François Zola

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François Zola
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Portrait de François Zola
Nom de naissance François-Antoine-Marie Zola
Naissance
Venise (Italie)
Décès
Marseille Drapeau de la France France
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession
Conjoint
Descendants

Francesco Antonio Giuseppe Maria Zolla[1], François Zola en français, né à Venise le et mort à Marseille le , est un militaire et ingénieur français de naissance italienne, père d'Émile Zola.

Famille[modifier | modifier le code]

Sa famille était une lignée d'officiers originaire de Zara, en Dalmatie[2]. Le grand-père de Francesco Zola, Antonio Zola[3] était capitaine des Fanti, soldats italiens au service de la République de Venise ; il servit sous les ordres du colonel Jean Berettini ; sa compagnie se trouvait en 1771 à Céphalonie et, en 1777-1778, à Corfou.

Son père, Démetrio Carlo ou Charles Zola[4], est élève au collège militaire de Vérone jusqu'en 1771. Il sert au Levant comme lieutenant au corps des Ingénieurs, puis capitaine du génie, et est en 1801 inspecteur général des bâtiments publics de Venise. Après un premier mariage supposé avec Benedetta Kiriaki[5],[6], il épouse vers 1782 une jeune fille grecque de Corfou, nommée Nicoletta Bondioli[7]. Après une fille, Caterina Petropoli et un premier fils Marco Zola, leur fils Francesco naît à Venise le 8 août 1795[8],[9].

Biographie[modifier | modifier le code]

Émile Zola enfant avec ses parents vers 1845.

Entré à l'École militaire royale de Pavie en octobre 1810 à quinze ans, il en sort en avril 1812 sous-lieutenant au 4e Régiment d'Infanterie légère, et est transféré dès juillet comme lieutenant du Régiment Royal d'Artillerie italien, alors qu'il n'a que dix-sept ans. Jusqu'à la chute du Premier Empire, il servira dans les troupes du Royaume d'Italie commandées par le vice-roi Eugène de Beauharnais[10],[11].

À la chute de Napoléon, il sert de 1815 à 1821 dans un régiment de l’armée autrichienne du royaume lombardo-vénitien. L'armée l'autorise à suivre, de 1817 à 1818, des études à l’université de Padoue, où il obtient un diplôme en ingénierie et un doctorat en mathématiques. Il écrit un Traité sur le Nivellement[12], qui lui vaut le titre de membre de l'Académie de Padoue et une médaille du roi de Hollande.

Libéral en politique, carbonaro et franc-maçon, il quitte, en 1821, l’armée pour se rendre en Autriche où, en qualité de géomètre du cadastre en Haute-Autriche, il supervise la construction du chemin de fer Linz-Budweis, qui est considéré comme la première ligne de chemin de fer sur le continent européen, après l’Angleterre. Brillant ingénieur de travaux publics, il est, en effet, un des pionniers des chemins de fer en Europe avant 1830, alors que la France ignore encore ces techniques. C’est également à cette époque, lors de la création de la Compagnie des chemins de fer Zola, qu’il change la graphie patronymique de son nom.

En 1830, il quitte l'Autriche et passe brièvement en Hollande, puis en Grande-Bretagne. Il s'installe en France, change aussi son prénom de « Francesco » en « François » dès son arrivée, et s’engage dans la Légion étrangère, de création récente, au grade de lieutenant. Parti pour l’Algérie, en octobre 1832, il démissionne[13] et débarque à Marseille le [5], où il s’installe comme ingénieur de travaux publics[réf. nécessaire].

Il épouse à Paris Émilie Aubert, de 23 ans sa cadette, le 16 mars 1839. Émile Zola naît le 2 avril 1840. En 1843, la famille part s’installer à Aix-en-Provence. Des nombreux projets importants et de grande envergure qu’il propose, aucun n’est retenu. L’un de ses projets aboutit finalement, puisque François Zola obtient de superviser la construction du barrage, premier barrage à voûte d’Europe, et du canal qui alimente toujours en eau la ville d’Aix-en-Provence, le canal Zola[14].

Sa mort, à 50 ans, laisse sa jeune femme Émilie Aubert, sans un sou devant de graves difficultés matérielles, à la suite de mauvais choix financiers et des malversations de ses associés[15].

Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Pierre d'Aix-en-Provence[16].

Hommages[modifier | modifier le code]

Le , la ville d'Aix-en-Provence dénomme officiellement un « boulevard François-Zola[17] ». Celui-ci sera ultérieurement renommé « boulevard François-et-Émile-Zola », dénomination qu'il possède toujours.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Écrit avec deux L tant qu’il a vécu en Italie (H. Mitterand, Biographie d’Émile Zola, vol. 1, Sous le regard d’Olympia, p. 18-30).
  2. « François-Antoine-Marie Zola », in Sainte-Victoire, éd. Édisud / Association pour le reboisement et la protection du Cengle-Sainte-Victoire, Aix-en-Provence, 1998, p. 116, 117.
  3. Ambassade de Croatie en France, « Le saviez-vous? » (consulté le 30 août 2010) : « Antonio Zola (Colic ["Tsolitch"], puis Zolic) »
  4. Les Cahiers naturalistes, vol. 7 à 9, Société littéraire des amis d'Émile Zola, (présentation en ligne), p. 52 :

    « Carlo Zolla mourut le 7 novembre 1810, à 58 ans, dans la paroisse de Santa Maria del Giglio, vulgo Zobenigo, où il habitait au numéro 2292. L'acte de décès fut signé par son frère aîné Pietro et par son gendre Antonio Petropoli. Étaient présentes, la veuve, qui avait encore la coquetterie de se rajeunir, et la mère, Antonia Palatiano, qui avait 96 ans et qui habitait avec son fils. »

  5. a et b Alain Pagès et Owen Morgan, Guide Émile Zola, Paris, Ellipses, (ISBN 9782729808853), p. 8-9
  6. (en) « The case against M. Zola : The Zola Family », New York Times,‎ (lire en ligne [PDF]) :

    « He was a member of the secret political society of the Carbonari, the first seriously to conspire against the tyrants by whom the country was misgoverned. Francesco Zola was one of the most daring of the conspirators, and soon compromised himself to such an extent that in 1825 he had to seek refuge in France. He never returned to Italy, but became in the land of his adoption a successful engineer, whose name is linked with several important works in Marseilles, Lyons and Aix. He remained in correspondence with his family in Italy until the death of his mother, Benedetta Kiriaki, a native of Corfu. »

  7. Zola et ses amis italiens, vol. 38, Les Belles Lettres, , 155 p. (présentation en ligne) :

    « Nicoletta Bondioli, fille de Giuseppe Bondioli, sergent-major d'artillerie (lequel mourut avant 1795), et sœur de Francesco Bondioli qui, en 1801, était capitaine. »

  8. Denise Le Blond-Zola, Émile Zola raconté par sa fille, Fasquelle, (lire en ligne)
  9. Wikisource-logo.svg Paul Alexis, Émile Zola. Notes d’un ami, Paris, G. Charpentier, (lire en ligne), chap. I (« Les origines »)
  10. (en) Ernest Alfred Vizetelly, Émile Zola, novelist and reformer : an account of his life & work, Londres, J. Lane, , 560 p., 23 cm (OCLC 824887, lire en ligne)
  11. Émile Zola, La vérité en marche, Paris, Eugène Fasquelle, , 314 p., in-18 (lire en ligne), 229 et seq., « Mon père »
  12. (it) Francesco Zola, Trattato di livellazione topografica, Padoue, Valentino Crescini, , 134 p., 23 com (lire en ligne)
  13. Démission consécutive à une affaire obscure d’escroquerie, François Zola ayant été abusé par un couple malhonnête. Cette affaire a été exhumée par Ernest Judet dans le quotidien l'Éclair, afin de salir Émile Zola pendant l’affaire Dreyfus
  14. C. Becker et al, Dictionnaire d’Émile Zola, p. 469
  15. Les dettes de François Zola atteignent vingt fois l’actif. H. Mitterand, Biographie d’Émile Zola p. 35
  16. « ZOLA Emile - Tombes sépultures dans les cimetières et autres lieux », sur www.tombes-sepultures.com (consulté le 22 août 2017)
  17. Zola. Panorama d'un auteur, Marie-Aude de Langenhagen, Gilbert Guislain, éd. Studyrama, 2005, p. 18.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Mitterand, Biographie d’Émile Zola, 3 vol., Sous le regard de l’Olympia 1840-1870 - L’Homme de Germinal 1871-1893 - L’Honneur 1893-1902, Paris, Fayard, 1999-2001-2002 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Colette Becker, Gina Gourdin-Servenière, Véronique Lavielle, Dictionnaire d’Émile Zola, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-07612-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article