François Lachat

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François Lachat
Illustration.
François Lachat, en 1977
Fonctions
Conseiller national
Législature 45e et 46e
Groupe politique démocrate-chrétien (CE)
Conseiller d'État
Département de la coopération, des finances et de la police
Biographie
Date de naissance (80 ans)
Lieu de naissance Bonfol
Nationalité Suisse
Parti politique PDC
Diplômé de Université de Lausanne, Université de Fribourg

François Lachat, né le à Bonfol (originaire de Bonfol, Porrentruy et La Scheulte), est une personnalité politique suisse du canton du Jura, membre du Parti démocrate-chrétien (PDC). Il est ministre jurassien de 1979 à 1994 et conseiller national de 1995 à 2003.

Il est considéré comme l’un des « pères » de la République et canton du Jura[1] avec Roland Béguelin et Roger Schaffter.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Lachat naît le à Bonfol. Il est originaire de sa commune natale, de Porrentruy et de La Scheulte[2]. Il est licencié en lettres de l'Université de Lausanne et en droit de l'Université de Fribourg[3]. Pendant ses études, il préside la Société des étudiants suisses (1966-) et le Mouvement universitaire jurassien[4],[5]. Il est ensuite secrétaire général de l'Association pour la défense des intérêts du Jura (ADIJ) jusqu'en 1978. Il est vice-président du Rassemblement jurassien[4].

Il est membre du conseil d'administration de Crossair de 1987 à 1999[3]. En 1997, il préside les négociations sur la convention collective de la branche hôtelière[6],[7].

Il est marié à la fille du conseiller national démocrate-chrétien valaisan Adolphe Travelletti[3].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Membre du Parti démocrate-chrétien (PDC), François Lachat est député au Grand Conseil du canton de Berne de 1970 à 1976[2]. Il y préside les députés du Jura-Nord[8]. Il se présente sans succès au Conseil national lors des élections fédérales de 1975[9].

Assemblée constituante[modifier | modifier le code]

Il est président de l'Assemblée constituante du canton du Jura de 1976 à 1979[2]. Sa candidature à ce poste, présentée par le PDC, n'est pas contestée par les autres partis et il obtient 46 voix sur 50[10]. Le , les citoyens jurassiens acceptent la nouvelle constitution avec un taux d'approbation de 80 %, résultats qu'il annonce publiquement[11]. L'Assemblée constituante prenant les fonctions d'un « parlement préparatoire » pour la mise en place du nouveau canton après la votation, il en conserve la présidence[12]. En septembre 1978, il est, avec le conseiller fédéral Kurt Furgler et le conseiller d'État bernois Ernst Jaberg, l'un des trois signataires de l'accord de répartition des biens entre le canton de Berne et le futur canton du Jura[13].

Le , il annonce également le résultat de la votation populaire fédérale sur la création du canton du Jura du haut du balcon de l'Hôtel-de-Ville de Delémont[14].

Gouvernement jurassien[modifier | modifier le code]

Membre du gouvernement du canton du Jura dès la création du canton, il est ministre, responsable du département de la coopération, des finances et de la police de 1979 à 1994. En outre, il est président du gouvernement jurassien en 1979, 1984, 1988 et 1993[2]. Lors des premiers élections, le , il est le seul élu au premier tour de scrutin[15]. En 1982, 1986 et 1990, il est à nouveau élu au premier tour[16],[17],[18]. Lors des élections cantonales de 1994, il ne peut pas se représenter, la Constitution jurassienne limitant le nombre de mandats à quatre[19].

De nombreux observateurs considèrent qu'il est le « capitaine du gouvernement ». Au début des années 1990, il instaure des mesures d'assainissement des finances cantonales[20]. Dans le domaine de la coopération, il s'engage notamment au sein de l'Assemblée des régions d'Europe, dont il est l'un des fondateurs en 1985, et de la chambre régionale du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe[20],[21].

Conseil national[modifier | modifier le code]

Député au Conseil national de 1995 à 2003, il est président de la Commission de politique extérieure de 1997 à 1999 et président de la délégation suisse auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe de 1999 à 2002. Il fait partie de la délégation suisse à l'Union interparlementaire de 1998 à 2003[2]. Devancé par son collègue de parti Pierre Kohler, il n'est pas réélu lors des élections fédérales de 2003[1].

Il est également vice-président du PDC suisse de 1997 à 2004.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

En 1994, François Lachat est nommé membre d'honneur de l'Assemblée des régions d'Europe[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Stadelmann, « Pierre Kohler fait tomber François Lachat », L'Express,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  2. a b c d et e « Biographie de François Lachat », sur le site de l'Assemblée fédérale suisse.
  3. a b et c « Base de données des élites suisses | Lachat, François (1942 - ) », sur www2.unil.ch (consulté le )
  4. a et b ATS, « Le premier homme du gouvernement: François Lachat », L'Express,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  5. « Fête centrale de la Société des étudiants suisses », Journal de Genève,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  6. ATS, « Hôtellerie - François Lachat négociera », L'Express,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  7. ATS, « Hôtellerie - Négociations entre partenaires sociaux bien engagées », L'Express,‎ , p. 19 (lire en ligne)
  8. Jean-Claude Rennwald, « Élection de la Constituante jurassienne: victoire démo-chrétienne et percée socialiste », Journal de Genève,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  9. Pierre-André Stauffer, « Berne: les sequelles du traumatisme jurassien », Journal de Genève,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  10. Jean-Claude Rennwald, « Constituante jurassienne: tous les postes du bureau occupés par des membres du RJ », Journal de Genève,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  11. « La Constitution jurassienne a été largement approuvée dans le futur canton du Jura », Journal de Genève,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  12. ATS, « La Constituante jurassienne entame sa "mue" », Journal de Genève,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  13. Michel Margot, « Jura-Berne: accord de partage », Journal de Genève,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  14. Nicolas Willemin, « "François Lachat, une bête politique" », L'Express,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  15. Victor Giordano, « François Lachat élu. Ballotage pour les autres sièges. », Journal de Genève,‎ , p. 20 (lire en ligne)
  16. Bévi, « Gouvernement: vers la continuité », L'Express,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  17. ATS, « François Lachat élu », L'Express,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  18. Daniel Hanser, « Une immense surprise », L'Express,‎ , p. 17 (lire en ligne)
  19. ATS, « Tournant dans l'histoire du Jura », L'Express,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  20. a et b ATS, « Quatre ministres à la retraite », L'Express,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  21. a et b mgo, « François Lachat honoré », L'Impartial,‎ , p. 31 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Jubin, François Lachat, « servir et disparaître », Charmey, Éditions de l'Hèbe, , 136 p. (ISBN 978-2-88906-014-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]