Frances Perkins

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Frances Perkins
Frances Perkins vers 1932.
Frances Perkins vers 1932.
Fonctions
4e secrétaire au Travail des États-Unis

(12 ans, 3 mois et 26 jours)
Président Franklin Delano Roosevelt
Harry S. Truman
Gouvernement Administration F. D. Roosevelt
Administration Truman
Prédécesseur William N. Doak
Successeur Lewis B. Schwellenbach
Biographie
Nom de naissance Fanny Coralie Perkins
Date de naissance
Lieu de naissance Boston (Massachusetts)
(États-Unis)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès New York (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Paul Caldwell Wilson
Diplômé de Mount Holyoke College
Université Columbia

Frances Perkins
Secrétaires au Travail
des États-Unis
Portrait officiel de Frances Perkins, par Jean MacLane, accroché au département du Travail.

Frances Coralie Perkins, née Fanny Coralie Perkins le à Boston (Massachusetts) et morte le à New York, est une femme politique américaine. Membre du Parti démocrate, elle est la première femme à siéger au cabinet présidentiel en tant que secrétaire au Travail sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt entre 1933 et 1945. Elle est avec le secrétaire à l'Intérieur Harold Ickes la seule membre du cabinet à être présente durant la totalité des trois mandats de Roosevelt. Elle siège ensuite brièvement dans l'administration de son successeur Harry S. Truman.

Durant sa fonction, Frances Perkins mène à bien les objectifs du New Deal, dont la création du Civilian Conservation Corps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Frances Perkins naît à Boston dans le Massachusetts, de Susan Bean et Frederick W. Perkins, propriétaires d'une papeterie. Les deux parents sont originaires du Maine. Baptisée Fannie Coralie Perkins (elle changera plus tard son nom en « Frances »), elle passe son enfance à Worcester.

Elle intègre la Worcester's Classical High School et est diplômée en BA en 1902 du Mount Holyoke College. Elle obtient également un master en sociologie en 1910, à l'université Columbia. Entre temps, elle enseigne la chimie à la Ferry Hall School (aujourd'hui Lake Forest Academy), à Lake Forest (Illinois). Elle travaille également à Chicago.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Frances Perkins prend la tête de la ligue des consommateurs de New York (New York Consumers League) et milite vigoureusement pour une amélioration des conditions de travail. L'année suivante, elle est témoin du tragique incendie dit de la « Triangle Shirtwaist Factory ».

Elle se marie avec Paul Caldwell Wilson, en 1913 et choisit de garder son nom de jeune fille, allant ainsi contre l'usage de l'époque. Avant de partir travailler pour Washington DC, elle occupe différents postes dans le gouvernement de l'État de New York. En 1918, elle accepte l'offre du gouverneur Al Smith de devenir membre de la « commission industrielle de l'État de New York », devenant ainsi son premier membre féminin. Elle devient présidente de la commission en 1926.

En 1929, le gouverneur de New York nouvellement élu, Franklin D. Roosevelt, nomme Frances Perkins commissionnaire industriel public. Ayant réussi à faire coopérer les fractions minoritaires politiques différentes et gagné leur respect, elle aide adroitement à placer New York comme une des villes les plus progressistes sur le plan du droit du travail. Elle a développé les enquêtes d'usine, réduit la semaine de travail pour les femmes à 48 heures, créé un salaire minimal et des lois d'assurance chômage.

Secrétaire au Travail[modifier | modifier le code]

Le président Roosevelt, Frances Perkins et d'autres membres de l'administration sur un appareil militaire.

En 1933, le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt nomme Frances Perkins secrétaire au Travail (l'équivalent français de ministre du Travail), un poste qu'elle occupe douze ans. Elle est ainsi jusqu'à ce jour la personnalité politique ayant gardé ce poste le plus longtemps. Elle est en outre la première femme à siéger dans une administration des États-Unis et est ainsi la première femme à entrer dans la ligne de succession présidentielle.

À peu d'exception près, le président Roosevelt a systématiquement soutenu les objectifs et les programmes de la secrétaire Perkins. Comme secrétaire au Travail, elle joue un rôle clé dans l'administration du président, notamment confronté à la Grande Dépression qui suit la crise de 1929. Elle participe ainsi au New Deal en écrivant une nouvelle législation d'affaires et créant des lois de salaires minimaux. Elle réalise ses plus importantes contributions à partir de 1934, où elle devient, parallèlement à son poste, présidente du comité de la Sécurité économique. À ce poste, elle s'implique énormément dans les audiences pour finalement aboutir, en 1935, à la signature par le président du Social Security Act.

En 1933-1934, elle plaide auprès du président pour une adhésion des États-Unis à l'Organisation internationale du travail, faisant ensuite campagne avec le secrétaire d'État adjoint Francis B. Sayre auprès des parlementaires américains et de l'opinion des intérêts d'une telle action, notamment que cela permettrait de favoriser la mise en œuvre du New Deal[1].

En 1939, elle se met à dos certains membres du Congrès américain pour refuser de déporter le leader communiste de la côte ouest, Harry Bridges. Finalement, il est disculpé par la Cour suprême. En 1944, aux funérailles de son mentor et ami Al Smith, un tacticien politique de la vieille école, elle consacre son image de femme politique engagée dans la « croisade sociale ».

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 1945, à la suite de sa démission comme secrétaire au Travail, le nouveau président Harry Truman lui propose d'entrer dans la commission de Fonction publique américaine, poste qu'elle occupe jusqu'à 1952, à la mort de son mari (elle démissionne en effet de toutes ces fonctions fédérales). Pendant cette période, elle publie un livre sur un de ses mentors politiques, The Roosevelt I Knew (traduit par : « le Roosevelt que je connaissais »), dressant un portrait élogieux du président américain.

Après sa carrière dans le service gouvernemental, Frances Perkins est restée active comme professeure et conférencière à l'université Cornell (au New York State School of Industrial and Labor Relations) jusqu'à sa mort, en 1965, à l'âge de 85 ans.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1913, Frances Perkins épouse Paul Caldwell Wilson. Le couple a une fille, Susanna. Le mari est fréquemment interné pour troubles mentaux, notamment maniaco-dépressifs.

Legs[modifier | modifier le code]

Frances Perkins, première femme à intégrer une administration présidentielle américaine avait un défi de taille : être capable de s'affirmer vis-à-vis des politiciens masculins de Washington. Elle réussit pourtant, et son legs politique reste important : adoption de la sécurité sociale, assurance chômage, lois fédérales régulant le travail des enfants et salaire minimum.

Elle était assez froide, ce qui l'amenait à se tenir à l'écart de la foule. Bien que ses décisions politiques révélaient une grande considération du monde ouvrier, ses origines de la très huppée côté Nord-Est des États-Unis l'ont conduite à faire preuve d'une grande retenue sur ces dossiers et à se placer en dehors de tout affect.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le « Frances Perkins building ».

Le siège du département du Travail des États-Unis, à Washington DC, porte aujourd'hui le nom de « Frances Perkins building ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin, George Whitney. Madam Secretary: Frances Perkins. New York: Houghton Mifflin Co., 1976. (ISBN 0-395-24293-2)
  • Pasachoff, Naomi. Frances Perkins: Champion of the New Deal New York: Oxford University Press, 1999. (ISBN 0-19-512222-4)
  • Perkins, Frances. The Roosevelt I Knew. New York: Penguin Group, 1946. (ISBN 0-670-60737-1)

Sources[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ludovic Tournès, Les États-Unis et la Société des nations. 1914-1946. Le système international face à l’émergence d'une superpuissance, Peter Lang, 2016, pages 250-252.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]