François Lebouteux

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François Lebouteux
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François Lebouteux en juillet 2015.
Nom de naissance François, Daniel, Jean-Marie, Lebouteux
Naissance (88 ans)
Sèvres
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession
Haut fonctionnaire de l’Éducation nationale
Autres activités
Chef Scout de France
Formation
École normale supérieure (rue d'Ulm)
Distinctions
Officier de la légion d’honneur

François Lebouteux, né le à Sèvres, est un cadre de l’Éducation nationale française, ancien élève de l’École normale supérieure (L 1949) et agrégé de l’Université.

Il a été à l’origine d’une profonde réforme du mouvement des Scouts de France dans les années 1960. Inspecteur d’académie, il a contribué à affirmer la place de l’Éducation nationale dans la formation des adultes. Parallèlement, il a conduit quelques importantes missions en matière de coopération internationale et de développement solidaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

François Lebouteux a passé sa première enfance à Genève, puis à Aix-en-Provence et à Thonon-les-Bains (années de guerre). Élève en khâgne au Lycée Henri IV, il intègre la rue d’Ulm en 1949, passe l’agrégation de lettres classiques en 1952, avant de faire son service national à Bourg-Saint-Maurice (au 7e BCA). Il enseigne pendant trois ans au Lycée de garçons de Reims, avant de regagner Paris. Il est marié, père de cinq enfants, et se reconnaît volontiers proche du mouvement de La Vie nouvelle.

Responsable national aux Scouts de France (1956-1964)[modifier | modifier le code]

Chef de troupe raider à Paris à vingt ans (troupe 121e), à plusieurs reprises assistant de Michel Menu dans l’encadrement des camps nationaux de formation, François Lebouteux rejoint l’équipe nationale des Scouts de France en 1956 pour servir à la branche « éclaireurs » (12-17 ans) comme assistant de Jean Lagarde alors commissaire national éclaireur (CNE)[1],[2],[3],[4]. Il succède à ce dernier en 1959, reprend et développe les campagnes « Cadre Vert » initiées par Menu pour assurer un encadrement durable aux unités du mouvement. Il rédige « Tâche d’hommes » à l’intention de cette nouvelle vague de chefs, lance les camps « Art et technique » avec Michel Kieffer, renouvelle le style de la revue avec Philippe Missotte, donne, de concert avec les Guides de France, une ambition et une visibilité nouvelles aux traditionnels rassemblements de la Saint-Georges, lance enfin les premières campagnes contre la faim et pour le développement en y associant les jeunes de tout horizon.

Dès 1962, François Lebouteux entreprend une profonde réforme de la branche « éclaireur » (place centrale donnée au projet, relecture régulière du vécu des garçons au regard de la Loi, réécriture même de celle-ci) dont le terme sera, en 1964, la division de cette branche en deux tranches d’âge : les Rangers (11-13 ans) et les Pionniers (14-17 ans) dont les chemises rouges et les guitares, du Camp de la Flamme au Jamboree de Marathon, seront les signes le plus visibles[1].

Cette réforme n’ira pas pour autant sans soulever critiques et désarroi chez nombre de responsables attachés au modèle antérieur. S’ensuivra un peu plus tard la création des Scouts Unitaires de France (SUF) et l’éloignement durable de plusieurs responsables, anciens compagnons de route.

Mais le cap sera maintenu. Les Guides de France, en 1966, procèdent à une réforme de même nature, et la fusion des deux mouvements, en 2004, donnera naissance à la branche Pionniers-Caravelles.

François Lebouteux est membre d’honneur des Scouts et guides de France.

Premières missions en coopération (1965-1970)[modifier | modifier le code]

En 1965, François Lebouteux est détaché auprès des Affaires Étrangères pour servir en Algérie[5],[6], comme conseiller au Ministère de la Jeunesse et des Sports, plus spécialement chargé des Foyers d’animation de la Jeunesse (FAJ).

De retour en France, il est appelé au Ministère de la Coopération[7], pour s’occuper, sous l’autorité de Jean-Pierre Dannaud et Gabriel Beis et dans l’équipe de Bernard Dumont, des formes non conventionnelles de formation et de promotion collective en Afrique francophone sud-saharienne : (chantiers de service civique, coopératives, programmes d’animation rurale et d’alphabétisation fonctionnelle…)[8], . À titre complémentaire, il participe à l’encadrement des stages de préparation au départ des futurs coopérants[9].

Mis à la disposition du BDPA, société d’État dédiée au développement de la production agricole, il retourne en Algérie en 1969 pour assurer, à Mostaganem, le démarrage de l’Institut de Technologie Agricole (ITA)[10], dont l’objectif est de former à terme 4 000 ingénieurs des travaux, et qui, dès son ouverture, accueillera ses 400 premiers étudiants[11],[12].

Retour à l’Éducation nationale (1971-1981)[modifier | modifier le code]

François Lebouteux rentre en France en 1971 : la Loi du 16 juillet portant sur la formation professionnelle permanente fait de celle-ci une obligation nationale. L’Éducation nationale entend prendre toute sa place dans cette affaire, et Lebouteux rejoint Bertrand Schwartz qui vient d’être nommé conseiller du Ministre à cet effet[13]. Travail de cabinet, multiples déplacements, publications[14], préparation auprès du directeur Raymond Vatier des textes qui vont structurer et organiser ce nouveau secteur d’activité. Jusqu’à ce que, en 1973, François Lebouteux, promu inspecteur d’académie, devienne le premier Délégué académique à la formation continue (Dafco) de l’académie de Créteil, auprès des recteurs Casadevall puis Dehaussy.

En 1980, au terme d’une année sabbatique, François Lebouteux se retrouve Dafco de l’académie d’Amiens, mais il n’y passera qu’une seule année.

Au cœur du dispositif des formations continues (1981-1988)[modifier | modifier le code]

Détaché à la Délégation générale à la formation professionnelle dirigée alors par André Ramoff, François Lebouteux participe notamment à l’élaboration et à la mise en œuvre des mesures s’adressant aux jeunes sans qualification[15] : stages d’insertion et de qualification, chantiers écoles, validation des acquis de l’expérience… S’appuyant sur les réalisations de quelques précurseurs[16], il est notamment à l’origine des Ateliers Pédagogiques Personnalisés (APP) et de leur mise en réseau[17],[18],[19].

En 1984, il assume la responsabilité, auprès des préfets Gérard Belorgey puis Michel Levallois, du lancement des Travaux d'utilité collective (TUC), premier dispositif d’ampleur mobilisant l’ensemble du secteur non-marchand pour l’emploi des jeunes, et dont le nombre atteindra près de 200 000 dès la première année de campagne[20],[21],[22].

Chef de mission en Nouvelle-Calédonie (1989-1993)[modifier | modifier le code]

En juin 1988, le calme revenu en Nouvelle-Calédonie, les Accords de Matignon scellent la volonté de rééquilibrage entre les communautés du Territoire. François Lebouteux, détaché à ce titre auprès du Ministre des DOM-TOM Louis Le Pensec, se voit chargé du volet formation de ces Accords, et, tout particulièrement, du « Programme 400 Cadres ». Auprès des Hauts-Commissaires Bernard Grasset d’abord, puis Alain Christnacht, il met en place (avec le concours du CNAM et de la CCI de Nouméa) et dirige jusqu’en 1993 cette opération engagée pour dix ans mais qui se prolongera bien au-delà dans le cadre des Accords de Nouméa de 1998[23],[24].

Parallèlement, il mobilise des concours de toute sorte, essentiellement privés, pour la création et le fonctionnement d’un internat d’excellence au profit d’élèves prometteurs issus des collèges de brousse, le « Juvénat lycéen Jules-Garnier ». Élie Poigoune, le président de la Ligue des droits de l’homme sur le Territoire, en assure, depuis le début, la responsabilité[25].

Enfin François Lebouteux créé en 1992, « Après Bac Service », une structure particulière d’accueil, de conseil et de suivi, chargée, en marge du dispositif des bourses d’enseignement supérieur, d’orienter et d’accompagner les étudiants les moins privilégiés sur toute la durée de leurs études en Métropole[26].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de ses activités professionnelles, François Lebouteux a rédigé un certain nombre de brochures, rapports, analyses et instructions diverses.

  • Tâche d’hommes, le métier de chef éclaireur, Les presses d’Île-de-France, 1962
  • L’école du chantier, Les presses d’Île-de-France, 1964
  • Éducation permanente : Fondements d’une politique éducative intégrée, intégrée, sous
    direction de Bertrand Schwartz Conseil de l’Europe. Éditions Delta, 1973
  • Les facteurs qui, dans les scolarités élémentaire et secondaire, conditionnent les perfectionnements ultérieurs, rapport pour le Conseil de l’Europe (Comité de l’enseignement général et technique), 1972

Parvenu à l’âge de la retraite, il s’adonne à l’écriture de fiction, sous la forme de romans historiques où transparaissent quelques-unes des questions les plus lancinantes de notre époque.

On doit encore à François Lebouteux un certain nombre de paroles de chants repris du folklore étranger, notamment américain, rajeunissant d’autant le répertoire du mouvement scout.

  • Red river valley (folklore américain)
  • Waltzing Matilda (folklore australien)
  • J’ai pris mon vieux pays (musique de Mános Hadjidákis, Jamboree de Marathon)
  • Souvenirs qui passent
  • 136e Pontonniers
  • Le song des chantiers

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Emmanuelle Révillion et Stéphanie Combe, « Scoutisme : Grandes figures et grands combats : François Lebouteux (né en 1929) Le rénovateur », La Vie, 20 juillet 2015.
  2. Ministère de l’Éducation nationale, arrêté du 12 mars 1957.
  3. Philippe Laneyrie, Les Scouts de France, Paris, Cerf 1985.
  4. Christian Guérin, L’utopie Scouts de France, Paris, Fayard 1997.
  5. Ministère de l’Éducation nationale, arrêté du 29 septembre 1965.
  6. L’animation rurale en RCA, mission, 1970.
  7. Ministère de l’Éducation nationale, arrêté du 16 septembre 1966.
  8. La formation des jeunes ruraux du Mandoul (Tchad), mission conjointe BDPA-IRAM, 1969.
  9. Algérie, bilan du programme Instituts de technologie, O.Bertrand, A.Lefèbvre, éditions de l’Unesco, 1971.
  10. L’ITA de Mostaganem, analyses et premiers bilans, G. Sevin, F. Lebouteux, J.-C. Waller, in Promotion rurale, BDPA, no 36, nov-déc 1970.
  11. L’innovation pédagogique au service de la réforme agraire, Noureddine Boukli et alii, Les presses de l’Unesco, Paris 1975.
  12. Examen du projet de télépromotion rurale à La Réunion, rapport de mission, Lebouteux, Magnin, Tara (Éducation nationale-BDPA-IRPA), 1971.
  13. Gérard Bélorgey, « Nouvelle-Calédonie - Souvenirs 1988 », contributions au colloque sur les vingt ans des accords Matignon Oudinot, ecritures-et-societe.com, avril 2008.
  14. La place des chantiers dans les stages d'insertion sociale et professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans, F. Lebouteux, in Actualité de la formation permanente, n° 66, 1983.
  15. Comment pallier les effets de la déscolarisation et si possible en enrayer le cours, rapport de mission en RCI, Lebouteux, 1987.
  16. Les lieux ressources, notamment en région parisienne, avec Jacques Denantes, de l’Acerep, et en région lyonnaise avec André Boutin, délégué régional à la formation professionnelle.
  17. Les Ateliers Pédagogiques Personnalisés, circulaire ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle n° 18 du 21 juin 1985.
  18. Les Ateliers Pédagogiques Personnalisés, Michel Tétart, in Actualité de la formation permanente, n° 89, 1987.
  19. Les APP : une aventure institutionnelle et humaine, Bénédicte Pinot, in Education permanente n° 189, 2011.
  20. Les TUC… et après ?, F. Lebouteux, in Droit Social, avril 1985.
  21. Les TUC, un essai qui reste à transformer, F. Lebouteux, in Education et Société, avril 1986.
  22. Un bilan de l’évaluation des TUC, Bernard Simonin, B. Gomel, N. Schmidt, in Lettre du CEE n° 27, mars 1993.
  23. Objectif Cadres, bulletin de liaison du Programme 400 Cadres, 1989-1994.
  24. Insertion professionnelle des anciens stagiaires « 400 Cadres », Mission Formation, Nouméa, juillet 1996.
  25. Le juvénat lycéen de Nouméa, in rapport cabinet Pollen, 2012.
  26. Réussir ses études en Métropole, ENFA Toulouse, actes du colloque, avril 1992.
  27. Décret du 29 mars 1993 portant promotion et nomination à titre exceptionnel, JORF n° 86 du 11 avril 1993 page 6230.
  28. Décret du 31 mai 1978.
  29. Décret du 24 août 1976.