François Malkovsky

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François Malkovsky
Biographie
Naissance
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LaonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

François Malkovsky, né le 22 septembre 1889 à Ceské Budéjovice en Bohême (Tchécoslovaquie) et mort le 9 janvier 1982 à Laon en France, est un danseur et chorégraphe, créateur de l'école de Danse libre de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Malkovsky vient à Paris en 1910 pour poursuivre des études musicales. Entre 1912 et 1925, il voit danser Isadora Duncan et abandonna le chant pour se consacrer à la danse libre. En 1920, à la question « qu'est-ce que la danse ? », il répond : « Je m'efforce de développer chez mes élèves leurs capacités physiques, mentales, émotionnelles, et spirituelles ».

Il exerça son art dès les années 1920 dans le sillage de la “Révolution isadorienne”, après avoir fondé sa propre École de Danse à Paris.

Le patrimoine artistique qu'il a légué est composé de remarquables chorégraphies qu'il a créées dès les années 1920. Celles-ci ont été inspirées par un corpus musical riche, dans lequel la musique romantique du XIXe siècle tient une place importante. Mais ce patrimoine recèle aussi toutes les dimensions culturelles, spirituelles, humaines qu'il donnait à son enseignement. Il n'hésitait jamais à rappeler que "le plus beaux des Art est l'art de vivre où la danse représente une partie des plus importantes."

Venu de Bohême à Paris pour y poursuivre des études de chant lyrique, il a changé de voie après avoir vu danser Isadora Duncan au Châtelet en janvier 1911 : il venait de découvrir que la danse, libre et joyeuse, telle qu'Isadora l'exprimait, permettait, mieux encore que le chant, de traduire les émotions éveillées par la musique ; mieux encore que la voix, le corps permettait un engagement total, une “prise de risque” plus convaincante.

F. Malkovsky se prépara à ses futurs succès d’artiste et de pédagogue, en fréquentant les divers cours de Danse libre qui avaient fleuri un peu partout, et en collaborant avec certains responsables de ces courants nouveaux, tels Raymond Duncan et Marie Kummer.

S’il n’a ouvert son propre studio de danse qu’en 1920, c’est qu’il était très exigeant, ne se contentant pas de ce qu’il avait appris ou expérimenté chez les autres. Il a ainsi attendu près de neuf années avant de se permettre de monter sur scène et d’enseigner sa danse qu’il conçoit dans son indispensable unité : mentale, émotionnelle et physique, nécessairement basée sur le mouvement naturel humain.

L'exigence de "Vérité" de Malkovsky est une exigence “d'Unité". Cette recherche d'unité de notre être est fondamentale pour lui. Aussi termine-t-il ainsi son article "La Recherche du vrai par le beau", publié dans le Journal Musical et théâtral de 1934 : "Et voici la route vers l’harmonie des mouvements, vers l’expression des choses sublimes, vers la Danse libre, le chemin le plus direct vers le Dieu, Un". Il insistait également sur l’évidente nécessité, pour chacun et plus particulièrement pour le danseur, de retrouver le “mouvement humain naturel”, trop souvent malmené par notre vie moderne. L’analyse du “mouvement naturel humain” entreprise et réussie par Malkovsky est rare, presque unique. Il a fait là un cadeau précieux à ses élèves. Il convient de le préserver, car sa conception "unitaire" de la danse a toujours dominé son enseignement et en a signé la spécificité et l'exigence constante.

Certains de ses élèves ont cherché à préserver et à transmettre le patrimoine artistique de François Malkovsky, en s'attachant à respecter le style du Maître : recherche rigoureuse d'un geste juste, d'un mouvement vrai et expressif en harmonie sensible et rythmique avec la partition musicale qui nourrit l'âme du danseur. De telles exigences ne vont pas de soi et ne sont pas faciles à maintenir dans le temps.

C'est pourquoi - afin que ces exigences puissent être rappelées - Malkovsky, avant sa disparition, a tenu à confier la protection de son nom et de son œuvre à l'une de ses élèves.

À cette fin, a été constituée après la mort de F. Malkovsky, l’École de danse libre MALKOVSKY, association à but non lucratif fondée sur l’idéal de François Malkovsky, se proposant de perpétuer et développer sa méthode de danse dans le respect de son enseignement.

Danses et chorégraphies de François Malkovsky[modifier | modifier le code]

F. Malkovsky a créé des chorégraphies qu'il a dansées sur scène jusque dans les années 1950. Il a transmis certaines de ces danses à quelques élèves ; parfois il en a enseigné d'autres à un plus grand nombre, lors de cours ou de stages. Redoutant plus que tout "l'à peu près", il s'est toujours montré très exigeant sur la désignation des élèves capables d'interpréter telle ou telle danse.

Ces chorégraphies révèlent le riche corpus musical qui inspirait F. Malkovsky : Chopin (valses, mazurkas, polonaises), Schubert (valses, moments musicaux), Dvorak (danses slaves, valses), Brahms (valses, danses hongroises), Beethoven, Schumann, Liszt, Moussorgsky, Borodine, Debussy, Grieg...

Ce répertoire non exhaustif témoigne de l'éclectisme de Malkovsky et de son amour profond des textes musicaux qu'il respectait scrupuleusement: "Écoutez la musique et oubliez le corps" répétait-il souvent à ses élèves !

Grâce au concours toujours très inspiré de son pianiste, Alexandre Bodak (à partir de 1957), des mouvements, des variations, des enchaînements nombreux et divers ont été développés et enseignés par le maître, à partir des années 1960. En plus des compositeurs favoris de Malkovsky, le pianiste a largement enrichi les propositions musicales, y compris par des improvisations toujours très appréciées du maître et des élèves.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Titre Chorégraphe Musique Date de création[1] Thème
Bydlo François Malkovsky Bydlo, quatrième mouvement des Tableaux d'une exposition de Moussorgski 1925 Le Dur Labeur
Pensée constante François Malkovsky, d'après Isadora Duncan Valse op.39 n° 15 de Brahms 1925 Hommage à Isadora
5e mazurka François Malkovsky Mazurka op. 7 no 1 de Frédéric Chopin 1923[2]
Rêve d'amour François Malkovsky Liebestraum n° 3 de Franz Liszt avant 1958
Les Pleurs François Malkovsky Extrait d'Orphée et Eurydice de Gluck avant 1958
Le Désir François Malkovsky Sehnsuchts Walzer op. 9 no 2 de Franz Schubert 1931[3]
Grande Valse brillante François Malkovsky Grande valse brillante op. 18 de Chopin 1936[4]
Valse à deux François Malkovsky Grande valse brillante op. 34 n° 1 de Chopin

Ouvrages sur François Malkovsky[modifier | modifier le code]

  • Allard O. Malkovsky, le danseur philosophe. [s.l.] : Editions Publibook, 2003. 204 p. (ISBN 978-2-7483-0299-8).
  • Arnoux N. « Repères en danse libre François Malkovsky, 1889-1982 ». 1997. p. 120.
  • Les cahiers de l'École de Danse Libre - François Malkovsky - Écrits de Malkovsky 1987 - 1988

CD sur François Malkovsky[modifier | modifier le code]

  • Nombreux CD enregistrés par Alexandre Bodak, pianiste de Malkovsky de 1957 à 1982.

DVD sur François Malkovsky[modifier | modifier le code]

  • Malkovsky par lui-même[5], DVD réalisé par Frédéric Allinne, conçu par Suzanne Bodak, musique interprétée par Alexandre Bodak, diffusé par AMM - You & eye (2009)

Émissions sur François Malkovsky[modifier | modifier le code]

  • Le gai savoir (France Culture 1.08.1999 : émission consacrée à F. Malkovsky)

Tous ces documents ont été réalisés par des élèves de Malkovsky, ayant tous travaillé de très nombreuses années avec le maître.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Danses d'après les programmes », sur Malkovsky par lui-même, (consulté le 12 mars 2017)
  2. marie94569, « DANSE LIBRE mazurka n°5 de Chopin Chorégraphie Malkovsky par Suzanne Bodak », (consulté le 11 mars 2017)
  3. marie94569, « DANSE LIBRE Le Désir Beethoven Chorégraphie de Malkovsky », (consulté le 11 mars 2017)
  4. marie94569, « DANSE LIBRE Grande Valse opus 18 Chopin Chorégraphie Malkovsky par Suzanne Bodak », (consulté le 12 mars 2017)
  5. Suzanne Bodak, « DVD Malkovsky par lui-même », sur malkovsky.net (consulté le 11 mars 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]