tir des mitrailleuses défensives. Cette configuration annonce la série des bimoteurs HP 52 Hampden employés au début de la Seconde Guerre mondiale. De cet appareil dérive le HP 54 Harrow, commandé en 1936 par la Royal Air Force.

Dès 1935, Handley Page lance l'étude d'un bombardier lourd quadrimoteur à quatre moteurs Bristol Hercules. Le premier vol du prototype du Halifax a lieu le . Cet appareil, produit en 8 versions et à 6 176 exemplaires, deviendra l'épine dorsale du Bomber Command, en équipant 76 squadrons britanniques, ainsi que des unités australiennes et canadiennes et les deux seuls "groupes lourds" des Forces aériennes françaises libres, les groupes de bombardement (GB) « Guyenne » et « Tunisie »[3].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, la compagnie aérienne British Overseas Airways Corporation (BOAC) exploite une version civile du Halifax pour ses vols long-courriers vers l'Afrique et l'Inde ː le HP 70 Halton à dérive unique, configuré pour accueillir 10 passagers. Un autre dérivé du Halifax est l'avion de transport militaire Handley Page Hastings. Dès 1947, il répond aux besoins de la RAF pour des missions de convoyage. Il participe au Pont aérien de Berlin pendant le blocus soviétique de 1948 et 1949, et quitte le service en 1968. En 1950, la BOAC met en service, à destination de l'Afrique orientale et de l'Afrique du Sud, le quadrimoteur de transport HP 74 Hermes, appareil semblable au Hastings mais aménagé pour 40 passagers dans une cabine pressurisée et dotée de l'air conditionné.

En 1948, après la prise de contrôle de la firme Miles Aircraft, Handley Page produit le HP R1 Marathon, court-courrier de transport à trois dérives, proposé avec deux ou trois moteurs. En 1950, il réalise HP R2, avion école monomoteur à aile basse, qui ne débouche pas sur une production en série, avant de lancer le projet HP 88, banc d'essai du quadriréacteur HP 80 Victor, bombardier stratégique à long rayon d'action, dont le prototype effectue son premier vol le . En 1953, Handley Page axe ses travaux sur un appareil de transport commercial court et moyen-courrier, le HP R3 Herald. Initialement pourvu de quatre moteurs à pistons, remplacés ensuite par deux turbopropulseurs, il accomplit son premier vol le .

Dans les années 1950, Frederick Handley Page a du mal à préserver l'indépendance de son entreprise, et il perd les contrats gouvernementaux. Il meurt le . Sa société ne lui survivra que huit ans et disparut en 1970.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rob Langham, Bloody Paralyser : The Giant Handley Page Bombers of the First World War, Fonthill Media, (ISBN 978-1-78155-080-9, lire en ligne)
  2. (en) Ben Farmer, « Afghanistan: 80 years since the British evacuation of Kabul », sur The Daily Telegraph, (consulté le 14 novembre 2016).
  3. David Méchin, « Groupes Guyenne et Tunisie. Les Français au combat avec le Bomber Command », Le Fana de l'Aviation, no 579,‎ , p. 14-23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 480-482.