Francis Dhanis

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Francis Dhanis
Ernest, Joseph, Marie
image illustrative de l’article Francis Dhanis

Naissance
Londres
Décès
Bruxelles
Allégeance Drapeau de la Belgique Belgique
Grade Capitaine-Commandant
Années de service 1884-1900
Conflits Campagnes de l'État indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis

Le baron Francis Dhanis est un vice-gouverneur général du Congo, capitaine-commandant de l'Armée belge, né le 11 mars 1862 à Londres d'une mère irlandaise et d'un père belge et mort à Bruxelles le 16 novembre 1909.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né en Angleterre d'une mère irlandaise, Francis Dhanis est belge par son père, descendant d'une vieille famille Anversoise, qui exerçait les fonctions de consul à Londres. De retour assez tôt en Belgique, le jeune Francis continue à Saint-Nicolas-Waes les études primaires commencées en Angleterre. De cette enfance britannique, il conservera toute sa vie un léger accent anglais qui lui vaut, au collège, le surnom de John.

À son adolescence, il se révèle déjà passionné par l'Afrique et lit les rapports des premiers explorateurs du Congo. Petit-fils d'Antoine Dhanis qui a parcouru l'Europe comme officier de Napoléon, et fils de consul qui a passé sa lune de miel en Australie, il devait naturellement avoir le goût de l'aventure. En 1880, il s'engage à peine âgé de 18 ans et, deux ans plus tard, le 28 avril 1882, il entre à l'École militaire qu'il quitte en 1884 avec le grade de sous-lieutenant. Quand Léopold II, alors roi des Belges, fait appel à des officiers de son armée pour aller occuper le centre de l'Afrique. Le but officiel était d'y combattre l'esclavagisme pratiqué par les Arabo-Swahilis, des Noirs musulmans communément appelés "Arabes" [1].

Dhanis au Congo[modifier | modifier le code]

Gravure de Dhanis, le "vainqueur des Arabes" en Afrique.

1885-1894[modifier | modifier le code]

Le 19 octobre 1884, Francis Dhanis quitte la Belgique pour la première fois et fait partie de la 5e expédition de l'Association internationale africaine. La mission est de former à Zanzibar une colonne afin de pénétrer en Afrique centrale par la côte orientale. L'expédition poursuit son organisation dans l'île pendant un an. Mais, avant qu'elle ne soit prête, la Conférence de Berlin pousse le Gouvernement belge à abandonner ses projets et l'expédition est rappelée en Belgique le 24 mai 1885. Rentré en Belgique, Dhanis est provisoirement attaché à l'Administration centrale en attendant un nouvel ordre de départ.

Il repart le 28 avril 1886. Ses premières lettres laissent paraître sa déception, ses premières occupations restant du travail de bureau : au jeune lieutenant qui rêvait d'action et d'initiative, on assigne un poste de secrétaire, et c'est en cette qualité qu'il accompagna d'abord Coquilhat dans ses déplacements en Afrique. Lorsque celui-ci contraint de rentrer en Europe pour raisons de santé, Dhanis est adjoint à Van Kerckhoven, près de qui il conserve les mêmes fonctions pendant plus d'un an.

Quand Van Kerckhoven, doit descendre à Boma, il laisse à son adjoint la direction du territoire des Bangalas, qu'il commandait alors. Quand il revient quelque temps après, il apporte l'ordre d'installer à Basoko un camp retranché et d'occuper les points importants qui permettraient d'assurer la sécurité de la navigation sur le Haut-Congo. Van Kerckhoven confie cette mission à Dhanis, qui reçoit le commandement d'une avant-garde. Avec 120 Noirs et 5 Blancs, il accomplit sa mission en un temps record. À la fin de terme en juin 1889, Dhanis remet à Ponthier le commandement de son secteur.

Rentré en Belgique très bien noté, il est aussitôt reçu en audience par le Roi, toujours avide d'interroger lui-même ceux qui veillent à ses intérêts en Afrique.

Il retourne au Congo au printemps de l'année suivant en tant que commissaire de district de première classe et est chargé de poursuivre l'exploration du Kwango méridional et oriental. Explorer le pays signifie en fait l'occuper militairement pour l'exploiter économiquement. En un peu plus d'un an, il parvient à imposer l'autorité de l'État indépendant sur un territoire huit fois plus grand que la Belgique en imposant des traités d’alliance aux chefs noirs soumis.

À la fin de 1891, il se rend à Lusambo pour succéder à Paul Le Marinel. De son poste d'observation, il constate que les "Arabes" esclavagistes se livrent à des empiétements de plus en plus importants au delà de la frontière tracée par le cours de la Lomami. Il signale le fait en haut lieu, mais le caractère sérieux de la situation échappe tant à Boma qu'à Bruxelles, qui veut éviter à tout prix une conflagration avec les Arabes. Lorsque les préparatifs de Gongo Lutete, l'un des principaux auxiliaires des Arabes, se confirment, Dhanis décide d'attaquer. Entre le 23 avril et le 12 mai, Il remporte trois victoires qui entraînèrent la soumission de toute la région comprise entre le Sankuru et la Lomami et la reddition de Gongo Lutete qui offrit à son ancien ennemi l'aide de sa propre armée. Lupungu et Kolomani suivirent son exemple, portant ainsi les troupes de Dhanis à 6 000 hommes.

C'est alors que sont assassinés Hodister, Emin, Lippens et De Bruyne.

En dépit de l'opposition du Gouvernement, Dhanis décide : « Au lieu d'attendre la guerre, nous devons, avant d'être débordés, tenter l'attaque ! ».

Le 21 novembre, les Arabes ayant franchi la Lomami, Dhanis jette toutes ses forces sur l'autre rive. Il va ainsi poursuivre son action, agissant toujours d'initiative personnelle, « non seulement sans instructions, mais contrairement aux instructions du Gouvernement  », écrit-il alors que commence le siège de Nyangwe qui tombe le 4 mars à 4 heures de l'après-midi. Mais la poursuite de l'ennemi battu n'est pas possible : la fatigue d'une campagne qui dure depuis un an et la pénurie de munitions forcent Dhanis à rester sur place. Il en profite pour consolider la position et pacifier les environs.

Quand arrivent des renforts, il se met en marche vers Kasongo où se sont concentrés les Arabes. La ville est enlevée le 22 avril. Faute d'effectifs suffisants, durant les mois qui suivent, il doit se cantonner dans un rôle d'administrateur

Il est ensuite invité à poursuivre sa route vers le Tanganika et reçoit, pour ce faire, des renforts amenés par le commandant Ponthier. Quant celui-ci arrive, après avoir écarté tous ceux qui tentent de lui barrer la route, les vaincus des derniers combats se sont regroupés et préparent, sous les ordres de Rumaliza, une attaque contre les troupes de l'Etat. Suivant son habituelle tactique, le commandant va au-devant de l'ennemi, qu'il trouve fortement retranché. Afin d'épargner son personnel, dont les rangs sont décimés, tant par les combats que par une épidémie de variole qui sévit depuis plusieurs mois, il préfère l'assiéger, jusqu'à l'arrivée du commandant Lothaire à la tête d'une colonne. Ils décident d'une attaque en force appuyée par le tir d'un canon de campagne. Celui-ci est mis en place la veille ; quand ils veulent vérifier son fonctionnement le coup d'essai met par chance le feu à l'habitation de Rumaliza et, un vent violent soufflant à ce moment propage rapidement l'incendie, semant l'épouvante parmi les Arabes et favorisant la réussite de l'assaut livré à cet instant .

Tandis que Lothaire continue la poursuite de l'ennemi en direction du Tanganika, Dhanis regagne Kasongo. La campagne est pratiquement terminée, elle aura duré deux ans et demi.

Dhanis quitte Boma en septembre 1894, tandis qu'Anvers et Bruxelles préparent des fêtes pour saluer son retour, et que le Roi lui accorde le titre de baron.

1896-1900[modifier | modifier le code]

Il retourne au Congo en 1896 en qualité d'inspecteur d'État, de Vice-Gouverneur général et investi du commandement supérieur de la province orientale. Sa mission consiste à occuper effectivement, sur le Haut-Nil, l'enclave de Lado, concédée à bail au roi Léopold II de Belgique depuis 1894.

Arrivé Congo, Dhanis s’occupe de l'organisation de son corps expéditionnaire. À Nyangwe et à Kasongo, il ne trouve que confusion et désordre dus au départ de Doorme qui a dû rentrer en Europe pour raisons de santé. Dhanis ne peut retirer de là que quelques centaines de soldats au lieu de la troupe qu'il espérait. De plus, Bruxelles brusque le départ de l'expédition. Le commandant rassemble donc en hâte les effectifs qui lui restent après avoir dû en détacher une partie pour aller réprimer, à Luluabourg, des troubles provoqués par les Batetelas de Gongo Lutete, qui se sont révoltés à la suite de l'exécution de leur chef. Une base du corps expéditionnaire est cantonnée aux Stanley-Falls, d'où doivent partir les hommes sous le commandement de Dhanis ; une autre colonne, sous la direction de Chaltin, doit se diriger sur Ndirfi, en partant des Uele, et y attendre l'arrivée de la troupe Dhanis, pour continuer ensuite avec elle la marche, vers la frontière proche.

L'avant-garde de Dhanis, dirigée par le commandant Leroi, se met en route le 30 septembre. Mais les difficultés de la marche dans la forêt tropicale, la chaleur accablante, la crainte et l’hostilité de la population ainsi que la pénurie de vivres, de guides et de porteurs provoquent des désertions. Les exigences d'une marche forcée, la discipline sévère imposée par le commandant Leroi entraînent une révolte : le 14 février 1897, lors de l'appel du soir, les soldats se ruent sur leurs officiers et les massacrent. La révolte s’étend rapidement.

Lorsque le baron Dhanis, qui se trouve à l'arrière avec le gros des troupes, apprend ces événements, il hâte sa marche en vue de protéger Irumu, où se trouve entreposé un gros approvisionnement de cartouches. Mais dès le premier contact avec les révoltés, la majorité des soldats passe aux insurgés. La bataille s'achève en une retraite précipitée des survivants, une poignée de soldats restés fidèles et quelques Blancs, dont le propre frère du commandant, qui, gravement blessé au cours de la lutte, meurt quelques jours plus tard.

Devant l’échec de sa mission, le baron Dhanis, épuisé de fatigue et miné par les fièvres, rejoint à Avakubi le commandant Henri qui vient d'arriver avec un petit contingent d'hommes.

Ensemble, ils décident qu'Henri fera face aux révoltés en cet endroit, pendant que Dhanis s'occuperat de rassembler de nouvelles troupes en vue d'une action ultérieure en direction de Nyangwe et Kasongo. Henri disperse les mutins qui refluent vers le sud.

Mais les mutins, tantôt se dispersant, tantôt se regroupant, trouvent des complices dans la population. Il se réfugient dans la région, très montagneuse et boisée des environs du lac Kivu, qui leur offre des ressources précieuses pour l'organisation d'une guérilla, obligeant Dhanis à user de maints expédients pour maintenir la discipline tant dans la troupe que chez les Blancs

La campagne, commencée après la révolte de 1897, se termine par les victoires de Baraka les  8 et 9 octobre 1899, et de Kaboge, le , bataille au cours de laquelle succombe Changuvu, principal leader des révoltés. Enfin, le 16 octobre, Uvira tombe aux mains des hommes du Gouvernement.

Le gouverneur s’attache alors à rétablir au plus vite une vie normale dans ces régions bouleversées depuis trop longtemps par cette période de troubles. Mais son plus grand désir est de rentrer en Belgique pour y fonder un foyer[1].

Durant son séjour, Dhanis fut surnommé "Fimbo miyingi" (beaucoup de coups de fouet) par la population locale.[réf. nécessaire]

Retour en Belgique[modifier | modifier le code]

Dhanis revient en Belgique en 1899. Peu après son retour, il épouse la baronne Estelle de Bonhomme. Le couple a trois garçons. Dhanis est attaché à l'Institut cartographique et dispensé du service actif à l'armée. Tout semble indiquer que sa carrière africaine est terminée. Mais le , le gouvernement le désigne comme délégué au Conseil d'Administration de la Compagnie des Chemins de fer du Congo Supérieur aux Grands-Lacs. Vers le même moment, l'Anglo-Belgian India Rubber Company (Abir) lui offre un poste de conseiller technique qu'il finit par accepter sous la pression personnelle de Lépold II. Et c'est pour le compte de cette société que, le 21 avril 1904, il part à nouveau pour le Congo, afin d'y procéder à une inspection. Sa mission terminée, il rentre en Belgique à la fin de la même année. Sa vie officielle est désormais terminée.

En septembre 1906, fatigué par d'incessants accès de fièvre qui le minent depuis ses années africaines, il quitte l'armée.

Le 13 novembre 1909, à 1 h 30 du matin, miné par une implacable septicémie, il s'éteint à l'âge de 47 ans[1]. Il est inhumé au cimetière de Saint-Josse-ten-Noode.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]











Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Inst. roy. colon. belge, Biographie coloniale belge, T. I, (lire en ligne), col. 311-326

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]