François Zimeray

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François Zimeray
François Hollande et François Zimeray lors de la campagne pour les élections européennes de 1999.
François Hollande et François Zimeray lors de la campagne pour les élections européennes de 1999.
Fonctions
Député européen
13 juin 199913 juin 2004
Législature 5e
Conseiller général
1994 – 1999
Président de la Communauté de l'agglomération de Rouen
Maire du Petit-Quevilly
1989 – 2001
Biographie
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Paris
Profession Avocat, diplomate

François Zimeray, né en 1961 à Paris, est un avocat, diplomate, ancien député au Parlement européen, ancien vice-président de la commission d’études politiques du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[1] et responsable public français.

Député au Parlement européen de 1999 à 2004, il a été maire du Petit-Quevilly et président de la Communauté de l'agglomération rouennaise[2]. Le 13 février 2008, il a été nommé par Nicolas Sarkozy ambassadeur pour les droits de l'homme sur proposition de Bernard Kouchner. Par décret du 12 octobre 2013, il est désormais ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark.

Élu local[modifier | modifier le code]

Avocat proche de Laurent Fabius, il devient le plus jeune maire de France des villes de plus de 20.000 habitants en remportant la mairie de Petit-Quevilly en 1989, mandat qu'il conserve jusqu'en 2001, et fonde la première association des maires pour l'environnement, les Eco-maires[3]. Il est conseiller général du canton du Petit-Quevilly de 1994 à 1999 et de 2001 à 2008, il est président de la Communauté de l'agglomération rouennaise[4]. Il lance alors de grand projets: le palais des Sports, la salle de musiques actuelles 106, la rénovation des Quartiers Seine-Ouest, les parcs technologiques.

Parlement européen[modifier | modifier le code]

À trente-sept ans, il devient le plus jeune député du groupe socialiste au Parlement Européen, élu sur la liste de François Hollande. Durant son mandat, il est membre de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, Membre de la Commisssion juridique du Parlement. Il est l'auteur de huit rapports adoptés à l'unanimité, dont "mieux légifèrer", s'opposant à la surproduction législative européenne. Il travaille notamment sur la prépation de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, et apporte son soutien actif à plusieurs militants des Droits de l'Homme persécutés dans le monde. Il se rend ainsi au Laos à la demande d'Emma Bonnino et obtient la libération de militants emprisonnés. Il sera remercié publiquement par Moncef Marzouki, militant devenu Président de la République de Tunisie, lors de sa réception au Parlement Euroéen, en 2011.

Le parti socialiste ne lui donne pas son investiture pour les européennes 2004, du fait, selon Libération, de son militantisme jugé trop pro-israelien[5],[6]. Militant du camp de la paix, il s'efforce de tenir une position équilibrée, dénoncant à la fois la colonisation juive et le terrorisme palestinien. Il Au Parlement européen, il agit pour mettre en question les aides au Palestiniens[7] en raison de l'absence de contrôle et obtient une enquète de l'Office de Lutte Anti-Fraude qui mettra un terme au versement de salaires en espèces. En 2000, il demande un plan Marshall pour la Palestine déclare tout en s'opposant aux manuels scolaires incitant à la haine: ainsi, dans Actualité Juive, que « l'enseignement palestinien est digne du Protocole des Sages de Sion[8] ». Pierre Péan le décrit comme « engagé aux côtés de la politique israélienne[9] », ce qui est caricatural, François Zimeray déclare quant à lui appartenir au camp de la paix et considère qu'être uniquement pro-israélien ou pro-palestinien relève d'une forme de « hooliganisme intellectuel[10] ». ll est proche de palestiniens tels que Salam Fayed, Abou Alah ou Sari Nusseibeh. Il invite à Paris et à Rouen Sufian Abu Zeida, à sa sortie de prison, et engage un dialogue avec lui.

Il s'implique dans la Commission juridique et la Commission des Affaires étrangères et de la Défense. Il participe à la rédaction de la Charte des Droits Fondamentaux. En 2003, il défend en séance plénière l'immunité parlementaire de Daniel Cohn-Bendit, poursuivi par le parquet de Francfort[11] pour "assistance à terroriste".

Dans son discours au Parlement Européen le 06 février 2013, le Président de la République Tunisienne, Moncef Marzouki, a remercié publiquement François Zimeray pour son soutien lorsqu'il était victime de la dictature de Ben Ali[12].

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

François Zimeray devant la prison de Kharkiv (Ukraine) où est détenue Ioulia Tymochenko, en 2012.

François Zimeray s'efforce de tenir une ligne modérée dans un contexte terriblement passionnel. Il est , de ce fait, attaqué de toutes parts. Il Dans un discours à Jérusalem, il défend les droits des palestiniens en condamnant les outrances de toutes parts, il affirme: « Quand j’entends en France des gens comparer Gaza à un camp de concentration, c’est du révisionnisme contre lequel nous devons lutter[13] ».

En 2003, il fut l'un des fondateurs du Cercle Léon Blum constitué pour lutter contre la recrudescence de l'antisémitisme en France[14][réf. insuffisante]. Dans une interview de Nissim Zvili, il met aussi la lutte contre l'antisionisme au nombre des objectifs de ce cercle, qu'il présente comme « constitué [...] pour lutter contre la recrudescence d’un nouvel antisémitisme/antisionisme provenant d’une prétendue gauche radicale, altermondialiste[15] ». Il préside l'association Medbridge Strategy Center, qu'il fonde à Bruxelles avec des personnalités européennes telles que Willy De Clercq, François Léotard, Emma Bonino, Ana Palacio.

François Zimeray s'est également rendu à Gaza à deux reprises[16], notamment pour constater les destructions de l'opération "Plomb durci".

Vie publique[modifier | modifier le code]

François Zimeray résume ainsi son engagement : « Le définir, je ne saurais pas, mais s’il y a un fil conducteur dans mon parcours, c’est les droits de l’Homme. Un engagement profond, maintenant ancien, qui s’enracine dans les valeurs qui m’ont été transmises […] Lorsqu’en 1979 le monde a découvert le génocide du Cambodge, cela a été pour moi une remise en cause profonde de ce à quoi j’étais destiné à croire. J’appartiens à la génération qui a grandi avec l’idée de « plus jamais ça ». Je n’ai jamais oublié cette phrase entendue alors que je préparais ma bar mitzva : « l’indifférence est un crime sans pardon ». À l’âge de 17 ans, j’ai fondé une association, membre de la Coordination des comités Cambodge. Quelques années plus tard, je suis allé dans les camps de réfugiés à la frontière du Cambodge, je voulais me confronter au réel, aller au bout de ce qui était devenu une passion, j’avais 23 ans[17]. »

Zimeray et le président israélien Shimon Peres, en 2012.

Position sur la guerre en Irak[modifier | modifier le code]

François Zimeray s'est rendu à deux reprises à Bagdad et à pu mesurer le désastre de l'intervention américaine. Pourtant, François Zimeray avait soutenu l'intervention américaine en Irak de 2003, mais il a ensuite critiqué sa mise en œuvre. Il affirme en avril 2004 : « Moi, j’étais pour l’intervention américaine en Irak mais je trouve qu’ils s’y sont scandaleusement mal pris. L’aide, la préparation de la relève, la connaissance du terrain ont été insuffisantes. […] Il a manqué surtout une meilleure préparation, une meilleure sensibilité à ce que veulent, et ce que sont les Irakiens. Je constate les faits et, je le répète, j’étais pour l’intervention[18]. » En 2012, il se déclare accablé par ce qu'il y a vu : « Je suis accablé par ce que j'ai vu en Irak, précisément par le bilan de ces années de guerre. Le tableau des droits de l'homme y est très sombre. […] On pourrait considérer - cyniquement - que c'est le prix à payer pour une transition démocratique, mais celle-ci est encore loin d'être acquise.» Il ne dit plus qu'il avait été au départ favorable à l'intervention américaine, mais s'attribue de l'avoir dénoncée, à une époque qu'il ne précise pas : « nous avions raison de dénoncer l'intervention américaine »[19].

Soudan[modifier | modifier le code]

En 2007, François Zimeray prend une part active à la mobilisation en faveur du Darfour, et se rend dans les camps de réfugiés du Tchad. Il interpelle publiquement deux ministres soudanais invités par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Avocat[modifier | modifier le code]

Membre du barreau Pénal International, de l'Institut français des experts juridiques internationaux (IFEJI), il est intervenu devant la Cour européenne des droits de l'homme. Il est l'un des premiers avocats à la Cour pénale internationale, assurant la défense d'un enfant-soldat accusé de crimes en République Démocratique du Congo. Il se rend à kinshasa pour l'enquète.

François Zimeray a exercé en tant qu'avocat au sein du cabinet d'affaires JeantetAssociés[20][réf. insuffisante]. Il a participé avec Hubert Védrine au projet de développement asiatique du cabinet Jeantet et a fondé le Bureau Asie de l'Alliance des Avocats européens.

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Il a été nommé le 13 février 2008, sur proposition de Bernard Kouchner , « ambassadeur pour les droits de l’Homme[21] ».

En 2009, François Zimeray est également nommé ambassadeur chargé de la dimension internationale de la Shoah et de la mémoire de l'Holocauste. Il a également initié plusieurs démarches de sensibilisation contre l'antisémitisme contemporain. Il s'est rendu à plusieurs reprises à Auschwitz et a soutenu d'importantes initiatives de dialogues entre les cultures, comme le projet Aladin[22][réf. insuffisante] qu'il a présenté à Bagdad en février 2010.

Il est intervenu au nom de la France au Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, et en 2010 à la Conférence de Kampala sur la Cour Pénale Internationale. Lors de la conférence de Durban II (Genève, 2009), il fait partie des représentants français qui se lèvent et quittent la salle lors du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad[réf. nécessaire]. À New York, il a présidé le forum sur les enfants-soldats dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies.

En janvier 2011, il assiste à Kiev au procès de Iouri Loutsenko, ancien ministre de l'Intérieur de Ioulia Tymochenko[23],[24].

En octobre 2011, il se rend à Tripoli quelques jours après la mort de l'ancien leader libyen, Mouammar Kadhafi. En novembre 2011, il est l'un des premiers diplomates à être reçu à Rangoun par Aung San Suu Kyi. En janvier et en avril 2012, il se rend à deux reprises à la prison de Kharkov, pour tenter de s'entretenir avec l'ancienne Premier ministre ukrainienne, Ioulia Tymoshenko et assiste à l'ouverture de son second procès, lors duquel il dénonce des accusations motivées par des raisons politiques[25]. François Zimeray a également représenté la diplomatie française lors de plusieurs procès : il s'est rendu à Moscou pour le procès de Mikhail Khodorkovsky, au Kazakhstan pour soutenir le défenseur des droits de l'homme Evgueni Jovtis.

Durant ses fonctions d'« ambassadeur pour les droits de l’homme » il se rend en Syrie et dénonce dans un entretien à L'Express le « Guernica syrien » perpétré par le « gang des barbares de Damas ». Il avance alors qu'« une intervention en Syrie doit être politiquement possible et militairement souhaitable ». Enfant évoquant Bachar el-Assad, il affirme qu'« il faut tout faire pour les chasser du pouvoir »[26]. Il est chargé par Alain Juppé de collecter les éléments de preuve de crimes contre l'humanité commis par le régime syrien.

En avril 2012, il est reçu par le Président Paul Kagame du Rwanda pour évoquer la lutte contre l'impunité des auteurs du génocide rwandais. Pendant ces cinq années au poste d'ambassadeur pour les droits de l'homme, François Zimeray effectue plus de cent vingt missions de terrain.

En accord avec les lignes directrices de l'Union européenne, François Zimeray a fixé pour objectif que toutes les ambassades de France deviennent des « maisons des droits de l'homme »[réf. nécessaire].

L'Examen périodique universel de la France a été présenté, en 2008 et en 2012, par François Zimeray au Conseil des droits de l'homme des Nations unies[27].

Ambassadeur de France au Danemark[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, il est nommé par François Hollande ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark[28]. Assistant à un débat sur la liberté d'expression dans un centre culturel de Copenhague pris pour cible lors de la première des deux fusillades de Copenhague le 14 février 2015, il en sort indemne[29].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Responsabilités publiques[modifier | modifier le code]

  • De 1989 à 2001 : Maire du Petit-Quevilly ; Vice-président du SIVOM, du District, de la Communauté d’agglomération
  • De 1995 à 2001 : Président de la Commission environnement du District et de la Communauté
  • De 1994 à 1999 : Conseiller général
  • De 1995 à 2000 : Président du Syndicat d’assainissement de l’Agglomération Rouennaise
  • 1999-2004 : Député au Parlement européen ; Membre de la commission juridique ; Membre de la commission de l’Industrie, du Commerce, de la Recherche et de l’Énergie
  • 2001-2008 : Président de la Communauté de l’agglomération rouennaise ; Premier adjoint au maire de Petit-Quevilly

Publication[modifier | modifier le code]

  • François Zimeray, Le maire et la protection juridique de l'environnement, préface de Michel Barnier, éditions Litec, 248 pages, octobre 1994 (ISBN 2711124177).
  • Jacques-Sylvain Klein, La Maison sublime, préface de François Zimeray et Pierre Albertini, Édition Point de vues, 128 pages, 29 mars 2006 (ISBN 2915548072).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du CRIF.
  2. Qui est François Zimeray, l'ambassadeur de France au cœur des attaques de Copenhague ?, Metronews, 15 février 2015.
  3. Les Eco Maires
  4. « La gauche conserve la présidence de la Communauté d'agglomération de Rouen », sur Les Echos,‎ (consulté le 19 février 2015)
  5. Marc Hecker, La défense des intérêts de l'état d'Israël en France, L'Harmattan,‎ , p. 122
  6. Darfour : le réveil des consciences, Libération, 20 mars 2007.
  7. Parmement Européen, questions parlementaires, [1].
  8. Actualité Juive, 23 Novembre 2000, p. 5.
  9. Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Fayard.
  10. « Discours de François Zimeray - Kids creating peace 21/09/2010 »
  11. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&mode=XML&reference=A5-2003-246&language=FR
  12. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202552906120-l-incroyable-discours-du-president-tunisien-moncef-marzouki-a-strasbourg-536242.php
  13. 7e conférence sur l’enseignement de la Shoah, organisé par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, AFP, 13 juin 2010.
  14. « Charte constitutive cercle Léon Blum »
  15. Site web du Cercle Léon Blum, Interview de Nissim Zvili, ancien ambassadeur d’Israël en France par François Zimeray, [2]
  16. Frédéric Beck, Le PS, territoire occupé, Observatoire du communautarisme, 23 avril 2004.
  17. « L'Ambassadeur François Zimeray à cœur ouvert »
  18. « Interview exclusive de Francois Zimeray pour Primo Europe », sur DesInfos.com,‎ .
  19. « Politique Internationale - La Revue », sur www.politiqueinternationale.com (consulté le 31 août 2015)
  20. JeantetAssociés
  21. François Zimeray, Ambassadeur pour les Droits de l’Homme: "Les droits de l'Homme font partie de la marque France", ceuropeens.org, 11 juin 2012
  22. Projet Aldain
  23. Joint Letter to President Medvedev regarding the Khodorkovsky Trial, hrw.org, 27 octobre 2010
  24. http://www.ambafrance-gt.org/IMG/pdf/19_01.pdf
  25. « Point presse du 19 janvier 2012 - Ministère des Affaires Etrangères »
  26. "La Syrie, c'est cent fois Guernica", entretien, lexpress.fr, 12 juin 2012
  27. http://www.humanrights.gov/2013/01/22/upr-15th-session-intervention-for-france/
  28. Décret du 12 octobre 2013 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Royaume de Danemark - M. ZIMERAY (François)  : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000028074540&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id
  29. « Copenhague : "Des moments d'intensité et de de terreur" », sur Le Figaro,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

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