Orange Marine

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Orange Marine
Logo de l'organisation

Création 1999
Ancien nom France Télécom Marine
Type Société par actions simplifiée
Siège 16-18, rue Paul Lafargue 92800 Puteaux
Effectifs 250
Président Raynald Leconte
Site web Orange Marine

Orange Marine (depuis le , anciennement France Télécom Marine ou FT Marine) est une société créée en 1999[1], et affichée filiale à 100 % du groupe de télécommunications Orange, anciennement France Télécom, depuis 2000. Elle est un acteur en matière de pose de nouveaux câbles sous-marins, et de maintenance de câbles existants. Elle couvre tous les domaines de ces deux types d’activités, depuis la phase d’étude de la route et des fonds marins jusqu’aux atterrissements sur les plages.

En octobre 2010, Orange Marine a pris le contrôle d’Elettra (jusque-là filiale du groupe Telecom Italia). Elle opère désormais avec six navires câbliers, quatre sous pavillon français RIF (Registre international français, ex-Kerguelen) ; deux autres sous pavillon italien, et occupe 15 % du marché mondial.

Le pavillon français RIF est classé pavillon de complaisance par l'ITF[2].

Historique juridique[modifier | modifier le code]

Ancien logo de France Télécom Marine.

L'activité de pose de câbles sous-marins a débuté en France à la fin du XIXe siècle. Elle est rattachée au ministère des Postes et Télécommunications, sous la forme d'une filiale du nom de Compagnie française des câbles sous-marins et de radio. En 1982, la société, qui dépend de la Direction Générale des Télécommunications via une nouvelle holding, COGECOM, chargée de rationaliser la gestion des filiales de droit privé du ministère, est rebaptisée « France Câbles Radio ». FT Marine est créée en 1999, juste avant le rachat l'année suivante de Orange par France Télécom. Orange Marine est affichée sur le site d'Orange comme la société chargée de cette activité au sein du groupe « France Télécom Orange ».

Activités de pose et de maintenance[modifier | modifier le code]

Orange Marine pose des nouveaux câbles sous-marins et répare les liaisons coupées ou en panne sans interruption du trafic. Les flottes d'Orange Marine et d’Elettra réalisent en moyenne entre 35 et 40 opérations par an, sur tous les océans.

Au total, c’est plus de 130 000 kilomètres de câbles sous-marins fibre optique qui ont été posés par Orange Marine, dont 15 000 km ensouillés[3] avec des charrues. Les navires ont réalisé plus de 300 réparations dont certaines par 5 000 mètres de fond au cours des dix dernières années.

Depuis 2004, Orange Marine a réalisé la pose et la maintenance de câbles en Afrique de l'Ouest, au Sénégal, au Cameroun, au Bénin, en Angola, au Nigeria et en Afrique du Sud, mais aussi en Afrique de l’Est, à La Réunion, Madagascar et l’Ile Maurice. Le René Descartes a installé plusieurs grands systèmes en Asie : un projet reliant les différents pays d’Asie du Sud-Est autour de Singapour, deux projets domestiques reliant les îles indonésiennes de Java, Bornéo, Célèbes, Bali et Lombok. Le Chamarel (ex-Vercors) a quant à lui posé près de 120 000 km de câbles ces quarante dernières années, soit l'équivalent de trois fois le tour de la Terre, un record mondial.[4]

Flotte[modifier | modifier le code]

Le René Descartes, câblier d'Orange Marine.
A bord du Raymond Croze.

Orange Marine et Elettra possèdent leur propre flotte[5] de navires câbliers et une gamme complète d'engins sous-marins.

On distingue quatre zones d’intervention : ACMA (Atlantique et Europe du Nord), MECMA avec Elettra (Méditerranée, Mer Noire, Mer Rouge), Hémisphère Sud (Afrique de l’Ouest, du Sud et de l’Est) et l’océan Indien. Tous les câbles sous-marins d’un même bassin sont groupés dans un accord de maintenance.

Les navires appareillent depuis des ports étrangers, ou depuis des bases marines propres à l’entreprise :

  • le Raymond Croze, basé à Brest à la BMA (Base Marine Atlantique) travaille en maintenance sur la zone Atlantique et Europe du Nord,
  • le Léon Thévenin (câblier)|Léon Thévenin]] basé au Cap en Afrique du Sud
  • le René Descartes, basé à La Seyne-sur-Mer à la BMM (Base marine Méditerranée), opère en maintenance sur la zone Méditerranée/ Mer Noire/ Mer Rouge et réalise des opérations de pose sur tous les océans du globe.
  • le Antonio Meucci (Elettra), basé à Catane en Sicile, assure avec le Raymond Croze la maintenance des câbles sur la zone Méditerranée/ Mer Noire/ Mer Rouge,
  • le Teliri (Elettra), basé à Catane en Sicile, effectue des opérations de pose principalement autour du bassin Méditerranéen.
  • le Pierre de Fermat, mis en service à l'automne 2014, (pour compenser la perte du Chamarel), basé à Brest à la BMA, prend en charge la maintenance des câbles sous-marins dans la zone Atlantique et Europe du Nord[6]. Sa première mission a commencé le [7].

Pour protéger, inspecter et réparer les liaisons intercontinentales endommagées, Orange Marine conçoit, fabrique et opère, au travers de sa filiale SIMEC, des engins sous-marins qui aident à la réalisation de ses missions. Ce matériel de détection, de pose et de maintenance du câble disponible à bord relève de la technologie de pointe : le ROV (Remotly Operated Vehicle) Hector permet de relever le câble, le tenir et le couper grâce à ses bras articulés. La charrue, Elodie, sert à ensouiller le câble dans des profondeurs importantes.

Principaux incidents sur la flotte[modifier | modifier le code]

Le , un incendie non-maitrisé se déclare au bord du Chamarel, au large de la côte de Namibie, dans l’Océan Atlantique. Les causes de l'incendie ne sont pas connues et la décision est prise d’abandonner le navire vers 20h (heure locale). L’équipage, composé de 2 officiers français avec des marins sud-africains de l'agence de "manning" Smit[8] est sain et sauf et est ramené au port de Walvis Bay par un bateau de pêche namibien[9].

Le Chamarel s'échoue par la suite sur des bancs de sable à 40 kilomètres de Henties Bay juste au sud de Cape Cross, en Namibie. Aucune pollution des eaux environnantes n'est constatée par les autorités namibiennes[10].

Afin de remplacer sur zone le Chamarel, Orange Marine dépêche le Léon Thévenin[11].

Enjeux pour le secteur des télécommunications[modifier | modifier le code]

Avec le développement des réseaux d’entreprise et réseaux sociaux, du téléchargement et des échanges de données (vidéos, photos...), le volume d’informations écoulées augmente de façon exponentielle. Les infrastructures sont en constante évolution pour répondre aux besoins des clients qui requièrent toujours plus de bande passante et de puissance.

Pour permettre à tous de communiquer au-delà des mers et des frontières, il est nécessaire d’installer des câbles sous-marins par lesquels passent quasiment toutes les communications internationales. Les câbles à fibre optique très haut débit sont en effet la solution adéquate pour les territoires avec façade maritime ou accès par liaisons terrestres, alors que les capacités par satellite sont affectées sur les zones plus contraintes en termes d’accès ou/et de moindre densité de trafic. Ces câbles comptent près de 800 000 km d’infrastructure au fond des océans, l’équivalent de plus de 20 fois le tour de la terre.

À bord d’un navire câblier[modifier | modifier le code]

Les opérateurs doivent pouvoir compter sur des câbliers efficaces qui appareillent dans les 24 heures qui suivent la coupure, avec le câble de réserve et les éléments de jointage nécessaires à la réparation. Les câbliers sont capables de réaliser les opérations dans des conditions météorologiques difficiles.

L’équipage d’environ 50 marins, qui sont majoritairement des marins étrangers mis à disposition par une agence de "manning"[8],[12], et la mission, composée d’une douzaine de personnes (chef de mission, techniciens des télécoms, jointeurs, pilotes d’engins sous-marins) assurent des gardes. Ils sont alors disponibles 24 heures sur 24, 365 jours par an, afin de permettre au câblier d’appareiller en moins d’une journée pour se rendre sur une réparation de câble en défaut. Les opérations sont réalisées en binôme : le commandant et son équipage gèrent la conduite du navire et la sécurité à bord, le chef de mission et son équipe de techniciens sont chargés des opérations techniques (travaux câbles, mesures, jointage, engins sous-marins), commerciales et de la relation avec le représentant du client embarqué pour la durée de la mission. Ces deux équipes travaillent en étroite collaboration pour assurer une qualité de service optimale aux clients, les consortiums d’opérateurs télécoms.

Les opérations de maintenance durent en moyenne de six à dix jours en fonction de la durée de transit sur zone de travaux. Chaque navire sort en moyenne 12 à 15 fois par an.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

  • plus de 130 000 kilomètres de câbles sous-marins posés dans tous les océans, dont 15 000 ensouillés avec les charrues (avec une pose par 8 500 mètres de fond)
  • Plus de 150 opérations entre 2006 et 2010
  • 4 zones d’intervention : ACMA (Atlantique et Europe du Nord), MECMA (Méditerranée, Mer Noire, Mer Rouge), Hémisphère Sud (Afrique de l’Ouest, du Sud et de l’Est) et l’océan Indien.
  • 120 000 km de câble posés uniquement par le Chamarel, alias Vercors, dans tous les océans du monde

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Salvador, Gérard Fouchard, Yves Rolland et Alain Paul Leclerc, Du Morse à l'Internet - 150 ans de télécommunication par câbles sous-marins, (ISBN 2-9526121-0-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]