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François Richard de Montholon

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François Richard de Montholon
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Naissance

Pantin
Décès
(à 84 ans)
Château-Gontier
Sépulture
Château-Gontier
Nationalité
Français
Activité
peintre, dessinateur
Maître
Gustave Boulanger, Jules Lefebvre
Distinction

François de Montholon (1856-1940) est un dessinateur et peintre français né à Pantin et mort à Château-Gontier.

Né à Pantin en 1856, il est le fils de Richard François de Montholon et d'Élise Souchon. Son père exerce la profession de négociant. Il est alors le second enfant du couple, avant la naissance d'Henri en 1859 et après la naissance d'Élise Céline en 1853.

L'enfant va naitre avec un sérieux handicap. Il vient au monde avec une agénésie des deux bras qui demeurent courts et atrophiés ainsi que la jambe gauche courte et incomplète. Ainsi, il vivra appareillé toute sa vie[1].

Après de brillantes études en chimie et un accident de laboratoire qui manqua de lui faire perdre la vue, à vingt, il s'oriente vers la peinture auprès du peintre Louis-Émile Dardoize. Puis, il rejoint les ateliers de Gustave Boulanger et Jules Lefebvre[2] à l'Académie Julian. C'est au cours de ces années, qu'il rencontre également ses futurs amis avec qui il restera tout au long de sa vie proche, comme le peintre Adrien Demont, rencontré à Auvers-sur-Oise[2].

Vieille rue couverte à Menton, huile sur toile, 46 x 33 cm. Collection particulière

En 1885, il épouse Marie Pauline Rouyrre avec qui il aura une fille prénommée Marcelle en 1893[2].

De cette époque datent également ses premiers séjours éloignés de Paris et de l’Île-de-France. L’artiste voyage dans le Boulonnais, en Corse, en Bretagne, mais aussi dans le sud de la France, notamment à Menton. Au tournant du siècle, il découvre le Pays basque et pousse ses déplacements jusqu’en Dordogne.

À l’approche de la Première Guerre mondiale, la situation financière du couple se tend. François de Montholon doit trouver de nouvelles ressources, tandis que son épouse et sa fille participent à l’effort de guerre en envoyant des colis et des vêtements au front. Ne pouvant accéder librement aux zones de combat, il mobilise son réseau et, grâce à l’appui du frère de Blanche Dainville, Paul Painlevé, obtient un laissez-passer lui permettant de se rendre auprès des troupes alliées, notamment stationnées aux environs de Rouen.

Durant cette période l'artiste multiplie également les tableaux de fleurs, un sujet heureux qui est l'une de ses spécialités en ces temps difficiles[2].

Chez l'horticulteur, vers 1914-1918, huile sur toile, 38 x 61 cm. Collection particulière

Après la perte de son épouse en 1920, et avec l’aide matérielle des Dainville, François de Montholon et sa fille trouvent refuge dans le sud de la France. Il s’installe à Saint-Raphaël en janvier 1921. Sur place, ils retrouvent leur ami Henri Mottez, devenu un peintre mondain.

Ruines du vieux château et de l'hospitalet de Ceyreste près de La Ciotat, vers 1923, huile sur toile, 54 x 81 cm. Collection particulière

De cette période ressortent des œuvres pleines de couleurs, vivantes et vibrantes, où la touche n’a plus rien à voir avec celle, lisse et appliquée, des débuts en forêt de Sologne ou de Fontainebleau. Cette production remporte un vif succès et permet au peintre de subvenir à ses besoins.

On retrouve l’artiste à Toulon en 1922, à La Napoule en 1923, à La Ciotat et à Ceyreste en 1924, puis à Cassis et à Cannes en 1925.

On le retrouvera ensuite à proximité de la Capitale, à Sucy, chez les Dainville à Itteville, sur les bords de Loire où il peint le Pont de Saint-Thibauld en 1930 et à Nemours de 1933 à 1935, où il loue une maison rue des Cherelles.

Avant que la Seconde Guerre mondiale ne soit déclarée, l’artiste achève son parcours de vie presque là où il l’avait commencé, à Mortefontaine. C’est dans ce village qu’il apprend le déclenchement du conflit. Il quitte alors l’Oise pour se mettre à l’abri à Angers. À peine installé dans cette ville, la santé de Marcelle décline. Heureusement, bien accueillis chez un officier, tous deux y trouvent un temps de réconfort.

En 1940, Montholon et sa fille doivent à nouveau chercher refuge, alors qu’ils apprennent le décès de Blanche Dainville. Ne trouvant pas d’hébergement immédiat, et en plein Exode, ils se dirigent vers Château-Gontier. François de Montholon y décède à l’hôpital le 24 juin 1940[2].

Expositions et récompenses

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Dunes en fleurs dans les marais de Saint-Frieux, 1895, huile sur toile, 90 x 150 cm. Hyères, La Banque, musée des Cultures et du Paysage, 02.05.263. Don du Baron Alphonse de Rothschild, 1895.

Il participe pour la première fois au Salon de la Société des Artistes français de 1879 et y restera fidèle jusqu'en 1936. À cela s'ajoute des participations au Salon d'Hiver et à de nombreux salons en province comme à l'étranger (Lyon, Pau, Amiens, Laval, Versailles, Douai, Reims, Blois pour n'en citer qu'une infime partie)[3].

En 1881, il reçoit une première médaille de bronze pour son envoi au Salon de Boulogne-sur-Mer. C'est le début des reconnaissances : 1883, médaille de bronze à Amiens et à Rochefort ; 1884 : médaille d'argent à Amiens et mention honorable à Versailles, etc.

Au Salon des artistes français de Paris, il reçoit en 1889 une Mention honorable pour un paysage du Faouët (Bretagne), en 1894 une Troisième Médaille pour un paysage d'Auvers-sur-Oise, en 1895 le prix Raigecourt-Goyon pour son tableau Dunes en fleurs dans les marais de Saint-Frieux (Pas-de-Calais), aujourd'hui conservé au Musée-La Banque d'Hyères, en 1908 le prix Morlot.

Un réseau d'amis

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ESTIENNE Henry d', Portrait du peintre François de Montholon, vers 1933, huile sur toile, 60 x 51 cm. Nemours, Château-Musée, 2014.0.127. Legs de Marcelle de Montholon, 1964.

En plus du peintre Adrien Demont[2], François de Montholon va pouvoir compter toute sa vie sur l'amitié indéfectible du peintre Maurice Dainville. Cette amitié est né vers 1883 dans les environs de Mortefontaine, là où les deux artistes travaillent sur le motif. Par la suite, les artistes vont de plus en plus se rapprocher. L'épouse de Dainville, Blanche (née Painlevé et sœur de Paul Painlevé) sera la marraine de Marcelle par exemple.

En 1884, il rencontre au Salon le peintre Paul Leroy avec qui également il se lie d'amitié. Ce dernier effectuera le portrait de Montholon en 1890. Le tableau est depuis conservé dans les collections du Château-Musée de Nemours. Par le biais de ce dernier, Montholon fera aussi la connaissance d'Adrien-Charles Andreï avec qui il parcourt la Corse pour l'illustration d'un guide touristique de l'éditeur Hennuyer.

Trois ans plus tard, le marchand et critique d'art Léon Gauchez, plus connu sous le pseudonyme Paul Leroi commence à s'intéresser aux créations de Montholon. Grâce à cette amitié, plusieurs oeuvres de Montholon seront achetées par la famille Rothschild pour enrichir les collections publiques françaises.

Parmi les autres amis figurent également le peintre Henry d'Estienne qui réalisera un portrait de Montholon, Virginie Demont-Breton qui accueillera l'artiste chez elle à Wissant, le peintre Francis Tattegrain avec qui il parcourt les environs de Berck-sur-Mer, etc[4].

Un artiste voyageur

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Tout au long de sa carrière, l’artiste arpente la France entière. On le retrouve d’abord en Île-de-France, puis dans le Boulonnais chez son ami le collectionneur Charles Lebeau pour qui il sera le témoin de mariage en 1889, en Bretagne, en Corse, au Pays basque, en Dordogne, dans le Sud-Est - notamment aux Martigues, à La Ciotat, dans les Cévennes - ou encore en Seine-et-Marne.

La Baignade sur la Marne à la Varenne, huile sur toile, 55 x 71 cm. Nogent-sur-Marne, musée intercommunal, inv. 7955. Acquisition
L'Église de Faÿ-lès-Nemours, 1933-1935, huile sur carton, 23 x 33 cm. Nemours, Château-Musée, 2025.35.1. Don, 2025.

En 1940, en pleine débâcle, l’artiste quitte Paris pour Angers, avant de décéder quelque temps plus tard à Château-Gontier.

Les guides de voyage Hennyuer

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Monument Rousseau et Millet à Barbizon, 1896, encre, gouache et fusain sur papier, 17 x 21,3 cm. Nemours, Château-Musée, 2018.0.75. Don de l'artiste, 1935

Pendant la décennie 1890, François de Montholon collabore avec l’éditeur Hennuyer afin d’illustrer les guides de voyages intitulés Les étapes d’un touriste en France. Au cours de ces dix années, Montholon produit des dessins pour 19 guides[5].

Toutes les régions de France sont concernées, à l’exception de l’Est. On le retrouve ainsi en Île-de-France pour les guides consacrés aux environs de Paris, mais également de Marseille à Menton, en Corse, de la baie de Saint-Malo à Saint-Brieuc, dans les Cévennes, le Tarn, les Causses et dans le nord de la France, où il illustre une série de trois guides.

L’œuvre de guerre : 1914-1918

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Le Repos des soldats Sikhs au camp Britannique de Bruyères Saint-Julien près de Rouen, 1915, aquarelle et gouache sur photogravure, 47 x 57 cm. Collection particulière

Installé à Saint-Astier, non loin de Périgueux, en famille depuis septembre 1914, François de Montholon est rattrapé par la Première Guerre mondiale. Le village est soudainement envahi par l’arrivée de centaines de soldats du 73ᵉ régiment d’infanterie, venus se reposer après les combats sur le front de l’Est[6].

Montholon profite de l’occasion pour croquer ses soldats, qui font l’objet d’une petite série de peintures. Par la suite, grâce à Paul Painlevé, il obtient l’autorisation d’accéder aux troupes britanniques cantonnées à Bruyères-Saint-Julien, à Sotteville-lès-Rouen. À cette époque, ce camp constitue la plaque tournante de l’armée de l’Empire britannique. Les troupes, venues du monde entier notamment des Indes avec les Sikhs, sont représentées par Montholon dans une série de dessins reproduits ensuite par photogravure. Croqués dans leur quotidien, les soldats sont montrés en train de faire la lessive, de préparer leur repos, de partager un thé, etc.

Montholon réalise également des peintures sur ce thème dans le Boulonnais, mais aussi dans le parc du château de Versailles en 1917 !

Montholon et les collections publiques

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Les dons de la famille Rothschild

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Soutenues par les acquisitions de la famille Rothschild, notamment celles d’Alphonse, les collections françaises sont particulièrement riches en œuvres de Montholon. C’est le cas, entre autres, des musées d’Avignon, Cannes, Cholet, Senlis, Clermont-Ferrand, Compiègne, Honfleur, Saint-Quentin, Hyères, Chamesson, Menton, Troyes, Vannes, etc.[7]. Malheureusement, en raison des destructions causées par la Première Guerre mondiale, certains de ses dons ont été perdus, comme à Avesnes-sur-Helpe et Bailleul.

D’autres de ses œuvres se retrouvent dans les musées de Boulogne-sur-Mer, Ajaccio, Nogent-sur-Marne, Périgueux, Nemours[8] ou les collections de la ville de Paris.

Panorama, landes de bruyères près de Nemours, 1933-1935, huile sur toile, 27 x 46 cm. Nemours, Château-Musée, 2014.0.135

Depuis son décès en 1940, la carrière de cet artiste était tombée dans l’oubli, le classant parmi les « petits maîtres de la peinture », bien que sa production reste régulièrement présente sur le marché de l’art.

L’artiste fera l’objet d’une première exposition monographique en 2025 au Château-Musée de Nemours[9].

  1. Philippe Couton, « François de Montholon et son handicap, un sujet sans objet ? », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot Rouge, , 188p., p 140-146.
  2. a b c d e et f Philippe Couton, « À la redécouverte d'un maître de la couleur », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot rouge, , 188., p. 12-52.
  3. Philippe Couton, Jérôme Fourmanoir, Pauline Prevost Marcilhacy, François de Montholon - de l'ombre à la lumière, catalogue d'exposition, Nemours, Château-Musée, 26 octobre 2025-8 mars 2026, Nemours, Édition du Sabot Rouge, 2025, 188p.
  4. Philippe Couton, « Des amitiés majeures : les artistes et les autres », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot Rouge, , 188p., p. 80-88.
  5. Jérôme Fourmanoir, « Les étapes d'un touriste en France », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot rouge, , 188p., p. 96-104
  6. Philippe Couton, « L’œuvre de guerre : 1914-1918 », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot rouge, , 188p., p. 104-112.
  7. Pauline Prevost Marcilhacy, « La politique culturelle décentralisatrice », dans François de Montholon - de l'ombre à la lumière, Nemours, Le Sabot rouge, , 188p., p. 72-80
  8. « Recherche d’images », sur GrandPalaisRmnPhoto (consulté le )
  9. « Nouvelle exposition au Château-Musée. Le talent de François de Montholon », L'Éclaireur,‎
  • Benezit, Dictionnaire des peintres, Éditions Gründ.
  • Philippe Couton, Jérôme Fourmanoir, Pauline Prevost Marcilhacy, François de Montholon - de l'ombre à la lumière, catalogue d'exposition, Nemours, Château-Musée, 26 octobre 2025-8 mars 2026, Nemours, Édition du Sabot Rouge, 2025, 188p.
  • Philippe Couton, "Dans les pas de François de Montholon" in Côte d'Opale magazine, février-mars 2012, n° 55, pp. 54-61.
  • Jérôme Fourmanoir, La vie artistique à Boulogne-sur-Mer au XIXe siècle, 2019, 218p. (ISBN 979-10-699-4159-5)
  • Gérard Schurr et Pierre Cabanne, Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture (1820-1920), Éditions de l'Amateur.

Liens externes

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