François Victor Eloi Biennourry

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François Victor Eloi Biennourry
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François Victor Eloi Biennourry (ou Eloy) est un peintre français né le à Bar-sur-Aube[1],[2], et, mort le dans le 5e arrondissement de Paris[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Étienne Pierre Victor Biennourry et de Marguerite Clémence Pellet. Élève de Michel Martin Drolling.

Peintre d'histoire, il reçoit de nombreuses commandes publiques sous le second Empire, pour le palais des Tuileries (salons de l'Impératrice, cabinet de travail de l'Empereur), pour le Louvre et pour de nombreuses églises parisiennes. En parallèle, il réalise des portraits officiels, dont celui de Maupas, ancien ministre de la Police générale, un compatriote champenois. En mai 1871, il décrit les Tuileries incendiées [1] Extraits : Cepandant le palais des Tuileries est impressionnant, magnifique, splendide... Avec ses niches vides, ses statues fracassées ou tronçonnées, ses découpures de hautes fenêtres et de cheminées, restées par je ne sais quelle puissance d'équilibre, debout dans le vide, avec sa carcasse déchiquetée sur le ciel bleu, elle est une merveille de pittoresque, à garder... Ce spectacle impressionniste ne me consolera pas de mes incendiés[4].

Il décède célibataire à Paris, 19, quai Saint-Michel, à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Abbeville, musée Boucher de Perthes, Portrait de Lesueur.
  • Bar-sur-Aube, Hôtel de ville, Ménade endormie, huile sur toile, 1,23 x 2,12, réalisé à Rome en 1846 pendant son pensionnat à la villa Médicis, et offert par le docteur Mougeot[5].
  • Besançon, Doubs, Chapelle du lycée[6], Le Christ au jardin des Oliviers.
  • Grenoble, musée, La Mort de Messaline, huile sur toile, 2,21 x 2,99, dépôt de l'État en 1852.
Samuel sacrant David, Prix de Rome, 1842
  • Paris, école nationale supérieure des Beaux-arts, Samuel sacrant David, huile sur toile, 1,14 x 1,46, 1842, Prix de Rome de peinture en 1842.
  • Paris, Lycée Saint-Louis, L'institution des Quinze-Vingts, huile sur toile, 3,00 x 2,50, 1877.
  • Paris, musée du Louvre, appartements Napoléon III, série de huit médaillons appartenant au décor peint et sculpté des appartements, 1860-1861.
    • L'Architecture mur ouest, RF 1993-29 A[7].
    • L'Architecture mur nord, RF 1993-29 B.
    • La Musique, angle nord-est, RF 1993-29 C
    • La Musique, angle nord-est, RF 1993-29 D
    • La Peinture, angle sud-est, RF 1993-29 E
    • La Gravure, angle sud-est, RF 1993-29 F
    • La Sculpture ornemaniste, angle sud-ouest, RF 1993-29 G
    • La grande Sculpture mur ouest, RF 1993-29 H.
  • Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques, Portrait du pape Pie IX, dessin, 0,056 x 0,044, non localisé.
  • Proverville, Aube, église de l'Assomption, Saint Genès[8], peint à Rome en 1846 pendant son pensionnat à la villa Médicis, et offert par le docteur Mougeot.
  • Rome, Villa Médicis, deux portraits de lauréats du Prix de Rome en 1842, le premier en musique, le second en architecture : Portrait d'Alexis Roger ; Portrait de Philippe-Auguste Titeux[9] .
  • Tarbes, mairie, Le Baptême du Christ, 1857, dépôt en 1860.
  • Troyes, musée des Beaux-arts :
    • Le Mauvais riche, huile sur toile, 2,99 x 1,44, 1848, Salon de 1848, dépôt de l'État en 1850.
    • La maison du peintre à Pompéi, Huile sur toile, 1,02 x 0,78, Salon de 1867, dépôt de l'État en 1868.
    • Ésope et son maître Xantus, huile sur toile, 1,09 x 0,74, Salon de 1869, dépôt de l'État en 1869.
  • Collection particulière, Portrait de Michel Martin Drolling, dessin, 0,13 x 0,10[10].

Notice de Pierre Larousse dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

« BIENNOURY (Victor-François-Eloy), peintre français, né à Bar-sur-Aube, en 1823, eut pour maître Martin Drolling, et remporta, en 1842, le premier grand prix de Rome. De retour d'Italie, il exposa, au Salon de 1849, un tableau d'histoire, commandé par le ministre de l'intérieur, et représentant le Mauvais riche. M. Louis Desnoyers, qui faisait alors accidentellement de la critique d'art dans le journal le Siècle, ne laissa pas échapper l'occasion de commettre un jeu de mots à propos de l'œuvre du débutant; il fit remarquer que le gouvernement de la République avait confié à un peintre Biennoury la tâche difficile de représenter les horreurs de la faim. L'auteur des Mésaventures de Jean-Paul Choppart ne se montra pas, d'ailleurs. très-indulgent pour l'œuvre du pensionnaire de la villa Médicis: « Il y a de bonnes parties dans ce tableau, dit-il; le corps amaigri de Lazare, par exemple, est soigneusement étudié; mais le médiocre remporte : l'ensemble est fade et commun. » M. Biennoury n'envoya que des portraits aux Salons de 1852 et 1853, et ne prit pas part à l'Exposition universelle de 1855. Il fut chargé, à cette époque, de travaux importants dans diverses églises de Paris; il exécuta notamment : la Mort de saint Joseph, tableau pour l'église de Saint-Roch ; les Œuvres de miséricorde et les Vertus cardinales à peintures murales, à Saint-Eustache; Saint Pierre recevant les clefs du paradis, le Reniement de saint Pierre, l’Aveuglement et la conversion de saint Paul, Saint Pierre et saint Paul dans la prison Mamertine, l'Exaltation de saint Pierre et de saint Paul, peintures murales de la chapelle des deux Saints-Apôtres, dans l'église de Saint-Sévérin. L'artiste fit preuve, dans ses divers ouvrages, d'un talent sérieux et d'une véritable entente de l'art décoratif. Il fut moins heureux dans une composition pour laquelle il s'inspira de La Fontaine, et qu'il exposa au Salon de 1857: l'Homme qui court après la fortune et l'homme qui l'attend dans son lit. « Toutes les parties de ce tableau sont traitées avec un soin, une conscience, un amour désespérant, a dit M. About. « C'est l'unité dans le détestable, mais dans un certain genre de détestable qui ne manque ni de caractère ni d'originalité. L'artiste est parvenu, non sans sueur, à faire quelque chose de magistralement mauvais ». M. Biennoury ne se laissa pas décourager par cette critique d'une sévérité un peu exagérée; il exposa: en 1859, le Baptême de Jésus-Christ, commande du ministère d'Etat; en 1863, les Arts, plafond en peinture mate; en 1864, Jésus au jardin des Oliviers. Ce dernier ouvrage lui valut une médaille. Il envoya, en outre, aux mêmes expositions les esquisses de peintures décoratives qu'il fut chargé d'exécuter dans les salons des Tuileries et dans le cabinet du travail de l'Impératrice. En 1862, il peignit, dans la chapelle des catéchismes de Saint-Etienne-du-Mont, un plafond représentant la Trinité. »

— Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1867, tome, II, page 720.

Sources[modifier | modifier le code]

Site externe[modifier | modifier le code]

Site de l'association pour la restauration et la conservation des œuvres de Victor François Eloi Biennourry

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'Aube, commune de Bar-sur-Aube, acte de naissance no 2, année 1823 (consulté le 1er octobre 2014)
  2. Procès-verbaux de l'académie des beaux-arts: 1840-1844, tome septième, publié par Jean-Michel Leniaud,Dominique Massounie, Paris, École des Chartres, 2007, p. 350 (séance du 24 septembre 1842) dans ce document retranscrit le millésime de l'année de naissance est 1827.
  3. Archives de Paris 5e, acte de décès no 2852, année 1893
  4. L'orthographe de ce texte tel qu'il a été retranscrit a été respectée.
  5. Vraisemblablement Joseph-Antoine Mougeot 1815-1889.
  6. Lequel ? Il y a cinq lycées à Besançon. Ce tableau est peut-être celui jugé de mauvais goût, destiné à la chapelle de l'hospice du Havre et qui aurait reçu une autre destination. Cf. dossier F/21/415 de la base Arcade. D'après le Catalogue interministériel des Dépôts d’œuvres d'Art de l’État, il a été déposé à la mairie de Besançon.
  7. Site Joconde : « Les peintures décorant les appartements Napoléon III de l'aile Richelieu au palais du Louvre ont été inscrites sur l'inventaire R.F. du département des Peintures en 1993. Cette date correspond en effet à l'ouverture au public de ces espaces comme salles de musée en novembre 1993 à la suite du départ (en 1989) du ministère des Finances de l'aile Richelieu et de l'affectation de cette dernière au musée du Louvre. »
  8. Explication du sujet sur le site Palissy : L'une des légendes de saint Genès en fait un comédien, souvent représenté un violon à la main, qui se convertit en jouant le rôle d'un chrétien : c'est l'instant que le peintre a ici représenté. Sur la scène d'un théâtre antique, Genès s'est agenouillé, une main sur le cœur, baigné de rayons lumineux, et laisse échapper de sa main droite son masque de comédie antique. Toute la scène et le personnage sont traités à l'antique : type physique du saint, jeune, imberbe, aux cheveux courts et bouclés, vêtements, décor, accessoires.
  9. Architecte, 1812-1846, pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1843 à 1846, mort brutalement à Athènes lors d’un voyage d’études.Son nom est passé à la postérité grâce à une statuette de danseuse en terre cuite du IVe siècle av. J.-C. qu’il avait découverte dans des fouilles menées sur les pentes de l’Acropole et que son ami le sculpteur Pierre-Jules Cavelier donna au Louvre en 1891.
  10. Ce dessin est connu grâce à une photographie conservée à Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire, consultable sur le site Europeana.
  11. Recherches faites avec le patronyme ne comportant qu'un seul R :François Victor Eloi Biennoury.