François Jost

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François Jost
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François Jost en novembre 2010.

Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
École des Hautes Études en Sciences Sociales
Activités
Professeur d'université, sociologue, philosophe, esthéticien, sémiologue, théoricien du cinémaVoir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
Directeur de thèse

François Jost, né le 12 avril 1949 à Strasbourg, est un sémiologue français, professeur émérite en sciences de l'information et de la communication à l'université Sorbonne-Nouvelle. Il a dirigé le laboratoire Communication information médias de 2012 à 2016. Il a fondé le Centre d'études des images et des sons médiatiques en 1996.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de philosophie et de lettres, il fait un doctorat intitulé Du Nouveau Roman au Nouveau romancier : questions de narratologie (1983), François Jost se consacre à l'écriture et la réalisation de films (six scénarios, trois films) de 1976 à 1978.

En 1985, il est élu maître de conférences à l'université Montpellier III puis à l'université Sorbonne-Nouvelle dès 1989.

En 1993, il soutient une habilitation à diriger des recherches sur la communication narrative et l'expérience de spectateur (université Sorbonne-Nouvelle]).

En 1995, il est élu professeur des universités et fonde l'année suivante le Centre d'études sur les images et les sons médiatiques (CÉISME).

François Jost a été professeur invité dans de nombreuses universités à travers le monde (Montréal, Barcelone, Montevideo, Louvain, Rosario, Buenos Aires, La Réunion, Bucarest, Porte Alegre, Lima). Il a également enseigné à la FAMU de Prague.

François Jost a été vice-président de l’Association française des enseignants et des chercheurs en audiovisuel et en cinéma (AFECCAV), et vice-président de l’Association internationale de sémiotique visuelle.

Il dirige la revue Télévision (CNRS éditions) et la collection À suivre aux éditions Atlande.

Travaux[modifier | modifier le code]

De l’analyse de film à la sémiologie cinématographique[modifier | modifier le code]

Alors qu’il était étudiant en philosophie, il va voir L’homme qui ment (Robbe-Grillet) au moment de sa sortie, en 1968. Intrigué et enthousiasmé, il décide d’écrire un livre sur les films du cinéaste avec son condisciple, Dominique Chateau 1. A l’époque où il était usuel de ne parler des films qu’à partir de ses souvenirs ou de ses notes, ils ont la chance de pouvoir se procurer les copies 35 mm et d’établir un découpage de tous les films étudiés. Ce premier travail d’analyse, qui aboutit à un manuscrit de 450 pages, met au jour de nombreuses difficultés théoriques. : comment noter les sons ? Comment décrire les plans ? Les auteurs se tournent alors vers la sémiologie du cinéma de Christian Metz : « Nous nous sommes déplacés vers ce terrain et nous nous sommes rendus compte que Metz procédait par de nombreuses simplifications qui tenaient d’une part à sa méthode et d’autre part à son corpus. D’une part, sa méthode, parce qu’il mettait de côté le son, ce qui était tout à fait impossible pour rendre compte d’un film de Robbe-Grillet. Et, d’autre part, il travaillait sur un corpus totalement classique, sans jamais d’ailleurs le dire, ou plutôt sur un imaginaire du cinéma qui était proche du western2 ».

Cette articulation de l’analyse textuelle à la théorie aboutit à la publication de Nouveau cinéma, nouvelle sémiologie. Essai d’analyse des films de Robbe-Grillet (1979). Cette « nouvelle sémiologie » remet en cause la prévalence du plan comme unité minimale et se fonde sur une analyse paramétrique du film : plutôt que de raisonner sur le plan comme bloc de réalité, il s’agit de montrer comment les différentes composantes de l’image, du son et des textes peuvent jouer comme les différentes partitions d’un orchestre, tantôt à l’unisson, tantôt en contradiction les unes avec les autres. Par ailleurs, au lieu d’en rester au « segment autonome » (Metz), le film est conçu comme un ensemble, un texte, d’où l’attention particulière portée aux téléstructures, les structures à distance 3 .

L'analyse du récit[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, François Jost publie aussi bien sur le cinéma que sur la littérature dans Poétique, Critique, La Revue d’esthétique. L’inscription en thèse avec Gérard Genette, qui vient de systématiser les grands concepts du récit dans Figures III, l’amène à dissocier deux questions qui étaient mêlées par la sémiologie de Metz : celle de la narration et celle de l’énonciation 4. La première renvoie au responsable de l’énonciation narrative, tandis que la seconde renvoie à l’instance qui « parle » cinéma. L’Œil-Caméra, entre film et roman s’efforce de « rendre compte de la complexité entre savoir et voir dans un récit filmique 5 ». Le livre se fonde sur une critique du concept de « focalisation », qui renvoie aussi bien chez Genette à la question du savoir qu’à celle du point de vue visuel. François Jost propose de parler d’ocularisation pour désigner la relation entre ce que la caméra montre et ce que peut voir et ce qu’est censé voir ou ne pas voir un personnage 6 et d’auricularisation pour caractériser le point de vue sonore. Ces concepts d’abord élaborés pour le cinéma sont étendus à l’analyse du roman. Dans Un monde à notre image. Énonciation. Cinéma. Télévision, Jost relie ces questions de points de vue à celle d’énonciation en opérant un tournant pragmatique prenant en compte le contexte et les usages. En particulier, il introduit le concept d’auteur construit pour montrer comment le réception d’un film diffère selon l’image que l’on se fait de celui qui en est à sa source. Ce faisant, Jost est amené à séparer deux objets que la sémiologie metzienne considérait comme un seul langage, le cinéma et la télévision : « Le paradigme n’est plus le même. Ce qui obligeait à prendre en compte la dimension pragmatique. Non plus à travailler simplement sur les documents ou les émissions comme textes, mais à travailler sur tour ce qui construit la croyance dans le texte, tout ce qui est autour 7. »

Théorie de la télévision[modifier | modifier le code]

« François Jost a réussi à faire de la télévision un objet de pensée au même titre que les autres, un objet pouvant être conceptualisé au même titre que les autres, un objet pouvant être conceptualisé au-delà des jugements normatifs 8. » L’analyse de cet « objet de pensée » s’appuie sur les propositions suivantes : « 1. L’ensemble des genres et des programmes de télévision peut être catégorisé en fonction de trois mondes, qui jouent en quelque sorte le rôle d’archigenre ou, en termes peirciens, d’interprétant. 2. Tout genre repose sur la promesse d’une relation à un monde dont le mode ou le degré d’existence conditionne l’adhésion ou la participation du récepteur. En d’autres termes, un document, au sens large, qu’il soit écrit ou audiovisuel, est produit en fonction d’un type de croyance visée par le destinateur et, en retour, il ne peut être interprété par celui qui le reçoit sans une idée préalable du type de lien qui l’unit à la réalité. 3. Ces mondes sont le monde réel, le monde fictif et le monde ludique. 4. Loin d’être fixée une fois pour toutes, la place des genres est variable selon le point de vue dont on les considère, et c’est ce qui fait de la communication télévisuelle autre chose qu’une chambre d’enregistrement dans laquelle le récepteur entérinerait la sémantisation des genres par l’émetteur. 9 »

Publications[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • 1979 : (Dominique Chateau, coll.). Nouveau cinéma, nouvelle sémiologie. Paris: Minuit (2e éd., 1983. UGE, 10/18), 314 p.
  • 1987 : L'Œil-caméra. Entre film et roman, Presses universitaires de Lyon, 166 p. (2e éd., 1989, revue et augmentée d'une préface), 176 p.
  • 1992 : Un monde à notre image. Énonciation, cinéma, télévision, Paris, Klincksieck
  • 1994 : (Gérard Leblanc, coll.). La télévision française au jour le jour, INA & Anthropos, Paris
  • 1998 : (Jérôme Bourdon, coll.). Penser la télévision, Paris, Nathan
  • 1998 : Le temps d'un regard : du spectateur aux images, Québec & Paris, Nuit Blanche & Méridiens Klincksieck, 184 p.
  • 1999 : Introduction à l’analyse de la télévision, Paris, Ellipses, 174 p. (2e éd. 2004, 3e éd. 2007).
  • 1999 : (Francis Vanoye, André Gaudreault, coll.). Cinéma et récit. Paris: Nathan
  • 2000 : (André Gaudreault, coll.). Le récit cinématographique. Paris: Nathan
  • 2001 : La télévision du quotidien. Entre réalité et fiction, Bruxelles & Paris: de Boeck Université & INA (2e éd. 2003).
  • 2002 : (Dominique Chateau, Martin Lefebvre, coll.). Eisenstein. L'ancien et le nouveau, Paris, Publications de la Sorbonne
  • 2002 : L’Empire du loft, Paris, La Dispute
  • 2003 : (Charles Perraton, coll.). Un nouvel art de voir la ville et de faire du cinéma. Du cinéma et des restes urbains, Paris, L'Harmattan
  • 2004 : Seis lições sobre televisão, Porto Alegre, Editora Sulina, 175 p. (inédit en France)
  • 2005 : Comprendre la télévision, Paris, Armand Colin, coll. 128 (2e édition mise à jour)
  • 2007 : L’Empire du loft (la suite) (nouvelle édition augmentée d’une préface et modifiée).
  • 2007 : Le culte du banal. De Duchamp à la téléréalité, CNRS éditions
  • 2008 : (Denis Muzet, coll.). Le téléprésident. Essai sur un pouvoir médiatique, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube (2e éd.: 2011)
  • 2009 : Grandeur et misères de la télé-réalité, Paris: Le Cavalier Bleu
  • 2010 : Les médias et nous, Paris: Bréal
  • 2011 : De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ?, CNRS Éditions
  • 2013 : Le culte du banal : De Duchamp à la télé-réalité, CNRS Éditions
  • 2014 : Pour une télévision de qualité (direction), INA éditions
  • 2014 : Sous le cinéma, la communication, Vrin
  • 2015 : Les Nouveaux méchants. Quand les séries américaines font bouger les lignes du Bien et du Mal, Bayard
  • 2016 : Pour une éthique des médias, Les images sont aussi des actes, éditions de l'Aube, 2016, 400 p. (ISBN 978-2-8159-1948-7)
  • 2016: Breaking Bad. Le diable est dans les détails, Atlande, coll. A suivre.
  • 2017 : La méchanceté en actes à l'ère numérique, CNRS, (ISBN 978-2-2710-9525-1)

Sur François Jost[modifier | modifier le code]

  • 2014: Dialogues avec François Jost [des Arts aux Médias], coordonné par Marie-France Chambat-Houillon et Yannick Lebtahi, Revue CIRCAV n°23, L'Harmattan

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1990. Les thermes de Stabies, MK Littérature.

Articles et contributions[modifier | modifier le code]

  • Apparitions et images mentales dans le cinéma des premiers temps, in Jeanne-Marie Clerc (dir.), Le verbal et ses rapports avec le non-verbal dans la culture contemporaine [Actes du Colloque tenu à Montpellier les 15-16-17 septembre 1988], Montpellier, Université Paul Valéry, 1989, p. 105-115
  • La télévision en devenir, in Dossiers de l'audiovisuel, no 58, « La télévision française au jour le jour », INA-Anthropos, nov.-déc. 1994
  • L'homme, mesure de toute chose, in Cinémaction, no 84, « Les magazines de reportage à la télévision », Cerf-Corlet, Paris, 1997
  • Le clip : L'écriture en transe, in André Gaudreault (dir.), Thierry Groensteen (dir.), La Transécriture. Pour une théorie de l'adaptation, Québec/Angoulême, Nota Bene/Centre national de la bande dessinée et de l'image, 1998, p. 215-230
  • Enunciation and Narration, in Toby Miller, Robert Stam, Companion to Film Theory, Oxford, Blackwell Publishers, 1999
  • Convergence du spectateur, in André Gaudreault (dir.), François Jost (dir.), Sociétés et Représentations, no 9, « La croisée des médias », avril 2000, p. 131-141
  • Présentation de "À la croisée des médias" », in André Gaudreault (dir.), François Jost (dir.), Sociétés et Représentations, no 9, « La croisée des médias », avril 2000, p. 5- 8
  • Des vertus heuristiques de l’intermédialité, in Philippe Despoix (dir.), Yvonne Spielmann (dir.), Intermédialités, no 6, « Remédier », automne 2005, p. 109-119

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1979 : La mort du révolutionnaire, hallucinée [1]
  • 1984 : Deux ans plus tard.[2]
  • 1997 : Première fois [3]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

1 Dialogues avec François Jost [des Arts aux Médias], coordonné par Marie-France Chambat-Houillon et Yannick Lebtahi, Revue CIRCAV n°23, L'Harmattan, p. 226-227

2Entretiens sémiotiques, Propos recueillis par Amir Biglari, Lambert-Lucas2014, p. 273.

3 Ibid., p. 273.

4 http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1983_num_38_1_1573

5 Aumont Jacques, Marie Michel, Dictionnaire théorique et critique du cinéma, Nathan, 2001

6 http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1983_num_38_1_1573

7 Entretiens sémiotiques, p. 281.

8 Rodes Jean-Michel, Dialogues avec François Jost [des Arts aux Médias]., p. 55.

9 tps://journals.openedition.org/semen/5091#tocto1n1