François Michelin

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François Michelin
Naissance
Clermont-Ferrand
Drapeau de la France France
Décès (à 88 ans)
Clermont-Ferrand
Drapeau de la France France
Nationalité française
Profession
Gérant du groupe Michelin de 1955 à 1999

François Michelin né le à Clermont-Ferrand et mort le dans la même ville, est un industriel français, gérant du groupe Michelin de 1955 à 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Michelin est le fils d'Étienne Michelin (1898-1932) et de Madeleine Calliès[1] (1898-1936), le petit-fils d'Édouard Michelin (1859-1940), et le père d'Édouard Michelin (1963-2006).

Après la mort de son père et de sa mère, il fut élevé à Clermont-Ferrand chez sa grand-mère Madame Edouard Michelin née Thérèse Wolff (1870-1953) et par sa tante Marthe Rollier (1892-1966), veuve d'un clerc de notaire.

Il fut pensionnaire des Frères des Écoles chrétiennes à Clermont-Ferrand.

Après des études classiques de mathématiques, il obtient sa licence à la faculté des sciences de Paris. Il entre dans le Groupe familial en 1951 sous une fausse identité pour un parcours initiatique de quatre ans[2]. Pendant deux ans il travaille avec les équipes qui font les horaires en 3x8, comme ouvrier-ajusteur à l'atelier Poids Lourds de l'usine des Carmes de Clermont-Ferrand et comme confectionneur de pneus pour voitures particulières à l'usine de Cataroux de Clermont-Ferrand également. Il passe ensuite dans les services du commerce et de la recherche. Ce passage dans la recherche sera clé et l'une des passions de François Michelin, puisque les investissements en R&D du groupe Michelin feront passer Michelin de la 20ème place à celle de N°1 mondial en 1979, doublant ainsi tous ses concurrents américains, européens et asiatiques.

Le , il est nommé cogérant des Établissements Michelin aux côtés du patron Robert Puiseux et gendre d'Édouard Michelin (1859-1940). En 1959, il devient seul gérant de l'entreprise et véritable patron. Il appellera ensuite à ses côtés comme cogérants son cousin germain François Rollier (1915-1992) en 1966 puis René Zingraff en 1986. François Rollier, qui fit des études de droit, était le fils de Marthe Rollier, née Callies, sœur de la mère de François Michelin et sa mère 'adoptive' au décès de sa mère en 1936, alors qu'il avait à peine 10 ans.

Sous la direction de François Michelin s'est développé le pneu radial, véritable révolution technologique qui permettra au Groupe de devenir le premier fabricant mondial de pneumatiques en 1979. Il impulsera également l'élargissement de la conquête du marché américain (1ère usine construite en 1907) dans les années 1980, après le rachat du manufacturier Uniroyal Goodrich (UGTC). Son fils Edouard sera d'ailleurs le pilote de Michelin USA, avant de rentrer en France.

Sous son pilotage double de Michelin et de Citroën seront également lancées les mythiques Citroën DS et Citroën XM. En effet, le groupe Michelin pilotera les destinées de Citroën de 1935 à 1974, date de sa revente de Citroën au groupe Peugeot SA. Toute sa vie, François Michelin roulera en Citroën et restera fidèle au made in France. Ses équipes de recherche, où Michelin investira 2 fois plus en moyenne que les autres grandes entreprises françaises, seront à l'origine des pneus du Concorde, mais aussi des brevets et innovations liés entre autres aux suspensions hydractives et aux phares tournants Citroën, assurant une meilleure sécurité en montagne et dans les virages.

En plus des nombreux brevets déposés de 1955 à 1999, François Michelin aura à cœur de protéger les technologies made in France et made in Michelin, faisant développer par ses équipes des machines de fabrication internes des pneumatiques, permettant à Michelin d'employer plus de 43.000 personnes en France à son apogée dans les années 1970 et surtout de résister à l'espionnage industriel intense et trop souvent sous-estimé, dont sont victimes les entreprises françaises depuis 1945. Le secret imposé par François Michelin a aussi permis de surprendre et dépasser tous ses concurrents et à maintenir un leadership mondial (1ère ou 2e place) où Michelin s'est toujours maintenu depuis 1979.

Ainsi, François Michelin donne priorité à l'emploi et à la R&D plutôt qu'à la flamboyance et aux médias, donnant ainsi du travail, avec le groupe Citroën et tous les sous-traitants Michelin, à plus de 300.000 familles en 1974. A son pic, la participation du groupe Michelin aux revenus fiscaux de l'Auvergne atteindra 57% pour une population d'environ 1,4 millions d'habitants.

Fervent chrétien, le « patron le plus secret de France » a été controversé pour son paternalisme et la communication minimale de son entreprise. À 73 ans, en 1999, François Michelin transmet dans la plus pure tradition familiale les rênes de l'entreprise à son fils Édouard Michelin, nommé co-gérant quelques années auparavant, qui en devient alors le patron officiel.

En 2006, à la suite de la mort accidentelle d'Édouard Michelin, Michel Rollier (fils de François Rollier) devient seul gérant du groupe dont il était déjà cogérant depuis l'année précédente.

Son épouse, née Bernadette Montagne[1], est morte en 2014 à 88 ans.

Il est mort le [3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « François Michelin », whoswho.fr.
  2. Stéphane Lauer, « François Michelin est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. « Décès de François Michelin », sur La Montagne,‎ (consulté le 29 avril 2015).