François Perrier (artiste)

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François Perrier
Defaut 2.svg
Naissance
Décès
Activités
Peintre, graveur
Maîtres
Élèves
Enée et ses compagnons combattant les Harpies, 1646-47, musée du Louvre, Paris.

François Perrier, né à Pontarlier en 1594 et mort à Paris en novembre 1649, est un peintre et graveur français, un des membres fondateurs de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Perrier est né à Pontarlier[1], en Franche-Comté alors en terre d'Empire, en 1594[2]. Il a un frère, Guillaume Perrier, également peintre[3].

Il apprend le dessin auprès de son père orfèvre et part à Lyon vers 1620 où il apprend dans l'atelier d'Horace Le Blanc[4].

En 1624, il part pour Rome, où il entre dans l'atelier du peintre Giovanni Lanfranco, grand décorateur baroque. Il commence à travailler à fresque pour le dôme de l'église San Andrea della Valle — mais il est très difficile de savoir ce qui lui revient dans les œuvres de Lanfranco de cette époque. Il est possible qu'il ait alors vécu dans la maison de Simon Vouet, où se trouvaient également Charles Mellin et Claude Mellan[4].

De retour en France, il s'installe à Lyon au printemps où il travaille à l'achèvement de la Chartreuse dont la décoration a été commencée par Horace Le Blanc et Jacques Sarazin. Au début de 1630, il rejoint Paris où il est chef assistant de Simon Vouet. Il travaille avec lui à de nombreux chantiers dont le château de Chilly et forme lui-même des élèves, dont Charles Le Brun et Charles-Alphonse Dufresnoy[4]. Il pratique l'estampe et essaie d'y introduire la couleur avec Le Temps coupe les ailes de l'Amour (vers 1633-1634).

Groupe du Laocoon gravé au début des Segmenta Nobilium Signorum et Statuarum, 1638.

À la fin de 1634 ou au début de 1635, il retourne à Rome et y demeure dix ans. En 1638, François Perrier y publie un recueil de cent planches à l'eau-forte, Segmenta Nobilium Signorum et Statuarum…, figurant les statues de Rome[5], puis en 1645 Icones et segmenta… quae Romae adhuc extant…, recueil de 55 planches reproduisant des bas-reliefs romains[6]. Ces deux recueils de gravures, qui représentent les sculptures antiques que l'on pouvait voir à Rome au début du XVIIe siècle dans les palais et chez les collectionneurs, sont d'une importance fondamentale pour l'histoire de l'art gréco-romain ; ils ont servi de répertoires visuels des modèles classiques pour plusieurs générations d'artistes et d'amateurs européens. Perrier est cité à ce titre en 1662 dans le Het Gulden Cabinet de Cornelis de Bie[7]. Ses estampes sont signées « Franciscus Perrier Burg. (ou Burgund.) », c’est-à-dire Burgundus : le Bourguignon[8].

Il publie aussi des eaux-fortes d'après les fresques de Raphaël à la villa Farnesina. Il devient peintre indépendant (à la fois à l'huile et à fresque) et travaille pour les familles Spada, d'Este, Peretti, Sacchetti et Giustiniani. Il est également actif dans le commerce de l'art[4].

Orphée devant Pluton et Proserpine faisait partie des collections du roi Louis XIV ainsi que l’Acis et Galatée se dérobant au regard de Polyphème offert au roi par Le Nôtre[9]. Vénus vient prier Neptune d’être favorable à Enée faisait partie des collections de peintures des princes de Salm confisquées lors de la Révolution française et conservées au Musée d'Épinal. Le Triomphe de Neptune ou l'apothéose du Dauphin, tableau d'apparat, se trouvait dans le cabinet de curiosités de Joseph Dorat seigneur de Noisy le Grand et sieur de la Barre[10].

À la fin 1645 ou au début de 1646, il est de retour à Paris, où il est un peintre recherché. Il reçoit de nombreuses commandes pour des autels, des peintures de cabinet ou de plus vastes décorations. Il réalise ainsi la décoration de la seconde chambre des enquêtes du parlement de Paris, du Château du Raincy pour Jacques Bordier[11], il peint la voûte de la célèbre Galerie dorée de l'hôtel de La Vrillière, l'actuelle Banque de France, ainsi que le cabinet des Muses de l'hôtel Lambert, aux côtés d’Eustache Le Sueur[4].

Il se marie en 1648, a un fils, et participe la même année à la fondation de l'Académie royale de peinture et de sculpture, dont il est l'un des douze membres[4]. Il est aussi membre de l'Académie de Saint-Luc à Paris, où il professait. Il meurt subitement en novembre 1649 à l'âge de 55 ans[4].


Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son lieu de naissance a prêté à discussion : il serait né à Salins dans le Jura ou à Saint-Jean-de-Losne en Bourgogne selon André Félibien ou encore à Mâcon (Bourgogne) selon Georges Guillet de Saint-George ; en 1993, Jacques Thuillier publie son contrat de mariage où il est indiqué « François Périer paintre de Sa Majesté natif du Pontarlier en la Franche Comté ».
  2. L’acte de décès du 2 novembre 1649, publié par J. Thuillier, indique qu’il est « aagé de cinquante cinq ans » (Jacques Thuillier, « Les dernières années de François Perrier (1646–1649) », Revue de l’art, 99, 1993, p. 27.
  3. L. Lex et P. Martin, Guillaume Perrier peintre et graveur mâconnais du dix-septième siècle, Plon et Nourrit,‎ (lire en ligne). Plusieurs tableaux de Guillaume Perrier sont conservés au Musée des Ursulines de Mâcon.
  4. a, b, c, d, e, f et g (en) Alvin L. Clark, Jr, François Perrier. Reflections on the earlier Works from Lanfranco to Vouet/ Les Premières Œuvres, de Lanfranco à Vouet, Paris, galerie Eric Coatalem, 2001.
  5. Robert-Dumesnil, VI, p. 176. Consulter en ligne sur le site de l'Institut national d'histoire de l'art.
  6. Robert-Dumesnil, VI, p. 189.
  7. P. 143
  8. Il utilise également le monogramme FPB : « Franciscus Perrier Burgundus »
  9. Jacques Thuillier, « Les dernières années de François Perrier (1646–1649) », Revue de l'art, no 99, 1993, p. 9–28.
  10. Edmond Bonnaffé, Dictionnaire des amateurs français du XVIIe siècle, Paris, 1884, p. 79.
  11. « Françoise de la Moureyre, Le goût artistique d'un grand financier au XVIIe siècle : Jacques Bordier », sur www.latribunedelart.com (consulté le 10 juillet 2015).
  12. (fr) « Notice no 000PE002163 », base Joconde, ministère français de la Culture
  13. (fr) « Notice no 000PE002162 », base Joconde, ministère français de la Culture
  14. (fr) « Notice no 000PE002164 », base Joconde, ministère français de la Culture
  15. Le tableau est passé en vente à Paris le 19 juin 2007 « Notice », sur Sotheby’s (consulté le 11 juillet 2015)
  16. (fr) « Notice no 01370003516 », base Joconde, ministère français de la Culture
  17. (fr) « Notice no 01370003525 », base Joconde, ministère français de la Culture
  18. (fr) « Notice no 03110005023 », base Joconde, ministère français de la Culture
  19. « Analyse du tableau », sur www.cndp.fr (consulté le 10 juillet 2015)
  20. (fr) « Notice no 00000075336 », base Joconde, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Thuillier, « Les dernières années de François Perrier (1646–1649) », Revue de l’art, no 99,‎ , p. 9-28 (lire en ligne).
  • Dominique Brême, « François Perrier, le plus romain des peintres classiques », L'Estampille-L'Objet d'Art, no 310,‎ , p. 33-39.
  • Alvin L. Clark, Jr, François Perrier. Reflections on the earlier Works from Lanfranco to Vouet/ Les Premières Œuvres, de Lanfranco à Vouet, Paris, galerie Eric Coatalem, 2001.
  • Sylvain Laveissière, « L’Antique selon François Perrier. Les Segmenta nobilium signorum et leurs modèles », dans Poussin et la construction de l’antique, actes du colloque, Rome, Académie de France, 2009), Paris, Somogy, 2011, p. 49-57.

Liens externes[modifier | modifier le code]