Francesco Lana de Terzi

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Francesco Lana de Terzi
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Le père Lana de Terzi
Naissance
Brescia Drapeau de l'Italie Italie
Décès
Brescia Drapeau de l'Italie Italie
Nationalité italienne
Pays de résidence Italie
Profession
Activité principale
Mathématicien, naturaliste
Autres activités
inventeur d'un système d’écriture
Formation
Sciences, philosophie et théologie

Compléments

Inventeur d'un ballon dirigeable Lana et considéré comme un des pionniers de l’aéronautique

Francesco Lana de Terzi, né le à Brescia, en Lombardie (Italie) et y décédé le , était un prêtre jésuite italien, mathématicien, naturaliste et pionnier de l'aéronautique[1]. Il a inventé un ballon dirigeable et a développé un système d'écriture en relief, ancêtre du braille, le système Lana.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Lana est né dans la famille aristocratique des Terzi, originaire de Franciacorta. Il fréquenta le Collège des Nobles de Sant’Antonio et entra dans la Compagnie de Jésus le 10 novembre 1647. Ses études de philosophie et de théologie étant achevées dans le Collège romain, il alla enseigner les belles-lettres en différentes villes d’Italie. Rome le revit momentanément en 1652 ; car il y fit cette année-là quelques expériences avec le célèbre P. Athanasius Kircher ; mais en 1656 il professait la rhétorique à Terni, où ses succès dans l’enseignement lui firent décerner par les magistrats le droit de siéger dans leur conseil municipal, non-seulement pour lui, mais encore pour tous ses parents. Il tâcha d’en exprimer sa reconnaissance en composant un drame dont le sujet était le martyre de St-Valentin, évêque et protecteur de Terni.

Le P. Lana avait beaucoup de disposition pour les sciences naturelles, vers lesquelles il était porté fortement et avec une sorte d’inquiétude. Jaloux de connaitre les secrets de la nature, il voulut pénétrer dans ceux de la chimie, de la physique et de la mécanique ; et il ne se lassait point dans ses expériences pour y parvenir. Il en fit d’importantes avec le baromètre sur la montagne de la Madeleine, près de Brescia, dans le temps qu’il professait la philosophie dans cette ville, en 1665. Il alla, trois ans après, en faire d’autres du même genre à Bologne, sur la Tour Asinelli ; et, revenu à Brescia, il en parcourut toutes les montagnes pour en connaitre les minéraux. Il fit de nombreuses expériences pour tâcher d’expliquer les phénomènes des cristallisations : mais ce fut en vain qu’avec du nitre et des sels il tenta d’imiter celles de la nature. Ayant vu que beaucoup de grains se perdaient par la manière dont les laboureurs ensemençaient leurs terres, il conçut l’idée d’un semoir ingénieux qu’a singulièrement rappelé celui dont Tull parut l’inventeur en 1733. Vers la fin du 17e siècle, Alessandro del Borro, du pays d’Arezzo, dans son Char de Cérès, envoyé par lui-même en hommage à un ministre du roi d’Angleterre, avait déjà perfectionné le semoir du P. Lana, dont, au reste, Algarotti fait la description dans une de ses lettres, qu’on trouve au tome 10 de ses Œuvres. Le P. Lana a bien d’autres titres à notre admiration. Dans son Prodromo dell’arte maestra, il indiqua (ch. 4) des moyens particuliers pour apprendre à écrire et même à parler aux sourds-muets de naissance. Il montra (ch. 9, 10 et 18) comment l’on pouvait faire des horloges à rouages qui marcheraient perpétuellement par le moyen du sable, et d’autres dont l’aiguille serait mue régulièrement par la diminution de l’huile d’une lampe allumée. Il proposa (ch. 5) quatre moyens pour fabriquer des oiseaux qui volassent et se soutinssent en l’air, comme la colombe d’Archytas ou l’aigle de Regiomontanus et autres pareils dont il rappelle le souvenir. Les secrets que le P. Lana donne dans son curieux Prodromo sont presque innombrables ; et ils se rattachent à toutes les sciences et à tous les arts, même celui de la peinture.

C’est au chapitre 6 qu’on voit son invention d’une barque volante, suspendue à quatre globes composés de lames métalliques, desquels on pomperait l’air pour les rendre plus légers qu’un égal volume d’air atmosphérique. Il en fut parlé dans le temps avec beaucoup d’intérêt dans le Collegium physicum experimentale de Johann Christoph Sturm. Leibniz a fait à ce sujet des calculs qu’on peut voir dans son Hypothesis physica nova : il approuvait les fondements de ceux du P. Lana, mais il doutait que l’expérience pût réussir[2]. Ce Jésuite n’avait pu la faire à cause de sa pauvreté monastique, comme il le dit lui-même ; et les mémes raisons l’empêchèrent de réaliser la plupart des inventions consignées dans son Prodromo et son Magisterium : d’ailleurs sa complexion débile et cette santé souffrante dont il se plaint dans la préface même de ce dernier ouvrage s’y opposaient également. Affligé d’infirmités douloureuses, il revint dans sa patrie, après avoir professé les mathématiques à Ferrare ; et Brescia le vit rassembler autour de lui tout ce que cette ville possédait d’hommes éclairés ; ce fut ainsi qu’il y fonda l’académie des Filesotici, c’est-à-dire des amants des choses savantes étrangères du ressort de la nature et des arts. Cette académie publia ses premiers mémoires en 1686 ; et il en fut fait une mention fort honorable dans les Acta Eruditorum de Leipzig (ann. 1686, p. 557) ; mais cette académie ne subsista pas longtemps après son fondateur, qui mourut à l’âge de 52 ans, le . Il existe un portrait de lui que l’on croit avoir été peint par lui-même, et au bas duquel on a mis dernièrement une fort bonne inscription latine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Rappresentazione di S. Valentino, vescovo, martire e protettore di Terni, Terni, 1656, in-4°.
  • Prodromo overo saggio di alcune inventioni nuove, premesso all’arte maestra, opera che prepara il P. Fr. Lana, Brescia 1670, in-folio ; on en trouve un sommaire dans le tome 40 de la Nova mandelliana raccolla d’opuscoli scientifici, à la page 77.
  • La beltà svelata in cui si scuoprono le bellezze dell’anima, Brescia, 1681, in-8°.
  • Magisterium naturæ et artis, opus physico-mathematicum P. Fr. Tertii de Lanis in quo occultiora naturalis philosophiæ principia manifestantur, Brescia, 1684, 1686, et Parme, 1692, 3 tomes in-fol. ; c’est le développement du Prodromo cité plus haut. L’auteur, dans trois corollaires de sa deuxième proposition du sixième livre, où il traite De motu per impetum a motore translato, conclut contre le système de Copernic sur le mouvement annuel et diurne de la terre. (Voyez le Journal des savants, 1685, p. 255.) Ce grand ouvrage, fruit d’un travail immense, devait avoir neuf volumes ; mais les six derniers n’ont jamais paru, et le troisième, publié après la mort de l’auteur, est très rare.
  • Dissertazione sopra la declinazione dell’ago calamitato nel paese Bresciano, faisant partie des Acta novæ Academiæ Philexoticorum naturæ et artis, Brescia, 1687.
  • (en) « Reflections concerning the formation of crystals », Philosophical Transactions, no 83,‎ , p. 4068-4069 (JSTOR 100935).
  • Saggio sulla storia naturale della provincia Bresciana, publié à Brescia, en 1769, par le savant naturaliste Cristoforo Pilati.

L'aéronef[modifier | modifier le code]

L'aéronef tel que dessiné et imaginé par Lana

En 1670, Francesco Lana de Terzi a publié un ouvrage intitulé Prodomo, dans lequel le chapitre saggio di alcune invenzioni nuove premesso all'arte maestra (« Essai de quelques nouvelles inventions de maître de l'art ») contenait la description d'un « engin volant ». Encouragé par les expériences d'Otto von Guericke sur les hémisphères de Magdebourg, Lana de Terzi avait développé en 1663 l'idée d'un vaisseau plus léger que l'air.

Le vaisseau - qui n'a jamais été construit - comporte un mât central auquel est attachée une voile. Le vaisseau devait être dirigé comme un bateau. Quatre autres mâts sont surmontés de sphères en feuilles de cuivre très fines, chacune ayant un diamètre de 7,5 mètres et une masse de 180 kilogrammes. Lana de Terzi a calculé que la masse d'air contenue dans les sphères serait de 290 kilogrammes, et avait donc prévu qu'en y faisant le vide, il les rendrait plus légères que l'air. Le vaisseau pourrait, dans ces conditions, transporter 6 personnes.

La fabrication de si fines feuilles de cuivre était à cette époque impossible, et la pression de l'air environnant aurait déformé les sphères du vaisseau. L'idée de Lana n'a donc jamais été testée. De plus, Lana était conscient qu'un tel véhicule pouvait être utilisé comme arme de guerre pour attaquer les villes depuis les airs. Il a écrit : « Dieu ne permettra jamais qu'une telle machine soit construite, car tout le monde comprend bien qu'aucune ville ne serait à l'abri d'attaques. Des poids en fer, des boules de feu et des bombes pourraient être lâchées depuis une altitude importante. »

Dans une situation théoriquement parfaite avec des sphères sans poids, un « ballon à vide » serait 7 % plus léger qu'un ballon rempli d'hydrogène et 16 % plus léger qu'un hélium. Toutefois, étant donné que les parois du ballon doivent pouvoir rester rigides sans implosion, le ballon ne peut être construit avec aucun matériau connus. Malgré cela, il y a de nos jours parfois encore matière à discussions sur le sujet[3].

En 1710, Gottfried Wilhelm Leibniz détermina que le principe d'un engin navigant à l'aide de sphères sous vide était physiquement impossible.

Par ailleurs, l'entreprise O-boot a pour projet de construire un prototype de dirigeable par le vide. Leur aéronef du même nom - qu'il tire sans doute d'un parallèle avec les sous-marins U-boot (unter-Wasser Boot) allemands de la Seconde guerre mondiale - parviendrait à "emprisonner du vide" dans différentes sphères en exploitant la résistance de compression des structures alvéolées. En effet, des matériaux ultra-légers de type mousse injectées dans ces structures en alvéoles permettrait de résister à la différence de pression et d'éviter l'effet de flambage. [4]

Un modèle de l'invention de Lana est exposé au National Air and Space Museum de Washington DC.

Le système d'écriture[modifier | modifier le code]

Lana imagina divers systèmes d’écriture codée pour aveugles. Il conçut notamment un procédé d’impression en relief sur du papier épais ainsi qu’un « système permettant aux aveugles d’écrire couramment en traçant seulement des lignes et en faisant des points ».

Bibliogrphie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voy la Description des expériences de la machine aérostatique, etc. ; par Barthélemy Faujas de Saint-Fond, 1783, in-8°, p. X-XII.
  2. La première expérience de ce genre qui ait eu quelque succès parait être celle du P. Bartolomeu Lourenço de Gusmão, faite publiquement à Lisbonne en 1709. Voy aussi l’Histoire de l’aérostation, par Cavallo, p. 17.
  3. Sean A. Barton. Department of Physics, Florida State University. Oct 2009. Stability Analysis of an Inflatable Vacuum Chamber sur arxiv.org
  4. (en-US) « PROJECT | O-Boot » (consulté le 13 juin 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]