François Zimeray

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François Zimeray, né en 1961, est un avocat, diplomate et responsable public français.

Ancien député au Parlement européen, il a été maire du Petit-Quevilly et président de la Communauté de l'agglomération de Rouen. Le 13 février 2008, il a été nommé par Nicolas Sarkozy comme ambassadeur pour les droits de l'homme sur proposition de Bernard Kouchner. Par décret du 12 octobre 2013, il est désormais ambassadeur de France au Danemark.

François Zimeray

Carrière[modifier | modifier le code]

François Zimeray and Aung San Suu Kyi - Paris - 2012
Visite d'un centre pour la réinsertion des enfants soldats, Sri Lanka, novembre 2009.
Zimeray et Shimon Peres
François Zimeray et Mahmoud Abbas - Ramallah - 2008

Les débuts: un engagement politique et professionnel[modifier | modifier le code]

L'élu local[modifier | modifier le code]

Avocat proche de Laurent Fabius, il devient maire du Petit-Quevilly en 1989 et fonde la première association des maires pour l'environnement, les Eco-maires[1].

Sous sa direction, la mairie de Petit-Quevilly a été la première collectivité à recevoir la certification ISO 9002. Il est réélu deux fois au premier tour et conquiert un siège de conseiller général.
En 2001, il devient président de l'Agglomération de Rouen (450 000 habitants) et entreprend plusieurs chantiers comme le palais des sports de Rouen qu'il confie à l'architecte Dominique Perrault, la rénovation des docks sur les quais et le 106. Il lance également le plan Seine Ouest, le plan Agglo Vélo et le premier tramway sur gazon en France.

Le parlementaire européen[modifier | modifier le code]

François Zimeray lors de ses débuts au Parlement Européen. Mario Soares au premier plan

À trente-sept ans, il devient le plus jeune député du groupe socialiste au Parlement Européen, élu sur la liste de François Hollande . Il s'implique alors dans la Commission juridique et la Commission des Affaires étrangères et de la Défense. Il est l'auteur de huit rapports adoptés à l'unanimité et participe à la rédaction de la Charte des Droits Fondamentaux. Le 30 juin 2003, il défend en séance plénière l'immunité parlementaire de Daniel Cohn-Bendit, poursuivi par le parquet de Francfort.[réf. nécessaire][2]

François Hollande et François Zimeray à Petit-Quevilly

En 2002, Emma Bonnino charge l'avocat Zimeray de défendre un député européen belge et une assistante parlementaire italienne incarcérés au Laos pour y avoir défendu la liberté d'expression.

Dans son discours au Parlement Européen le 06 février 2013, le Président de la République Tunisienne, M. Moncef Marzouki, a remercié publiquement François Zimeray pour son soutien à l'époque de la dictature de Ben Ali[3].

Le partisan de la paix au Proche-Orient[modifier | modifier le code]

François Zimeray devant la prison de Kharkiv (Ukraine) où est détenue Ioulia Tymochenko
Birmanie - 2010

Connu pour ses prises de position en faveur du "camp de la paix" en Israël et des modérés palestiniens en 2002, François Zimeray soutient activement "People's Voice", l'initiative du palestinien Sari Nusseibeh et de l'israélien Ami Ayalon. Le groupe PSE lui supprime son temps de parole lorsqu'il lance une demande de commission d'enquête parlementaire sur l'usage des fonds européens par l'Autorité palestinienne[4] et le parti socialiste ne lui donne pas son investiture pour les européennes 2004.

François Zimeray s'est également rendu à Gaza à deux reprises[5] et, lors de la journée "Kids creating peace" à l'Assemblée national, condamna fermement, "cette forme de hooliganisme intellectuel qui consiste à prendre parti pour un camp contre l'autre, comme s'il y avait les bonnes et les mauvaises victimes alors que les droits de l'homme ne se divisent pas", ajoutant que "toute personne qui se définit comme uniquement pro-israélien ou uniquement pro-palestinien, qui ne serait que pour l'un contre l'autre est -pardonnez cette expression peu diplomatique- un salaud."[6]

Il participe à la création du Cercle Léon-Blum et s'engage en faveur du dialogue entre responsables européens et leaders proche-orientaux, en présidant l'association Medbridge Strategy Center, qu'il fonde à Bruxelles avec des personnalités européennes telles que Willy De Clercq, François Léotard, Emma Bonino, Ana Palacio. Il s'entretiendra ainsi à plusieurs reprises avec Shimon Peres, Mahmoud Abbas et Abdallah II de Jordanie.[réf. nécessaire]

Le militant pour le Darfour[modifier | modifier le code]

À partir de 2006, François Zimeray se mobilise pour le Darfour et organise activement la campagne européenne de soutien. En 2007, il se rend avec Bernard Henri-Lévy dans les camps de réfugiés du Darfour au Tchad et rédige une plateforme signée par les principaux candidats à l'élection présidentielle française. Il interpelle publiquement deux ministres soudanais invités par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.[réf. nécessaire]

L'avocat[modifier | modifier le code]

François Zimeray est membre du barreau de Paris et du barreau pénal international de La Haye. Il a représenté des victimes contre les dirigeants Khmers rouges, a obtenu la libération d'opposants politiques au Laos et a pris la défense d'un enfant-soldat au Congo-Kinshasa (RDC). Membre de l'Institut français des experts juridiques internationaux (IFEJI), il est également intervenu devant la Cour européenne des droits de l'homme.[réf. nécessaire]

Pendant vingt ans, François Zimeray a exercé en tant qu'avocat au sein du cabinet d'affaires Jeantet&Associés[7]. Il a participé avec Hubert Védrine au projet de développement asiatique du cabinet Jeantet et a fondé le Bureau Asie de l'Alliance des Avocats européens.[réf. nécessaire]

François Zimeray et les droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le premier engagement[modifier | modifier le code]

Son engagement en faveur des droits de l'homme date de 1979, année où il fonde sa première association dédiée à l'accueil de réfugiés cambodgiens, avant de se rendre dans les camps de la frontière thaïlandaise où se forgent ses convictions politiques.[réf. nécessaire]

Au cœur de la politique étrangère de la France[modifier | modifier le code]

En tant qu'Ambassadeur pour les droits de l'homme, , François Zimeray participe des entretiens, des visites et des missions de terrain (plus de 90 missions à travers le monde).
Il s'est rendu à Bagdad ; au Tchad auprès des réfugiés du Darfour ; à Gaza au lendemain de l'opération "Plomb durci" ; à Grozny, en Tchétchénie pour rencontrer les dirigeants de l'ONG Memorial ; au Sri Lanka où il a effectué une visite de terrain des camps de réfugiés tamouls dans le Nord du pays et en Colombie à deux reprises.
[réf. nécessaire] Début 2011, il part en République démocratique du Congo afin de se rendre dans les prisons d'enfants.

François Zimeray a représenté à plusieurs reprises la France lors d'affaires judiciaires d'importance. Il se rend ainsi à Moscou pour assister au procès de Mikhaïl Khodorkovski, puis au Kazakhstan pour le défenseur des droits de l'homme Evgueni Jovtis. En janvier 2011, il assiste à Kiev au procès de Iouri Loutsenko, ancien ministre de l'Intérieur de Ioulia Tymochenko[8],[9].

En octobre 2011, François Zimeray se rend en Libye quelques jours à peine après la mort du colonel Kadhafi. En novembre, il est reçu à Rangoon par Aung San Suu Kyi.[réf. nécessaire][10] En janvier 2012, il se présente aux portes de la prison de Kharkiv, Ukraine, et tente de rencontrer Ioulia Tymochenko, incarcérée[11]. En février 2012,il se rend à nouveau à Bagdad pour plaider la cause de l'abolition de la peine de mort, des femmes et celle des chrétiens d'Irak[réf. nécessaire]. Lors de sa première visite à Alger, en mars 2012, François Zimeray plaide pour la "décolonisation des femmes par les hommes"[réf. nécessaire]. Syrie : François Zimeray se rend auprès des réfugiés à la frontière syrienne (février-mars 2012) et dénonce le "Guernica syrien" perpétré par "le gang des barbares de Damas". Il est chargé par Alain Juppé de collecter les éléments de preuve de crimes contre l'humanité commis par le régime syrien. En avril 2012, il est reçu par le Président Paul Kagame du Rwanda pour évoquer la lutte contre l'impunité des auteurs du génocide.

En octobre 2013, il est nommé par le président de la République ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark[12].

L'engagement sur le terrain et aux Nations-Unies[modifier | modifier le code]

François Zimeray s'engage par ailleurs sur tous les fronts de la lutte pour les droits de l'homme[réf. nécessaire]. À Genève, il a défendu le rapport de la France à l'Examen Périodique Universel. Il est intervenu au nom de la France au Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, sous le regard de Robert Badinter, et en 2010 à la Conférence de Kampala sur la Cour Pénale Internationale. Lors de la conférence de Durban II (Genève, 2009), il fait partie des représentants français qui se lèvent et quittent la salle lors du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad[13]. À New York, il a présidé le forum sur les enfants-soldats dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies. Ardent défenseur du droit des femmes[réf. nécessaire], il s'attache également à mettre en lumière des sujets rarement abordés dans les médias comme celui des enfants-sorciers ou du viol utilisé comme arme de guerre[14]. En 2009, François Zimeray est nommé Ambassadeur chargé de la dimension internationale de la Shoah et de la Mémoire de l'Holocauste. Il a également initié plusieurs démarches de sensibilisation contre l'antisémitisme contemporain. Il s'est rendu à plusieurs reprises à Auschwitz et a soutenu d'importantes initiatives de dialogues entre les cultures, comme le projet Aladin[15] qu'il a présenté à Bagdad en février 2010.

Ancien avocat, François Zimeray a créé en mai 2009 l'Alliance des Avocats pour les Droits de l'Homme[16], association qui apporte une consultation juridique gratuite aux ONG, aux associations et aux institutions dédiées aux droits de l'homme.

L'Examen Périodique Universel de la France a été présenté, en 2008 et en 2012, par François Zimeray au Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Responsabilités publiques[modifier | modifier le code]

  • De 1989 à 2001 : Maire du Petit-Quevilly ; Vice-président du SIVOM, du District, de la Communauté d’agglomération
  • De 1995 à 2001 : Président de la Commission environnement du District et de la Communauté
  • De 1994 à 1999 : Conseiller général
  • De 1995 à 2000 : Président du Syndicat d’assainissement de l’Agglomération Rouennaise
  • 1999-2004 : Député au Parlement européen ; Membre de la commission juridique ; Membre de la commission de l’Industrie, du Commerce, de la Recherche et de l’Énergie
  • 2001-2008 : Président de la Communauté de l’agglomération rouennaise ; Premier adjoint au maire de Petit-Quevilly

Publication[modifier | modifier le code]

  • François Zimeray, Le maire et la protection juridique de l'environnement, préface de Michel Barnier, éditions Litec, 248 pages, octobre 1994 (ISBN 2711124177).
  • Jacques-Sylvain Klein, La Maison sublime, préface de François Zimeray et Pierre Albertini, Édition Point de vues, 128 pages, 29 mars 2006 (ISBN 2915548072).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Eco Maires
  2. http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&mode=XML&reference=A5-2003-246&language=FR
  3. http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202552906120-l-incroyable-discours-du-president-tunisien-moncef-marzouki-a-strasbourg-536242.php
  4. Libération
  5. Frédéric Beck, Le PS, territoire occupé, Observatoire du communautarisme, 23 avril 2004.
  6. [PDF]Discours Kids creating peace
  7. Jeantet et Associés
  8. http://www.hrw.org/news/2010/11/02/russia-joint-letter-president-medvedev-regarding-khodorkovsky-trial
  9. http://www.ambafrance-gt.org/IMG/pdf/19_01.pdf
  10. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120628.OBS5475/aung-san-suu-kyi-derriere-l-icone-l-animal-politique.html
  11. Vidéo Euronews
  12. Décret du 12 octobre 2013 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Royaume de Danemark - M. ZIMERAY (François)  : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000028074540&dateTexte=&oldAction=dernierJO&categorieLien=id
  13. Vidéo discours Ahmadinejad
  14. http://www.parismatch.com/Actu/International/republique-democratique-du-Congo-marce-Ni-Violees-Ni-Persecutees-et-plainte-contre-crime-de-guerre-149663
  15. Projet Aldain
  16. AADH
  17. http://www.humanrights.gov/2013/01/22/upr-15th-session-intervention-for-france/

Liens externes[modifier | modifier le code]

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