Françoise Combes

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Françoise Combes
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Françoise Combes à l'Observatoire de Paris-Meudon en 2010.
Naissance (65 ans)
Montpellier (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Domaines Astrophysique
Institutions École normale supérieure
Observatoire de Paris
CNRS
Collège de France
Formation École normale supérieure
Université Paris-Diderot
Distinctions Médaille d'argent du CNRS (2001)
Membre de l'Académie des sciences (2004)
Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur (2015) et de l'ordre national du Mérite (2009)

Françoise Combes, née en à Montpellier, est une astrophysicienne française, professeur au Collège de France à la chaire « Galaxies et cosmologie ».

Après avoir travaillé à l'École normale supérieure de 1975 à 1989, elle est astronome à l'Observatoire de Paris de 1989 à 2014. En parallèle, elle fait partie de plusieurs conseils d'institutions et de programmes scientifiques. Titulaire de nombreux prix et décorations honorifiques, elle est membre de l'Académie des sciences depuis 2004.

Ses travaux portent essentiellement sur la physique galactique, c'est-à-dire sur la formation, l'évolution et la composition des galaxies. Ses recherches s'appuient à la fois sur des observations astronomiques et des simulations numériques théoriques. Elle s'intéresse également à la matière noire et étudie ses différents modèles et alternatives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Françoise Combes est née en à Montpellier dans l'Hérault, d'un père militaire et d'une mère au foyer. Elle grandit entre la Nouvelle-Calédonie, Tahiti et l'Algérie, et se passionne pour la physique[1],[2],[3],[4].

Après deux années de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) à Montpellier, elle intègre l'École normale supérieure de jeunes filles près de Paris où elle obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) de physique. Elle prépare ensuite une thèse de doctorat de 3e cycle à l'université Paris-Diderot (Paris-VII) sur les modèles d'univers symétriques de matière/antimatière. En 1975, elle décroche l'agrégation de sciences physiques. Elle se passionne ensuite pour l'astronomie et obtient un doctorat d'État en astrophysique avec une thèse sur la dynamique et la structure des galaxies[1],[2],[3],[4],[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle commence sa carrière en 1975 comme enseignant-chercheur et maître de conférences à l'ENS. À partir de 1983, elle est également chargée de cours à l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI). En 1985, elle devient sous-directrice du laboratoire de physique à l'ENS. Puis, en 1989, elle obtient un poste d'astronome à l'Observatoire de Paris qu'elle conserve jusqu'en 2014[1],[2],[4],[5]. Ses recherches l'amènent à se déplacer dans divers observatoires à travers le monde tels que l'observatoire McDonald et l'observatoire de Kitt Peak aux États-Unis, le radiotélescope de Pico Veleta en Espagne, l'observatoire radio de Nobeyama au Japon, et l'interféromètre du plateau de Bure en France. Mais grâce aux progrès technologiques, elle peut désormais piloter certains télescopes depuis son bureau ou demander des observations aux personnes sur place[2],[3].

En parallèle de ses recherches, elle est membre de plusieurs conseils d'institutions et de programmes scientifiques : le Conseil national des astronomes et physiciens (CNAP) à partir de 1989, le Conseil scientifique en astronomie (CSA) de 1999 à 2006, le conseil du Programme physique et chimie du milieu interstellaire (PCMI) de 2000 à 2004, le conseil de la Société française d'astronomie et d'astrophysique (SF2A) de 2000 à 2008, le Conseil scientifique - Sciences de l'univers du CNRS de 2001 à 2006, et le conseil du Programme national de cosmologie de 2002 à 2006. De plus, elle en préside plusieurs autres : le Programme national galaxies (PNG) du CNRS de 2001 à 2008, la Société française d'astronomie et d'astrophysique (SF2A) de 2002 à 2004, le Comité national français d'astronomie (CNFA) de 2005 à 2007, et le Comité français des unions scientifiques internationales (Cofusi) de 2009 à 2015[3],[4],[5].

Elle est également éditrice de la revue scientifique européenne Astronomy and Astrophysics depuis 2003[4].

Le , elle est la première femme astronome à être élue membre de l'Académie des sciences[2],[6]. Elle est faite chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur le puis est promue au rang d'officier par décret du [7].

En 2014, elle est nommée professeur titulaire de la nouvelle chaire « Galaxies et cosmologie » au Collège de France. C'est la première fois qu'une femme décroche une chaire d'astrophysique dans cette institution. Elle donne sa leçon inaugurale le sur le thème de la matière noire[3],[8].

Le , la Cité scolaire de la Réussite de Montpellier prend le nom de Lycée Françoise Combes[9].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Françoise Combes portent essentiellement sur la physique galactique, c'est-à-dire sur la formation, l'évolution et la composition des galaxies dans un contexte cosmologique. Ses recherches s'appuient à la fois sur des observations (astronomie d'observation) et sur des simulations numériques théoriques (astrophysique théorique), et concernent à la fois les galaxies les plus proches que les plus éloignées de nous. Elle étudie la dynamique des galaxies, leur structure spirale ou barrée, et leurs interactions. Mais elle étudie aussi la composition de leur milieu interstellaire et y a découvert de nombreuses molécules. Avec Tommy Wiklind, elle a découvert les premiers systèmes d'absorptions moléculaires dans l'univers lointain, permettant de déterminer la température du fond cosmologique et la variation des constantes de la physique avec l'âge de l'univers[4].

Elle s'intéresse également à la matière noire qui constitue plus de 80 % de toute la matière dans l'univers. Elle étudie différents modèles de matière noire, mais aussi l'une des alternatives qu'est la gravité modifiée (théorie MOND). Avec Daniel Pfenniger, elle développe un modèle de structure fractale de la matière noire baryonique encore inconnue sous forme de gaz moléculaire froid. Cette structure fractale expliquerait la stabilité des nuages de gaz et la non-formation d'étoiles[4].

Publications et ouvrages[modifier | modifier le code]

Françoise Combes est l'auteur de nombreuses publications scientifiques et de plusieurs livres. Elle a également participé à quelques ouvrages collectifs tels que Astronomie (Larousse, 1979), La Grande Encyclopédie (Larousse, 1980), Le Dictionnaire des Sciences (Hachette, 1990), Encyclopedia of Astronomy and Astrophysics (Institute of Physics, 2000), Demain la Physique (Odile Jacob, 2009) et Le Ciel à découvert (CNRS Éditions, 2010)[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Françoise Combes a reçu de nombreuses distinctions[4],[5] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Françoise Combes », sur Futura-Sciences (consulté le 18 février 2017).
  2. a, b, c, d et e (fr+en) Observatoire de Paris, « Françoise Combes : Une personnalité hors du commun », Le Magazine de l'Observatoire de Paris, no 9,‎ , p. 8 (ISSN 1773-1798, lire en ligne [PDF]).
  3. a, b, c, d et e AFP, « Françoise Combes, la tête dans les galaxies », sur le site de Sciences et Avenir, (consulté le 18 février 2017).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h « Françoise Combes - Biographie », sur le site du Collège de France (consulté le 18 février 2017).
  5. a, b, c, d et e « CV de Françoise Combes », sur le site de l'Observatoire de Paris (consulté le 18 février 2017).
  6. « Françoise Combes », sur le site de l'Académie des sciences (consulté le 18 février 2017).
  7. a et b « Décret du 3 avril 2015 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le 18 février 2017).
  8. « La matière noire dans l'univers », sur le site du Collège de France (consulté le 18 février 2017).
  9. « La cité scolaire de la réussite rebaptisée cité scolaire Françoise Combes », sur le site de l'académie de Montpellier, (consulté le 3 octobre 2017).
  10. « Françoise Combes, lauréate du prix Gothenburg Lise Meitner 2017 », sur le site du Collège de France (consulté le 3 octobre 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]