Frank Henry (écrivain)
| Naissance |
Paris |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Profession | romancier, cinéaste, musicien |
Frank Henry, né le à Paris, est une ancienne figure du grand banditisme parisien, surnommé « Frankus » ou « l'Armurier »[1]. Après son parcours criminel, il devient écrivain, scénariste, réalisateur, parolier, personnalité publique et musicien[1],[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Frank Henry, après avoir été baladé de nourrices en pension, s'initie à la délinquance à 15 ans, alors que son père travaillait en tant qu'ouvrier. À cette époque là, Frank Henry se consacre à voler des motos puis à les démonter pour en revendre les pièces[1],[3]. Il commet son premier holdup de banque à 17 ans, et empoche 600 000 francs. Il estime avoir commis 70 braquages durant toute sa carrière[4].
Il déclare aussi s'être rendu aux États-Unis et d'avoir entretenu des relations avec la pègre new-yorkaise[1],[3].
Durant les années 80-90, pendant un séjour en prison, il se consacre à des études de musicologie et "comme les diplomes valent des réductions de peine", va jusqu'à la maitrise de musicologie[3],[5]. Il publiera en tout trois romans aux éditions du Cherche Midi[2],[6],[7].
Lassé de sa carrière criminelle, de ses séjours en prison et du folklore du banditisme, Frank Henry se met à l'écriture durant sa dernière incarcération à la Santé, à Paris[2]. Il est immédiatement édité et rencontre un gros succès, notamment avec "Natchave".
Après 21 ans, en plusieurs peines, définitivement libéré, il se consacre à l'écriture de plusieurs séries, dont Commisaire Moulin, Braquo et Engrenages[3],[5],[7]. En 2003, il collabore avec Cédric Klapisch pour son film "Ni pour, ni contre (bien au contraire)"[5]. 8 ans plus tard, il réalise son premier long métrage, intitulé "De force", avec de nombreux acteurs, dont Isabelle Adjani, Thierry Frémont et Eric Cantona[3],[5],[6]. Dans un épisode de Commissaire Moulin, il fait de Johnny Hallyday[3],[4] un gangster archi crédible. Cet épisode fut un très gros succès, sur TF1. En tant que musicien, il fait un album, La Boucle, en 1998. Il compose aussi la chanson chantée par Isabelle Adjani, figurant au générique de son long métrage, De Force[8].
Il déclare vouloir démystifier le romantisme et de l’esthétique du grand banditisme, cependant cela est critiqué par d'anciens membres des forces de l'ordre. Frank Henry dit n'avoir commit "aucun crime de sang" mais reconnait tout de même qu'il a pu traumatiser des gens durant ses braquages[2],[5]. Il dit aussi faire parfois conscience du côté néfaste de la délinquance à d'anciens amis.
D'après lui, c'est la naissance de son fils à 40 ans qui le fait changer de vie. Il dit ne pas vouloir laisser "la délinquance en héritage" à son enfant, chose qu'il explique en 2003, durant son dernier procès[1],[2],[5]. Il déclare plus tard que la mère de son enfant est morte quand son fils était adolescent[2].
Aujourd’hui, il vit de sa plume et se passionne pour la lutherie[4],[8]. Ses guitares sont jouées par Slash, Matthieu Chedid, Renaud et d'autres guitaristes reputés.
Il a écrit et joué un seul-en-scène, Gangster : Ni fier Ni honteux, produit par la société américaine Live Nation, et mis en scène par Jérémie Lippmann[2]. La première a lieu à Paris, au théâtre de Pigalle La Nouvelle Ève, le , pour 3 mois et 3 jours par semaine. Ce show rencontre un large succès. Le propos du spectacle est de démystifier le romantisme et l'esthétique liés au monde de la délinquance professionnelle et du grand banditisme[9] : il fait le tour des grands médias pour la promotion de ce spectacle, dont la critique fut unanimement dithyrambique.
« Dans le Milieu, on s'embrasse au déjeuner et on se "révolvérise" au dîner : cela n'a rien de romantique, je trouve. Les codes du Milieu sont aussi désuets que moyenâgeux et totalement aberrants. Et les us et coutumes des brigands de métier ne sont romantiques et glamour que quand ils sont perçus au travers du prisme déformant qu'est l’œil du romancier, du réalisateur et autre dramaturge. »
Une série, L'Archevêque, est en cours d'écriture, pour un tournage prévu fin 2024, début 2025.[réf. nécessaire]
Commentaires
[modifier | modifier le code]Hervé Lafranque, ex-patron de l'Office central pour la répression du banditisme, dit de lui que deux décennies (21 ans) passées en prison ne sont « rien » au regard des crimes et délits qu'il n'a pas payé :
« Si Henry collectionne les condamnations en correctionnelle et en cour d'assises, c'est surtout le nombre de non-lieux et d'acquittements qui est impressionnant, notamment dans des affaires sensibles de règlements de comptes. »
Quant aux rumeurs journalistiques, comme policières, rapportant qu'il fut l'un des parrains de la Capitale, Frank Henry répond avec humour « qu'il n'en fut même pas la marraine… »[4]. Fait rare, Henry est passé cinq fois devant la cour d'assises. Pour un total de 55 ans de condamnations. Par le jeu des confusions de peines et des remises de peines, il ne fera "que" 21 ans de détention.
Filmographie
[modifier | modifier le code]- Ni pour ni contre (bien au contraire) : conseiller à l'écriture du scénario de Cédric Klapisch, sorti en salles en 2003[3].
- Commissaire Moulin (série TV) : scénariste de l'épisode Kidnapping avec Johnny Hallyday, diffusé en 2005 sur TF1[2].
- Braquo : coscénariste de la série policière réalisée par Olivier Marchal, Canal +, 2009[3].
- Engrenages : coauteur, saison 4. Canal+
- La Leçon d'argot de Mr Riton : auteur-réalisateur, avec les acteurs Simon Abkarian et Roger Knobelspiess, ABOG Production, 2011
- De force : auteur-réalisateur, un long métrage avec Isabelle Adjani, Éric Cantona, Simon Abkarian, Thierry Frémont, Anne Consigny et Linh Dan Pham, Marilyn Productions, Studio 37 et Iris Productions, sorti le [3].
Musique
[modifier | modifier le code]- Auteur compositeur interprète de La Boucle, album de blues, sorti en 1998, entre deux peines de prison
- Auteur et compositeur de Tomber, chanson interprétée par Isabelle Adjani pour le générique de fin du film De force[8]
Publications
[modifier | modifier le code]- Aux éditions Le Cherche midi
- Auteur :
- Mauvaises nouvelles du milieu, Paris, 2004
- Natchave !, Paris, 2004
- Neuf et trois onze, Paris, 2006
- Directeur de collection :
- Antonio Ferrara de Mathieu Suc et Brendan Kemmet
- L'Avocat à abattre et Numéro écrou 31208 de Karim Achoui
- Les Petits Papiers de Daniel Stilinovic
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « INVITÉ RTL - "À 16 ans, je gagnais plus d'argent que mon père" : un ex-braqueur se confie », sur www.rtl.fr, (consulté le )
- Alice Clavier, « Frank Henry, seul en scène : «La vie de gangster n’a rien de glamour» », sur Le Figaro, (consulté le )
- « Frank Henry, un ancien "gangster ni fier ni honteux" sur scène », sur France Inter, (consulté le )
- « "J'ai passé 21 ans en prison en les assumant" : ancienne figure du grand banditisme, Frank Henry se raconte sur scène », sur Franceinfo, (consulté le )
- « « Cette vie n’a rien de rigolo » : 70 hold-ups, 21 ans de prison et du théâtre… L’étonnant parcours d’un bandit repenti », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- Yeni Şafak, « De la prison à la scène, l'étonnant parcours de Frank Henry, bandit repenti | Cinema-TV », sur Yeni Şafak (consulté le )
- La-Croix.com, « De la prison à la scène, l'étonnant parcours de Frank Henry, bandit repenti », sur La Croix, (consulté le )
- « Interview du réalisateur Frank Henry pour le film De force Cinealliance.fr », (consulté le )
- ↑ Valentine Rousseau, « Frank Henry, du braquage à la scène : "La criminalité n’est ni romantique ni glamour" », sur leparisien.fr, .
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Il apparaît dans Franking off de l'ancien commissaire de police Michel Lepoix, « recueil de poésie urbaine faisant référence au tournage du film De force (2011) sur lequel ils ont travaillé ensemble. » Éditions Publibook, 2014, 44 p., présentation sur books.google.fr.
Liens externes
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