François René de La Tour du Pin Chambly de La Charce

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François-René de la Tour-du-Pin
Marquis de La Charce
Naissance
Arrancy
Décès (à 90 ans)
Lausanne
Origine France
Allégeance France Armée française
Grade Lieutenant-colonel
Années de service 18521881
Conflits Guerre de Crimée
Risorgimento
Guerre franco-prussienne de 1870
Famille Famille de La Tour du Pin

François René de La Tour du Pin, marquis de La Charce, est un officier et homme politique français, inspirateur en France du catholicisme social, né le 1er avril 1834 à Arrancy (Aisne), non loin de Laon en Picardie, et décédé le 4 décembre 1924 à Lausanne, en Suisse.

Famille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille de La Tour du Pin.

Fils aîné d'Humbert de La Tour du Pin, marquis de La Charce, et de Charlotte-Alexandrine de Maussion, François-René de La Tour du Pin est issu d’une vieille famille de la noblesse dauphinoise, catholique et royaliste. Il épousera en 1892 sa cousine, Marie-Séraphine de La Tour du Pin Montauban, dont il n'aura pas d'enfants.

De l'armée aux cercles catholiques[modifier | modifier le code]

François-René de La Tour du Pin entre à Saint-Cyr en 1852. Jeune officier, il sert sous le Second Empire en Crimée, en Italie et en Algérie avant de participer à la guerre contre la Prusse en 1870. Fait prisonnier lors de la reddition de Metz en octobre 1870, il sympathise en captivité avec Albert de Mun. En septembre 1871, au lendemain de la Commune, alors qu’il est encore capitaine aide de camp du gouverneur militaire de Paris, il s’engage, à la demande de Maurice Maignen, fondateur en 1845 des Frères de Saint Vincent de Paul dans l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers avec ses amis Albert de Mun et Félix de Roquefeuil. Son action est alors inspirée des travaux de Frédéric Le Play. C'est alors qu'il est touché par la situation des ouvriers. Ses écrits politiques sont marqués par cette situation. Plus encore que Lamennais, il est à la source du courant du catholicisme social en France.

La Tour du Pin et le catholicisme social[modifier | modifier le code]

Convictions monarchistes[modifier | modifier le code]

En 1877 il est nommé attaché militaire en Autriche-Hongrie et rencontre le « comte de Chambord », prétendant légitimiste au trône de France, dans son exil de Frohsdorf. À Vienne il est également marqué par l’influence des catholiques sociaux autrichiens, le plus représentatif d’entre eux étant le baron Karl von Vogelsang (1818-1890) qui anime la revue Vaterland. En 1881, il démissionne de l’armée et se retire sur ses terres d’Arrancy, dont il sera maire. À la mort du « comte de Chambord », en 1883, La Tour du Pin reporte sa fidélité royaliste sur l'aîné des Orléans, Philippe, comte de Paris, qu’il rencontre à Eu. Au début 1885, de passage à Rome, il est reçu par le pape Léon XIII. En 1891, contrairement à Albert de Mun, il refuse le ralliement des catholiques français à la Troisième République. Comme le futur maréchal Lyautey, qui publie au même moment son "Rôle social de l’officier", largement inspiré de l’expérience des « cercles catholiques », La Tour du Pin demeurera fidèle à ses idées royalistes de jeunesse.

En 1892, il rencontre pour la première fois le jeune Charles Maurras, encore républicain, amorce une correspondance qui devait se poursuivre jusqu’à la mort du colonel. Une fois l’Action française fondée en 1899, La Tour du Pin apporte son concours. Il livrera ainsi trois études à la Revue grise d’AF entre 1904 et 1906, sur la noblesse, la représentation professionnelle et l’organisation territoriale de la France. En 1907 il publie son maître livre, imposant recueil d’articles écrits à partir de 1882 : Vers un ordre social chrétien. Le marquis de La Tour du Pin meurt à Lausanne le 4 décembre 1924 à 90 ans révolus.

Postérité[modifier | modifier le code]

La pensée de La Tour du Pin aide à la rénovation intellectuelle que connaît le catholicisme en France pendant toute la première partie du XXe siècle : l'Église y réaffirme sa responsabilité auprès des plus pauvres et promeut l'engagement des laïcs au service de la cité. L'Action française et Firmin Bacconnier y puisent une bonne partie de leurs idées sociales. Ainsi, comme l'expliquera Charles Maurras : « Ce n’est pas La Tour du Pin qui est à l’Action française, c’est l’Action française qui est à La Tour du Pin. » Les écrits de La Tour du Pin marqueront également le général de Gaulle. En 1970, Edmond Michelet, ministre du général, faisait remarquer à ce sujet « s’il est un personnage que le général de Gaulle connaît mieux que Marx, c’est peut-être le très ignoré aujourd’hui La Tour du Pin ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Vers un ordre social chrétien, Éditions du Trident, 1987
  • Vers un ordre social chrétien - Jalons de route 1882-1907, Paris, Nouvelle Librairie nationale, sans date (1907), format in-8°, XII + 514 pages. Il s'agit d'un recueil d'articles de circonstance publiés entre 1882 et 1907, dans différentes revues, principalement l'Association catholique et le Réveil français.

Ce dernier ouvrage regroupe les articles en cinq parties :

  • I - Les origines d'un programme
  • II - Économie sociale
  • III - Politique sociale
  • IV - Au contre-pied de la Révolution
  • V - La Restauration française

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Sémichon, Les idées sociales et politiques de La Tour du Pin exposées d'après son livre "Jalons de route" , éditions Beauchesne 1936.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

René de la Tour du Pin, un analyste supérieur à Karl Marx : http://www.scribd.com/doc/53881647/Rene-de-La-Tour-du-Pin-un-analyste-superieur-a-Marx