Francesco Masci

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Francesco Masci
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Naissance
Nationalité
Influencé par
Machiavel, Thomas Hobbes, F.Nietzsche, Robert Musil, Franz Kafka, Carl Schmitt, Arnold Gehlen.

Francesco Masci (né en 1967 à Pérouse, Italie) est un philosophe contemporain, d’expression française, spécialiste de la question de la culture et de son rôle dans la société moderne ou postmoderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Francesco Masci a étudié la philosophie à l'Université de Pérouse en Italie. Il a effectué un séjour d'études auprès de la Heinrich-Heine-Universität à Düsseldorf, avant de s’installer à Paris en 1994.

Orientations de sa pensée[modifier | modifier le code]

Francesco Masci s'intéresse en particulier à la culture moderne en affirmant que celle-ci est le lieu où le Sujet de la tradition métaphysique occidentale, après avoir été expulsé de la société, trouve refuge en tant que subjectivité fictive, c’est-à-dire comme agrégat d’images auto-référentielles. Les événements de la culture moderne inscrivent le sujet dans une temporalité neutralisée à travers laquelle la volonté belliqueuse de s’attaquer à la société, qui, depuis le romantisme, représente le langage commun de ces événements, se transforme immanquablement en une apologie de cette même société. Les œuvres d’art de la tradition avant-gardiste, comme les « installations » ou les « happenings », n’offrent que les exemples les plus spectaculaires de ce mécanisme qui réussit à concilier rhétorique du changement et pratique de l’impuissance.

Francesco Masci démontre habilement que la culture fonctionne comme un catalyseur d’« événements », toujours attendus, consommés puis oubliés. Ils ne sont pas seulement ontologiquement incapables de révolutionner la société, mais ils en constituent la justification la plus solide. Il nomme « superstition » ce sentiment d’attente, que la culture moderne parvient à créer entre chaque événement et la définit ainsi : « cette invention résolument moderne qui doit être comprise comme une abêtissante contrainte interne à croire que quelque chose doit être vrai. » Elle façonne chez l’homme moderne une forme d’obéissance qui est le miroir de celle qu’exige le pouvoir qui traverse la société[1].

Sa pensée fondatrice s’appuie sur une érudition philosophique et artistique[2]. Depuis son premier livre, Superstitions, sa pensée a évolué vers une lecture de la Modernité comme Modernité culturelle dans laquelle les promesses d’émancipation de l'individu de la société totale auraient été réalisées de manière fictive par l'association de la morale et de l'économie sous le couvert de l'esthétique, avec l'exclusion du politique entendu comme principe de l'opposition ami/ennemi. L'individu ne retrouve sa dimension de sujet entier et souverain qu'en tant que subjectivité fictive, c'est-à-dire comme produit secondaire d'un flux d'événements de la culture entertainment qui le dépasse. Dans l'espace séparé de la culture absolue, il est désormais un individu doté d'une liberté presque infinie mais cette liberté est payée au prix de sa propre inconsistance.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sélection des interventions[modifier | modifier le code]

  • Fashion and the time of nihilism, Amsterdam School for Cultural Analysis, Universiteit van Amsterdam, Amsterdam, avril 2016.
  • Symposium: Kapitalistischer Realismus, Trondheim Kunstmuseum, Trondheim, Norvège, novembre 2015.
  • Im Zentrum des Übels : Wollt ihr die totale Kultur ?, Volksbühne, Berlin, novembre 2015.
  • Soirée mode et philosophie, Mamo - Cité Radieuse, Marseille, octobre 2014.
  • Les rencontres de l'ARP, ALBA (Académie Libanaise des Beaux-Arts), Beyrouth, avril 2014.
  • La Semaine de la Pop Philosophie, École Supérieure d’Art et de Design Marseille Méditerranée, Marseille, octobre 2013
  • Función del arte, función del artista, Centro de Arte Contemporáneo (CAC), Quito, avril 2013
  • Biennale des écritures du Réel, Cité du Théâtre, Marseille, mars 2012
  • Contre les industries culturelles, Foire du Livre, Bruxelles, mars 2012
  • On Va continuer, La Maison des Écrivains et de la Littérature fête ses 25 ans, Petit Palais, Paris, décembre 2011
  • Karl Marx et la Mode, Centre Culturel Calouste Gulbenkian, Paris, décembre 2010
  • La Force de l'art 2, Invité par l'artiste Jean-Baptiste Farkas, Grand Palais, Paris, mai 2009
  • Quand, comment, pourquoi et où y a-t-il de l'art aujourd'hui ?, Table ronde présentation de la Biennale de Paris à l’Institut d'études supérieures des arts, Paris, 2007
  • 200 ans de loyaux services, 15e Amicale de la Biennale de Paris chez Ghislain Mollet-Viéville, 2007, Paris
  • Pour un nouveau statut de l'art, Débat organisé par les Rencontres Place Publique au musée Guggenheim, Bilbao, 2005
  • L'Art à l'heure de la perte de son auto évidence, Université Columbia, New York, 2004
  • Est-il nécessaire de parler de l'art pour répondre aux interrogations qui l'animent ?, Débat du Forum de l'essai sur l'art au palais de Tokyo, Paris, 2003
  • L'art contemporain à l'âge démocratique, Les Rencontres Place Publique à lAcadémie tunisienne des sciences, des lettres et des Arts « Beït Al-Hikma », Carthage, 2003
  • À quoi sert l'art aujourd'hui ?, Organisé par Jacques Serrano à l'Institut français d'Ukraine, Kiev, 2003
  • Situations de l'ar, Musée d'Art contemporain de Montréal, Montréal, 2002

Ligne Mascienne[modifier | modifier le code]

Selon Alexandre Gurita, la ligne mascienne désigne une ligne mentale qui sépare le champ artistique de sa disparition. Mascienne est un qualificatif donné par Jean-Baptiste Farkas à ce qui relève de la pensée de Francesco Masci.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Entertainment », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2016)
  2. « Essay: Politische Kämpfe als Krawall domestiziert », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le 18 octobre 2016)
  3. « Allemagne d'aujourd'hui, n°211/janvier - mars 2015 », sur Google Books (consulté le 18 octobre 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]