François Malkovsky

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François Malkovsky
Biographie
Naissance
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LaonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

François Malkovsky, né le 22 septembre 1889 à Budweis en royaume de Bohême (Autriche-Hongrie) et mort le 9 janvier 1982 à Laon en France, est un danseur et chorégraphe, un des pionniers de l'école de Danse libre de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études pour devenir ingénieur des Eaux et Forêts, il suit des cours de chant à Prague. En 1910, refusant de faire son service militaire, il s'installe à Paris pour y poursuivre des études de chant lyrique et de philosophie.

Pendant la Guerre de 1914-1918, il s'engage dans la légion étrangère, et combat dans les tranchées.

Blessé et réformé durant la Première Guerre Mondiale, François Malkovsky retourne à Paris. C'est à cette période qu'il assiste pour la première fois à un spectacle d'Isadora Duncan. Il change alors complètement de voie : il vient de découvrir que la danse, libre et joyeuse, telle qu'Isadora l'exprime, permet, mieux encore que le chant, de traduire les émotions éveillées par la musique ; mieux encore que la voix, le corps permet un engagement total, une “prise de risque” plus convaincante.

Il se prépare à une carrière d’artiste et de pédagogue en fréquentant les cours de Danse libre et en collaborant avec certains responsables de ces courants nouveaux, tels que Raymond Duncan et Marie Kummer. Dans le sillage de la “Révolution isadorienne”, il fonde en 1920 sa propre École de Danse à Paris dans un hôtel particulier, au 41 boulevard Berthier.

C'est à cette même époque que François Malkovsky fréquente les sculpteurs Jan et Joël Martel. Il séjourne à plusieurs reprises dans leur villa de La Chapellenie à Saint-Jean-de-Monts (Vendée). Il y rencontre de nombreux artistes et est sollicité par les deux frères pour servir de modèle pour la réalisation d'un monument, hommage à Claude Debussy.

Durant la seconde guerre mondiale, François Malkovsky voyage en Afrique et en Algérie, où une de ses élèves, Ludmilla Ldinova a ouvert une école. Cette parenthèse met fin à la carrière artistique de François Malkovsky qui donne son ultime récital le 18 juin 1948. Il se consacrera par la suite à l'enseignement de sa méthode de danse libre, qu'il qualifie « d'art de vivre ».

À partir des années 1950, c'est un nouveau public qui découvre l'enseignement de François Malkovsky : les instituteurs et professeurs d'éducation physique. Attirés par cette nouvelle méthode, les membres du corps enseignant viennent en nombre aux différents stages organisés au studio du boulevard Berthier mais aussi dans la France entière. Ce nouveau public oblige François Malkovsky à modifier quelque peu son enseignement. Pour le rendre plus abordable, les mouvements de base et enchaînements sont simplifiés.

En 1970, François Malkovsky s'installe à Callian (Var) pour poursuivre son travail d'enseignement jusqu'en 1981[1].

François Malkovsky meurt en 1982 à Laon au domicile d'une de ses anciennes élèves, Françoise Carlier.

François Malkovsky était célibataire et père de deux enfants (non reconnus).

À sa mort, ses plus fidèles disciples s'efforcent de perpétuer la mémoire et l'enseignement de François Malkovsky par l'entremise de publications mais aussi d'organisation de stages et de spectacles. Deux associations sont particulièrement actives dans ce domaine : Les Amis de Malkovsky créée dès 1964 et Mouvement-Musique créée en 1981 par Suzanne et Alexandre Bodak. C'est cette dernière association qui a fait don au Centre national de la danse d'une partie des documents qu'elle possédait.

Enseignement[modifier | modifier le code]

À la question « qu'est-ce que la danse ? », François Malkovsky répondait : « Je m'efforce de développer chez mes élèves leurs capacités physiques, mentales, émotionnelles, et spirituelles ». Il rappelait que "le plus beau des arts est l'art de vivre où la danse représente une partie des plus importantes". Son exigence de "Vérité" était aussi une exigence “d'Unité" exprimée dans son article "La Recherche du vrai par le beau", publié dans le Journal Musical et théâtral de 1934 : "Et voici la route vers l’harmonie des mouvements, vers l’expression des choses sublimes, vers la Danse libre, le chemin le plus direct vers le Dieu, Un". Il citait fréquemment Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche.

François Malkovsky insistait sur la nécessité de retrouver le “mouvement humain naturel” malmené par la vie moderne, en harmonie sensible et rythmique avec la partition musicale. Il était particulièrement attentif à la souplesse de la colonne vertébrale qu'il appelait “l'arbre de vie du mouvement”. Sa vision du “geste juste” était inspirée des mouvements des animaux, de la gestuelle des enfants et de “l'économie d'effort” des artisans, inspiré en cela par l'enseignement de Raymond Duncan.

Dans les années 1970, il a adopté le terme “hara” — emprunté à Graf von Dürckheim — pour désigner le centre vital du mouvement que l'école isadorienne avait situé au plexus solaire[2]. Toutefois, ce changement de perspective n'a pas affecté sa technique. Plus tard, la lecture d'un ouvrage d'Itsuo Tsuda l'a incité à utiliser dans son enseignement le terme japonais ki pour désigner l'impulsion à la source de tout geste.

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

Le patrimoine artistique de François Malkovsky est composé de chorégraphies créées dès les années 1920 et qu'il a dansées sur scène jusque dans les années 1950. Celles-ci ont été inspirées par un corpus musical dans lequel la musique romantique du XIXe siècle tient une place importante : Chopin (valses, mazurkas, polonaises), Schubert (valses, moments musicaux), Dvorak (danses slaves, valses), Brahms (valses, danses hongroises), Beethoven, Schumann, Liszt, Moussorgsky, Borodine, Debussy, Grieg…

Grâce au concours de son pianiste Alexandre Bodak, des enchaînements divers ont été développés et enseignés par le maître à partir des années 1960. En plus des compositeurs favoris de Malkovsky, le pianiste a largement enrichi les propositions musicales.

Titre Chorégraphe Musique Date de création[3] Thème
Bydlo François Malkovsky Bydlo, quatrième mouvement des Tableaux d'une exposition de Moussorgski 1925 Le Dur Labeur
Pensée constante François Malkovsky, d'après Isadora Duncan Valse op.39 n° 15 de Brahms 1925 Hommage à Isadora
5e mazurka François Malkovsky Mazurka op. 7 no 1 de Frédéric Chopin 1923[4]
Rêve d'amour François Malkovsky Liebestraum n° 3 de Franz Liszt avant 1958
Les Pleurs François Malkovsky Extrait d'Orphée et Eurydice de Gluck avant 1958
Le Désir François Malkovsky Sehnsuchts Walzer op. 9 no 2 de Franz Schubert 1931[5]
Grande Valse brillante François Malkovsky Grande valse brillante op. 18 de Chopin 1936[6]
Valse à deux François Malkovsky Grande valse brillante op. 34 n° 1 de Chopin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur François Malkovsky
  • Suzanne Bodak, Dans les pas de Malkovsky, Editions Ressouvenances 2017, (ISBN 978-2-84505-227-7)
  • Suzanne Bodak et Laurent Pailler, Album : La danse libre de Malkovsky, Editions Ressouvenances 2015, (ISBN 9782845051782)
  • Suzanne Bodak et Christine Caradec, La danse de Malkovsky à travers la notation Laban Tome II, Editions Ressouvenances 2013, (ISBN 978-2-84505-134-8)
  • Suzanne Bodak et Karin Hermès-Sunke, La danse de Malkovsky à travers la notation Laban Tome I, Editions Ressouvenances 2009, (ISBN 2-84505-088-7)
  • Suzanne Bodak, Philosophie du geste, Editions Ressouvenances 2007 (ISBN 2-84505-045-3)
  • Kuentz B. Malkovsky : une biographie par regards croisés. [s.l.] : [s.n.], 2012. 327 p. (ISBN 978-2-915954-24-1) (notice BnF no FRBNF43782367)
  • Allard O. Malkovsky, le danseur philosophe. [s.l.] : Editions Publibook, 2003. 204 p. (ISBN 978-2-7483-0299-8).
  • Arnoux N. « Repères en danse libre François Malkovsky, 1889-1982 ». 1997. p. 120.
  • Les cahiers de l'École de Danse Libre - François Malkovsky - Écrits de Malkovsky 1987 - 1988
CD sur François Malkovsky
  • Nombreux CD enregistrés par Alexandre Bodak, pianiste de Malkovsky de 1957 à 1982.
DVD sur François Malkovsky
  • La danse libre de Malkovsky, DVD réalisé par Frédéric Allinne, conçu par Suzanne Bodak, musique interprétée par Alexandre Bodak, diffusé par AMM - You & eye (2006) EAN 9782951651623
  • Malkovsky par lui-même[7], DVD réalisé par Frédéric Allinne, conçu par Suzanne Bodak, musique interprétée par Alexandre Bodak, diffusé par AMM - You & eye (2009) EAN 9782951651630
Émissions sur François Malkovsky
  • Le Gai Savoir (France Culture 1.08.1999 : émission consacrée à F. Malkovsky)

Tous ces documents ont été réalisés par des élèves de Malkovsky ayant travaillé de nombreuses années avec le maître.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date à préciser
  2. Apprill Fehlmann, Marguerite. Danse libre Malkovsky, éd. FEDALI, page 9.
  3. « Danses d'après les programmes », sur Malkovsky par lui-même, (consulté le 12 mars 2017)
  4. marie94569, « DANSE LIBRE mazurka n°5 de Chopin Chorégraphie Malkovsky par Suzanne Bodak », (consulté le 11 mars 2017)
  5. marie94569, « DANSE LIBRE Le Désir Beethoven Chorégraphie de Malkovsky », (consulté le 11 mars 2017)
  6. marie94569, « DANSE LIBRE Grande Valse opus 18 Chopin Chorégraphie Malkovsky par Suzanne Bodak », (consulté le 12 mars 2017)
  7. Suzanne Bodak, « DVD Malkovsky par lui-même », sur malkovsky.net (consulté le 11 mars 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]