François Libermann

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François Libermann
Image illustrative de l'article François Libermann
Vénérable
Naissance le
à Saverne, Bas-Rhin, France
Décès le   (à 49 ans)
à Paris, France
Nationalité Flag of France.svg Française
Ordre religieux Congrégation du Saint-Esprit
Fête 2 février

Le vénérable Jacob Libermann (François, Paul Marie de son nom de baptême), 1802-1852, fondateur de la Société du Saint-Cœur de Marie, a rejoint la Congrégation du Saint Esprit dans la mission d'évangélisation des Noirs des anciennes colonies.

Enfance et conversion[modifier | modifier le code]

Jacob Libermann est né le à Saverne, cinquième enfant d'une famille de neuf. Son père, Lazare Libermann était le rabbin de la communauté juive de la ville et l'oncle du grand rabbin de France Salomon Ulmann[1],[2].

Pendant toute son enfance, Jacob fut élevé dans la religion juive, son père souhaitant le voir lui succéder dans ses fonctions. Pour son éducation, il l'envoya à Metz, parfaire sa formation à l'école israélite.

Pendant son séjour, il apprit que son frère aîné, Samson, s'était converti au catholicisme, et avait été baptisé le . Il en fut profondément ébranlé, d'autant plus qu'il était dans une grande période de doute.

Il se rendit alors à Paris, où il découvrit les œuvres de Charles François Lhomond, particulièrement l'Histoire de la doctrine chrétienne[3]. Il eut la révélation de la foi chrétienne, alors qu'il priait dans sa mansarde du Collège Stanislas, le 13 novembre 1826 et il en fut bouleversé.

Quelques semaines après, catéchisé par Paul Drach, il fut baptisé, le et prit alors le prénom de François, Marie, Paul, du nom de ses parrains, souhaitant alors ardemment devenir prêtre, malgré la malédiction de son père, lourdement déçu dans ses projets.

Persistant dans sa vocation, il fut admis, en 1827, au séminaire de Saint-Sulpice. Mais là, une nouvelle épreuve l'attendait. Atteint d'épilepsie, qui semblait s'aggraver au point qu'à la fin de l'année 1829, alors qu'il se préparait au sous-diaconat, il eut une grave crise, et comprit qu'il ne serait pas admis à la prêtrise, cette maladie en interdisant l'accès.

Grâce à son excellente influence sur les séminaristes, il fut autorisé à rester au séminaire d'Issy-les-Moulineaux, où il accomplit d'importantes tâches. Il y resta six ans, avant d'être envoyé à Rennes, en tant qu'assistant du maître des novices chez les Eudistes où il resta deux ans.

Sacerdoce et mission[modifier | modifier le code]

Au séminaire, à partir de 1833, François Libermann rencontra deux jeunes gens, Frédéric Levavasseur et Eugène Tisserant, créoles tous deux, qui réfléchissaient à un projet d'évangélisation des esclaves noirs des anciennes colonies françaises. En février 1839 avait eu lieu une grande campagne de prière à Notre-Dame de Victoire pour l'œuvre des Noirs : il faut une réforme du clergé pour que les noirs ne soient plus laissés pour compte dans les colonies. Il souhaita alors vivement encourager ce projet et y participer.

Il fallait d'abord obtenir l'approbation de Rome. En janvier 1840, François y partit, aidé par Paul Drach, lui-même juif converti, bibliothécaire de l'Institution pour la propagation de la Foi. Ils obtinrent une audience auprès du pape Grégoire XVI le 17 février, remirent un mémoire le 11 mars, et eurent la réponse le 6 juin. Le projet était accueilli favorablement, à la condition que François reçoive l'ordination sacerdotale

Il mit alors au point la règle de l'institution du Saint Cœur de Marie, à laquelle il avait déjà longuement réfléchi durant son séjour à Rennes, et entreprit d'autre part des démarches auprès du diocèse de Strasbourg afin de se préparer au sacerdoce. Il entrait le au Grand Séminaire de Strasbourg.

Après avoir été ordonné diacre le , François Libermann fut ordonné prêtre le à Amiens.

Le projet pouvait alors être mis en place. Le noviciat de La Neuville put ouvrir le .

L'année suivante, en mars 1842, le Père Libermann acheta à l'évêché d'Amiens la propriété de la Neuville à laquelle il fit adjoindre deux ailes et une chapelle. Et c'est en 1846 qu'il acquit un immeuble près d'Amiens afin d'y loger le noviciat, qui manquait de place.

Afin de pouvoir loger les étudiants, les philosophes et les théologiens, François Libermann acheta l'Abbaye de Notre-Dame du Gard, à Crouy-Saint-Pierre, afin d'y héberger une trentaine de personnes.

Un premier départ de missionnaires eut lieu, en direction de l'Afrique, en 1843, ce fut un grave échec, plusieurs prêtres moururent avant d'atteindre leur but. Ce sera le « Désastre de Guinée ». Mais ce pénible revers n'arrêta pas la vie de la Société, qui prit d'importantes mesures pour accompagner les prochaines missions.

François Libermann rédigea en août 1846, un Mémoire sur les missions des Noirs en général et sur celle de la Guinée en particulier qui sera sa charte missionnaire, et la base du travail que lui et ses compagnons entreprenaient, ainsi que le premier plan d'ensemble pour l'évangélisation de l'Afrique noire. En 1850, il écrivit un mémoire concernant les évêchés coloniaux, et les rapports des évêques avec le pouvoir en place. C'est en 1851 qu'il rédigea ses Instructions aux missionnaires, qui sera en quelque sorte son testament spirituel.

Dans un souci de meilleure efficacité, il amena aussi ses confrères à accepter que la Société du Saint Cœur de Marie soit intégrée à la Congrégation du Saint Esprit, en 1848, il en sera considéré comme le second fondateur.

Il en fut élu onzième supérieur général, et prit à cœur la fusion des deux instances en conservant les richesses spirituelles de chacune.

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Vers la fin de 1851, alors qu'il était à Notre-Dame du Gard, le père Libermann se plaignit d'une intense fatigue, qui l'obligeait à garder la chambre.

De retour à la Maison Mère, son frère, le docteur Libermann vint à son chevet, mais son état était désespéré. Le , il reçut le Viatique, et il mourut entouré de ses frères, le .

Son corps fut transporté à Notre-Dame du Gard, avant d'être transféré à Chevilly-Larue en 1865. Sa dépouille repose depuis 1967 dans la Maison Mère de la congrégation du Saint-Esprit.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dakar: Gorée, maison des esclaves.

Décidant de se mettre au service des personnes les plus abandonnées dans l'Église, les prêtres de la Société du Saint cœur de Marie voulaient devenir Nègres parmi les Nègres, vivant quotidiennement ce qu'ils souhaitaient transmettre : « Faites-vous Nègres avec les Nègres pour les former comme ils le doivent être, non à la façon de l’Europe, mais laissez-leur ce qui leur est propre; faites-vous à eux comme des serviteurs doivent se faire à leurs maîtres… »[4] Quand Libermann emploie ce mot, serviteur il veut dire aussi esclave. De nombreuses missions se succédèrent, à La Réunion avec Le Vavasseur, à l'île Maurice avec Jacques-Désiré Laval, à Haïti avec Tisserant. Il écrit aux Cardinaux : « Nous avons le bonheur de pouvoir d'affirmer à Vos Éminences que les Noirs en général dans tous les pays où nos missionnaires les ont vu, sont d'un naturel bon, doux, sensible et reconnaissant. Les Noirs ne sont pas moins intelligents que les autres peuples. » Un des buts principaux du Père Libermann était de former un clergé indigène, qui pourrait ultérieurement se consacrer à l'évangélisation de leurs frères autochtones et serait d'autant mieux écouté qu'il serait des leurs.

Article détaillé : Pères Spiritains.

Vénération[modifier | modifier le code]

  • Le décret d'héroïcité des vertus du serviteur de Dieu, fut publié le 19 juin 1910 par le Pape Pie X. Il est déclaré comme étant Vénérable de l'Église catholique.
  • Il est fêté le 2 février;

Citations[modifier | modifier le code]

  • Lettre du 9 août 1835 :
« Il faut se tenir parfaitement tranquille et s'abandonner entièrement à la sainte conduite de Dieu ; suivre paisiblement et avec un grand amour les vues de Dieu et la grâce de son Esprit. »
  • Lettre du 21 juin 1844 :
« Avancez de plus en plus en pureté de cœur, en simplicité dans toute votre conduite, en oubli du monde et de vous-même, en amour de Dieu, en zèle pour votre sanctification et pour celle des autres. Imitez votre saint Patron dans la ferveur de son amour envers Jésus et Marie. »[5]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Écrits du Père Libermann
  • Correspondance et lettres : Notes et Documents relatifs à la vie et l'œuvre du Vénérable François-Marie-Paul Libermann, 13 volumes et 3 suppléments, Paris,1936-1959.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie de Salomon Ulmann » (consulté le 8 mai 2014)
  2. « Biographie de Lazard Liberman (2 pages) » (consulté le 8 mai 2014)
  3. Doctrine chrétienne expliquée, en forme de lectures de piété, où l'on expose les preuves de la religion, les dogmes de la foi, les règles de la morale, et ce qui concerne les sacrements et la prière
  4. Lettre adressée à ses prêtres au Dakar et au Gabon le 19 novembre 1847
  5. tirées du livre du P. Vogel : "Lettres spirituelles".

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles :

  • Mgr Truffet et François Libermann - Paule Brasseur, Cahiers d'études africaines, Année 1975 Volume 15 Numéro 58 pp. 259-285
  • Libermann, de Saverne à l'Afrique article de Paul Coulon, Pentecôte sur le Monde, Juillet Août 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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