François Zimeray

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François Zimeray
François Zimeray et François Hollande en 1999.
François Zimeray et François Hollande en 1999.
Fonctions
Député européen
Législature 5e
Conseiller général
Président de la Communauté de l'agglomération de Rouen
Maire du Petit-Quevilly
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Paris
Profession Avocat, diplomate

François Zimeray, né le à Paris, est un avocat, militant des droits de l'homme, homme politique et diplomate,

Député au Parlement européen de 1999 à 2004, il a été maire du Petit-Quevilly et président de la Communauté de l'agglomération rouennaise[1]. Le 13 février 2008, il a été nommé par Nicolas Sarkozy ambassadeur pour les droits de l'homme sur proposition de Bernard Kouchner. Par décret du 12 octobre 2013, il devient ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark.

Il a été durant trois mois vice-président de la commission d’études politiques du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[2] avant d'en démissionner.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Fils d'un entrepreneur et d'une psychanalyste, François Zimeray fait ses études au lycée Janson-de-Sailly puis obtient une maitrise de droit à l'Université de Paris II Panthéon-Assas et un certificat de sciences criminologiques à l'Institut de criminologie de Paris[3].

Marqué par son éducation juive et la Shoah, il s'engage à 17 ans pour les réfugiés cambodgiens en créant une association et se rend dans les camps à la frontière thaïlandaise[4],[5].

Avocat[modifier | modifier le code]

En 1987, il s'inscrit au barreau de Paris et intègre le cabinet Jeantet et associés comme avocat puis comme avocat associé à partir de 1997. Il quitte à sa nomination comme ambassadeur en 2008[6]. Il a participé avec Hubert Védrine au projet de développement asiatique du cabinet Jeantet et a fondé le Bureau Asie de l'Alliance des Avocats européens.

Il est également membre du Barreau pénal international de La Haye[3] et de l'Institut français des experts juridiques internationaux (IFEJI). Il est intervenu devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Élu local[modifier | modifier le code]

Il s'installe au Petit-Quevilly en 1986 avant la fin de sa formation d'avocat[7].

Proche de Laurent Fabius, il met fin à l'hégémonie communiste à la mairie du Petit-Quevilly, en devenant maire de la commune en 1989[7], mandat qu'il conserve jusqu'en 2001. Il est, à 27 ans, le plus jeune maire de France des villes de plus de 20 000 habitants.

Il fonde la première association des maires pour l'environnement, les Eco-maires[8]. Il publie sur ce sujet, le Maire et la protection juridique de l'environnement en 1994[3].

Il est conseiller général du canton du Petit-Quevilly de 1994 à 1999[3].

Il demeure en 2001 premier adjoint de la commune[3], et est, de 2001 à 2008, président de la Communauté de l'agglomération rouennaise[9]. Il porte alors les projets du palais des Sports, de la salle de musiques actuelles 106, le Plan vélo, le Plan lumière, la mise en place du Teor - transport en commun en site propre[7]...

Député européen[modifier | modifier le code]

En 1999, il est élu député du groupe socialiste au Parlement Européen, sur la liste Construisons notre Europe de François Hollande. Durant son mandat, il est membre de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, Membre de la Commission juridique du Parlement. Il est l'auteur de huit rapports adoptés à l'unanimité, dont Mieux légiférer, s'opposant à la surproduction législative européenne. Il travaille notamment sur la préparation de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, et apporte son soutien actif à plusieurs militants des Droits de l'Homme persécutés dans le monde. Il se rend ainsi au Laos à la demande d'Emma Bonnino et obtient la libération de militants emprisonnés.

Militant du camp de la paix, il s'efforce de tenir une position équilibrée, dénonçant à la fois la colonisation juive et le terrorisme palestinien. Pierre Péan le décrit comme « engagé aux côtés de la politique israélienne[10] », François Zimeray considère qu'être uniquement pro-israélien ou pro-palestinien relève d'une forme de « hooliganisme intellectuel »[11].

Le parti socialiste ne lui donne pas son investiture pour les européennes 2004, du fait, selon Libération, de son militantisme jugé trop pro-israelien[12],[13], notamment pour avoir demandé un contrôle par l'Office de lutte anti-fraude des aides européennes à la Palestine[7].

Il s'implique dans la Commission juridique et la Commission des Affaires étrangères et de la Défense. Il participe à la rédaction de la Charte des Droits Fondamentaux. En 2003, il défend en séance plénière l'immunité parlementaire de Daniel Cohn-Bendit, poursuivi par le parquet de Francfort[14] pour "assistance à terroriste".

Dans son discours au Parlement Européen le 6 février 2013, le Président de la République Tunisienne, Moncef Marzouki, a remercié publiquement François Zimeray pour son soutien lorsqu'il était victime de la dictature de Ben Ali[15].

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

François Zimeray devant la prison de Kharkiv (Ukraine) où est détenue Ioulia Tymochenko, en 2012.

Israël[modifier | modifier le code]

François Zimeray s'identifie au "camp de la paix" et s'efforce de tenir une ligne modérée dans un contexte passionnel. Dans un discours à Jérusalem, il défend les droits des palestiniens en condamnant les outrances de toutes parts, il affirme: « Quand j’entends en France des gens comparer Gaza à un camp de concentration, c’est du révisionnisme contre lequel nous devons lutter[16] ». À l'Assemblée Nationale, il déclare "toute personne qui ne se définirait que comme pro-israelien ou pro-palestinien, c'est -à-dire qui ne serait que pour l'un contre l'autre, est un salaud..."

En 2003, il fut l'un des fondateurs du Cercle Léon Blum constitué pour lutter contre la recrudescence de l'antisémitisme en France[17][réf. insuffisante]. Dans une interview de Nissim Zvili, il met aussi la lutte contre l'antisionisme au nombre des objectifs de ce cercle, qu'il présente comme « constitué [...] pour lutter contre la recrudescence d’un nouvel antisémitisme/antisionisme provenant d’une prétendue gauche radicale, altermondialiste[18] ». Il préside l'association Medbridge Strategy Center, qu'il fonde à Bruxelles avec des personnalités européennes telles que Willy De Clercq, François Léotard, Emma Bonino, Ana Palacio.

François Zimeray s'est également rendu à Gaza à deux reprises[19], notamment pour constater les destructions de l'Opération Plomb Durci.

Irak[modifier | modifier le code]

François Zimeray soutient l'intervention américaine en Irak de 2003, mais il a ensuite critiqué sa mise en œuvre[20],[21].

Syrie[modifier | modifier le code]

(Pour les activités de François Zimeray en rapport avec la Syrie, voir la section « Droits de l'homme ».)

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Il a été nommé le 13 février 2008, sur proposition de Bernard Kouchner , « ambassadeur pour les droits de l’Homme[22] ».

En 2009, François Zimeray est également nommé ambassadeur chargé de la dimension internationale de la Shoah et de la mémoire de l'Holocauste. Il a également initié plusieurs démarches de sensibilisation contre l'antisémitisme contemporain. Il s'est rendu à plusieurs reprises à Auschwitz et a soutenu d'importantes initiatives de dialogues entre les cultures, comme le projet Aladin[23][réf. insuffisante] qu'il a présenté à Bagdad en février 2010.

Il est intervenu au nom de la France au Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, et en 2010 à la Conférence de Kampala sur la Cour Pénale Internationale. Lors de la conférence de Durban II (Genève, 2009), il fait partie des représentants français qui se lèvent et quittent la salle lors du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad[réf. nécessaire]. À New York, il a présidé le forum sur les enfants-soldats dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies.

En janvier 2011, il assiste à Kiev au procès de Iouri Loutsenko, ancien ministre de l'Intérieur de Ioulia Tymochenko[24],[25].

En octobre 2011, il se rend à Tripoli quelques jours après la mort de l'ancien leader libyen, Mouammar Kadhafi. En novembre 2011, il est l'un des premiers diplomates à être reçu à Rangoun par Aung San Suu Kyi. En janvier et en avril 2012, il se rend à deux reprises à la prison de Kharkov, pour tenter de s'entretenir avec l'ancienne Premier ministre ukrainienne, Ioulia Tymoshenko et assiste à l'ouverture de son second procès, lors duquel il dénonce des accusations motivées par des raisons politiques[26]. François Zimeray a également représenté la diplomatie française lors de plusieurs procès : il s'est rendu à Moscou pour le procès de Mikhail Khodorkovsky, au Kazakhstan pour soutenir le défenseur des droits de l'homme Evgueni Jovtis.

Durant ses fonctions d'« ambassadeur pour les droits de l’homme » il se rend en Syrie et dénonce dans un entretien à L'Express le « Guernica syrien » perpétré par le « gang des barbares » qui dirige le pays. Il avance alors qu'« une intervention en Syrie doit être politiquement possible et militairement souhaitable ». Il affirme qu'« il faut tout faire pour les chasser du pouvoir »[27]. Dans une autre interview de 2012, il déclare indispensable que Bachar el-Assad comparaisse devant une juridicion comme criminel[28]. Il est chargé par Alain Juppé de collecter les éléments de preuve de crimes contre l'humanité commis par le régime syrien.

En avril 2012, il est reçu par le Président Paul Kagame du Rwanda pour évoquer la lutte contre l'impunité des auteurs du génocide rwandais. Pendant ces cinq années au poste d'ambassadeur pour les droits de l'homme, François Zimeray effectue plus de cent vingt missions de terrain.

En accord avec les lignes directrices de l'Union européenne, François Zimeray a fixé pour objectif que toutes les ambassades de France deviennent des « maisons des droits de l'homme »[réf. nécessaire].

L'Examen périodique universel de la France a été présenté, en 2008 et en 2012, par François Zimeray au Conseil des droits de l'homme des Nations unies[29].

Soudan

En 2007, François Zimeray prend une part active à la mobilisation en faveur du Darfour, et se rend dans les camps de réfugiés du Tchad. Il interpelle publiquement deux ministres soudanais invités par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Ambassadeur de France au Danemark[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, il est nommé par François Hollande ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark[30]. Participant à un débat sur la liberté d'expression dans un centre culturel de Copenhague pris pour cible lors de la première des deux fusillades de Copenhague le 14 février 2015, il en sort indemne[31].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Responsabilités publiques[modifier | modifier le code]

  • De 1989 à 2001 : Maire du Petit-Quevilly ; Vice-président du SIVOM, du District, de la Communauté d’agglomération
  • De 1995 à 2001 : Président de la Commission environnement du District et de la Communauté
  • De 1994 à 1999 : Conseiller général
  • De 1995 à 2000 : Président du Syndicat d’assainissement de l’Agglomération Rouennaise
  • 1999-2004 : Député au Parlement européen ; Membre de la commission juridique ; Membre de la commission de l’Industrie, du Commerce, de la Recherche et de l’Énergie
  • 2001-2008 : Président de la Communauté de l’agglomération rouennaise ; Premier adjoint au maire de Petit-Quevilly

Publications[modifier | modifier le code]

  • François Zimeray, Le maire et la protection juridique de l'environnement, préface de Michel Barnier, éditions Litec, 248 pages, octobre 1994 (ISBN 2711124177).
  • Jacques-Sylvain Klein, La Maison sublime, préface de François Zimeray et Pierre Albertini, Édition Point de vues, 128 pages, 29 mars 2006 (ISBN 2915548072).
  • François Zimeray, J'ai vu partout le même visage, éditions Plon, 300 pages, avril 2016 (ISBN 978-2-259-24896-9).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Qui est François Zimeray, l'ambassadeur de France au cœur des attaques de Copenhague ?, Metronews, 15 février 2015.
  2. Présentation du CRIF.
  3. a, b, c, d, e et f Notice dans le Who's Who
  4. Eric Fottorino, Les héritiers de la république, Calmann-Lévy, 2012.
  5. « L'Ambassadeur François Zimeray à cœur ouvert »
  6. JeantetAssociés
  7. a, b, c et d « Rouen : la nouvelle vie de François Zimeray, l'ancien président de l'agglo », Paris Normandie, 28 octobre 2013
  8. Les Eco Maires
  9. « La gauche conserve la présidence de la Communauté d'agglomération de Rouen », sur Les Echos,‎ (consulté le 19 février 2015)
  10. Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Fayard.
  11. « Discours de François Zimeray - Kids creating peace 21/09/2010 »
  12. Marc Hecker, La défense des intérêts de l'état d'Israël en France, L'Harmattan, , p. 122
  13. Darfour : le réveil des consciences, Libération, 20 mars 2007.
  14. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&mode=XML&reference=A5-2003-246&language=FR
  15. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202552906120-l-incroyable-discours-du-president-tunisien-moncef-marzouki-a-strasbourg-536242.php
  16. 7e conférence sur l’enseignement de la Shoah, organisé par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, AFP, 13 juin 2010.
  17. « Charte constitutive cercle Léon Blum »
  18. Site web du Cercle Léon Blum, Interview de Nissim Zvili, ancien ambassadeur d’Israël en France par François Zimeray, [1]
  19. Frédéric Beck, Le PS, territoire occupé, Observatoire du communautarisme, 23 avril 2004.
  20. « Interview exclusive de Francois Zimeray pour Primo Europe », sur DesInfos.com,‎ .
  21. « Politique Internationale - La Revue », sur www.politiqueinternationale.com (consulté le 31 août 2015)
  22. François Zimeray, Ambassadeur pour les Droits de l’Homme: "Les droits de l'Homme font partie de la marque France", ceuropeens.org, 11 juin 2012
  23. Projet Aldain
  24. Joint Letter to President Medvedev regarding the Khodorkovsky Trial, hrw.org, 27 octobre 2010
  25. http://www.ambafrance-gt.org/IMG/pdf/19_01.pdf
  26. « Point presse du 19 janvier 2012 - Ministère des Affaires Étrangères »
  27. "La Syrie, c'est cent fois Guernica", entretien, lexpress.fr, 12 juin 2012
  28. « La France face aux « barbares », Entretien avec François Zimeray, Politique Internationale - La Revue », sur www.politiqueinternationale.com (consulté le 31 août 2015)
  29. http://www.humanrights.gov/2013/01/22/upr-15th-session-intervention-for-france/
  30. Décret du 12 octobre 2013 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Royaume de Danemark - M. ZIMERAY (François)  : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000028074540&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id
  31. « Copenhague : "Des moments d'intensité et de de terreur" », sur Le Figaro,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sitographie[modifier | modifier le code]