Françoise Bujold

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Françoise Bujold
Description de l'image PortFrançoiseBujold1978.jpg.
Naissance
Bonaventure
Décès (à 47 ans)
Montréal
Activité principale
écrivain, poète
Auteur
Genres
poésie

Françoise Bujold est une écrivain et poète canadienne née le à Bonaventure en Gaspésie et décédée le (à 47 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Françoise Bujold est née à Bonaventure le . Elle fait ses études primaires chez les religieuses du Saint-Rosaire. Elle est la première femme, avec Marie Anastasie, à poursuivre des études à l'Institut des Arts Graphiques de Montréal. Elle a pour professeur en gravure Albert Dumouchel.

Elle réalise ses premiers poèmes-affiches en 1953, avec le poète Gilles Constantineau. Roland Giguère publie son premier recueil aux éditions Erta : Au catalogue de solitudes, 1955. Elle crée les Éditions Goglin en 1958 avec pour premier (et seul) titre : La Fille unique.

En 1959, elle anime le Centre d'Art de Percé avec Suzanne Guité et Alberto Tommi. Elle écrit des contes qui seront illustrés par linogravure par des enfants : L'île endormie, 1959, La lune au village, 1960. Elle exposera vingt ans au Centre d'Art de Percé. Baccalauréat en pédagogie de l'École des Beaux-Arts de Montréal, sous la direction d'Irène Senécal.

Atelier de gravure sur la réserve de Maria, elle crée des livres d'artistes avec les enfants Micmacs. Deux livres notoires : Une fleur debout dans un canot, 1962, et La naissance du soleil, 1966. Ce dernier livre contient des fragments de la mythologie des anciens Micmacs, présentés par le botaniste Jacques Rousseau. Elle réalise avec Jacques Godbout un film sur les enfants de la réserve Micmac : Le Monde va nous prendre pour des sauvages, ONF, 1964.

Pauline Julien, sur des arrangements de Serge Garant, interprète La Piouke, poème de Françoise Bujold et aussi nom d'une boîte à chanson. De 1955 à 1965, elle écrit des textes pour Radio-Canada, notamment Lettres à toi qui n'es pas né au bord de l'eau.

À partir de 1964, sa production diminue ostensiblement en raison de problèmes de santé, notamment une psychose maniaco-dépressive[1].

Ses peintures, monotypes, gravures et livres d'artiste ont été exposés à la Galerie Libre, rue Sherbrooke à Montréal, en 1962 (5 au ) et 1965 (12 au ). En 1968, elle anime un atelier de dessin et gravure pour les enfants sur le bateau l'Escale.

Richard Lacroix, directeur de La Guilde Graphique, publie Ah ouiche — t'en — plain, 1974, avec des pointes sèches de Kittie Bruneau.

Dernières années : séjour à Miguasha en 1979 pour dessiner des fossiles. Elle décède en . Ses cendres reposent à Bonaventure.

Style[modifier | modifier le code]

Dans ses productions, Françoise Bujold cherche à faire vivre les particularités de la langue gaspésienne tout en se l'appropriant dans un esprit personnel et poétique. « Elle intègre également dans ses textes des expressions typiques et des mots régionaux [...], employant divers niveaux de langue. [...] La ponctuation est ouverte et la virgule permet une courte respiration qui relance aussitôt la phrase tout comme les mots s'appellent d'une sonorité à l'autre. [...] Comme dans ses œuvres picturales, Françoise Bujold travaille par touches, par taches de couleurs, par traits[1]. »

Reconnaissance posthume[modifier | modifier le code]

En , Gaétan Dostie, directeur des éditions Parti Pris, rassemble des textes dans une anthologie : Piouke fille unique. En Claude Haeffely, alors conservateur adjoint, organise une exposition sur Françoise Bujold, son œuvre écrit et gravé entre 1959 et 1979, au Musée d'art contemporain de Montréal, du au .

André Goulet, directeur des Éditions d'Orphée, fait paraître deux recueils posthumes, en 1984 et 1987.

En 1994, David Lonergan sera conservateur invité par le Musée acadien du Québec à Bonaventure pour Françoise Bujold : fille de la mer. Une grande partie de cette exposition est installée à la Bibliothèque Françoise-Bujold[2] et peut être visitée durant les heures d’ouverture.

Le Prix Françoise-Bujold a été attribué entre 1991 et 2000.

Elle occupa une place importante au Festival acadien de poésie de 2002. Elle fut reconnue la première grande poète de la Gaspésie. Une conférence de David Lonergan lui fut consacrée, ponctuée de lecture de ses textes par Rose-Hélène Tremblay et Maurice Joncas[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recueils de poésie[modifier | modifier le code]

  • 1984 - Poèmes 1962, éditions d'Orphée, n.p. (30 p.)
  • 1982 - Piouke fille unique. Poèmes, textes radiophoniques, gravures, dessins, écrits sur l'art, éditions Parti Pris, 224 p.
  • 1974 - Ah ouiche — t'en — plain, 1974, avec des pointes sèches de Kittie Bruneau, Guilde Graphique.
  • 1966 - La naissance du soleil, Atelier Pierre Guillaume. Avec 12 enfants Micmacs de Gesgapégiag.
  • 1962 - Une fleur debout dans un canot, Atelier Pierre Guillaume. Avec 12 enfants Micmacs de Maria.
  • 1960 - La lune au village, éditions Sentinelle. Avec les enfants de Percé.
  • 1959 - L'île endormie, Édition Goglin. Avec les enfants de Percé.
  • 1958 - La fille unique, Édition Goglin. Avec trois bois de l'auteur.
  • 1955 - Au catalogue de solitudes, Éditions Erta, coll. « Tête armée ». Avec trois bois de l'auteur.

Articles[modifier | modifier le code]

  • 1980 - Estuaire, no. 15.
  • 1969 - « C'était en 59 », Culture vivante, no. 12, .
  • 1966 - Culture vivante
  • 1960 - Liberté
  • 1959 - Périscope

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • 1975 - « Notre dialecte de bataille », dans Michaël La Chance, Une Inquisitoriale, Pierre Guillaume Imp., 1975. Cf. Piouke fille unique, p. 205-209.
  • 1973 - dans La sculpture de Suzanne Guité, Éditions Aquila, Montréal, p. 27-35.
  • 1968 - dans Réal Arsenault de Jacques de Roussan, coll. « Panorama », Lidec.

Radiophonies[modifier | modifier le code]

  • Un fou nu-pieds dans un village, Lettres à toi qui n'es pas né au bord de l'eau, et La Piouke, seront lus sur les ondes par Monique Miller, réalisation Lorenzo Godin, Radio Canada.
  • 1987 - La Marmarelle, éditions d'Orphée, 116 p. [textes radiophoniques 1955-1965]

Références[modifier | modifier le code]

  • 2020 – David Lonergan, « Françoise Bujold – À toi qui n'es pas né au bord de l'eau », Nuit blanche, n° 158, printemps 2020, pp. 10-13.
  • 2010 – Françoise Bujold [texte établi par David Lonergan], A toi qui n'es pas né au bord de l'eau, Editions Trois-Pistoles, Notre-Dame-des-Neiges 2010, 304 p.
  • 2007 – Michaël La Chance, « La vie inapprivoisée », dans L’Inquisitoriale, Fugue solaire dans les îles et plateaux du langage, Triptyque, p. 113-123 (ISBN 978-2-89031-606-5)
  • 1995 – David Lonergan, Françoise Bujold Œuvres radiophonique. Édition critique, Maîtrise ès arts en français, Université de Moncton, Département d'études françaises, 1995, 303 p.
  • 1983 – Madeleine J. Boulanger, Antoine Deraîche, Yves Gonthier, « Guité, Bujold et Legros: Trois artistes gaspésiennes », Magazine Gaspésie, vol. XXI, n° 3.
  • 1982 - Claude Haeffely (dir.), Françoise Bujold, Exposition organisée par le service d'animation et d'éducation, Ministère des affaires culturelles, 56 p. (ISBN 2-550-02474-5)

Citations[modifier | modifier le code]

« Quand la perdrix est touchée elle ne crie pas. Son corps devient souche et fougère pour sauver son cœur qui bat encore[4]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b David Lonergan, « Françoise Bujold – À toi qui n'es pas né au bord de l'eau », Nuit blanche, n° 158, printemps 2020, pp. 12-13.
  2. Bibliothèque Françoise-Bujold
  3. Joane Morency, « Des auteurs gaspésiens au Festival acadien de poésie», Graffici, New Richmond, novembre 2002 : en ligne : http://www.amecq.ca/details_regions.php?id=924.
  4. Françoise Bujold, Ministère des affaires culturelles, 1982, p. 1.

Liens externes[modifier | modifier le code]