François de Mazières

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François de Mazières
François de Mazières en 2013.
François de Mazières en 2013.
Fonctions
Maire de Versailles
En fonction depuis le
(9 ans et 8 mois)
Prédécesseur Étienne Pinte
Président de la communauté d'agglomération Versailles Grand Parc
En fonction depuis le
(9 ans, 7 mois et 15 jours)
Prédécesseur Étienne Pinte
Député français

(5 ans)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 1re des Yvelines
Législature XIVe législature
Groupe politique Apparenté UMP puis LR
Prédécesseur Étienne Pinte
Successeur Didier Baichère
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Tarbes
Nationalité Française
Parti politique UMP
Les Républicains
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Site web www.fdemazieres.fr

François de Mazières, né le à Tarbes (Hautes-Pyrénées), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Il est maire de Versailles depuis 2008 et député, élu dans la première circonscription des Yvelines, de 2012 à 2017. Il est connu en particulier pour son engagement en faveur de la culture, notamment à travers la création du Mois Molière à Versailles et le lancement de la Cité de l'architecture et du patrimoine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'Anne-Claude Perrin, africaniste, et de Philippe de Mazières (1931-2013), sous-préfet d'Argenteuil, d'Aix-en-Provence et de Mulhouse, puis préfet de la Haute-Marne[1], François de Mazières suit sa formation secondaire à Versailles, au collège Saint-Jean-de-Béthune, puis au lycée Hoche[2]. À treize ans, il est admis dans la classe d’art dramatique de Marcelle Tassencourt au conservatoire de Versailles, qu'il fréquentera jusqu'à son entrée à l'Institut d’études politiques de Paris[2].

Diplômé de Sciences Po [3] en 1982, il obtient la même année une maîtrise de droit à l'université de Paris II. Il effectue son service militaire en 1984.

De 1985 à 1987, il est élève de l'ENA, promotion Fernand Braudel[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1990, il épouse Christine Cachera, tout juste sortie de l'ENA (promotion Liberté-égalité-fraternité). Ils ont une fille, prénommée Marie-Colombe. Christine de Mazières est aujourd'hui conseillère maître à la septième chambre de la Cour des comptes[4], où elle travaille sur les questions agricoles, en particulier les fonds européens. Elle est faite chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2017.

Carrière dans la fonction publique[modifier | modifier le code]

De 1987 à mai 1989, il est sous-préfet, directeur du cabinet du préfet de l'Allier.

En et juin 1990, il est sous-préfet, directeur du cabinet du préfet de la région Franche-Comté.

De à mai 1991, il est chef du bureau de l'organisation des préfectures au ministère de l'Intérieur.

De à mai 1993, il effectue sa mobilité à l'Inspection générale des finances.

De à 1995, il est chef de cabinet du ministre de l’Économie Edmond Alphandery[2], où il suit également les questions de décentralisation.

De 1995 à 2001, il est intégré à l'Inspection générale des finances où il effectue des missions d’audit.

En 1998 et 1999, il est rapporteur, puis rapporteur général du Conseil des impôts. En juin 1999, il publie La Culture n'est pas un luxe, la fin du jacobinisme culturel, un essai sur l'analyse des politiques culturelles en France. Le mois suivant, il est élu président de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC, fédération pluraliste des élus à la culture). Réélu en septembre 2001, il abandonne son mandat en mai 2002 (nommé président d'honneur).

En avril 2001, il est nommé directeur général de la Fondation du patrimoine, où il lance les souscriptions et développe un site internet. Il prend l'initiative de créer le « G8 du patrimoine » rassemblant les huit grandes associations du patrimoine. Il participe ensuite au groupe de travail restreint spécialisé dans les questions culturelles pour Jacques Chirac, alors candidat à l'élection présidentielle.

En mai 2002, il est nommé conseiller pour la culture et la communication du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin[2]. Il suit notamment l'élaboration de la loi sur le mécénat, présentée et défendue par le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, qui sera adoptée en juillet 2003. Fort de son expérience locale, il joue un rôle actif dans les arbitrages sur le train de mesures en faveur de la décentralisation culturelle.

En juillet 2004, il est nommé président de la Cité de l'architecture et du patrimoine (CAPA) avec fonction de directeur général. Il relance le chantier arrêté depuis plusieurs mois, après en avoir repensé l'organisation, afin notamment de préserver la grande galerie du bâtiment historique, chef-d'œuvre de l'architecte Jacques Carlu. Il oriente la programmation vers les questions de l'urbanisme et de la ville et lance un programme de grandes expositions ainsi qu'un cycle de conférences intitulé "Défis de ville", mettant en présence grands élus et architectes-urbanistes.

En 2005, il est nommé inspecteur général des finances et membre du Haut conseil pour l'éducation artistique et culturelle.

En juillet 2006, sa comédie Courbes exquises ou la Commedia Cathodique, écrite sous le pseudonyme de "François Zéméaris" et dans laquelle il dénonce les dangers de la télévision spectacle, est créée dans le cadre du Mois Molière à Versailles par la compagnie "Comédiens & Compagnie", que dirige Jean-Hervé Appéré. Le spectacle est ensuite repris au Théâtre des Béliers, à Avignon, dans le cadre du Festival Off.

En septembre 2007, la Cité de l'architecture et du patrimoine est inaugurée par Nicolas Sarkozy en compagnie de personnalités de l'architecture mondiale. Dans son discours, le président de la République reprend la proposition avancée par François de Mazières d'une grande consultation sur l'avenir du Grand Paris ouverte à dix groupements d'architectes. En mars 2009, à l'occasion de l'exposition où sont présentés les travaux des dix équipes, Nicolas Sarkozy reviendra à la Cité en présence de Bertrand Delanoë, maire de Paris, et de Jean-Paul Huchon, président de la Région Île-de-France, pour présenter à la presse le projet du métro du grand Paris et de ses gares.

L'exposition sur le Grand Paris accueillera plus de 200 000 visiteurs. Parmi les autres manifestations lancées par François de Mazières, on note les deux expositions sur la problématique du développement durable ("Habiter écologique", 2009, et "La Ville fertile", 2011), les expositions à grand succès populaire ("Architecture et BD", 2010, "Les Hôtels particuliers parisiens", 2011) ainsi que plusieurs "monographies" (Christian de Portzamparc, Vauban, Roberto Burle Marx).

En octobre 2009, François de Mazières est reconduit à la présidence de l'établissement public de la Cité de l'architecture et du patrimoine[5]. Il en démissionne en juin 2012, après avoir été élu député de la première circonscription des Yvelines.

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Entre 1995 et 2008, il est adjoint au maire de Versailles (Étienne Pinte, UDF), chargé de la Culture.

En 1996, avec l'aide de deux cents bénévoles, il crée Le Mois Molière, festival de théâtre et de musique qui se déroule chaque année au mois de juin et dont il assure depuis lors la programmation théâtrale.

En 2008, il se présente aux élections municipales à Versailles, à la tête d'une liste formée de membres de la société civile, de militants de l'UMP, du Modem et du Nouveau Centre. L'une des motivations qu'il avance pour la constitution de cette liste est le choc qu'il aurait ressenti devant le mauvais accueil fait l'année précédente au nouveau président du château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, une nomination qu'Étienne Pinte, alors maire de la ville, avait qualifiée de « funeste »[6]. Arrivée très nettement en tête au premier tour (39 % contre 24 % à celle de la majorité de droite de Bertrand Devys)[7], la liste de Mazières obtient au second tour 63,4 % des suffrages[8].

En 2012, Il se présente aux élections législatives dans la première circonscription des Yvelines en tant que candidat sans étiquette, mais avec le soutien de l'UMP et du Nouveau Centre. Sa suppléante est Suzanne Blanc, premier adjoint du maire centriste de Montigny-le-Bretonneux. Il est élu député avec 56,75 % des suffrages[9] et démissionne de la présidence de la CAPA.

Lors des élections municipales de 2014, sa liste obtient dès le premier tour 55,03 % des suffrages[10] ; il est réélu maire lors du conseil municipal du 28 mars 2014[11].

Deux ans plus tard, il soutient la candidature d'Alain Juppé, lors de l'élection primaire organisée pour désigner le candidat commun représentant la droite et le centre à l'élection présidentielle française de 2017.

En janvier 2017, il annonce que, dans le cadre de la loi sur le cumul des mandats en France de 2014, il ne se représentera pas aux prochaines élections législatives, et qu'il soutiendra la candidature de son adjoint François-Xavier Bellamy[12]. Celui-ci est battu de justesse au second tour de scrutin, le 18 juin 2017, par Didier Baichère, candidat de La République en marche !.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Architecture

François de Mazières s’intéresse particulièrement aux questions d'architecture. En tant que député, orateur à l’assemblée pour la loi Duflot[13], mais également en tant qu’élu local, il est attentif aux questions d'aménagement, de mixité, de densité, de réhabilitation, mais également à la définition d'un rapport équilibré entre la ville et la nature. Peu amateur des grands gestes architecturaux, selon lui trop démonstratifs et ne s’appuyant pas sur la spécificité des sites dans lesquels ils s’inscrivent, il défend notamment l'idée d'un « acupuncture urbaine »[14].

Audiovisuel public

Le 16 novembre 2016, lors de l'examen du projet de loi de finances 2017, il suggère à la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, d'adopter, dans le cadre de la réflexion engagée sur la réforme de la redevance audiovisuelle (CAP : contribution à l'audiovisuel public), le système allemand, de redevance universelle[15].

Budget du ministère de la Culture

Pour garantir la continuité de l'action de l’État dans le domaine de la culture, il souhaite remettre à l'honneur le critère du « 1 % culturel » (1 % du budget de l'État consacré au ministère de la Culture)[16]. Il regrette que ce niveau atteint entre 2010 et 2012 ait « plongé » à 0,83 % en 2016[réf. nécessaire].

Conservatoires

Engagé sur les questions de décentralisation des politiques culturelles, il a interpellé à plusieurs reprises Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, sur la disparition des aides de l'État aux conservatoires, obtenant un réengagement de l'État auprès des collectivités territoriales[17].

Cumul des mandats en France

Il a pris position contre le projet de suppression du cumul des mandats en France, arguant qu'il faut plusieurs leviers pour faire évoluer le visage d'une ville[18] et que le mandat de maire ancre davantage le mandat de député dans la réalité[19].

« Davos de la culture »

En février 2017, en marge de la publication d'un essai intitulé Le Grand Gâchis culturel[20], il propose la création d'un « Davos de la culture »[21], une proposition que Bruno Le Maire reprend le 19 février 2017, lors son passage à l'émission Le Grand Rendez-vous sur Europe 1[22] et que François de Mazières développe à nouveau le 27 mars 2017 dans l'émission Le Grand Témoin de Radio Notre-Dame.

Finances locales

Vice-président de la commission d'enquête visant à évaluer les conséquences sur l'investissement public et les services publics de proximité de la baisse des dotations de l'État aux communes et aux Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), François de Mazières a regretté, le 10 décembre 2015, que la majorité socialiste refuse d'adopter le rapport issu des travaux de ladite commission. Il a développé une contre-expertise de cette réforme, concluant à une insoutenabilité des baisses des dotations[23].

Logement social

Alors que la ville de Versailles est déjà très engagée en ce domaine avec plus de 17 % de logements sociaux, son maire veille à ce que les nouveaux programmes intègrent des logements sociaux, à l’instar de l'Hôtel du Gouvernement, dit l’Hôtel R[24]. À l’Assemblée nationale, il interroge Sylvia Pinel, ministre du Logement et de l'Égalité des territoires, sur la question du relèvement du plafond du livret A, dont les fonds financent le secteur du logement social, mais aussi sur le respect par l’État des nouvelles dispositions de la loi Duflot, relevant le taux minimum de construction de logements sociaux de 20 à 25 %[25].

Loto du patrimoine

Depuis qu'il a été directeur général en 2001 de la Fondation du patrimoine, François de Mazières plaide pour qu'un tirage exceptionnel du loto soit organisé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine et que les bénéfices en soient affectés à la préservation du patrimoine par l'entremise du Centre des monuments nationaux ou de la Fondation du patrimoine. Pour ce faire, lorsqu'il était député de la XIVe législature, il a fait adopter un amendement au budget 2015[26], (amendement soutenu par Patrick Bloche, président de la commission de la Culture, membre de la majorité socialiste) pour demander qu'un rapport sur ce tirage exceptionnel soit remis au gouvernement. Rédigé sous la dictée de la Française des jeux, ce rapport conclura à un coût trop élevé de l'opération pour un rendement trop faible et entrainera son abandon. Dans son essai sur Le Grand Gâchis culturel, François de Mazières déplore ces conclusions : « C'est dommage, car la Française des Jeux a toutes les cartes en main pour mettre à profit l’amour que portent les Français à leur patrimoine. »

Mariage homosexuel

Lors du débat sur le "mariage pour tous" en 2013, François de Mazières, catholique fervent, prend position contre le projet de loi présenté et défendu par la ministre de la Justice, Christiane Taubira[18],[27]. Il apporte son soutien au collectif de « La Manif pour tous »[28], et participe à plusieurs manifestations[29].

Patrimoine

Pour donner du souffle à la défense du patrimoine, il fait adopter, au cours de l'examen du budget « culture » du projet de loi de finances de 2015, un amendement proposant qu'avant le 1er mars 2015 le gouvernement remette au parlement un rapport sur la possibilité d’affecter au Centre des monuments nationaux les bénéfices d’un tirage exceptionnel du loto réalisé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, une idée qu'il soutient depuis 2001[30], quand il était directeur de la Fondation du patrimoine.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Engagements culturels[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article de L'Express
  2. a, b, c, d et e Famille chrétienne no 1830 du 9 au 15 février 2013
  3. « Francois de Mazieres », sur sciences-po.asso.fr.
  4. Voir Nominations au Journal officiel de la République française.
  5. François de Mazière est reconduit à la tête de la Cité de l'architecture et du patrimoine
  6. (fr) compte rendu du conseil municipal de Versailles de juin
  7. http://www.lexpress.fr/resultats-elections/municipales-2008-versailles-78000_338995.html
  8. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__municipales_2008/(path)/municipales_2008/078/078646.html
  9. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Legislatives/elecresult__LG2012/(path)/LG2012/078/07801.html
  10. https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014/(path)/MN2014/078/078646.html
  11. « Premier conseil municipal du Vendredi 28 mars 2014 : élection de François de Mazières », sur versailles.fr, (consulté le 29 mars 2014)
  12. Laurent Mauron, « Versailles : le député-maire « renonce à l’assemblée » », sur leparisien.fr, (consulté le 24 janvier 2017)
  13. http://www.francoisdemazieres.fr/Seance-Publique-du-25-juin-2012
  14. Ariane Bavelier, « Les paysagistes francais dans les allées de Le Nôtre », Le Figaro,‎
  15. François de Mazières, « Intervention de François de Mazières sur la réforme de la redevance audiovisuelle », (consulté le 25 novembre 2016)
  16. François de Mazières, « Pour une nouvelle politique culturelle », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  17. http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/conservatoires-un-depute-demande-de-retablir-des-2016-les-subventions_1688718.html
  18. a et b « François de Mazières, on ne badine pas avec le mariage », liberation.fr, 31 mai 2013.
  19. Les défenseurs du cumul des mandats se rebiffent et demandent des « États généraux de la démocratie », huffingtonpost.fr, 19 février 2013
  20. François de Mazières et Olivier Le Naire, Le Grand Gâchis culturel, Albin Michel, (ISBN 9782226396129, lire en ligne)
  21. Claire Bommelaer, Ariane Bavelier, « François de Mazières : “En matière culturelle, Hollande n'aura laissé aucune trace” : Le nom du député maire de Versailles circule parmi les possibles ministres de la Culture de François Fillon. »,
  22. « Bruno Le Maire est l'invité du Grand rendez-vous », sur Europe 1,
  23. https://fr.calameo.com/read/00460901468786bf2e00b
  24. « Cession de l’Hôtel du Gouvernement, dit "Hôtel R", à Versailles » (consulté le 19 septembre 2014)
  25. « Question écrite », sur Assemblée Nationale,
  26. « Un loto pour financer le patrimoine ? », www.cnewsmatin.fr,‎ (lire en ligne)
  27. Une malencontreuse erreur commise lors du vote électronique conduit finalement François de Mazières à apporter sa voix à l'adoption du texte. Voir Le Parisien du 3 février 2013.
  28. Manif Pour Tous : Élus soutenant le mouvement
  29. 13/01/13 : BFM TV, Fromantin et de Mazières participent à la Manif Pour Tous, contre le mariage homosexuel
  30. « La Fondation du Patrimoine réclame un loto », sur https://www.lesechos.fr/11/09/2001/LesEchos/18485-103-ECH_la-fondation-du-patrimoine-reclame-un-loto.htm,
  31. « Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination », Journal officiel de la République française, no 1,‎ (ISSN 0373-0425, lire en ligne)

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Liens externes[modifier | modifier le code]