Frederick Forsyth

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Frederick Forsyth
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Frederick Forsyth en 2003.
Naissance (80 ans)
Ashford, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais britannique
Genres

Œuvres principales

Frederick Forsyth, né le à Ashford dans le Kent, est un journaliste et romancier britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Ashford, il fait d'abord son éducation à la Tonbridge School, puis à l'Université de Grenade, en Espagne.

Au cours de son adolescence, de longs séjours dans des familles françaises (entre 1948 et 1951), allemandes (en 1952 et 1953) et espagnoles (1956) lui permettent de parler couramment ces trois langues au point de pouvoir facilement passer pour un français, un allemand ou un espagnol. Il a aussi une bonne connaissance de la langue russe, ce qui lui a permis, par la suite, d'espionner des conversations dans des cafés[1].

Grâce à une dérogation obtenue par son père, il s'engage à 17 ans et demi dans la RAF. À 19 ans, il est le plus jeune pilote certifié de la RAF. Il quitte l'Armée de l'Air Britannique en 1958[1].

Après un apprentissage de deux ans dans un journal régional, l'Eastern Daily Press à Norwich, il devient, en 1961, correspondant de l'agence Reuters. Grâce à sa parfaite maîtrise des deux langues, il est nommé correspondant de l'agence à Paris, puis à Berlin-Est[1].

À Paris, il découvre les problèmes liés à la politique de De Gaulle en Algérie. Cette expérience lui servira lors de la rédaction de son premier roman à succès, Chacal[1].

En 1964, il quitte précipitamment l'Allemagne de l'Est après avoir découvert que sa nouvelle petite amie n'était autre que la maîtresse du ministre de la Défense[1].

En 1965, il entre à la BBC d'abord comme reporter radio, puis TV, et en 1966, comme correspondant diplomatique.

De juillet à septembre 1967, contre sa volonté, on l'envoie couvrir la Guerre du Biafra. Ce qu'il découvre en Afrique n'a rien à voir avec ce que lui avait décrit les responsables de la BBC. Accusé de partialité envers le Biafra, il quitte la BBC. Il retourne en Free Lance au Biafra, où il devient ami avec le général Odumegwu Emeka Ojukwu, le chef de l'état Biafrais. En 1982, il écrira une biographie de ce politicien.

En 1968, la situation politique du Biafra étant stagnante, il visite Israël, où il rencontre David Ben Gourion, Ezer Weizman, Moshe Dayan[1].

Puis il retourne au Biafra, où, toujours en journaliste indépendant, il accompagne diverses opérations militaires Biafraises, parfois au risque de sa vie. En 1969, il publie l'ouvrage The Biafra Story.

À cours d'argent, il se met à écrire un roman inspiré des attentats manqués contre De Gaulle, roman qui lui trotte dans la tête depuis son séjour à Paris. Il le rédige en quelques semaines, mais il courra les maisons d'édition pendant un an, essuyant refus sur refus, avant, au cours d'une soirée chez des amis, de rencontrer celui qui deviendra son éditeur. Son premier roman, Chacal (1971) est un best-seller et sera adapté au cinéma par Fred Zinnemann en 1973.

Son éditeur lui demande deux autres romans. Alors qu'il n'avait aucune idée précise, en deux jours, il lui propose les projets de Le Dossier Odessa et Les Chiens de Guerre.

Pour la rédaction de ses romans, il utilise les techniques du journalisme d'investigation. Avant d'écrire un roman, il enquête longuement, visite longuement les pays concernés, afin d'entourer ses romans d'un maximum de véracité. Passionné par la diplomatie et les services secrets, il a écrit 13 romans qui ont été traduits dans 36 langues. Ses écrits, qui s'appuient sur des faits réels, sont remarquablement bien documentés et mêlent habilement la réalité et la fiction. Pour ajouter à l'effet de réel, l'auteur cite ou décrit souvent des événements réels ou des personnages connus. Toutes ces caractéristiques font qu'il est vu, par certains, comme un des précurseurs du techno-thriller [2].

En enquêtant pour Le Dossier Odessa, il est amené à rencontrer Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazis, dont le personnage apparaîtra dans le roman[1].

Alors que, pour Les Chiens de Guerre, il infiltre, à Hambourg, les milieux du trafic d'armes sous une fausse identité, une photo au dos de la version allemande de Chacal trahit sa véritable identité, et il doit fuir précipitamment[1].

Au cours de l'été 1973, le contre-espionnage britannique lui demande d'effectuer un échange de « courrier » avec un agent double à Dresde, en Allemagne de l'Est. Il utilisera cette expérience insolite dans plusieurs de ses romans[1].

N'étant pas d'accord avec la politique d'Harold Wilson, il quitte l'Angleterre pour l'Espagne en janvier 1974, puis à Noël de la même année, il émigre en Irlande, où il restera cinq ans. Puis il revient habiter en Angleterre.

Il intervient ponctuellement dans les médias sur des questions politiques ou de société. Fervent partisan de la monarchie britannique, Forsyth est classé parmi les conservateurs eurosceptiques : il a notamment qualifié l'Union européenne « d'enculerie intégrale » lors d'une interview donnée en mai 2016 au quotidien français Les Echos[3].

En 1989, il est victime d'un escroc et se retrouve ruiné. Mais, heureusement, ses livres ont de plus en plus de succès, et il peut rapidement se sortir de cette impasse financière[1].

Frederick Forsyth a toujours eu, dans ses romans, le souci du détail. Donc, avant d'écrire, il aime aller lui-même sur le terrain pour donner le maximum de véracité à ses histoires. Malheureusement, ses intrigues se situent souvent dans des pays à hauts risques.

Pour ses recherches sur son avant-dernier roman, Le Cobra, en Guinée-Bissau, il tombe en plein milieu d'un coup d'état avec assassinat du président en exercice. Pour son dernier roman, The Kill List, alors qu'il enquête à Mogadiscio en Somalie, un pays à très haut risque, il se fait accompagner, pour la première fois de sa carrière, d'un garde du corps, un ancien des Forces Spéciales Britanniques et de quatre soldats somaliens armés[1].

Ce dernier roman a été publié en France en juin 2015[4].

Après la publication de The Kill List, son épouse lui dit que, à 75 ans, il devient trop vieux pour prendre de tels risques. Elle le menace même de divorcer s'il persiste[1]. Forsyth admet qu'elle a raison et, ne voulant pas publier de roman en se contentant de simples recherches sur Internet, il décide d'arrêter l'écriture et écrit son dernier opus, ses mémoires, The Outsider. Cet ouvrage a été publié en mai 2016 aux éditions Albin Michel[5].

Romans[modifier | modifier le code]

  • Chacal (The Day of the Jackal, 1971)
    Le roman commence par l'attentat du Petit-Clamart contre le général De Gaulle, le 22 août 1962, et se plonge dans l'histoire de la France d'après la guerre d'Algérie et les rouages de l'OAS.
    Un film sorti en 1973, avec Edward Fox et Michael Lonsdale, raconte un attentat de l'OAS (lors d'une remise de médailles à des anciens combattants) contre de Gaulle. Une deuxième adaptation cinématographique avec Bruce Willis et Richard Gere existe, mais le film n'a que de lointains rapports avec le livre, puisqu'il est question dans ce film de l'IRA et non plus de l'OAS).
  • Le Dossier Odessa (The Odessa File, 1972)
    Le livre raconte la traque d'un criminel de guerre nazi dans les années 1960 par un jeune journaliste allemand et fait la lumière sur la puissance de l'organisation des anciens nazis « Odessa ».
    Une adaptation cinématographique de ce roman, réalisée par Ronald Neame, est sortie en 1974 sous le titre Le Dossier Odessa.
  • Les Chiens de guerre (en) (The Dogs of War, 1974)
    Il décrit une tentative de coup d'État dans un pays d'Afrique fictif, organisé par un industriel britannique, ayant engagé des mercenaires. L'anecdote veut que, pour préparer ce livre, Frederick Forsyth contacta lui-même des mercenaires pour leur faire croire à l'organisation d'un coup d'État en Guinée équatoriale. Une tentative, réelle cette fois-ci, eut lieu en mars 2004 dans ce même pays, selon un scénario assez proche du livre et impliquant Mark Thatcher.
  • L'Alternative du Diable (The Devil's Alternative, 1979)
    Le livre raconte une série d'événements n'ayant apparemment aucun rapport entre eux et qui vont conduire Bill Matthews, le président des États-Unis pendant la guerre froide, au plus terrifiant des dilemmes : l'Alternative du Diable.
  • Le Quatrième Protocole (The Fourth Protocol, 1984)
    Le Quatrième Protocole est un accord secret passé entre les Occidentaux et l'Union soviétique afin de ne jamais se servir de l'arme nucléaire sur les territoires de l'Europe de l'Ouest ou de l'Est. Cet accord est sur le point d'être rompu par le premier secrétaire du Parti communiste soviétique, afin de faire changer le Royaume-Uni de camp. Seul l'agent britannique John Preston a une chance de déjouer le formidable complot.
  • Le Négociateur (The Negotiator, 1989)
    Ce roman met en scène un projet de désarmement mutuel entre les États-Unis et l'Union soviétique que le complexe militaro-industriel américain va s'efforcer de torpiller. Pour arriver à leurs fins, les conjurés fomentent un coup d’État en Arabie Saoudite tout en faisant enlever le fils du président des États-Unis. Ce dernier s'adresse à un négociateur atypique du nom de Quinn.
  • Le Manipulateur (The Deceiver, 1991)
    Ce roman raconte à travers la carrière de l'agent secret britannique Sam McCready quatre histoires d'espionnage et de désinformation à l'époque de la guerre froide, de Moscou aux Caraïbes en passant par l'Allemagne et la Libye :
    • Crime et châtiment extrême
    • La mariée était trop belle
    • Une victime de guerre
    • Une petite île au soleil
  • Le Poing de Dieu (The Fist of God, 1994)
    Ce roman a pour cadre la Guerre du Koweït (1990-1991) et raconte l'infiltration en territoire ennemi du major du SAS Mike Martin, afin de déjouer les projets secrets et terrifiants du régime irakien. Une plongée dans le Koweït occupé, le parti Baas de Saddam Hussein, les sables saoudiens et dans Bagdad pendant la guerre.
  • Icône (Icon, 1997)
    Ce roman a pour cadre la Russie post-soviétique de 1999. Les services secrets occidentaux découvrent les plans secrets d'Igor Komarov, ultra nationaliste favori des prochaines élections russes. Son programme secret : expansionnisme militaire et épuration ethnique de masse. La CIA confie à son meilleur agent, Jason Monk, le soin de changer le cours de l'histoire.
  • Le Vengeur (Avenger, 2003)
    Il raconte la traque d'un criminel de guerre serbe, assassin d'un jeune Américain de bonne famille, par un ancien combattant de l'enfer vietnamien connu sous le seul nom de « Vengeur ».
  • L'Afghan (The Afghan, 2006)
    Ce roman remet en selle le major du SAS Mike Martin (Le Poing de Dieu) qui a pour mission déjouer un attentat d'Al-Qaïda, qui ferait passer la destruction du World Trade Center pour un feu de paille.
  • Kill list (The Kill List, 2013)
    Ce roman raconte l'histoire de The Preacher (Le Prêcheur), un terroriste islamiste qui, masqué, diffuse, via Internet, des messages en anglais incitant de jeunes fanatiques à tuer des « infidèles » notoires aux États-Unis et en Angleterre. Un agent américain ultra-secret, The Tracker (Le Traqueur), va tenter de le retrouver pour le supprimer.
  • Œuvres[modifier | modifier le code]

    Romans[modifier | modifier le code]

    Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

    Essais / Mémoires[modifier | modifier le code]

    Prix et distinctions notables[modifier | modifier le code]

    Notes et références[modifier | modifier le code]

    1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Frederick Forsyth, L'outsider, Albin Michel, .
    2. « Frederick Forsyth vétéran du techno-thriller », sur Télérama (consulté le 21 janvier 2017)
    3. « Frederick Forsyth », sur videos.lesechos.fr (consulté le 7 juin 2016)
    4. Les Éditions Albin Michel, « Kill list », sur Albin Michel (consulté le 7 juin 2016)
    5. « Frederick Forsyth, le vétéran du thriller, tire sa révérence avec "L'outsider" », sur Culturebox (consulté le 7 juin 2016)

    Liens externes[modifier | modifier le code]

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