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François de Coligny d'Andelot

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François de Coligny d'Andelot
François de Coligny d'Andelot
Atelier de François Clouet, Portrait de François de Coligny (vers 1555), Chantilly, musée Condé.

Naissance
Châtillon-sur-Loing
Décès (à 48 ans)
Saintes
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Années de service 15431569
Faits d'armes
Famille Maison de Coligny

François de Coligny d'Andelot, né le à Châtillon-sur-Loing (actuel département du Loiret) et mort le à Saintes, seigneur d'Andelot dans le Revermont (actuel Jura), est un officier français des règnes de François Ier, Henri II, François II et Charles IX. Converti au protestantisme, c'est l'un des principaux chefs huguenots pendant les guerres de Religion, à partir de 1562.

Frère cadet de l'amiral de Coligny, il ne doit pas être confondu avec son neveu François, fils de l'amiral.

Dès 1543, il participe à la neuvième guerre d'Italie contre Charles Quint, puis à la dixième à partir de 1552. Il est fait prisonnier à Parme en 1555. Il se convertit au protestantisme au cours de sa captivité à Milan. Au cours de la onzième guerre d'Italie (1557-1559) contre Philippe II, fils de Charles Quint, il participe au siège de Saint-Quentin (défaite française) et au siège de Calais (victoire).

Après la mort du roi Henri II (1559), les tensions religieuses entre catholiques et protestants du royaume de France aboutissent à l'éclatement de la guerre civile. François participe à la première guerre de Religion (1562-1564), puis à la deuxième (1567-1570). Présent à la bataille de Jarnac (13 mars 1569), il meurt quelques semaines plus tard d'une mauvaise fièvre.

Origines familiales et formation

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François d'Andelot est le fils de Gaspard de Coligny (1465-1522), comte de Coligny et seigneur de Châtillon, maréchal de France, et de Louise de Montmorency (1496-1547).

Il a deux frères : Odet (1517-1571), nommé cardinal en 1533 et archevêque de Toulouse en 1534, et Gaspard (1519-1572), amiral de France en 1552.

Il est le neveu par sa mère d'Anne de Montmorency (1493-1567), maréchal de France.

François est le premier de la famille de Châtillon-Coligny à avoir adopté la Réforme et s'en montra un des plus zélés défenseurs. Il est le fondateur de l'église calviniste de Vitré qui, dès 1560, est pourvue d'un pasteur résidant.

Neuvième et dixième guerres d’Italie (1543-1556)

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Sous le règne (1515-1547) de Frençois Ier, le royaume de France est fréquemment en guerre contre Charles Quint, empereur, roi de Castille et d'Aragon, maître des Pays-Bas, dans ce qu'on appelle les guerres d'Italie, qui se déroulent non seulement en Italie, mais aussi aux Pays-Bas et parfois en Espagne.

François fait ses premières armes en 1543 en Picardie (neuvième guerre d'Italie, 1542-1546) aux côtés de son frère Gaspard. Il part ensuite combattre en Italie et se distingue à la bataille de Cérisoles (14 avril 1544). Il est armé chevalier sur le champ de bataille par François de Bourbon, comte d'Enghien.

En 1547, année de la mort de François Ier et de l'avènement d'Henri II, il est nommé inspecteur général de l'infanterie et commande les troupes envoyées en Écosse pour soutenir les droits de Marie Stuart.

En 1552, la guerre ayant repris contre Charles Quint (dixième guerre d'Italie, 1552-1556), il repart en Italie et se retrouve assiégé dans la ville de Parme. Il est fait prisonnier au cours d'une sortie en 1555.

Emmené au château de Milan, il y reste prisonnier jusqu'à la trêve de Vaucelles (1556). Là, il lit des ouvrages qui le confirment dans les doutes où ses conversations avec des protestants l'ont jeté au sujet de la religion catholique. Il devient lui-même protestant (calviniste).

Onzième guerre d'Italie (1557-1559)

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À son retour en France, il remplace son frère Gaspard, devenu amiral de France, comme colonel général des Bandes françaises.

En 1557, la guerre reprend contre le fils de Charles Quint (qui a abdiqué en 1556), Philippe, roi d'Espagne (Philippe II) et maître des Pays-Bas (onzième guerre d'Italie).

Chargé de conduire des secours à son frère Gaspard qui défend Saint-Quentin en Picardie, il se trouve enfermé dans cette place que les troupes de Philippe II prennent d'assaut le 10 août 1557.

Il parvient à s'échapper du camp des Espagnols et rejoint l'armée qui assiège Calais, sous les ordres du duc François de Guise. La ville est prise le 8 janvier 1558. La conduite de François d'Andelot est telle que le duc de Guise, pourtant hostile aux Coligny, aurait déclaré, selon Brantôme, que, pour conquérir un monde de places, il lui suffirait d'avoir d’Andelot, Strozzi et d'Estrées[pas clair].

Un peu plus tard en 1558, alors qu'il est venu inspecter les défenses des côtes de la Bretagne, il convoque la noblesse de la province au château de la Bretesche (sur les terres de son épouse Claudine de Rieux) pour écouter un pasteur. En quelques semaines, des dizaines de familles nobles bretonnes du pays de la Vilaine se convertissent au protestantisme[1].

D’Andelot revient à Paris où les Guise, jaloux de sa faveur auprès du roi Henri II, dénoncent des déclarations qu'il aurait faites sur la question de la religion. Le roi le fait appeler, et ayant confirmation de ce qu'il a dit (pour le calvinisme et contre le catholicisme), le fait arrêter et conduire au château de Melun, où il reste jusqu'à ce que son oncle le connétable Anne de Montmorency, obtienne sa grâce.

D’Andelot entraîne ses frères dans le parti de la Réforme.

Période des guerres de religion

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Première guerre de religion (1562-1563)

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Atelier de François Clouet, Portrait de François d'Andelot de Coligny, Paris, BnF.

Lorsque la première guerre de religion éclate en 1562, il rejoint très vite Louis de Condé, chef des armées protestantes. Il perd son poste de colonel général au profit du duc de Randari.

Bien que fiévreux, il participe à la bataille de Dreux en 1562.

L'année suivante, il défend Orléans assiégée par les troupes du duc François de Guise. Le siège est levé à la suite de l'assassinat du duc (24 février 1563).

Intermède (1563-1567)

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La paix le rétablit dans ses emplois mais, malade, il ne peut participer au siège du Havre (1563) où catholiques et protestants joignent leurs forces contre les Anglais.

Deuxième et troisième guerres de religion (1567-1570)

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François est considéré, avec Louis de Condé, l'amiral de Coligny et Guyonne XVIII de Laval, comme un des instigateurs de la « surprise de Meaux » de 1567, tentative des huguenots pour se saisir du roi Charles IX et de la reine mère Catherine de Médicis. Cette opération est à l'origine de la reprise de la guerre civile.

François d'Andelot dirige un régiment lors du siège de Chartres de 1568 conduit par le prince de Condé[2],[3].

Après la paix de Longjumeau (23 mars 1568), il se retire sur ses terres de Bretagne, mais lève des troupes à la tête desquelles, lorsque la guerre reprend (juillet 1568), il se rend depuis Vitré jusqu'en Saintonge. Il participe à la bataille de Jarnac, marquée par la défaite des protestants et la mort du prince de Condé. Il recueille une partie des débris de l'armée protestante avant de se retirer à Saintes.

Mort et funérailles

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Là, il est pris d'une fièvre violente, dont il meurt le .

Les protestants affirment qu'il a été empoisonné. Les propos du chancelier de Birague, selon lesquels cette guerre finirait non par les armes, mais par « les cuisiniers », contribuent à susciter des soupçons.

Dans le tome 16 des Vies des hommes illustres de France, se trouve celle de d’Andelot par l'abbé Pérau.

Unions et descendance

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Notes et références

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  1. Jean-Paul Clément, « Naissance du protestantisme en Bretagne. », Revue des deux mondes,‎ .
  2. Henry Lehr, « Le siège de Chartres par Condé en 1568 », Bulletin historique et littéraire, Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 46, no 6,‎ , p. 281-295 (lire en ligne, consulté le ).
  3. (en) James Anderson Rose, « The Coligny Brothers », dans  Collection of Engraved Portraits (further Selection) Exhibited by the Late James Anderson Rose, at the Opening of the New Library and Museum of the Corporation of London, November, 1872, vol. 1, (lire en ligne).

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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