Francis Doublier

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Francis Doublier
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Biographie
Naissance
Décès
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Fort LeeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Francis Doublier est un opérateur français de cinéma né à Lyon le 11 avril 1878 et décédé à Fort Lee, New Jersey (États-Unis) le 2 février 1948. Il fut un des premiers reporters du cinéma (avec Alexandre Promio, Félix Mesguich et Marius Chapuis).

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Alors qu'il a douze ans, le père de Francis Doublier décède accidentellement, écrasé par une voiture à cheval[1] et le garçon doit chercher du travail. Il entre comme apprenti aux Usines Lumière, où il nettoyait les cuves et rinçait les pots[2].

Âgé de dix-sept ans, il participe à la séance cinématographique privée donnée le 22 mars 1895 par Louis Lumière à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale située à Paris, puis assiste le chef mécanicien Charles Moisson et l'opérateur de projection Ducom lors de la première séance publique au Salon Indien du Grand Café le 28 décembre de la même année[3].

Doublier fait également office de figurant dans les premiers films de Louis, notamment dans la célèbre sortie des Usines Lumière, où il passe deux fois sur son vélo devant la caméra[4].

Le Grand Reporter[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1895, il est envoyé en Espagne où il filme des corridas. Fidèle aux recommandations de Louis Lumière, Francis Doublier ne se sépare jamais de sa caméra, la plaçant sous son oreiller lorsqu’il dort.

Doublier fut employé ensuite par Louis Lumière pour enrichir les programmes des salles de cinéma et fut envoyé à cet effet partout en Europe pour ramener ce que furent les premiers reportages vidéo. Il filma notamment le couronnement du Tsar Nicolas II le 26 mai 1896 à Moscou avec Charles Moisson.

Il se rendit aussi à Bruxelles en 1896 où il ouvrit une salle de projection du cinématographe qu'il exploita lui-même[5], puis à Amsterdam où il fit de même. Il se rendit compte alors de la force hallucinatoire du cinématographe : Partout, le directeur prévenait les spectateurs avant de leur présenter pour la première fois des vues animées. Il les rassurait en attestant que les chevaux ne galoperaient pas follement sur leurs têtes et que la locomotive ne tomberait pas de l'écran pour les écraser dans la salle.

Francis Doublier est l'un des opérateurs qui voyagent le plus dans le monde entier pour collecter des images : il va à Munich, Berlin, Varsovie, Saint-Pétersbourg, où il est rejoint par Félix Mesguich, autre pionnier opérateur de Louis Lumière[6]. "J'allais dans toutes les villes du monde où il y avait l'électricité".

L'Amérique[modifier | modifier le code]

De retour de ses longs voyages, Doublier est en France en 1900 et en profite pour filmer l'Exposition universelle.

Sur l'insistance de Louis Lumière, il part ensuite pour les États-Unis en 1902 et crée à Burlington, dans le Vermont, une fabrique de matériel photographique, filiale des usines Lumière.

Il passera le restant de sa vie en Amérique, n'abandonnant jamais le cinéma et travaillant notamment pour Alice Guy Blaché[7] chez Solax à Fort Lee (New Jersey) de 1911 à 1916 comme directeur technique. Ensuite, il travailla dans la filiale des laboratoires Éclair de Fort Lee, puis participa à la construction des studios Paragon et Éclipse. En 1919 Doublier est directeur général de Palissade Films, puis passe chez Hirlagraph jusqu'en 1927 et termina sa carrière professionnelle chez Pathé à Bound Brook[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G-Michel Coissac, Histoire du cinématographe, de ses origines à nos jours, Éditions du Cinéopse, Paris, 1925.
  • Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, Flammarion, Paris, 1949.
  • Auguste Lumière, Mes travaux et mes jours, Éditions La Colombe, Lyon, 1953.
  • Georges Sadoul, Louis Lumière, Éd. Pierre Seghers, Paris, 1964.
  • Alice Guy Blaché, Autobiographie d'une pionnière du cinéma, présentée par Musidora, Denöel/Conthier, Paris, 1976.
  • Jacques Rittaud-Hutinet, Le cinéma des origines - Les Frères Lumière et leurs opérateurs, Champ Vallon, Lyon, 1985.
  • Bernard Chardère, Lumières sur Lumière, Institut Lumière/Presses universitaires de Lyon, 1987.
  • Jacques Rittaud-Hutinet, Auguste et Louis Lumière - Correspondances 1890/1953, Cahiers du cinéma, 1994, préface de Maurice Trarieux-Lumière.
  • Bernard Chardère, Au pays des Lumière, Institut Lumière/Actes Sud, Lyon, 1995.
  • Jacques Rittaud-Hutinet, Les Frères Lumière - l'invention du cinéma, Flammarion, Paris, 1995.
  • Bernard Chardère, Le roman des Lumière, Gallimard, Paris, 1995.
  • Olivier Perrin, La Fondation nationale de la photographie, Entpe Aléas, Lyon, 2001.
  • Michel Faucheux, Auguste et Louis Lumière, Gallimard, Paris, 2011, Coll. Folio biographies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Chardère, Le roman des Lumière, Gallimard, Paris, 1995, p. 41.
  2. Jacques Rittaud-Hutinet, Le Cinéma des origines, Éditions Champ Vallon, 1985, p. 150.
  3. P. Gilson, L'Écran français no 25, décembre 1945, p. 5.
  4. Témoignage d'Hélène Muller-Bessenay, arrière petite-fille de Francis Doublier, recueilli le 29 juillet 2015 à Lyon, confirmé par Bernard Chardère dans son ouvrage Le roman des Lumière, p. 293.
  5. Bernard Chardère, op. cit., p. 398.
  6. Jacques Rittaud-Hutinet, op. cit., p. 157.
  7. Doublier acquit la maison d'Alice lorsque celle-ci partit en Californie rejoindre son mari après la faillite de Solax.
  8. Jacques Rittaud-Hutinet, op. cit., p. 159 note 11.