Franny et Zooey

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Franny et Zooey
Auteur J. D. Salinger
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Franny and Zooey
Éditeur Little, Brown and Company
Date de parution 1961
Version française
Traducteur Bernard Willerval
Éditeur Robert Laffont
Collection Pavillons
Date de parution 1962
Nombre de pages 269

Franny et Zooey (titre original : Franny and Zooey) est une série de deux récits de l'écrivain américain J. D. Salinger, plus connu pour être l'auteur d'un des classiques de la littérature américaine L'Attrape-cœurs. Publiée pour la première fois dans le magazine littéraire The New Yorker en 1961, ces deux histoires seront publiées sous forme de roman en septembre de la même année. Elles racontent respectivement l'histoire de Franny et Zooey, deux membres de la famille Glass, une famille récurrente dans l'œuvre de J. D. Salinger.

La première partie, bien plus courte que la seconde, raconte l'histoire de Franny Glass, la sœur de Zooey, étudiante dans une prestigieuse université d'art, probablement le Wellesley College. Désenchantée par l'égocentrisme du monde qui l'entoure, elle tente de s'en échapper en atteignant la purification spirituelle[1].

Dans la seconde histoire, Zooey, frère aîné de 5 ans de Franny, tente de convaincre sa sœur qu'elle ne tend pas vers la purification spirituelle pour les bonnes raisons[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

La première nouvelle, intitulée Franny, se déroule principalement dans un restaurant où Franny et son petit ami Lane décident de manger. Alors que Lane apparait comme un personnage très politiquement correct, Franny « détruit », pour reprendre ses propres mots, les valeurs, le travail, les ambitions de Lane. À la fin de la nouvelle, Franny s'évanouit.

Franny n'est en fait qu'une introduction à la seconde nouvelle, plus dense et complexe, Zooey. Cette dernière débute par un long préambule du narrateur, que l'on suppose être Buddy, le frère aîné, et une lettre de ce même Buddy à Zooey. Celui-ci relit cette lettre, vieille de quatre ans, dans son bain lorsqu'il est interrompu par sa mère, laquelle vient lui demander des conseils et de l'aide pour sa jeune sœur, qui semble dans un état anormal.

Zooey va retrouver sa sœur et une longue discussion s'ensuit, qui occupe la plus grande partie du livre. Mais cette discussion termine dans une aporie, Zooey n'arrivant pas à faire comprendre à sa sœur ce qu'il voulait lui dire. Il décide alors d'utiliser le téléphone de ses frères, Seymour et Buddy, situé dans la chambre de ces derniers, afin de se faire passer pour Buddy et aider véritablement sa sœur. Alors que le stratagème semble avoir fonctionné, Franny découvre le pot aux roses. Elle ne refuse cependant pas la discussion et Zooey, de manière plus douce, va réussir à faire passer ses impressions et idées auprès de sa sœur.

Cette dernière retrouvera alors le sourire et le sommeil à la fin de la nouvelle.

Interprétation et commentaires[modifier | modifier le code]

Franny et Zooey est une œuvre dense et complexe. Tout d'abord, même si le narrateur, qui en revendique aussi l'écriture, s'en défend, c'est une histoire qui trouve son point central dans la mystique religieuse, car Franny cherche la voie de la « prière à Jésus », qui semble proche de l'hésychasme, voie décrite dans l'ouvrage Récits d'un pèlerin russe qu'elle a trouvé dans la chambre de ses frères aînés.

Seulement, la raison profonde de cette recherche est celle de la vie bonne. Zooey répète plusieurs fois à Franny qu'ils sont des monstres à cause de l'éducation que leur ont donné Seymour et Buddy, aboutissant à une vision du monde qui n'est pas celle que la société accepte comme canonique, comme en témoignent les discours de Franny envers Lane ou ceux de Zooey sur le cinéma.

D'ailleurs, la mère des deux jeunes gens, Bessie Glass, est consciente qu'elle est impuissante face à cette situation et recherche l'aide de Zooey, et même de Buddy. L'attitude ironique voire insolente de Zooey par rapport à ce que lui dit sa mère des problèmes de Franny témoigne de la fracture entre les visions du monde des enfants et de la mère.

Au fond la question du livre est la suivante : comment vivre dans le monde qui nous apparaît comme le comble de l'égoïsme et de l'égocentrisme ? Cette question traverse la vie même de J. D. Salinger.

Citations[modifier | modifier le code]

« Aussi innombrables que soient les êtres, je fais le vœu de les sauver ; aussi inépuisables que soient leur passion, je fais le vœu de la réduire ; aussi incommensurables que soient le Dharma, je fais le vœu de le dominer ; aussi incomparable que soit la vérité du Bouddha, je fais le vœu de l'atteindre. »

« M. Le Sage, s'il vous plait, j'ai ici un manuscrit plein de courage et d'intégrité qui raconte l'histoire d'un jeune surveillant de station de métro. [...] Il est rempli de vrais Américains. Il est sentimental. Il est violent aux bons endroits. Et au moment où les problèmes du jeune surveillant de métro commencent à être trop fort pour lui, et vont tuer sa foi en l'Humanité et les Petites Gens, sa jeune nièce qui a neuf ans revient de l'école et lui fait un petit cours de philosophie chauvine bien américaine. [...] Avec cette pièce, Monsieur, nous courrons tout droit au succès ! Elle est simple, elle est terre à terre, elle est pleine de contre-vérités, elle est assez banne et assez vulgaire pour plaire à nos illettrés de Promoteurs, à ces rapaces inquiets pour leur Rendement. »

« Prenez garde quand les soi-disant hommes sages apparaîtront à vos yeux en boitant. »

— Chuang Tsu

« Quelques fois, je pense que la connaissance, quand c'est une connaissance accumulée pour le plaisir de connaitre, est ce qu'il y a de pire. Enfin, c'est ce qu'il y a de moins excusable. »

« Je crois que ça ne m'aurait pas mise si as si, de temps en temps, — oui, rien qu'une fois par ci par là —, on laissait entendre, même avec un air contraint et forcé, que la connaissance devrait conduire à la sagesse et que, sinon, c'est une monstrueuse perte de temps. »

« A mon avis, la plupart des choses qui vont de travers dans ce monde viennent des gens qui n'utilisent pas leur véritable ego. »

« Le seul souci d'un artiste doit être de tendre à la perfection selon l'idée qu'il s'en fait lui-même, et non pas selon l'idée que s'en font les autres. Tu n'as aucun droit de te soucier des autres, je te jure. »

Influence[modifier | modifier le code]

Ce roman a inspiré à l'acteur et réalisateur français Mathieu Amalric un court métrage Deux cages sans oiseaux (2007) présenté aux Talents Cannes.

Notes et références[modifier | modifier le code]