Franciscus Bossinensis

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Franciscus BossinensisFranjo Bosanac, Franjo de Bosnie

Naissance
Bosnie
Décès
Activité principale Compositeur, luthiste
Style musique de la Renaissance
Lieux d'activité Venise, Drapeau de la République de Venise République de Venise

Œuvres principales

Tenori e contrabassi intabulati col sopran in canto figurato per cantar e sonar col lauto

Franciscus Bossinensis (1485 - 1535[1],[2]), également appelé Franjo Bosanac, Franjo de Bosnie ou Francis the Bosnian en anglais[3],[4],[5],[6], est un compositeur et luthiste de la Renaissance actif à Venise et ses environs[1] au début du XVIe siècle.

Origine[modifier | modifier le code]

On ne sait rien de Bossinensis, de son pays d'origine et de l'endroit où il s'est formé : on ne sait pas s'il est originaire de Croatie ou de Bosnie[3].

Certains spécialistes le considèrent comme croate, comme Josip Andreis qui écrit dans son ouvrage Music in Croatia (1974) : « Les ricercars de Bossinensis sont également importants comme le premier exemple connu de musique instrumentale publiée, composée par un artiste croate »[7].

D'autres spécialistes considèrent Bossinensis comme un bosnien, tels Zija Kučukaliċ qui écrit : « la personne la plus intéressante dans cette période de la musique bosnienne était Franjo Bosanac (Franciscus Bossinensis) »[8] ou Dragutin Plamenac, qui a supposé que Bossinensis était à l'origine un franciscain de Bosnie ou le musicien de cour d'un roi bosnien[5].

Ennio Stipčeviċ, enfin, combine les deux points de vue : « L'hypothèse que Francis le Bosnien — comme son nom apparaît dans la littérature de référence — était un croate bosnien est très plausible »[9]. Ce que Bojan Bujic reformule comme suit : « On peut supposer qu'il appartenait à la vague de réfugiés bosniens qui s'établit en Dalmatie et en Italie à la fin du XVe siècle »[10].

Carrière[modifier | modifier le code]

Malgré ses origines slaves, Franjo Bosanac (qui n'utilisait que la forme latinisée de son nom, Franciscus Bossinensis) appartient clairement à l'histoire de la musique de la Renaissance du nord de l'Italie par son activité à Venise et par le rôle qu'il a joué dans la maison d'édition de l'éditeur vénitien Ottaviano Petrucci[3].

Il est engagé par Petrucci pour transcrire des centaines de frottole (chansons polyphoniques populaires) que Petrucci avait déjà publiées dans leur forme originale et pour les arranger pour voix solo et accompagnement de luth[3],[11].

En 1509 et 1511, il publie deux recueils de musique pour luth, qui figurent parmi les premiers livres de musique pour luth imprimés de l'histoire, publiés par Ottaviano Petrucci, juste après les recueils de Francesco Spinacino (deux livres en 1507), de Joan Ambrosio Dalza (1508) et de Giovan Maria Giudeo (1508) (recueil perdu)[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les recueils de Bossinensis, tous deux intitulés Tenori e contrabassi intabulati col sopran in canto figurato per cantar e sonar col lauto[4],[13],[11],[14], sont les premières éditions connues pour chant et luth[13].

Ces recueils comprennent 126 frottole, chansonnettes à quatre voix de Bossinensis et d'autres compositeurs comme Marchetto Cara et B. Trombocino[14],[15], que Bossinensis transcrit pour voix seule et auxquelles il ajoute un accompagnement au luth, ainsi que 46[15] courts ricercars, petites pièces pour luth seul destinées à être jouées avant ou après les chansons[12],[13].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Ronn McFarlane et Julianne Baird : The Italian Lute Song - label Dorian Sono Luminus (1996)
  • Christopher Wilson et Shirley Rumsey : Early Venetian Lute Music - label Naxos (1999)
  • Massimo Marchese et Teresa Nesci : Petrarca ed il cantare a liuto - label Tactus (2004)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Naxos
  2. IMSLP
  3. a, b, c et d (en) Bojan Bujic, "Navigating through the Past": Issues Facing an Historian of Music in Bosnia, Magdalen College, Oxford, 2006, p. 72-73.
  4. a et b Kres̆imir Kovac̆ević, Janine Matillon, Dix siècles de musique croate, Zadruz̆na s̆tampa, p. 27.
  5. a et b (en) The Lute : The Journal of the Lute Society - Volume 46, Lute Society, 2008, p. 48-49.
  6. (en) International Review of the Aesthetics and Sociology of Music, Volume 37, Press Inst. of the Yugoslav Academy of Sciences and Arts, 2006, p. 72-73.
  7. (en) Josip Andreis, Music in Croatia, Zagreb, 1974, p. 31 (cité par Bojan Bujic, p. 72-73)
  8. (en) Zija Kučukaliċ, The Development of Musical Culture in Bosnia and Herzegovina, Sarajevo, 1967, p. 27 (cité par Bojan Bujic, p. 73)
  9. (en) Ennio Stipčeviċ, Hrvatska glazba, Zagreb, 1997, p. 53 (cité par Bojan Bujic, p. 73)
  10. (en) Bojan Bujic, Bosnia and Hercegovina: Art Music, in The New Grove Dictionary of Music and Musicians, éditeur S.Sadie, Londres et new York, 2001, Volume 3.
  11. a et b (en) Jeffery T. Kite-Powell, A Performer's Guide to Renaissance Music, Indiana University Press, 2007, p. 228.
  12. a et b (en) Matthew Spring, The Lute in Britain: A History of the Instrument and Its Music, Oxford University Press, 2001, p. 33.
  13. a, b et c Le chant au luth au 16e siècle-Une sélection, christine-gabrielle.ch
  14. a et b (en) Donald C. Sanders, Music at the Gonzaga Court in Mantua, Lexington Books, 2012, p. 45.
  15. a et b (en) Hannu Annala, Heiki Mätlik, Handbook of Guitar and Lute Composers, Mel Bay Publications, 2010, p. 24.

Liens externes[modifier | modifier le code]