Francine Descartes

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Francine Descartes
Biographie
Naissance
Décès
Père

Francine Descartes (19 juillet 1635, Deventer - 7 septembre 1640, Amersfoort) est la fille de René Descartes.

Biographie[modifier | modifier le code]

La mère de Francine est Helena Jans van der Strom[1], une servante de Thomas Sergeant, libraire et associé de Descartes, lequel a logé chez lui lorsqu'il est venu à Amsterdam le 15 octobre 1634. Quand Descartes est rentré à Deventer, l'hiver venu, Helena l'a accompagné. Bien que Francine ait par la suite été qualifiée d’enfant illégitime, son baptême à Deventer le 7 août 1635 a été enregistré parmi les naissances légitimes. Helena est demeurée officiellement la servante de Descartes et lui-même présentait Francine comme sa nièce, mais toutes deux ont partagé sa vie. Dans un écrit de 1640, il prévoit d'emmener sa fille en France pour qu'elle y apprenne la langue et s'instruise[2], mais Francine est morte de la scarlatine avant l'exécution de ce projet, à l'âge de cinq ans. Selon Russell Shorto (en), l'expérience de la paternité et de la perte d'un enfant a entraîné un tournant dans le travail de Descartes, dont les préoccupations sont passées de la médecine à la quête de réponses universelles[2].

Helena est la seule compagne féminine qu'on connaisse à Descartes et tous les deux semblent être restés proches après la mort de Francine. Helena a peut-être suivi Descartes dans ses déménagements ultérieurs, en particulier en 1643 à Egmond-Binnen. C'est là qu'elle a épousé en 1644 l'aubergiste Jan Jansz van Wel. Les actes notariés retrouvés par Jeroen van de Ven montrent que c'est Descartes qui a fourni la dot de 1 000 florins pour ce mariage[1],[2]. Lui-même devait rester à Egmond-Binnen jusqu'en 1649, soit la plus longue période qu'il ait passée dans le même lieu de résidence au cours de sa vie.

Légende de La fille Francine[modifier | modifier le code]

Des rumeurs que l'historien des sciences Derek Price donne pour légendaires[3],[4] veulent que Descartes, dans le chagrin causé par la mort de son enfant, en ait mis au point une réplique mécanique grandeur nature, dénommée La fille Francine. Mais l'automate, découvert dans ses bagages alors qu'il rejoignait Stockholm par la mer du Nord, en 1649, aurait été jeté par dessus bord par le capitaine du bateau, horrifié de cette apparente sorcellerie[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jeroen van de Ven, « Quelques données nouvelles sur Helena Jans », Bulletin cartésien XXXI, Centre d’études cartésiennes, 2003, p. 9-10.
  2. a b et c (en) Russell Shorto, Descartes' Bones: A Skeletal History of the Conflict Between Faith and Reason, New York, Random House, 14 octobre 2008 (ISBN 978-0-385-51753-9).
  3. (en) Derek John de Solla Price, « Automata and the origins of mechanism and mechanistic philosophy », Technology and Culture, no 5,‎ , p. 23.
  4. (en) Margaret A. Boden, Mind as Machine: A History of Cognitive Science, Clarendon Press, , 1631 p. (ISBN 9780199241446, lire en ligne), p. 74.
  5. Jean-Claude Heudin, Les Créatures artificielles : Des automates aux mondes virtuels, Odile Jacob, , 494 p. (ISBN 9782738120021, lire en ligne), p. 51.
  6. David Vandermeulen, « Avant-propos », dans Jean-Noël Lafargue et Marion Montaigne, L'Intelligence artificielle : Fantasmes et réalités, coll. « La petite bédéthèque des savoirs », , 72 p. (ISBN 978-2-8036-3638-9, lire en ligne), p. 5.

Liens externes[modifier | modifier le code]