Francis Affergan

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Francis Affergan
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Francis Affergan est un anthropologue français, né à Oran le , spécialiste de la Martinique et des cultures créoles. Il a publié plusieurs ouvrages de réflexion sur l'anthropologie, son objet, ses méthodes[1]. Il est aussi poète.

Il est professeur à La Sorbonne (Université Paris Descartes) et membre fondateur du Canthel - Centre d'anthropologie culturelle[2] (EA 4545 - CANTHEL[3]) de l'Université Paris Descartes.Il est en outre Professeur invité à l'Université de Princeton(New-Jersey, U.S.A.)

Il a publié entre autres, Martinique : les identités remarquables. Anthropologie d’un terrain revisité (Paris, PUF, 2006)[4], et Le moment critique de l'anthropologie (Paris, Hermann, 2012).

Francis Affergan dirige avec Erwan Dianteill, Cargo[5] - Revue internationale d'anthropologie culturelle et sociale..

Anthropologie de la Martinique[modifier | modifier le code]

Francis Affergan a commencé son terrain[pas clair] en Martinique en 1972 et il l’a achevé en 2011. 

Après avoir étudié différents aspects de la société et de la culture martiniquaises, dont les combats de coqs, la sorcellerie, les modalités de la parole politique, les commérages, le carnaval, le sort réservé à la minorité indienne, il est parvenu à élaborer diverses catégories susceptibles de rendre compte d’une situation dont l’originalité le dispute à la complexité. Parmi celles-ci, le concept d’auto-domination afin de souligner le caractère désiré d’une société d’enfermement, indique qu’une logique d’acceptation de la loi française et de la citoyenneté est venue brouiller tout le paysage historique[réf. nécessaire].

La discipline anthropologique[modifier | modifier le code]

Le second volet des recherches que Francis Affergan a entreprises depuis une quarantaine d’années consiste en une réinterrogation des fondations de la discipline anthropologique. Il s’est demandé sur quels paradigmes la discipline s’était constituée. Par exemple, faute d’archives concernant de nombreuses sociétés, comment utiliser le traitement historique nécessaire à l’évaluation du problème de la temporalité qui y est à l’œuvre ? Or dans ces sociétés, le temps n’a pas toujours le statut d’objet historique.

Deuxième exemple, la catégorie de croyance, qui se trouve au fondement de la vie sociale et culturelle, et qui constitue, en cela, le noyau rigide des enquêtes, n’est pourtant révélée ni par l’observation ni même par les entretiens. Un tel obstacle ne pose pas que des problèmes d’ordre méthodologique, mais interroge aussi l’objectif épistémologique de l’anthropologie.

La question de la description pose, quant à elle, le redoutable problème de savoir si tout monde est descriptible et si tous les mondes donnés sont observables.

La difficulté que rencontre l’anthropologie à se constituer en science sociale relève sans doute de la question du statut des sujets dont elle examine les conduites et les récits. Un sujet relève-t-il d’une logique distributive ou collective ? Son unité tient-elle de son identité auto-attributive ou hétéro-attributive ? Et comment passer du « je » au « nous » et, de là, comment réintégrer le sujet ?

Enfin, Francis Affergan est en train de travailler sur l’hypothèse d’un dépassement de la logique symbolique qui a présidé à la constitution de l’anthropologie comme discipline en mesure de rendre compte des mécanismes représentatifs des mondes étudiés. Dans cette perspective, il avance une double hypothèse. N’y a-t-il pas des domaines où une logique de la présence serait à même de dépasser la logique symbolique du double monde, par exemple en anthropologie de l’art ? Mais, simultanément, il réfléchit à l’édification d’une logique de l’intentionnalité qui ne se réduirait pas à la visée de l’objet, mais plutôt à son intention, les choses sociales et culturelles ayant un sens (Sinn) mais pas nécessairement une référence (Bedeutung).[réf. nécessaire] Dans cette perspective, il fera paraître en Novembre 2020 un ouvrage sur le croisement entre les langues poétique et anthropologique autour de la notion de présence(Editions du CNRS)

Il se propose aussi de redécouvrir la notion d'altérité, sous un autre angle que celui, moral ou politique, qui a cours aujourd'hui. Si elle n'est que la conception d'une différence entre soi et l'autre, alors elle ne permet pas de découvrir l'autre en dehors de soi. Mais si elle devient un double mouvement dans un processus de réflexivité (socio-anthropologie), soi étant autre, autre étant autre, elle devient une réciproque, une interaction. Cette réciproque permet de redonner un caractère scientifique à l'étude, démarche qui n'est plus celle d'un observateur qui surplomberait son sujet d'étude[6]. En d'autres termes, le concept d'altérité n'a de sens et d'intérêt que s'il ouvre des mondes possibles, non compris dans la logique sémantique du langage. Autrui n'est ni le non-moi singulier ni le non-moi que je porte en moi, comme la psychanalyse le prétend. Autrui n'est personne en particulier, mais seulement une possibilité indéterminée qui me permet de penser le reste des mondes. L'altérité serait une figure du sens mais non de la signification., une condition de possibilité en quelque sorte.[réf. nécessaire]

Un Colloque international- "Penser l'exotisme, l'altérité et la pluralité des mondes.Anthropologie, Philosophie, Poésie"- lui a été consacré en mai 2015 à l'Institut d'Etudes Avancées et au Musée du Quai Branly. Les Actes ont paru en 2016 dans la Revue Cargo (n° Hors-Série) sous l'intitulé: "L’œuvre de Francis Affergan. Une Anthropologie des Traverses".

Poésie[modifier | modifier le code]

Parallèlement à toutes ces activités, Francis Affergan a publié trois séries de poèmes dans la revue Po&sie (numéro 127 en 2009 numéro 141 en 2012 et numéro 150 en 2015).

En 2015, il a publié un recueil de poésies intitulé Souffle accouru (Paris, Belin, 187 pages, Préface de Michel Deguy), dans lequel il tente de proposer un nouveau langage anthropologique.

Il vient de publier Ressui, un long texte de 18 poèmes, dans le n° 169 de la revue Po&sie(Décembre 2019).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1983, Anthropologie à la Martinique, Paris, Presses de la Fondation des Sciences Politiques.
  • 1987, Exotisme et Altérité, Paris, Presses Universitaires de France.
  • 1991, Critiques anthropologiques, Paris, Presses de la Fondation des Sciences Politiques.
  • 1997, La pluralité des mondes, Paris, Albin Michel.
  • 1999, (sous la dir. de), Construire le savoir anthropologique, Paris, Presses Universitaires de France.
  • 2002, Direction d'un n° d'Ethnologie française consacré aux "Outre-Mers : statuts, cultures, devenirs", Oct.-Dec.2002-4, Tome XXXII(Paris, P.U.F.)
  • 2003, (et alli), Figures de l’humain, Paris, Éditions de l’EHESS.
  • 2006, Martinique. Les identités remarquables, Paris, Presses Universitaires de France.
  • 2007, "L'anthropologie cognitive existe-t-elle?" dans L'Homme, Revue française d'Anthropologie, n°184, Oct-Dec 2007:pp.85-106' '(Paris,Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
  • 2012, co-direction (avec E.Dianteill) du volume 62/2012-N°1 de l'Année sociologique consacré à Sociologie et Anthropologie. Convergences, croisements et dissonances (Paris, P.U.F.)
  • 2012, Le moment critique de l’anthropologie, Paris, Éditions Hermann.
  • 2015, Souffle accouru, Poésies, Paris, Belin(préface de Michel Deguy)
  • 2015, Coordonnateur(avec Erwan Dianteill) du n°53-2/2 de la Revue européenne des sciences sociales", Les symboles et les choses
  • 2019 Ressui, 18 poèmes, dans Po&sie, n°169, décembre 2019.
  • 2020 Anthropologie et poésie. L'effondrement du symbolique, Paris, Ed. du CNRS

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. PUF
  2. site du Centre d'anthropologie culturelle - Canthel (Université Paris Descartes Sorbonne)
  3. Présentation institutionnelle du Centre d'anthropologie culturelle – Canthel (université Paris Descartes Sorbonne)
  4. Chanson, Philippe, « Francis Affergan, Martinique  : les identités remarquables. Anthropo... », sur revues.org, L’Homme. Revue française d’anthropologie, Éditions de l’EHESS, (ISSN 0439-4216, consulté le 16 septembre 2020), p. 242–245.
  5. http://www.canthel.fr/cahiers-du-centre-d-anthropologie,20.html
  6. Marie-Madeleine Bertucci, « Place de la réflexivité dans les sciences humaines et sociales : quelques jalons », Cahiers de sociolinguistique,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]