Franschhoek

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Franschhoek
Église à Franschhoek
Église à Franschhoek
Administration
Pays Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Province Cap-Occidental
District Cape Winelands
Municipalité Stellenbosch
Démographie
Population 17 556 hab. (2011)
Densité 2 490 hab./km2
Géographie
Coordonnées 33° 55′ 00″ S 19° 08′ 00″ E / -33.916667, 19.13333333° 55′ 00″ Sud 19° 08′ 00″ Est / -33.916667, 19.133333
Superficie 705 ha = 7,05 km2
Localisation

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Franschhoek

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Franschhoek

Franschhoek est un village d'Afrique du Sud, situé dans la province du Cap-Occidental à une cinquantaine de kilomètres de la ville du Cap.

Quartiers[modifier | modifier le code]

La commune de Franschhoek se divise en 5 secteurs géographiques territorialement séparés (Franschhoek SP, Groendal, Hugenote, Langrug et Wemmershoek) au sein de la municipalité de Stellenbosch.

Le centre-ville historique de Franschhoek correspond géographiquement au quartier de Hugenote.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2011[1], la commune de Franschhoek comprend 17 556 habitants, majoritairement coloureds (52,04 %) et bantous (41,47 % habitants). Si les blancs de souche britannique ou afrikaner ne représentent que 5,13% des habitants de la commune (soit 901 personnes), ils représentent 76,74% des 1 066 habitants du quartier central de Huguenote.

La majorité des habitants de la commune réside néanmoins dans le quartier populaire de Langrug, situé au nord est de Huguenote, et qui concentre 12 647 habitants dont 98,9 % issus des communautés coloureds, bantous et indo-asiatiques[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville
Panneau signalisation à Franschhoek
Musée aux Huguenots

Au XVIIe siècle, le gouverneur Simon van der Stel avait insisté auprès de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales pour que lui soient fournis des experts vignerons et des spécialistes de l'olivier afin de cultiver des terres riches en alluvions. La compagnie accepta sa requête et le , un premier navire transportant des réfugiés huguenots d'origine française quitta la Hollande pour Le Cap. Ces Huguenots s'étaient retrouvés en Hollande à la suite de la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685. La compagnie leur offrait un pécule et une terre à cultiver en Afrique du Sud pour une durée de 5 ans minimum.

Au bout d'un voyage de 3 mois pendant lesquels périrent de nombreux passagers, quelque 176 Huguenots débarquèrent au Cap au cours du premier trimestre 1688. Le , le Berg China transportant encore de nombreux Huguenots quittait la Hollande pour Le Cap. En tout, près de 277 huguenots s'installèrent dans la colonie néerlandaise.

Le gouverneur van der Stel leur avait réservé des terres dans la vallée d'Olifantshoek rapidement rebaptisé Franschhoek (littéralement « le coin des Français » en afrikaans) afin que ces derniers puissent y développer la culture de la vigne.

Le pasteur de l'Église huguenote, Pierre Simond, essaya en vain de préserver l'usage de la langue française bravant la politique d'assimilation du gouverneur. Il demanda sans succès en 1689 que le culte puisse être exercé dans cette langue. Une génération plus tard, l'assimilation était réussie et plus aucun francophone ne subsistait dans la colonie.

La culture de la vigne se développa à Franschhoek et dans toute la vallée du Drakenstein grâce à l'apport des Huguenots français.

Jusque dans les années 1980, le village est entièrement afrikaner, communauté linguistique à laquelle appartiennent les descendants des Huguenots français, et plus exactement peuplé de peuple de langue afrikaans (comprenant les métis). Il ne compte que 3 familles anglophones et un noir[3].

En 1992, à la suite de l'amalgation entre la commune blanche de Franschhoek et des townships voisins pour former une nouvelle collectivité comprenant 3 000 coloureds, 500 noirs et 1 200 blancs, la ville devient la première de l'Afrique du Sud située en zone officiellement blanche à se doter d'un maire non blanc, en l'occurrence coloured, à la suite de la délibération des 12 membres du conseil municipal[4]. En même temps qu'il allait occuper cette fonction, Frank Arendse et son premier adjoint, Arthur McWilliam-Smith, ancien maire blanc de la ville, adhéraient au congrès national africain. Néanmoins, un an plus tard, à la suite de nombreuses menaces de mort et insultes, Arendse décide de ne pas solliciter de nouveau mandat et est remplacé par Arthur McWilliam-Smith.

À partir des années 1990, de nombreuses fermes sont rachetées par des fonds d'investissement et des personnes privées d'origine européenne, notamment anglaise et française. Près de 11 % de la population du village est dorénavant de langue anglaise.

De nombreux noms de famille français subsistent dans la région (Du Toit, Marais, Du Plessis, Malan, Malherbe, Joubert). C'est pourquoi la plupart des fermes et domaines viticoles de la vallée portent des noms à consonance française (« Chamonix », « l'Ormarins », « l'Abri », « La Bri »).

Administration[modifier | modifier le code]

Depuis 2000, Franschhoek est une commune de la municipalité de Stellenbosch.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Monument à la mémoire des Huguenots

À une heure de voiture de la ville du Cap, Franschhoek est un village afrikaner calme et propret qui donne aux visiteurs la possibilité de goûter à une vaste gamme de vins pour accompagner la cuisine française raffinée et de visiter de superbes domaines vinicoles comme celui de Boschendal.

Le quartier central de Hugenote, principal lieu de visite du bourg, est composé d'une rue principale menant au mémorial et au musée consacré aux Huguenots (Hugenoot Museum) lequel reçoit quelque 60 000 visiteurs par an dont 40 % de Français. Le musée est aussi un centre de recherche généalogique. Tout près se situe le vieux cimetière abritant les sépultures des Huguenots et de leurs descendants.

Bien que le français ne soit plus parlé, de nombreuses indications en français dans la ville rappellent l'influence des huguenots, notamment dans le domaine vinicole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement 2011
  2. Recensement 2011 à Langrug
  3. Selon le révérend Bossie Minnaar dans l'article L'héritage huguenot, une bonne affaire, p. 54 de la revue Ulysse, no 120, novembre - décembre 2007
  4. A Mixed-Race Mayor Holds the Swing Votes, New York Times, 1er novembre 1992

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Augeron, "Les huguenots en Afrique du Sud. Idéologie nationaliste et marketing touristique à Franschhoek (1938-2010)", dans Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Les huguenots et l'Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2012, p. 383-403.
  • Fabienne Pompey, L'héritage huguenot, une bonne affaire, revue Ulysse no 120, novembre - décembre 2007, p. 52-57