Fraternité spirituelle des Veilleurs

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La Fraternité spirituelle des Veilleurs est un ordre religieux protestant français fondé en 1923 sous le nom de Tiers-ordre des Veilleurs par le pasteur Wilfred Monod.

La Bible et la lampe à huile

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Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Le Tiers-ordre des Veilleurs fut fondé en 1923 par le pasteur Wilfred Monod et son fils Théodore Monod. Sa responsable (prieure) depuis mars 2012 est une pasteure de l'Église réformée de France, Claude Caux-Berthoud. C'est un ordre religieux lié au protestantisme social. On peut le concevoir comme un « tiers-ordre protestant » relié au culte réformé mais qui s'inspire de Pierre Valdo et de Saint François d'Assise. Il demande à ses membres d'avoir aussi une action sociale.

Après un long déclin la Fraternité connait une croissance récente: 200 membres en 2005, 300 en 2007, venant principalement des églises protestantes mais aussi des orthodoxes et catholiques. Elle a son centre aux Abeillères à Saint-Jean-du-Gard, dans les Cévennes et elle adhère à la Fédération protestante de France. La Fraternité est un Tiers Ordre, sans communauté de vie, néanmoins les Veilleurs dispersés suivent la même règle.

Ne pas les confondre avec «Les Veilleurs — Communauté du Chemin Neuf».

Règle de vie[modifier | modifier le code]

Trois mots résument l’esprit de la Fraternité des Veilleurs : joie, simplicité, miséricorde. Les Veilleurs se soutiennent mutuellement pour suivre plus fidèlement Jésus-Christ dans l’esprit des Béatitudes.

Selon les principes de l'ordre, Les Veilleurs « n’organisent pas une œuvre nouvelle. Ils sont émus par la dramatique déchéance de la chrétienté actuelle […]. Ils veulent donc “veiller et prier” et rester ainsi en état d’alerte spirituelle et de vraie disponibilité pour servir, en s’efforçant de se maintenir dans l’Amour de leur Seigneur ».

La communauté des Veilleurs est composée de chrétiens protestants de toutes nuances. Il y a même des membres catholiques ou orthodoxes. Aucun office particulier ni aucune liturgie ne sont donc imposés. À chacun de se servir des manuels, publications ou listes de lectures quotidiennes en usage dans son Église. Le recueil liturgique utilisé pour les réunions trimestrielles offre d’ailleurs des ressources précieuses au Veilleur pour son culte individuel. Un engagement dans l'action sociale est demandé.

Extraits de la règle de la Fraternité spirituelle des Veilleurs[modifier | modifier le code]

L’esprit de la fraternité des Veilleurs[modifier | modifier le code]

  • Les Veilleurs sont une fraternité spirituelle protestante fondée en 1923 sous l’impulsion du pasteur Wilfred Monod. Ils groupent des chrétiens de tous âges et de toutes conditions, hommes et femmes, ecclésiastiques ou laïcs, qui veulent se soutenir mutuellement pour suivre plus fidèlement Jésus-Christ dans l’esprit des Béatitudes : joie, simplicité, miséricorde. Cet esprit est inséparable de l’amour de Dieu et de l’amour des hommes, il est l’essence même du christianisme.
  • Le Veilleur est solidaire de toute l’Église et du monde lui-même, il ne s’en détache pas. Membre du corps du Christ, il assiste au culte de sa paroisse. Il le fait sauf empêchement vrai, se souvenant qu’il n’y a pas de communauté parfaite. Il y apporte un esprit de prière dans la charité et le pardon. Il veut être - discrètement et humblement - l’âme priante et agissante de l’Église et l’être avec d’autres (communautés et personnes). Il contribue ainsi à l’édifier sur le plan local et à l’unir sur le plan œcuménique. Il s’efforcera à toujours plus de fidélité – dans l’amour qui est le lien de la perfection – aux exigences de la vie nouvelle du « Royaume » (Sermon sur la montagne, Hymne à la charité).
  • En toute chose, le Veilleur s’exercera à maintenir le silence intérieur pour entendre avec son Maître la voix du Père au milieu des bruits du monde. Car il se souvient qu’il est le « temple de Dieu », que « l’Esprit de Dieu habite en lui » et que Jésus a dit « soyez parfaits comme votre Père est parfait ». Il s’engage donc avec confiance. Il le fait dans la joie de sa vocation profonde, sachant que « Dieu donne ce qu’Il ordonne » et qu’Il rend possible l’impossible.
  • En un mot, le Veilleur croit à la vie chrétienne pour l’homme ici-bas. Il prend l’Évangile au sérieux. Il veut « mettre en pratique la Parole » comme le lui demande Jésus. Pour y atteindre, il se libère – c’est un aspect de la croix acceptée – des fausses ambitions et des faux besoins du monde. Il le fait dans la joie, simplement, naturellement, sans esprit de jugement à l’égard d’autrui. Il s’en remet pour toutes choses à la conscience individuelle éclairée par l’Esprit de Dieu. Mais quand il le faut, il sait retrancher (Mt 5.29-30).

Pour permettre au Christ de régner sur sa vie de chaque jour, le Veilleur unit prière et travail, contemplation et action, toujours dans l’esprit des Béatitudes.

Les moyens[modifier | modifier le code]

  • Trois moments pour l’essentiel
    • Le matin, au lever de préférence : lecture méditée de la Bible, louange et prière.
    • Au milieu du jour, élévation, en communion avec les Veilleurs et les membres des autres communautés, dans la récitation - à haute voix si possible - des Béatitudes qui sont la charte de vie que nous a donné Jésus. On peut le faire intérieurement aussi, n’importe où ; ou en famille, au repas de midi par exemple.
    • Le soir, regards sur la journée, pardon demandé et reçu, actions de grâce, louange. On peut placer la lecture biblique le soir.
  • Hommage du vendredi

En hommage au Crucifié-Ressuscité, les Veilleurs évoquent, chaque vendredi, dans le recueillement, la Croix du Calvaire, don par excellence de Dieu à l’humanité pour son salut. Pour cela, le bulletin offre un verset ou un passage à méditer. On peut aussi donner à cet hommage un tour pratique : aide matérielle ou spirituelle, intercessions spéciales, lettre, visite, etc. Certains Veilleurs observeront même un jeûne partiel ou total.

  • Joie du dimanche

Le Veilleur se réjouit le dimanche, car c’est le « jour du Seigneur », le jour de la résurrection et celui où l’Esprit descendit sur les disciples pour en faire les témoins du Ressuscité-Glorifié. À moins d’empêchement réel, il s’associera donc à ses frères pour participer avec eux au culte public. (Quand le Veilleur ne peut se rendre dans un lieu de culte, la radio et la télévision lui offrent une certaine possibilité d’adoration communautaire.)

  • Réunions trimestrielles

Quatre fois par an, les Veilleurs qui le peuvent se réunissent localement pour se replacer ensemble devant l’appel que Dieu leur a adressé et reprendre ainsi conscience de leur vocation de chrétiens. Quand un ministre du culte préside la réunion, elle se terminera par la Cène. Sinon, l’officiant se servira, pour la remplacer, de l’un ou l’autre des deux textes prévus pour cela dans le recueil liturgique. Sans être obligatoires (certains Veilleurs ne peuvent jamais y assister), ces réunions sont vivement recommandées. Elles sont annoncées dans le bulletin ou par convocation.

  • Retraites

À côté des réunions trimestrielles, des retraites de trois jours sont offertes aux Veilleurs. Le silence y tient une place importante pour que la « Parole de Dieu » y soit entendue dans la méditation et les Écritures étudiées en commun. Ces retraites sont aussi annoncées dans le bulletin.

  • Renouvellement des engagements

Devenu observant, le Veilleur reçoit annuellement une nouvelle carte, en décembre. En la signant début janvier, il s’engage à nouveau pour l’année qui commence. La réunion de janvier comporte la réitération des principes de la communauté et la confirmation des engagements par lesquels on s’est intégré à l’Église.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cahiers de Neuilly, 1967, p. 41
  • Daniel Bourguet. Sur un chemin de spiritualité : Le monachisme intériorisé. Lyon : Éd. Olivétan, DL 2007. coll. "Veillez et priez". (ISBN 978-2-35479-014-1)
  • Yvonne Chabas, De Nicée à Vatican II: les hommes de paix, 1963, p. 192
  • Michel Cornuz, Le protestantisme et la mystique : entre répulsion et fascination, 2003, p. 128
  • Samuel Mours, Daniel Robert, Le protestantisme en France du XVIIIe siècle à nos jours (1685-1970), 1959
  • Nicole Vray, Monsieur Monod: scientifique, voyageur et protestant : biographie, 2000, p. 136-137
  • Nicole Vray, Théodore Monod, une vie spirituelle, 2004, p. 51

Liens externes[modifier | modifier le code]

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